Publié dans BD, Histoire

« César » de Gabella, Meloni et Traina

Je vous parle aujourd’hui d’une BD, car une pause s’imposait mes dernières lectures ayant été difficiles avec :

 Cesar BD Gabella Meloni Traina

 

 

Quatrième de couverture

Incarnation du génie militaire et de la stratégie politique, JULES CÉSAR est l’une des figures les plus iconique de l’histoire, dont le destin exceptionnel marqua le monde romain et l’histoire mondiale. Inspiré par la figure d’Alexandre le Grand, le jeune membre de l’aristocratie romaine gravit tous les échelons de la carrière sénatoriale et conquit Rome par ses campagnes militaires ainsi que par ses succès politiques. Triomphant sur ses ennemis intérieurs et extérieurs, il commit pourtant une erreur fatale se faisant proclamer dictateur à vie. Il fut assassiné trois jours avant le départ pour la campagne orientale qui lui aurait permis d’égaler la gloire d’Alexandre

 

Ce que j’en pense

César m’a toujours intéressée, malgré les heures de latin passées (le mardi matin de 8h à 10h) à tenter de traduire son fameux « de Bello Gallico », ce que je préférais quand même à « L’Enéide » de Virgile (qu’on faisait le samedi matin, dans le même créneau horaire bien-sûr!) donc cette BD me tentait…

Cette BD, publiée par les éditions Glénat, fait partie de la collection « Ils ont fait l’histoire », qui comprend quatre périodes : Antiquité, Moyen-âge, époque moderne et époque contemporaine avec entre autres : César, Vercingétorix, Charlemagne, Saladin, Luther, Louis XIV, Catherine de Médicis, Robespierre, Lénine jusqu’à Kennedy…

Je l’ai trouvée intéressante, mais on survole vraiment la carrière de César, cinquante pages, c’est trop court et donc dommage. J’aurais préféré une étude plus approfondie. On a à peine le temps de s’imprégner des batailles, des personnages importants de l’époque : Pompée, Caton Cicéron, Cléopâtre, Vercingétorix…

Néanmoins, les auteurs font une bonne approche des qualités de stratège militaire et politique du maître de Rome et sa manière d’arriver à ses fins.

Les dessins sont assez sombres, reflet du carnage entraîné par les guerres, et j’aurais préféré plus de douceur dans les couleurs lors des actions qui se déroulent à Rome par exemple. Par contre, j’ai apprécié les traits du visage de Caïus Julius (j’avais l’habitude de son visage abrupt dans Astérix !).

La planche représentant César assassiné, gisant sur les marches du Sénat est splendide.

J’ai bien aimé également le texte que nous propose l’historien Giusto Traina, professeur à la Sorbonne, à la fin de la BD, accompagné d’une carte géopolitique et illustré de tableaux.

J’aurais aimé avoir plus de détails, tant sur les campagnes, la carrière que l’analyse politique, mais malgré cette frustration, j’ai passé un bon moment et cette BD a rempli son rôle en me donnant envie de me pencher, à nouveau, sur la vie de ce dictateur à vie, peut-être n’irai-je pas jusqu’à me plonger dans la guerre des Gaules mais qui sait ?

Cette BD m’a permis une petite trêve pour digérer quelques lectures difficiles et j’ai envie de tenter d’autres volumes de cette collection…

 

Les auteurs

Mathieu Gabella est né le 29 juillet 1976 à Rouen, en Normandie. Il considère la BD comme un moyen de raconter des histoires, de voyager et s’évader. Il trouve son inspiration dans le fantastique au sens large, l’Histoire, les sciences, le cinéma et voue une admiration sans bornes à deux auteurs vedettes : Alan Moore et Charlie Kaufman.

Andrea Meloni est dessinateur, coloriste et artiste de couverture. Il est directeur artistique chez Mad5 Factory au Studio Arancia (Turin).

Giusto Traina, né le 19 septembre 1959 à Palerme, est un historien italien, professeur d’histoire romaine à l’université Paris Sorbonne-Paris IV, membre senior de l’Institut universitaire de France.

