Publié dans BD, Littérature française

« Les vieux fourneaux,T6 l’oreille bouchée » de Lupano et Cauuet

Place à la BD aujourd’hui avec le T6 des « Vieux fourneaux » :

Quatrième de couverture :

« L’air pollué aux microparticules, les fruits et légumes exposés toute la journée aux gaz d’échappement sur les trottoirs ; l’incubation microbienne du métro, les bols de cacahuètes sur le comptoir de Jean-Claude, tout ça, ça ne me fait rien.

Mais ICI, je suis en danger !

Ici, la nature est trop naturelle ! »

Ce que j’en pense :

On démarre en fanfare avec Pierrot, toujours aussi râleur, qui vient de s’en prendre au minuteur des WC dans le bar : quelle idée aussi, de devoir « pisser » pendant une durée limitée, pour économiser de l’électricité, alors que les terrasses abritant les fumeurs sont chauffées H 24. Et quid des problèmes de prostate ? Maltraitance déguisée ?

Furieux, il dérobe un parapluie qui va lui servir d’arme pour la journée de manif pour Geneviève bousculée par les flics… ce qui nous offre des scènes à se tordre de rire.

En fait, Pierrot a du mal a se remettre de la mort de Fanfan, et se laisse un peu aller, il suffit de voir l’état de son appartement et de son réfrigérateur ! il se demande ce que vont devenir « Ni yeux, ni maîtres » et où pourront-ils se réunir dorénavant, en attendant le passage devant le notaire.

De retour chez lui, il reçoit un appel de son ami : Mimile leur a organisé une surprise en Guyane ce qui donne à Pierrot l’occasion de râler un peu plus, l’aéroport et le fait qu’il déclenche les alarmes, son passé de fiché S qui le poursuit… Enfin, c’est l’arrivée en Guyane où Mimile a bien fait les choses avec son copain le philosophe grec à l’accent so british…

Un album qui fait la part belle à la Nature, à la pollution par les métaux lourds liée à l’extraction de l’or à grande échelle…

J’ai bien aimé le singe atèle qui se prend d’affection pour Pierrot, avec des scènes assez cocasses, mais j’ai été moins emballée par cet opus. On rit toujours, mais c’est parfois un peu lourd, capillotracté.

Peut-être aussi qu’après toute la morosité covidienne ambiante, je suis passée un peu à côté ? la tête ailleurs, pas le bon moment… En plus, je l’avais oublié dans un coin alors que je l’avais commencé début juillet et lâché en route… En deuxième lecture, j’ai plus apprécié…

7/10

Extraits :

Lecture terminée en septembre 2021

Publié dans BD

« Sur un air de fado » de Nicolas Barral

Place à la BD aujourd’hui avec ce splendide ouvrage :

Résumé de l’éditeur :

Lisbonne, été 1968.

Depuis 40 ans, le Portugal vit sous la dictature de Salazar.

Mais, pour celui qui décide de fermer les yeux, la douceur de vivre est possible sur les bords du Tage. C’est le choix de Fernando Pais, médecin à la patientèle aisée. Tournant la page d’une jeunesse militante tourmentée, le quadragénaire a décidé de mettre de la légèreté dans sa vie et de la frivolité dans ses amours.

Un jour où il rend visite à un patient au siège de la police politique, Fernando prend la défense d’un gamin venu narguer l’agent en faction. Mais entre le flic et le médecin, le gosse ne fait pas de distinguo. Et si le révolutionnaire en culottes courtes avait vu juste ? Si la légèreté de Fernando était coupable ?

Le médecin ne le sait pas encore, mais cette rencontre fera basculer sa vie…

Ce que j’en pense :

L’histoire démarre sur un beau paysage, lumineux et plein de douceur : Estoril, le 3 août 1968, Salazar lit son journal face à la mer. On lui annonce l’arrivée de la pédicure, il s’assoit en continuant à lire et la chaise casse, il tombe… AVC ? quoi qu’il en soit, il est obligé d’abandonner le pouvoir.

