Publié dans Tombé des mains

« Mon année de repos et de détente » de Ottessa Moshfegh

Encore un choix inadéquat, en espérant rire un peu pendant le confinement avec :

Résumé de l’éditeur :

« J’avais commencé à hiberner tant bien que mal à la mi-juin de l’an 2000. J’avais vingt-six ans… J’ai pris des cachets à haute dose et je dormais jour et nuit, avec des pauses de deux à trois heures. Je trouvais ça bien. Je faisais enfin quelque chose qui comptait vraiment. Le sommeil me semblait productif. Quelque chose était en train de se mettre en place. En mon for intérieur, je savais – c’était peut-être la seule chose que mon for intérieur ait sue à l’époque – qu’une fois que j’aurais assez dormi, j’irais bien. Je serais renouvelée, ressuscitée… Ma vie passée ne serait qu’un rêve, et je pourrais sans regret repartir de zéro, renforcée par la béatitude et la sérénité que j’aurais accumulées pendant mon année de repos et de détente.»


Jeune, belle, riche, fraîchement diplômée de l’université de Columbia, l’héroïne du nouveau roman d’Ottessa Moshfegh décide de tout plaquer pour entamer une longue hibernation en s’assommant de somnifères. Tandis que l’on passe de l’hilarité au rire jaune en découvrant les tribulations de cette Oblomov de la génération Y qui somnole d’un bout à l’autre du récit, la romancière s’attaque aux travers de son temps avec une lucidité implacable, et à sa manière, méchamment drôle.

Ce que j’en pense :

J’ai tenté de résister mais j’ai fini par baisser les bras, au bout de deux chapitres…

L’héroïne (tout à fait le terme qu’il convient, vu ce qu’elle ingurgite !) a tout pour elle : WASP, riche car elle a hérité de ses parents avec lesquels les relations n’étaient pas au beau fixe, mais cela n’a jamais empêcher d’accepter un héritage) mince, blonde, garde-robe qui va avec, décide de faire un « break » : dormir pendant un an, par n’importe quel moyen.

Une amie boulimique alcoolique continue à venir la voir malgré tout, ce qui donne des échanges au ras des pâquerettes. Pour avoir des médicaments elle consulte un psychiatre, le Dr Tuttle, complètement cinglée, qui délivre plusieurs ordonnances à la fois, toutes plus démentes les unes que les autres. Au niveau déontologie, comme au niveau prescriptions, c’est vraiment limite.

On début, on sourit un peu, mais contrairement à ce qu suggère le résumé, on ne rit même pas jaune, tant c’est affligeant.

On visite toute la pharmacopée des anxiolytiques, aux somnifères en passant par les neuroleptiques et les médicaments inconnus au bataillon … Mieux vaut relire le Vidal c’est plus drôle.

Et dire que le résumé promettait ceci en guise d’appréciation : « Le meilleur roman existentialiste qui n’ait pas été écrit par un auteur français. » selon Kirkus Review

Je pensais m’amuser un peu, c’est râpé, ce style de littérature n’est vraiment pas pour moi, confinement ou pas… et en plus,la couverture était peu engageante, j’aurais dû hésiter…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Fayard qui m’ont permis de découvrir cette auteure …

#MonAnnéeDeReposEtDeDétente #NetGalleyFrance

Extraits :

Il se passait bien des choses à New York – il s’en passe toujours – mais rien ne m’affectait. C’était toute la beauté du sommeil – la réalité se détachait et se manifestait dans mon cerveau aussi fortuitement qu’un film ou un rêve. Il m’était facile d’être indifférente aux choses qui ne me concernaient pas. Les employés du métro se mettaient en grève. Un cyclone arrivait, s’en allait. Aucune importance. Des extraterrestres auraient pu nous envahir, des sauterelles déferler, je l’aurais remarqué, mais je ne m’en serais pas inquiétée.

Si j’avais besoin de cachets supplémentaires, je m’aventurais jusqu’à la pharmacie Rite Aid à trois rues de chez moi. C’était toujours une expédition. Quand je remontais la Première Avenue, tout me faisait tressaillir. J’étais comme un bébé au moment de sa naissance – l’air me faisait mal, la lumière me faisait mal, les détails du monde me semblaient effrayants, hostiles. Je misais sur l’alcool uniquement les jours de ces sorties-là – un verre de vodka avant de partir et de passer devant tous les petits bistros, cafés et magasins que je fréquentais à l’époque où je sortais, où je faisais semblant d’avoir une vie. Autrement, j’essayais de me limiter à un rayon d’une rue autour de mon appartement.