2 sites :

http://www.planetebd.com/bd/glenat/cesar/-/34558.html

https://www.bedetheque.com/BD-Ils-ont-fait-l-Histoire-Tome-23-Cesar-315477.html

Extraits

Cesar sur planetbd planche1

 

Lu en janvier 2018

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Publié dans BD

 » Dieu en personne » de Marc-Antoine Mathieu

Je vous parle aujourd’hui d’une BD qui faisait partie de «  la box découverte » de l’été, d’un auteur que je ne connaissais absolument pas et vers lequel je ne serais probablement pas allée spontanément :

 Dieu en Personne de Marc Antoine Mathieu

Quatrième de couverture

Dans une file d’attente, un petit bonhomme attend patiemment son tour. Au moment de décliner son identité, il se présente sous le nom de « Dieu ». Il n’a pas de domicile, pas de papiers, ni de numéro de sécurité sociale. L’irruption de cette énigme métaphysique « en personne » déclenche un phénomène médiatique majeur… Un procès géant est bientôt organisé contre ce « Coupable Universel ».

Ce que j’en pense

J’ai bien aimé l’idée de Dieu se matérialisant sans papiers, faisant la queue lors d’un recensement et devant prouver qui il est et que l’on finit par interner devant ses affirmations jugées fantaisistes. L’entretien avec le psychiatre ne pouvait que me plaire :

« Comment vous définiriez-vous ?

Comme quelqu’un qui échappe à toutes définition y compris la mienne…

… Si vous étiez un chiffre ?

Zéro, matériellement inexistant mais tellement pratique. » P 19

Bien-sûr, pour explorer les prodiges de Dieu, on va faire passer un scanner et autres tests qui montre que son cerveau fonctionne à 99,91% et on revisite au passage le boson de Higgs, l’évaluation du nombre de livres contenus dans la bibliothèque entière ou l’épisode où il indique à l’œil nu plusieurs exoplanètes… il va ainsi devenir un phénomène de foire remplissant les stades…

On va faire appel à toutes sortes d’analystes : sociologues, scientifiques, historiens, philosophes, ce qui donnent bien des palabres. La BD est bien ancrée dans le monde moderne et ses techniques de communication et on voit débarques livres, pièces de théâtre, logos etc…

L’auteur réussit à évoquer « le vieux barbu » tel qu’on le représente dans l’imagerie populaire, sans entrer dans les religions : l’idée de Dieu, créateur ou non, (sa vie son œuvre serai-je tentée de dire en souriant pour paraphraser Jean d’Ormesson)

L’idée du procès gigantesque avec une kyrielle d’avocat pour le défendre et gérer la communication est tout aussi drôle…

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur émaille son texte de citations d’auteurs connus, qui se glissent subtilement sans le texte et que l’auteur recense à la fin de la BD.

On rencontre ainsi Raymond Queneau : « Dieu est le non-être qui a le mieux réussi à faire parler de lui »

ou Voltaire : « Dieu est un comédien qui joue devant un public trop effrayé pour rire »,

ou Einstein « ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible »

ou encore Sartre : « Dieu c’est la solitude des hommes » et d’autres. Très honnêtement, c’est ce qui m’a plu dans cette BD, avec son côté un peu loufoque, bien d’actualité, ainsi qu’un chapitre intéressant consacré au rêve.

Un bémol : les dessins très sombres (et pourtant j’aime le noir et blanc des mangas). Donc, avis mitigé, si on ne m’avait pas prêté cette BD, je ne l’aurais probablement pas lue.

Pour une  analyse plus complète et plus élaborée, je vous conseille:

http://colimasson.over-blog.com/article-dieu-en-personne-2010-de-marc-antoine-mathieu-76875586.html

Extraits

2 planches pour donner une idée du trait de crayon:

dieu-en-personne planche 2

dieu-en-personne planche 3

Lu en août 2017

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« Le périple de Baldassare T3 » de Joël Alessandra

Place au tome 3 dont le sous-titre est « La tentation de Gênes »

 

Le périple de BaldassareT3 de Joël Alessandra

 

Quatrième de couverture

Septembre 1666. Parti sur les traces du Centième Nom, ouvrage légendaire qui contiendrait le nom caché de Dieu capable d’assurer le salut du monde, Baldassare Embriaco vit un voyage mouvementé qui le conduit finalement à Londres. Mais un incendie ravage la ville, tandis que les flottes hollandaise et française menacent… La confirmation tant redoutée de l’Apocalypse annoncée par le « Chiffre de la bête » ?