Tout le monde en parle, et cela s’agite au siège de la tristement célèbre P.I.D.E. (Policia Internacional & Defesa do Estado) alias police d’état…

Le docteur Fernando Pais est en train de s’y rendre, comme tous les matins, pour soigner l’inspecteur ; lorsqu’il arrive sur les lieux des gamins sont en train de mettre le feu à une crotte de chien plié dans un journal et le plus téméraire sonne… le doutor lui sauve la mise, temporairement. Dans le bureau, on plaisante sur l’accident de chaise du dictateur, alors que d’autres interrogent de manière musclée, comme il se doit, un jeune homme.

Le docteur retourne à son cabinet et une de ses maîtresses lui faisant faux bond décide d’aller « prendre une cuite » avec son ami, dans l’Alfama. Et tous les deux vont parler du passé, de l’époque où ils étaient étudiants, de Marisa, communiste qui deviendra l’épouse du docteur, alors que lui vient d’une famille ayant pignon sur rue donc penchant plus de côté de la droite. Il n’est pas très bien accueilli par les amis de Marisa…

Il sera rappelé pour examiner un détenu, en fait on lui demande de le remettre sur pied pour que les policiers puissent continuer à le torturer… Il subit des pressions mais sa rencontre avec Joao, et surtout la famille de celui-ci lui fait prendre conscience peu à peu de sa passivité.

La guerre d’Angola se dessine, en toile de fond comme le fado.

J’ai aimé l’histoire du docteur Fernando Pais, l’ambiance de Lisbonne, cette ville magnifique, que l’on parcourt dans cette BD et l’architecture est très bien représentée sur les planches. Le tramway est un des personnages, certains quartiers tel l’Alfama avec ses ruelles en pente qui descendent vers l’estuaire du Tage… Les couleurs sont belles et elles varient en fonction de évènements, des moments joyeux ou sinistres…

On croise Horacio Lobo Antunes qui deviendra plus tard un écrivain et psychiatre connu, qui n’est autre ici que l’ami de Pais auquel il confie un manuscrit « L’enfant et la baleine » pour qu’il lui donne son avis. Antunes va être censuré par la dictature, tant pour ses écrits que pour son homosexualité. Entre parenthèses, on attend toujours le prix Nobel…

On rencontre aussi un homme, dans le train, qui s’appelle… Perreira comme le journaliste spécialisé dans les nécrologies, du beau roman d’Antonio Tabucchi, « Perreira prétend » qui parcourt la ville en avalant des tonnes de citronnade.

Nicolas Barral évoque aussi la torture, et fait un clin d’œil à Fernando Pessoa : un des prisonniers finit par donner des noms, qui sont en fait les pseudonymes du l’écrivain. On sent l’amour que l’auteur porte à Lisbonne et au Portugal qui est le pays de sa femme.

J’aime bien le portugais, ses sonorités, et Nicolas Barral l’utilise avec des expressions, ou les titres des chapitres par exemple.

J’ai choisi cette BD, roman graphique, vue la taille parce que le Portugal est le pays où né mon mari et qu’il a dû fuir sous la dictature dans des conditions assez rocambolesques, comme la plupart. J’y suis allée pour la première fois quelques mois après la Révolution des Œillets et son histoire, sa culture, le fado m’intéressent depuis longtemps même si je parle très mal la langue (il a choisi d’être Français et n’a pas souvent envie d’y retourner…

On a de très belles images dans les tons gris bleu de la baleine dans le port puis au-dessus de Lisbonne, sous la forme d’un rêve de Fernando Pais qui s’est endormi sur le manuscrit…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions qui m’ont permis de découvrir ce roman graphique et son auteur. Mais, je tiens à préciser que la version numérique ne convenant pas j’ai préféré l’acheter, pour profiter des couleurs, pour revenir en arrière… Lire une BD sur un ordinateur enlève beaucoup de plaisir et en plus c’est très inconfortable…

#Surunairdefado #NetGalleyFrance

L’auteur :

Né en 1966 Nicolas Barral est un dessinateur de bande dessinée. Il débute sa carrière à OK Podium où il réalise les pages BD. En 2008, il est le scénariste de « Mon pépé est un fantôme », puis publie avec Tonino Benacquista « dieu n’a pas réponse à tout ».

Avec « Sur un air de fado », il est pour la première fois scénariste et dessinateur.