Avril 2020

Publié dans Tombé des mains

« Tel père, telle fille » de Fabrice Rose

Place à un polar, aujourd’hui avec ce livre que je n’ai même pas pu terminer:

Résumé de l’éditeur :

Visite au parloir de la maison d’arrêt de Fresnes. Alexandra, vingt-quatre ans, exige de son père l’impensable : qu’il abandonne sa vie de braqueur et devienne le père dont elle a toujours rêvé. Mais comment résister à une existence dopée à l’adrénaline ? Deux mois plus tard, Marc Man s’évade.

Contrairement aux apparences, pour Alexandra, c’est un coup de chance : quand Marc apprend qu’elle est menacée par une bande de racketteurs fous dangereux, il organise une chasse à l’homme d’une rare férocité. Et, tant qu’à faire, il monte un casse spectaculaire. Dans la canicule d’août, chacun révèle sa vraie nature et les cadavres commencent à s’aligner.

« Plongez dans les ténèbres avec ce père prêt à tout pour sauver sa fille ! » Olivier Marchal.

Ce que j’en pense :

Le roman démarre plutôt bien : Alex vient voir son père au parloir. Il est en prison depuis qu’elle est enfant, détenu classé dangereux car auteur de vols à mains armée, évasions spectaculaires…

Elle est venue sans le prévenir et souhaite lui dire son ras-le-bol de cette situation et qu’elle veut un vrai père, donc qu’il arrête…

Le prologue est très intéressant car promet une réflexion sur la difficulté d’être la fille d’un braqueur, et son envie de construire une vraie relation.

Ensuite, tout part en vrille : son père s’évade une nouvelle fois et son ami Ludo disparaît, lui laissant un sac contenant une grosse somme d’argent.

Mais, il s’agit, ni plus ni mins que de la « Zakat » l’impôt musulman (270 720 euros en coupures de 500, 200, 100, 50, 20 et 10) que payent les fidèles.

Évidemment, Ludo se fait coincer par l’Émir et ses sbires et on a droit à des scènes de violence, (le terme tortures serait plus adapté).

A la page 36 (sur un livre qui en compte de 236 !) j’ai décidé que cela suffisait, avec des clichés comme « l’Émir qui torture, puis se lave les mains rajoute une prière pour que cet acte de torture sur un mécréant soit absous ipso facto !) …

Définitivement pas pour moi… J’ai choisi ce polar, d’après le résumé de l’éditeur, et la petite phrase d’Olivier Marchal, figurant sur le bandeau « plongez dans les ténèbres ». Certes côté ténèbres j’ai été servie, mais je ne m’attendais pas du tout à cela.

A l’exception d’Alex, tous les personnages sortent de l’imagination de l’auteur nous précise-t-on d’emblée.

Un grand merci, néanmoins à NetGalley et aux Editions Robert Laffont La bête noire qui m’ont permis de découvrir ce roman d’un auteur que je n’avais encore jamais lu…

#Telpèretellefille #NetGalleyFrance

L’auteur :

Fabrice Rose est né en 1953, d’un père français, pilote de chasse, héros discret de la Seconde Guerre mondiale, et d’une mère anglaise. Ancien braqueur, il a toujours obéi à ces deux principes légués par son père : « Jamais le sang ne doit couler pour de l’argent » et « La parole vaut l’homme ». Parce que sa fille le lui demandait, il a renoncé à sa vie d’incarcérations et de libertés. Le romancier qu’il est devenu s’est nourri de cette promesse. Sans être autobiographique, cette histoire est un peu la sienne.

Extraits :

Les extraits émanent tous du prologue….

Blonde, cheveux très courts, de grands yeux bleus dans un visage poupin, un corps élancé sapé vintage, Alex est le type de jolie fille que l’on imagine plus facilement dans une BD que mêlée à la chorale des proches venant voir leur détenu.

Elle tente de gouverner sa vie sans la verrouiller à l’amour mille-feuille qu’elle ressent pour son père. Un amour qui s’émiette parfois quand le souvenir de ses désertions afflue. Adolescente, Alex lui a exprimé ses colères noires, elle lui a dessiné ses douleurs d’enfant, lui a même signifié à quinze ans qu’il n’était qu’un père biologique, mais jamais elle n’a rompu le lien…

Elle n’était pas plus haute que trois golden quand sa mère l’y a amenée pour la première fois, puis elle se revoit adolescente y revenir seule. Rien n’a changé, ils ont juste ôté les plexis.

Elle ne l’a pas averti, elle veut lui parler, a besoin de ce huis clos pour lui dire combien sa vie altère la sienne.

Alex… il en a souri malgré son opposition à ce qu’elle vienne s’humilier ici. Le sang ne trahit pas, et qu’il l’admette ou pas, son émoi en la voyant adoucit la dureté habituelle de son regard.

Je ne peux rien gommer de ma vie, tu espères quoi ?