La tentation de gênes est le dernier volet de la séduisante adaptation du roman d’Amin Maalouf.

Ce que j’en pense

Confirmation de ce que je ressentais en lisant le tome précédent : déception, le récit se traîne, et l’ennui est toujours là…

On quitte Londres en feu à cause du fameux livre, et Baldassare continue à s’enfuir, et à courir après une chimère. On voyage toujours autant : Paris, Lyon, Avignon, Nice, Gênes… et la beauté des dessins est la seule raison de continuer l’aventure qui se termine de manière étrange.

J’ai lu cette série par hasard, en explorant le rayon BD de la médiathèque, alors que je ne connaissais pas son existence et j’ai testé car j’avais un bon souvenir du roman d’Amin Maalouf.

Cette saga vaut le détour pour les dessins et les carnets tenus par Baldassare, mais je conseille de lire plutôt le roman, à la rigueur de jeter un coup d’oeil au premier tome pour se faire sa propre idée, ou se rendre sur le site planetebd.com.

Extraits

« Seigneur, ne sois jamais trop loin de moi! mais ne sois pas non plus trop proche. Laisse-moi admirer les étoiles sur les pans de Ta robe! mais, ne montre pas Ton visage! »

Le périple de BaldassareT3 planche de Joël Alessandra

http://www.planetebd.com/bd/casterman/le-periple-de-baldassare/la-tentation-de-genes/17889.html

 

 

Lu en mai 2017

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« Le périple de Baldassare T2 » de Joël Alessandra

 

Je continue à découvrir les aventures de Baldassare avec le tome 2 dont le sous-titre est : Un ciel sans étoile »

Le périple de BaldassareT2 de Joël Alessandra

 

Quatrième de couverture

Décembre 1665. Parti sur les traces du « centième Nom », ouvrage légendaire qui contiendrait le nom caché de Dieu, et de ce fait capable d’assurer le salut du monde, Baldassare Embriaco, Gênois d’Orient, négociant en livres et curiosités, débarque à Smyrne en compagnie de la belle Marta, une veuve avec qui s’est nouée une intense relation amoureuse. Rien ne va s’y dérouler comme ils l’escomptaient.

Une adaptation délicate et sensuelle du roman éponyme d’Amin Maalouf.

Ce que j’en pense

On suit les traces de Baldassare dans son périple pour retrouver le manuscrit. Après une traversée houleuse, il débarque à Smyrne (Izmir) et tente de trouver les preuves du décès du mari de Marta.

Baldassare y retrouve son ami Maïmoun et apprend qu’un juif du nom de Sabbataï se fait passer pour le Messie. Il apprend que le livre se trouve désormais en Angleterre et de surcroît, le mari de Marta  est remarié, a des enfants mais sa nouvelle famille ne le sait pas.…

Marta se rend seule chez son mari et ne revient pas, tombée dans un traquenard. Baldassare est obligé de fuir…

Je me suis ennuyée ferme, car on est presque toujours sur une mer démontée avec, entre autres, un capitaine fou qui voit des ennemis partout, se sent persécuté, poursuivi par les mouettes et ne guide plus vraiment le navire.

Certes, on visite Gênes, Lisbonne, Amsterdam, Londres, avec les guerres navales entre Anglais et Hollandais mais, en dépit des planches toujours aussi belles et colorées, la magie n’est pas au rendez-vous. Les extraits des carnets de note de Baldassare, par contre, sont bien mis en relief et laissent entrevoir l’art de conteur de l’auteur du roman.

Cette lecture confirme ce que j’ai ressenti avec le premier tome, les adaptations en BD de romans que j’ai aimés me laissent une grande frustration car je préfère laisser libre cours à mon imaginaire en lisant le texte original.