Extrait :

« Mon hypothèse est que le consentement est dans la nature des Portugais. N’ayant jamais connu que la dictature, nous avons appris à nous contenter du bonheur que Salazar nous octroie.

Mais si cette soumission est ancrée en nous, n’est-ce pas aussi qu’elle présente certains avantages ?

Dans un régime libéral, l’homme est en prise directe avec son bonheur, dont il fabrique lui-même les ingrédients. Par conséquence, s’il échoue, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

N’est-il pas plus confortable, au fond, d’avoir au-dessus de soi quelqu’un à qui s’en remettre ou contre lequel se retourner ? »

Lu en mars 2021

Publié dans BD

« Hercule Poirot: T1 Le crime de l’Orient-Express de Benjamin von Esckartsberg et Chaiko

Petit détour par la BD aujourd’hui avec :

Résumé de l’éditeur :

Le crime de l’Orient-Express est, avec Dix petits nègres, l’un des romans d’Agatha Christie ayant connu le plus grand succès. Il a été traduit en plus de trente langues.

Hiver 1937. Juste après minuit, une congère force l’Orient-Express à s’arrêter en pleine voie. Le luxueux train est étonnamment plein pour cette période de l’année, mais, au petit matin, on dénombre un passager de moins… Un magnat américain est mort d’une dizaine de coups de couteau, la porte de son compartiment verrouillée de l’intérieur.

Hercule Poirot mène l’enquête dans le train coupé du monde.

Ce que j’en pense :

On ne dira jamais assez le pouvoir de persuasion des amies blogueuses… Après avoir lu les chroniques de Lydia et Belette, il m’était impossible de résister (de toute manière, je suis incapable de résister à la tentation devant des livres alors…). Bref, je me suis ruée sur la première boutique venue pour me procurer cette BD.

Il faut dire que « Le crime de l’Orient-Express » est mon roman préféré de la reine Agatha.

Je ne vais pas raconter l’histoire, tout le monde la connaît. Cette adaptation en BD m’a énormément plu, et je l’ai dévorée, tant j’avais besoin (faim) de lecture plaisante.

J’ai beaucoup aimé les dessins de Chaiko, les couleurs, les personnages sont bien croqués. J’ai retrouvé l’intrigue avec plaisir. J’ai vu plusieurs adaptations à l’écran de ce beau roman, avec une préférence pour celle où joue Sean Connery. Par contre, j’ai trouvé la version de Kenneth Branagh tellement fade que je me suis assoupie en route…

Cette lecture fut un pur bonheur et je renouvellerais bien l’expérience avec un autre titre, car c’est le premier tome de la série et vous l’avez sûrement remarqué, la couverture est sublime.

8/10

Les auteurs :

Benjamin von Eckartsberg a étudié la Communication visuelle à Munich et est membre depuis 1995 de  »l’Artillerie ». Il travaille depuis 1993 comme illustrateur indépendant, et collabore à de nombreuses reprises avec Thomy. En dehors de ça, il attend inlassablement le moment propice de pouvoir commencer son propre album.

Chaiko (de son vrai nom Cai Feng) est un réalisateur de dessins animés basé à Shanghai. Son style très personnel capte l’air du temps de la jeunesse chinoise privilégiée qu’il transpose ici dans un Paris magnifié. Ses personnages affrontent les interrogations d’une jeunesse qui a sauté d’un seul coup du 19e au 21e siècle. Il a déjà publié avec succès le graphic novel “Love Fragments Shanghai” chez Xiaopan.

Faute de pouvoir proposer des photos ou extraits, voici la 4e de couverture:

Lu en février 2021

Publié dans BD

« Les Vieux Fourneaux : T5 bons pour l’asile » de Lupano et Cauuet

Je viens de terminer (en de relire encore une fois! avant de le rendre à la bibliothèque) ce dernier opus:

Les Vieux Fourneaux T5

 

Résumé :

 

Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette.

Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu…

Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s’occuper ensemble de Juliette jusqu’au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l’accompagner au match. Or, Pierrot l’anarchiste mène un nouveau combat : il s’est engagé en faveur des migrants. Alors vous pensez bien qu’assister à un match opposant la France, qui refuse d’accueillir les migrants, à l’Australie, qui ne pense qu’à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l’homme, c’est hors de question ! Mimile n’a plus pour seule compagnie que ses désillusions…

Et si lui aussi était bon pour l’asile ?

 

Ce que j’en pense   

 

Ma critique sera brève, pour une fois! mais l’enthousiasme est toujours là…

Encore un tome savoureux ! je m’éclate toujours autant avec ces vieux compères qui sont devenus les miens…

Laisser Juliette avec son Papoutch (son arrière-grand-père) et son grand-père pour qu’ils se rabibochent ce n’était pas peut-être pas l’idée du siècle mais cela donne lieu à des scènes comiques.

Pierrot qui manifeste devant une banque suisse avec ses complices et tout le monde se fait coffrer, d’où une garde à vue géniale qui permet de faire la connaissance de Patate…

Le tout sur fond de match de rugby au stade de France, sur fond de danses océanes…

 Une mention spéciale pour la plaque de l’hôtel de Fanfan (ex île de la tortue) :

Dave HIOCK et Demi GRANTS

GLOBAL TRADE

INVESTISMENTS EXPERTISE

 

J’ai beaucoup ri encore et adoré! peut-être suis-je aussi bonne pour l’asile comme eux!

 

Extraits

 

Les Vieux Fourneaux T5 planche 1

 

On a réfléchi, et on s’est dit :quand c’est le Qatar qui rachète les musées, les plages privées et les clubs de foot, personne ne crie à l’invasion arabe. Tout le monde est content.

Donc ce ne sont pas les étrangers qui font peur, ce sont les étrangers pauvres.

 

Hugo Boss ? Mais ça vaut cher !

Oui, enfin euh, ils sont comme qui dirait un peu… tombés du camion…

Vous les avez piqués ?

Disons qu’on a estimé qu’après avoir habillé les nazis des bottes à la casquette, Hugo Boss pouvait bien fournir quelques costumes gratos à des nécessiteux basanés… C’est de bonne guerre.

 

C’est peut-être ça, la France. On se trouve glorieux dans la défaite, ce qui nous rend quasi invincibles.

Lu en janvier 2019

Publié dans BD

« Les Vieux Fourneaux T4 La magicienne » de Lupano et Cauuet

Place à la BD aujourd’hui avec le T4 des aventures de mon trio préféré et de leurs acolytes :

Les Vieux Fourneaux T4

 

Résumé de l’éditeur :   

 

Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance : Antoine, Émile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées.

Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps. Les Vieux Fourneaux, à travers d’incessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise.

 

Ce que j’en pense   

 

Quelle joie de retrouver les compères !

La petite-fille d’Antoine, Sophie, est en train de terminer sa tournée « les loups en slip », et c’est lui qui veille sur Juliette pendant les spectacles.

En rentrant au bercail, la fourgonnette rouge tombe en panne. Source d’une série de petits ennuis : réparation du véhicule mais aussi du toit (les artisans s’engagent puis ne donnent plus signe de vie !

Et soudain, grande nouvelle, une ZAD a été érigée sur le terrain que Berthe a vendu au labo Garan-Servier : on a découvert une sauterelle rare la « magicienne dentelée » qui est une espèce protégée. Ceci donne lieu à des échanges savoureux dans le village…

Et bien-sûr la bande « ni yeux ni maître » en profite pour débarquer, Pierrot en tête, pour soutenir l’occupation des lieux…

On croise en route, les zadistes, les chasseurs, un bel entomologiste tout en cheveux, et Antoine fidèle à son rôle de défenseur des travailleurs, sans oublier Berthe circulant pied sur l’accélérateur dans sa nouvelle voiture : une Chrysler 300H rouge de 1962 comme celle de Marilyn Monroe…

Les dialogues et les dessins sont toujours aussi bons, et mine de rien, les auteurs abordent des thèmes de société très actuels.

J’ai beaucoup ri, comme d’habitude et j’en avais besoin alors je réserve le T5!

 

Extraits

Les Vieux Fourneaux T4 planche 1

 

Quelques dialogues savoureux :

 

« Bande d’égoïstes !