— Que tu arrêtes, que tu sois là, que je ne souffre plus de t’imaginer enfermé, recherché ou abattu. Je veux que tu arrêtes, je veux un père présent, je veux mon père…

Silencieux il la regarde droit dans les yeux, regard qu’elle soutient, comme elle s’appuie à l’amertume des plaisirs simples qu’ils ne vivent jamais ensemble. L’armure de son père se lézarde, il a beau garder une distance lucide avec les reproches d’Alex, il savait qu’un jour ou l’autre elle les lui balancerait.

Tombé des mains en février 2020

Publié dans Essai, Tombé des mains

« Coexistence » de Richard de Clausade

Je vous parle aujourd’hui d’un essai que j’ai choisi en accès direct sur NetGalley, attirée par la très jolie couverture et le résumé :

Résumé de l’éditeur :

Bonjour,

Très tôt dans la vie, je me suis aperçu qu’au fond, depuis toujours, j’étais en colère et, mieux encore, que du plus puissant au plus petit d’entre nous, j’étais loin d’être le seul !

Mais en colère pourquoi ? Contre qui ? Contre quoi ?

Tout simplement contre le monde, puisque, somme toute, il est mal foutu.

N’est-ce pas d’ailleurs la raison qui fait que chaque génération dépense une énergie considérable :

– pour les uns, à vouloir le changer…

– et pour les autres, à vouloir nous changer…

Le tout… sans jamais y parvenir ?

Mais alors pourquoi, malgré le temps passé, l’expérience acquise, l’intelligence, la sagesse, la religion, la philosophie, les arts, la science, le progrès… voire les révolutions, les guerres, les massacres… le monde s’obstine-t-il, encore et toujours, à être mal foutu et nous, encore et toujours, imparfaits ?

Voilà une bonne question ! Et pourquoi, à défaut d’y répondre, ne pas tenter d’y réfléchir ?

Ce que j’en pense :

Cela commençait plutôt bien avec cette citation pleine d’humour :

« Réfléchir ne rapporte souvent rien, mais ne pas réfléchir coûte toujours très cher »

(vieux philosophe chinois qui n’a jamais voulu dire son nom même sous la torture…

L’auteur dit « bonjour » à son lecteur en lui expliquant qu’il était depuis toujours en colère

« Tout simplement contre tout le monde, puisque, somme toute, il est mal foutu. »

Ce livre comporte quatre parties dont les titres semblaient prometteurs, notamment la première : « la théorie des poissons rouges » : on met des poissons dans un aquarium, avec des plantes, des pierres ou coquillages et on voit ce qui se passe : s’ils ne s’entendent pas, doit-on modifier le contenu de l’aquarium ou séparer les poissons ? agir sur le contenant ou sur l’individu si on veut extrapoler.

Et par conséquent, comment faire le tri ? séparer ce qui revient à l’individu et ce qui revient au collectif, pour en arriver à la notion d’individu collectif : individu car entité unique, collectif, car ne pouvant pas se passer d’autrui…

Puis petite explication sur l’inné et l’acquis, considérations sur l’alimentation : manger pour vivre ou vivre pour manger, en gros, ou la nécessité d’autrui ou encore, la capacité de nuisance…

Et soudain, la phrase de trop :

La « mise en relation » crée donc une interaction entre tous les membres de « l’ensemble », d’où émerge une interdépendance absolue entre eux.

Là, stop, je n’avais pas envie de me prendre la tête avec ces élucubrations, et j’ai laissé tomber à la page 20 (117 pages en tout). Soit, je suis allergique à la « sociologie » soit ce n’était pas le bon moment, je ne vais même pas chercher à me poser la question.

Un grand merci à Netgalley pour cet acte (choix) manqué, une fois n’est pas coutume !

Extraits :

Mais alors pourquoi, malgré le temps passé, l’expérience acquise, l’intelligence, la sagesse, la religion, la philosophie, les arts, la science, le progrès… voire les révolutions, les guerres, les massacres… le monde s’obstine-t-il, encore et toujours, à être mal foutu et nous, encore et toujours, imparfaits ?

On le comprend, s’il a un pouvoir de vie et de mort sur les poissons rouges, le collectionneur n’a ni le pouvoir de les améliorer, ni celui de les concilier ou même de les réconcilier.

C’est ici que se situe la différence entre l’inné (nécessité et capacité) et l’acquis (expérience, connaissance).

 En effet, nous pouvons utiliser nos capacités :

– soit pour simplement soulager nos nécessités : il faut manger pour vivre ;

– soit pour faire de l’assouvissement de ces nécessités une source de plaisir : l’art culinaire, qui n’est rien d’autre que le résultat de notre capacité à choisir et accommoder les aliments, ne fait-il pas évoluer l’assouvissement de notre nécessité de manger, du simple soulagement… au plaisir ?