J’ai emprunté les trois tomes, donc je vais finir la lecture… et ensuite, je me limiterai à des BD ou manga classiques…

Extraits

Je m’étais toujours dit que je pleurerais devant Gênes, mais les circonstances de ces retrouvailles n’auront pas été celles que j’avais imaginées. C’est dans cette ville que je suis né bien avant ma naissance, et de ne l’avoir jamais vue la rendait plus chère à mon cœur, comme si je l’avais abandonnée et que je devais l’aimer davantage pour qu’elle me pardonne. Personne n’appartient à Gênes comme lui appartiennent les Génois d’Orient.

Le périple de BaldassareT2 de Joël Alessandra planche

http://www.planetebd.com/bd/casterman/le-periple-de-baldassare/un-ciel-sans-etoile/15743.html

 

Lu en mai 2017

Publié dans BD

« Le Périple de Baldassare : T1 de Joël Alessandra

Je vous parle aujourd’hui d’une BD, en trois volumes, tirée d’un livre d’Amin Maalouf que j’ai adoré en 2000… ce premier tome a pour sous-titre :  « Le centième nom »

 le periple de Baldassare BD T1 le centième nomJoël Alessandra

Quatrième de couverture :

1665. Quatre longs mois nous séparent encore de l’année de la Bête, et déjà elle est là. Son ombre voile nos poitrines et les fenêtres de nos maisons.

Comment a débuté cette folie ? Des citations du prophète affirment qu’il y a un Nom Suprême à prononcer pour écarter ce danger. Il repose dans les pages d’un livre mythique : Le Centième Nom. Baldassare, libraire émérite, se lance à la recherche de cet ouvrage mythique…

Une adaptation délicate et sensuelle du roman éponyme d’Amin Maalouf.

Ce que j’en pense

Baldassare Embriaco, originaire de Gênes, tient une boutique de livres rares, héritée de son père, Tomaso, lorsqu’un jour, il voit entrer un voyageur en provenance de Moscovie qui lui parle pour la première fois d’un manuscrit :  « Le centième nom ».

Nous sommes en 1665 et on voit arriver avec crainte 1666, année de la bête, synonyme d’apocalypse, la seule façon d’éviter le chaos étant de prononcer le centième nom de Dieu (le Prophète en a recensé quatre-vingt-dix-neuf dans le Coran).

« Des citations du prophète affirment qu’il y a bien un nom suprême qu’il suffirait de prononcer pour écarte n’importe quel danger, pour obtenir du ciel n’importe quelle faveur. Noé le connaissait, dit-on , et c’est ainsi qu’il aurait pu se sauver avec les siens lors du déluge »

Un jour, un vieux sage le lui offre et il le vend à un chevalier français, ce qu’il regrette très vite et se lance à sa poursuite avec ses neveux et une femme mystérieuse abandonnée par son époux, il y a longtemps, et qui désire recouvrer sa liberté. Mais chaque fois qu’on s’approche, des évènements bizarres se produisent…

La BD commence comme le roman : l’écriture des carnets de souvenirs de Baldassare, les dessins de Joël Alessandra sont magnifiques, , notamment les couleurs (les différents tons de bleu sont à couper le souffle), l’architecture des bâtiments, les attitudes, les vêtements des protagonistes, leur manière d’évoluer dans les rues, tout cela m’a plu,  on se croirait dans les mille et une nuits.

C’est bien fait, mais je n’ai pas retrouvé la magie de l’Orient et la quête du héros que j’avais ressenties en lisant le roman et de surcroît, c’est un crève-cœur de voir les dessins de Tripoli, Homs, Alep, entre autres en sachant qu’il reste des ruines…

Un bel échange entre Baldassare et Maïmoun, bijoutier à Alep :

« Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent.

Nous sommes tous des égarés ! »

J’aime beaucoup Amin Maalouf, comme chacun le sait, et « Le périple de Baldassare » m’a beaucoup plu en 2000, quoi que moins bon que « Léon l’Africain », excellent roman que j’ai relu avec le même plaisir des années plus tard.