Les champignons, la Chope ! C’est bien la France, ça !

Vous passez votre temps à râler que rien ne change, et quand ça change, vous gueulez que ce ne sera plus comme avant !

Eh ben quoi ? On veut le changement dans la continuité. C’est notre droit.

Ben, je vais aller leur expliquer moi, aux babas cools, ça va pas traîner ! et tu vas voir, ta continuité !

 

Ou encore :

 La vache, ça a l’air violent la fédération de chasse !

Si vous saviez !! vous connaissez Guimauve Frombze ?

 Gui comment ?

Guimauve Frombze , la série télé avec les dragons !

 Gu… Ah ! game of thrones ?

 

Encore un petit dernier pour donner envie d’ouvrir cette BD :

 

… on vient défendre la magicienne dentelée, je te signale ! tu te rends compte qu’elle se reproduit par clonage ? Arno en a fait des recherches, et…

Ben, elle nous emmerde ta magicienne dentelée ! elle peut aller se cloner le fion dans le champ d’à côté et pas freiner la reprise économique !  

 

Lu en décembre 2018

Publié dans BD

« Les Vieux Fourneaux T3 Celui qui part de Lupano et Cauuet

Place au troisième volume de cette belle épopée avec :

 

Les Vieux fourneaux T3

 

Quatrième de couverture   

 

« Plutôt crever !

ils ont engraissé les banques toute leur vie comme des esclaves pour se payer leur petit pavillon de merde et leur piscine, qu’ils comptent pas sur moi pour venir leur racler la véranda »

 

Ce que j’en pense   

 

Quel plaisir de retrouver les tontons (pardon, les papys) flingueurs !

L’aventure démarre sur les chapeaux de roues : Pierrot déguisé en abeille, pour manifester contre l’emploi des pesticides et autres joyeusetés fabriqués par les lobbies phytosanitaires tout puissants qui ont le droit d’empoisonner le monde en commençant par les abeilles !

Hélas, la manif tourne mal et il se retrouve avec ses potes de « Ni yeux, ni maître » en garde à vue.

Pendant ce temps, Mimile et Antoine luttent contre le dégât de eaux dans la maison de Sophie dont la toiture fuit de partout… La jeune femme leur a confié sa fille et la petite se met à pleurer. Mimile se précipite et glisse dans l’eau…

Entre temps, sa voisine Berthe, ennemie de longue date, l’appelle au secours car les moutons sont emportés par la pluie, d’où une scène d’anthologie entre Berthe et Antoine, la rancune et la haine sont tenaces !

C’est le moment que choisit un homme, ne s’exprimant qu’en anglais et qui chercher à retrouver un ancien pote, la Biouche !

Pour ce tome 3, on apprend beaucoup de choses sur le passé de Mimile, ancien rugbyman, qui était parti faire carrière en Australie et y était resté… ainsi que sur les origines de la brouille tenace avec Berthe.

Les personnages sont toujours aussi bien croqués, les dialogues savoureux…

J’ai eu un immense moment de plaisir pendant cette lecture, car ces trois larrons et leurs copains me plaisent  toujours autant… vivement le tome 4

https://www.bedetheque.com/BD-Vieux-fourneaux-Tome-3-Celui-qui-part-258072.html

 

 

Extraits   

 

PFFIOU ! dis donc, parler à des flics, ça reste quand même le dernier grand vertige intellectuel. A nos âges, on devrait être dispensés.

 

Et puis c’est pas de la folie, c’est une action militante croquignolesque !

 

C’est pas vos psys à deux balles qui vont m’apprendre si Fanfan a le chou qui fane !  T’étais encore dans les burnes de ton père qu’on militait déjà ensemble, peigne-cul !

 

Antoine, c’est Pierrot ! écoute un peu ça ! je me suis foutu à la baille avec ma bagnole à cause d’un vieil Australien repoussant, farci de prothèses ! on dirait qu’il a été mâché par Belzébuth ! « La Biouche » il l’appelle ! c’était son surnom dans le rugby, tu te rappelles pas ? Emile Carabignac dit « La Bûche »   

Les vieux fourneaux T3 Planche 1

Lu en décembre 2018

Publié dans BD

« Les vieux fourneaux T2: Bonny et Pierrot » de Lupano et Cauuet

La patience étant récompensée, j’ai pu retenir les deux premiers tomes des « Vieux fourneaux » en même temps, et ainsi enchaîner avec plaisir avec cet deuxième opus :

 

Les vieux fourneaux de Lupano et Cauuet T2 

Quatrième de couverture   

 

« Bien sûr que si, vous en avez des baguettes !

Bien sûr que si ! allez vous faire voir, avec vos transcendantales à la farine de meule et vos prolégomènes à l’ancienne et tous vos noms à la mords-moi le fion !!!

J’irai acheter mon pain ailleurs ! »

Ce que j’en pense   

 

Quel plaisir des retrouver les trois compères !

Ce tome est plus centré sur Pierrot le syndicaliste que l’on retrouve faisant la queue dans une boulangerie qui vend des pains aux noms à coucher dehors. Par dépit, il ressort avec deux pains aux raisins !

Notre ami Pierrot vient de recevoir un gros paquet de liasses de billets de banque accompagnés d’un message curieux, signé « pour la cause Ann Bonny ».

Or, Ann Bonny était une ancienne amoureuse ! avec laquelle il faisait des coups fumants et qu’il croyait morte depuis plus de trente ans. C’était les « Bonnie and Clyde » de l’époque

Et, on se retrouve avec un accès de cette jalousie rétro-active chère aux auteurs. Or Ann flirtait aussi avec un autre homme, un rival. Il s’en suit toute une série de gags car on sait dès le départ qui a envoyé le paquet et le jeu de piste est très drôle encore une fois.

On retrouve les anars malvoyants du groupe « ni yeux ni maître » et leurs opérations coups de poings avec une arme de choix en la personne de Jean-Chi alias Jean-Childéric alias « « human bomb », activiste en fauteuil, ou la presque centenaire Francine qui prend des cours de « Aquigne » (plus connu sous le nous d’hacking !) et qui héberge dans son immeuble toutes une série de personnages divers et variés, tous plus hilarants les uns que les autres.

Un échange savoureux :

« Dîtes-donc, vous êtes drôlement organisés pour des anarchistes ! mon cher !

HAHAHA ! mais l’anarchie ce n’est pas le bordel ! C’est l’ordre, moins le pouvoir, nuance »

Lors de la première lecture, j’ai eu une petite déception, mais en seconde lecture, j’ai apprécié tout le sel de ce tome deux.

Les dessins sont toujours aussi beaux et colorés, et les dialogues savoureux et les deux auteurs dressent toujours des portraits caustiques de la société de consommation, avec par exemple la création de baguettes aux noms ridicules, pour fidéliser le client en lui vendant de la M. Même si j’avoue une préférence quand même pour le premier tome, ces trois septuagénaires me plaisent beaucoup et je deviens addict !

 

Extraits

 

Les vieux fourneaux T2 P4

Les vieux fourneaux T2 Planche 1

Lu en novembre 2018

Publié dans BD

« Les vieux fourneaux, T1: ceux qui restent » de Lupano et Cauuet

Place à la BD aujourd’hui avec ce premier tome d’une série très appréciée sur les réseaux sociaux et dans les bibliothèques (j’attendais depuis près de six mois!) :

Les vieux fourneaux T1 Lupano et Cauuet

 

Quatrième de couverture   

 

« Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous avez sacrifié la planète, affamé le Tiers-Monde ! En quatre-vingts ans vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous… Vous êtes la pire génération de l’histoire de l’humanité »

 

Ce que j’en pense   

 

Pierrot vient chercher son vieux pote, Mimile, dans sa maison de retraite car ils doivent se rendre à l’enterrement de Lucette, la compagne de leur ami Antoine.

Seulement Mimile a zappé la cérémonie ! le temps de trouver un costard dépareillé auprès d’un autre pensionnaire, ils arrivent évidemment lorsque la crémation est terminé, alors schuss sur le buffet.