Le Moyen-Orient, (comme l’Extrême-Orient), me fascine depuis longtemps et, à travers ses romans, Amin Maalouf m’a fait découvrir, au début des années quatre-vingt, sa culture, son histoire, ses poètes…

L’époque actuelle, mon avancement en âge jouent-t-ils un rôle ?  Ai-je besoin du roman, de la prose, du récit plutôt, pour laisser libre cours à mon imagination ? Je ne sais pas. Pour en avoir le cœur net, j’ai ressorti le livre, pour m’y replonger.

Petite déception donc, mais je vais tenter de lire le deuxième tome, pour ne pas avoir de regret.

Extraits

http://www.planetebd.com/bd/casterman/le-periple-de-baldassare/le-centieme-nom/13003.html

le périple de Baldassare planche 1 T1

Lu en mai 2017

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« L’Arabe du futur: T3 » de Riad Sattouf

Petit moment de détente avec cette BD :

 larabe-du-futur-t3-de-riad-sattouf1985-1987

 

Résumé de l’éditeur

Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

 

Ce que j’en pense

J’ai retrouvé avec plaisir le petit Riad dans ce tome qui couvre les années 1985 à 1987.

Il a sept ans, change de classe et on le voit grandir, réfléchir autrement.

Ce T3 analyse davantage la situation de la mère, femme au foyer qui sombre un peu dans la dépression et essaie de construire un puzzle sur lequel figure une vue de Saint-Malo ? à vérifier

La vie inconfortable en Syrie, notamment dans le village, lui pèse de plus en plus, lorsque survient une troisième grossesse et l’envie de quitter le pays s’affirme de plus en plus.

Le père est toujours empêtré dans ses contradictions, alternant son travail à l’université et ses arbres fruitiers qu’il arrose la nuit. Il se revendique laïc mais fait le Ramadan, il espère toujours que la situation s’améliore d’elle-même mais ne fait rien pour changer.

J’aime bien cette analyse à hauteur d’enfant, il décrit ce qu’il voit sans porter de jugement mais sans concession quand même. La façon dont il explique Noël que sa mère tient à fêter dignement, ce qui donne des scènes plutôt croustillantes : par exemple la manière dont Riad explique à ses cousins qu’il faut mettre un arbre, le décorer et écrire une lettre au père Noël pour commander les jouets et la déconvenue des cousins le lendemain…

Riad Sattouf nous livre au passage des réflexions de son père sur l’Arabie Saoudite et son régime, ses relations avec l’argent, ses pratiques en matière de religion, de droits de l’homme et surtout de la femme ainsi que sur l’histoire de la Syrie (Empire Ottoman, Sykes-Picot…)

On sent que l’image du père se fissure un peu dans ce tome, car trop de contradictions dans les explications dithyrambiques et le petit Riad se rend bien compte que ses parents s’éloignent l’un de l’autre.

L’auteur arrive bien à faire passer son message, la société qu’il décrit m’irrite, et je me demande comment Clémentine, la mère peut supporter la situation donc son début de « révolte » arrive à point nommé. Je n’avais pas envie de continuer mais la fin m’a fait changer d’avis.

Extraits

http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/bande-dessinee/l-arabe-du-futur-3-nouvel-episode-de-l-epopee-passionnante-de-riad-sattouf-246905

 

larabe-du-futur-t3-de-riad-sattouf1985-1987-planche-1

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Lu en février 2017

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« Karma City » de Pierre-Yves Gabrion

Place à la BD aujourd’hui avec :

karma-city-de-pierre-yves-gabrion 

Quatrième de couverture:

          Un banal accident de la route, une jeune archéologue trop intègre.

          Un mandala gravé, enjeu d’un trafic d’antiquités dans les plus hautes sphères du pouvoir.

          Une société utopiste et moraliste où chacun se doit d’être responsable de ses actes.

          Ce n’est qu’une fiction, mais Karma City, c’est aussi l’un de nos futurs possibles.