Sur place il rencontre une belle jeune femme, enceinte jusqu’aux yeux qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Lucette et pour cause, c’est sa petite fille. Ils sont accueillis par Antoine alors que la DRH du labo Garan-Servier (suivez mon regard !) pointe son nez, ravivant toute la hargne syndicale de nos vieux routards de la politique. En effet, elle a autrefois licencié Lucette après dix ans de bons et loyaux services !

Nos trois compères se remémorent les vieilles luttes syndicales : Antoine a très souvent ferraillé dur avec le père Garan-Servier durant ses quarante ans de services!

« Elle a négocié son départ parce que déjà à l’époque, le prestigieux laboratoire Garan-Servier se torchait le fion avec le code du travail. Quand on a fait fortune en fabriquant des antidépresseurs, forcément, un monde de merde, ça fait rêver ! »

Lucette a laissé une lettre dont Antoine ne doit prendre connaissance qu’après sa mort. En voyant sa tronche quand il sort de chez le notaire, on comprend qu’il y a eu un « drame » car il démarre en trombe dans sa voiture pour aller régler son compte au vieux qui coule ses vieux jours dans une maison de retraite en Toscane et ses deux amis, accompagnés la petite-fille de Lucette se lancent à sa poursuite dans son camion rouge !

On découvre au passage l’association de non-voyants de Pierrot « Ni yeux, ni maître » qui sèment la zizanie dans les réunions politiques par exemple.

Cette histoire de « jalousie rétro-active » est drôle et tord le cou au passage à tout ce qui pollue le monde actuel, aux travers de la société de consommation, le monde de la finance, les luttes syndicales….

J’ai beaucoup aimé ces trois personnages, formidablement croqués par Cauuet, les couleurs sont très belles et les textes de Lupano sont vraiment top.

J’attends la suite avec impatience !

 

 

Extraits

 

Voici deux planches parmi celles proposées par ce site:

https://www.bedetheque.com/BD-Vieux-fourneaux-Tome-1-Ceux-qui-restent-210981.html

 

Les vieux fourneaux T1 P 3

 

Les vieux fourneaux T1 P8

Lu en novembre 2018

Publié dans BD

AIEEYAAA! Apprenez le chinois à la dure

Petit intermède BD avec ce curieux petit ouvrage :

AIEEYAAA! apprenez le chinois à la dure

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Ne vous laissez pas abuser par ces livres et ces sites Internet qui prétendent qu’apprendre le chinois est « facile », voire « très facile », « simple », « rapide ». Tout le monde sait qu’apprendre à parler, écrire et lire le chinois est 太 difficile !

Aieeyaaa_Fr_couv_4e

 

 

CE QUE J’EN PENSE

J’ai choisi ce livre dans le cadre d’une opération « Masse critique » organisée par Babelio, car apprendre le chinois me tente depuis assez longtemps, alors pourquoi pas une version ludique.

L’auteur nous explique, dans son avant-propos, les différences entre les différents parlers : le mandarin, le cantonais, le shanghaïen et autres dialectes, puis la manière dont les mots (idéogrammes) se construisent, comme des petites maisons…

Il évoque également les tons : 4 tons principaux dans le mandarin et 6 pour le cantonais en précisant qu’une différence infime change tout le sens du mot ou de la phrase…

Ensuite, viennent les exemples avec les mots (ou des expressions) écrits en mandarin et en cantonais, des illustrations pour rendre les choses plus vivantes.

Le hic : il nous a tellement mis en garde avec toutes les erreurs possibles, que j’ai vite renoncé à retenir les mots, les sons et les écritures, car pour moi, il est nécessaire d’entendre sinon le risque est trop grand de mémoriser de travers.

Je me suis donc contentée de lire ce livre comme une BD sans tenter d’apprendre quoi que ce soit. J’ai commencé à apprendre le tibétain, qui est complètement différent, avec un véritable alphabet, une logique qui me convient mieux, de même que les sonorités….