Ce que j’en pense

          J’ai choisi cette BD lors de l’opération masse critique de décembre dernier sur Babelio.com, que je remercie au passage ainsi que les éditions Dupuis, en raison du titre : le Karma, cela avait tout pour me plaire.

          En fait, cette ville idéale avec des lois fondatrices basées sur la loi du Karma, où l’on ne peut circuler qu’en fonction du détecteur de Karma positif, s’avère être aux antipodes de l’univers idyllique qu’on pourrait attendre d’elle.

          L’histoire en elle-même m’a relativement plu : des AVC qui frappe les gens de façon a priori banale, un rapport de routine qui débouche en fait sur une enquête compliquée, un flic rebelle qui n’écoute personne et se fie à son instinct, des ripoux… cela laisse présager un bon polar.

          L’agent Napoli est intéressant, comme tous les flics rebelles qu’on voit dans les polars. Par contre, sa supérieure hiérarchique est trop caricaturale : la police serait-elle machiste ?

          Seulement voilà, je ne suis pas vraiment entrée dans l’histoire, (il y avait pourtant un beau mandala fossile !). Et les dessins ne m’ont pas tellement plu, les traits sont épais accusés, les couleurs sombres renforcent le sentiment d’oppression.

          Surtout, le fait d’être sous surveillance électronique ou autre de façon permanente me hérisse le poil et renforce ma parano.

          Le site  http://karmacity.fr/ propose plusieurs planches pour se faire une idée…

 

L’auteur

          Pierre-Yves Gabrion est né au Maroc en 1956. Passionné de bande dessinée, il commence sa carrière dans le dessin de presse (L’Expansion, Le Point…), écrit des scénarios pour « le Journal de Mickey » et dessine pour « Fripounet » et « Spirou ».

           En 1987, sort un premier album destiné à la jeunesse « Amazonia » récompensé par l’Alph’Art coup de cœur Angoulême 1988, suivi de « Tumuc-Humac ».

          En 1990, il change radicalement de style et entame le cycle de « L’homme de Java ». En 1998, il publie « Les rameaux de Salicorne », et vient de sortir « Des hauts et des bas », premier épisode d’une nouvelle série, « Phil Koton »

 

Extraits

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Lu en décembre 2016

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« Le Chat du Rabbin T4 » de Joann Sfar

Retour à la BD avec ce tome 4, intitulé : « Le Paradis terrestre ».

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Résumé de l’éditeur

          Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

Savoureuse aventure philosophique, brillante digression théologique, ce quatrième tome du Chat du Rabbin est une pure merveille qui confirme le statut particulier de l’une des œuvres majeures de la Bande Dessinée contemporaine.

Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de L’exode, le précèdent tome du Chat du Rabbin, deux ans pendant lesquels la série est devenue, avec plus de 300 000 exemplaires vendus, le plus grand succès de la nouvelle Bande Dessinée et un véritable phénomène de société, qui a même débouché sur une pièce de théâtre.

          Ce quatrième tome voit le retour du Chat en Algérie, aux alentours d’Oran, ce qui permet à Joann Sfar de dessiner d’un trait sensuel le Maghreb, le désert et les villes du Sud, balade qui le rapproche parfois de Pratt. Mais l’auteur profite surtout de son Chat pour tranquillement philosopher et reprend avec son lecteur cette conversation informelle autour de Dieu et des hommes, un dialogue délectable, et toujours jouissif dont on ressort un peu meilleur, en se posant plus de questions qu’avant d’en commencer la lecture.

          Que peut-on demander de plus à un livre ?

Ce que j’en pense

J’avoue que ce quatrième tome m’a quelque peu déçue.

Le personnage du Malka ne me plaît pas beaucoup car il raconte des histoires qui le mettent en valeur et entretiennent sa légende, notamment ses conquêtes féminines, mais on tourne en rond.

L’auteur nous propose une réflexion sur la vieillesse, la décrépitude et la mort au travers de l’amitié du lion et du Malka :il voudrait mourir en même temps que son maître, car la vie l’un sans l’autre semble impossible, quitte à faire un pacte avec le serpent. Ce sont les échanges entre notre Chat et le lion philosophant sur la vieillesse et la vie en général qui sont intéressants.

L’idée était belle, prometteuse, mais on ne voit pas toujours où l’auteur veut en venir, on se perd dans les dédales de son récit. On voit monter les dissensions entre Juifs et Musulmans et les références aux textes religieux sont toujours présentes.

Par contre, les dessins de Joann Sfar me plaisent toujours autant. J’espère qu’il ne s’agit que d’une baisse de forme temporaire et je vais tenter de lire la suite.

Extraits:

Le chat: Dieu est incapable de parler.

Le lion: Qu’est-ce que tu en sais, microbe?

Le chat: Il est tout seul dans son immensité. A qui tu veux qu’il cause?

Le lion: A ses créatures.

Le chat: Ah bon, il te parle beaucoup à toi le bon Dieu?

Le lion: GRAOU…Attends, ça va être à moi

 

 
Lu en décembre 2016

 

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« Silex and the City » de Jul

Aujourd’hui, ambiance de fêtes oblige, place à la BD avec:

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Résumé de l’éditeur

          40 000 avant J.C. : une vallée résiste encore et toujours à l’Évolution. A l’aube de l’humanité, Blog Dotcom est un  » Homo-Erectus qui se lève tôt « : pour changer tout ça, il décide de se présenter aux élections.

          Avec une femme pro de Préhistoire-Géo en ZEP (Zone d’Evolution Prioritaire), un fils cadet militant alter-darwiniste opposé à l’usage du feu et de la fourrure, et une fille aînée qui flirte avec Rahan de la Pétaudière, fils à papa héritier du plus gros volcan récemment privatisé  de la région, il n’est pas au bout de ses peines.

          De la Biennale d’Art Préhistorique Contemporain aux Ancêtres de Don Quichotte, des Dolto-sapiens aux « minorités visibles » néandertaliennes, c’est tout notre théâtre contemporain qui défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société évoluée.

 

Ce que j’en pense :

         J’ai découvert « Silex and the City » grâce à la série d’animation, sur ARTE, quatre ou cinq minutes tous les soirs et comme j’aimais bien, j’ai décidé de lire la BD.

          Les personnages me plaisent, notamment Spam Dotcom, prof de préhistoire-géo en Zone d’Évolution Prioritaire, grosses lunettes et grand sac qui traîne par terre. Son époux Blog Dotcom, prof de Chasse et Homo Erectus qui se lève tôt, ainsi que nous le présente Jul.

          Les enfants sont, également, hauts en couleurs, le fils végétarien écolo dans le sens plutôt sectaire du terme, ou la fille qui fricote avec un fils à papa, se promenant partout avec son crocodile apprivoisé, prénommé ???? Lacoste bien sûr.

          L’auteur nous propose une réunion en salle des profs, très drôle, avec ce typer d’échange:

          « Bien sûr qu’ils ne vont pas tous rentrer à Sciences-peaux, mais j’aimerais quand-même qu’ils aient des débouchés…

          Moi, quand je leur demande ce qu’ils veulent faire plus tard, ils me disent tous : « Tailleur de pierre » ou « agriculteur » !

         Ouais, enfin, tout le monde ne peut pas bosser dans les nouvelles technologies ! »

          La campagne électorale de Blog, pour faire bouger les choses, avec pour slogan : « Silex we can » donne lieu à des réunions assez cocasses, parodie de la politique actuelle.

          Jul joue avec les mots (EDF Énergie Du Feu, le mouvement des sans grottes, alter-darwinisme) et transpose les thèmes récurrents de notre société actuelle à 40 000 ans avant J.C. avec beaucoup d’humour: racisme anti néandertaliens, lutte des classes, délocalisation, art, famille …

          « La vérité, c’est  qu’aujourd’hui pour la moindre chasse à l’ours, on est obligé de faire appel à des trappeurs polonais ! »

          Les dessins me plaisent ainsi que la façon dont les protagonistes sont habillés, autant que leurs manières, ou leurs visages (un coucou en passant au sosie de Karl Lagerfeld commentant une exposition d’arts).