 

EXTRAITS

Pour  vous donner une idée, voici un lien:

Cliquer pour accéder à aieeyaaa-extrait.pdf

 

LU EN AVRIL 2018

Publié dans BD, Histoire

« César » de Gabella, Meloni et Traina

Je vous parle aujourd’hui d’une BD, car une pause s’imposait mes dernières lectures ayant été difficiles avec :

 Cesar BD Gabella Meloni Traina

 

 

Quatrième de couverture

Incarnation du génie militaire et de la stratégie politique, JULES CÉSAR est l’une des figures les plus iconique de l’histoire, dont le destin exceptionnel marqua le monde romain et l’histoire mondiale. Inspiré par la figure d’Alexandre le Grand, le jeune membre de l’aristocratie romaine gravit tous les échelons de la carrière sénatoriale et conquit Rome par ses campagnes militaires ainsi que par ses succès politiques. Triomphant sur ses ennemis intérieurs et extérieurs, il commit pourtant une erreur fatale se faisant proclamer dictateur à vie. Il fut assassiné trois jours avant le départ pour la campagne orientale qui lui aurait permis d’égaler la gloire d’Alexandre

 

Ce que j’en pense

César m’a toujours intéressée, malgré les heures de latin passées (le mardi matin de 8h à 10h) à tenter de traduire son fameux « de Bello Gallico », ce que je préférais quand même à « L’Enéide » de Virgile (qu’on faisait le samedi matin, dans le même créneau horaire bien-sûr!) donc cette BD me tentait…

Cette BD, publiée par les éditions Glénat, fait partie de la collection « Ils ont fait l’histoire », qui comprend quatre périodes : Antiquité, Moyen-âge, époque moderne et époque contemporaine avec entre autres : César, Vercingétorix, Charlemagne, Saladin, Luther, Louis XIV, Catherine de Médicis, Robespierre, Lénine jusqu’à Kennedy…

Je l’ai trouvée intéressante, mais on survole vraiment la carrière de César, cinquante pages, c’est trop court et donc dommage. J’aurais préféré une étude plus approfondie. On a à peine le temps de s’imprégner des batailles, des personnages importants de l’époque : Pompée, Caton Cicéron, Cléopâtre, Vercingétorix…

Néanmoins, les auteurs font une bonne approche des qualités de stratège militaire et politique du maître de Rome et sa manière d’arriver à ses fins.

Les dessins sont assez sombres, reflet du carnage entraîné par les guerres, et j’aurais préféré plus de douceur dans les couleurs lors des actions qui se déroulent à Rome par exemple. Par contre, j’ai apprécié les traits du visage de Caïus Julius (j’avais l’habitude de son visage abrupt dans Astérix !).

La planche représentant César assassiné, gisant sur les marches du Sénat est splendide.

J’ai bien aimé également le texte que nous propose l’historien Giusto Traina, professeur à la Sorbonne, à la fin de la BD, accompagné d’une carte géopolitique et illustré de tableaux.

J’aurais aimé avoir plus de détails, tant sur les campagnes, la carrière que l’analyse politique, mais malgré cette frustration, j’ai passé un bon moment et cette BD a rempli son rôle en me donnant envie de me pencher, à nouveau, sur la vie de ce dictateur à vie, peut-être n’irai-je pas jusqu’à me plonger dans la guerre des Gaules mais qui sait ?

Cette BD m’a permis une petite trêve pour digérer quelques lectures difficiles et j’ai envie de tenter d’autres volumes de cette collection…

 

Les auteurs

Mathieu Gabella est né le 29 juillet 1976 à Rouen, en Normandie. Il considère la BD comme un moyen de raconter des histoires, de voyager et s’évader. Il trouve son inspiration dans le fantastique au sens large, l’Histoire, les sciences, le cinéma et voue une admiration sans bornes à deux auteurs vedettes : Alan Moore et Charlie Kaufman.

Andrea Meloni est dessinateur, coloriste et artiste de couverture. Il est directeur artistique chez Mad5 Factory au Studio Arancia (Turin).

Giusto Traina, né le 19 septembre 1959 à Palerme, est un historien italien, professeur d’histoire romaine à l’université Paris Sorbonne-Paris IV, membre senior de l’Institut universitaire de France.

2 sites :

http://www.planetebd.com/bd/glenat/cesar/-/34558.html

https://www.bedetheque.com/BD-Ils-ont-fait-l-Histoire-Tome-23-Cesar-315477.html

Extraits

Cesar sur planetbd planche1

 

Lu en janvier 2018