         Bon moment garanti…

 

L’auteur :

          Julien Berjeaut, alias Jul, né en 1974 est dessinateur de presse et auteur  de BD notamment les remarquables albums, « Il faut tuer José Bové » et « La Croisade s’amuse ».

Après Normale Sup, il enseigne un temps l’histoire chinoise puis, se rendant compte qu’il peut vivre du dessin, s’y consacre pleinement.

Il intervient dans des magazines variés tels  » Lire », ou « Philosophie Magazine » et à la télévision dans  » La Grande Librairie » ou le magazine d’actualité « 28 minutes «  sur ARTE.

En novembre 2016, il devient le nouveau scénariste de la série Lucky Luke avec « La Terre promise »…

 

 Extraits

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Lu en décembre 2016

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« Le chat du Rabbin T3 l’exode » de Joann Sfar

Je viens de terminer le tome 3 de la saga « Le Chat du Rabbin » intitulé « L’exode », entre deux romans, un peu de détente s’impose.

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Résumé de l’éditeur

          Ça y est, la fille du Rabbin se marie. Inutile de dire que le Rabbin n’est pas très content à l’idée de la voir partir ; quant au chat, n’en parlons pas, il comprend vite qu’il devra faire une croix sur les caresses et les confidences.

          Du coup, pour se venger, les deux compères décident d’accompagner la belle et son mari pendant leur voyage de noces à Paris.

          La dernière merveille de Joann Sfar.

 

Ce que j’en pense :

          J’ai trouvé cet album moins drôle que les précédents, moins léger, en tout cas.

          Il est vrai que le thème est plus triste : le Rabbin est grognon, a du mal à trouver sa place maintenant que sa fille est mariée, alors il décide d’accompagner le couple à Paris, tant pis pour leur intimité, sous prétexte de rencontre la famille de son gendre. On a vraiment l’impression que le voyage sera sans retour.

          On quitte Alger sous le soleil, et l’arrivée à Paris se fait sous la pluie, donc les planches deviennent plus sombres, notre Rabbin qui s’est habillé en hiver dès son arrivée à Marseille sue à grosses gouttes et  s’enrhume.

          On assiste à des rencontres improbables, à la recherche d’un lointain cousin artiste, notamment un chien qui va devenir ami.

         Ce matou me plaît toujours autant, surtout quand il tente de perturber la nuit de noces de Zlabya, avec ses démonstrations de jalousie effrénée et que sa maîtresse le laisse dehors.

          On retrouve les interrogations sur la religion, les règles du Shabbat, les possibilités de dérive, si on prend tout au pied de la lettre.

          Deux situations m’ont plu : le Rabbin et son chat qui dorme dans une église, car il pleut et il n’a pas d’argent. Et le dialogue qu’il a avec le père de son gendre athée.

          Encore une belle leçon sur la sagesse, les doutes, la tolérance et une très jolie préface de Georges Moustaki.

          Note : 8/10

 

Extraits :

Mais, pourquoi tu fais semblant d’être un Arabe ?

Parce que pour faire le Juif, il faut l’accent polonais et je ne sais pas le faire. Oui, parce que Juif du Maghreb, ça ne les intéresse pas trop les gens, ça leur complique. Le public, Tonton, il n’aime pas les choses compliquées.

 

Je n’ai pas mis les pieds dans une synagogue depuis trente ans.

C’est très bien. Ça évite de déranger les gens pendant la prière. Mais Dieu a une place pour vous… Vous ne venez pas à l’office parce que vous voulez inquiéter Dieu ; vous êtes comme le petit garçon qui veut que ses parents s’occupent de lui.

 

Je vous parle d’une époque où les Juifs d’Algérie n’étaient pas encore français. Là-bas, il y avait les Français, les arabes et les Berbères et nous, tout en dessous. Eh bien, même chez nous qui étions ce qui se faisait de moins considéré en Algérie, rabbin cela ne plaisait pas. Je me souviens toujours, ma mère, la pauvre, elle disait : « c’est pas un métier pour un Juif »

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Lu en novembre  2016