   – soit encore pour augmenter nos capacités de nuisance : la connaissance des aliments ne nous permet-elle pas d’empoisonner qui nous voulons 

Si je ne veux pas que mon voisin m’agresse, je dois moi-même renoncer à l’agresser.

Il en découle qu’on ne demeure « ensemble » que si les termes de la nature « d’individu collectif » de chacun trouvent à s’assouvir dans le « jeu social ».

Abandonné au bout d’une heure le 19 février 2020

Publié dans Tombé des mains

« Rouge impératrice » de Leonora Miano

Je me décide enfin à écrire une chronique sur ce livre que j’ai téléchargé au tout début du mois de septembre :

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Le lieu : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs États-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.

L’époque : un peu plus d’un siècle après le nôtre.

Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.

Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire D’État.
Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches, des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.

Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces populations inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main.
La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main ?

Pour les « durs » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…

 

Ce que j’en pense:

 

Cela fait donc plus de trois mois, que j’essaie de lire ce roman. Je l’ai commencé, posé, remis à plus tard, retenté, reposé à nouveau et à la troisième tentative, j’ai abandonné au milieu du troisième chapitre.

L’idée de départ me plaisait, situant l’action autour de 2124 (?), un nouveau Continent prospère, Katiopa, qu’on ne sait pas très bien où situer, une préférence pour l’Afrique, mais parfois, les noms font penser à l’Inde, avec à sa tête le chef Ilunga….

De l’autre côté, Boya, professeur qui s’occupe des minorités dites inassimilables. Si j’ai bien compris, il s’agit de descendants d’émigrés Français ayant lui leur pays qu’ils jugeaient envahi par les migrants….

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, un peu trop capillotractée, et ni Boya ni Ilunga ne m’ont plu.

Je n’ai pas aimé le style de l’auteure, trop pompeux et parfois limite incompréhensible. Les dystopies ne me plaisent certes pas toujours, mais j’en lis quand même. J’ai vu passer beaucoup de critiques enthousiastes et je vais probablement me trouver seule à ne pas l’encenser. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour moi de lire ce roman…

Il m’arrive rarement de laisser un livre en cours sans donner un maximum de chances à l’auteure de me convaincre.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de tenter l’expérience (et pour leur patience aussi !)

 

#RougeImpératrice #NetGalleyFrance

 

Extraits

 

Cette période s’était néanmoins révélée féconde pour le continent, dont las conscience désapprenait, après la haine de soi, la vaine exaltation de soi autant que la crainte d’être soi.

 

On ouvrait les yeux sur ces bizarres modalités du progrès dont la prospérité exigeait le sacrifice de l’être à l’avoir, le caprice individuel érigé en principe…

 

Ilunga voulut savoir comment on vivant avec une identité de cette nature, un nom qui ne voulait rien dire au sein de la communauté. La femme haussa les épaules, elle ne s’était jamais interrogée à ce sujet, c’était son nom, elle le portait, pas l’inverse. Le sens, c’était elle. Ce qui l’animait, les actes qu’elle posait.

 

L’aventure humaine était faite de disparitions, d’évolutions. Il en avait toujours été ainsi…

… Ils avaient été les plus puissants, redeviendraient à coup sûr les ordonnateurs du monde. Se préparant à ce futur grandiose, ils s’évertuaient à conserver les restes les plus chétifs de leur civilisation défunte, voyaient, dans la faible proportion de mélanine contenue dans leur corps, le signe d’une élection divine…

Trois tentatives de septembre à décembre 2019

Publié dans Tombé des mains

« Un dangereux plaisir » de François Vallejo

Chronique très sobre aujourd’hui avec :

 

Un Dangereux Plaisir de François Vallejo

 

Résumé de l’éditeur :

 

En dépit de la nourriture que ses parents lui imposent et qu’il rejette avec constance, Élie Élian s’attarde à l’arrière du restaurant qui s’est ouvert dans son quartier. Les gestes qu’il observe, les effluves dont il se délecte sont une révélation : il sera chef-cuisinier. Son passage dans l’établissement de la veuve Maudor sera déterminant. Elle l’initie à l’amour fou et lui offre d’exercer son incroyable génie culinaire. Puis ses errances dans un Paris en proie aux émeutes le mèneront jusqu’au Trapèze, le restaurant où son destin de magicien des sens, des goûts et des saveurs s’accomplira.

 

Ce que j’en pense

 

Déjà, cela ne démarrait pas très bien, l’auteur prévenant le lecteur en disant : « C’est un roman de la Bouffe, de la Faim et de L’Appétit  » !

Tout commence avec un petit garçon, Elie Elian, obligé chaque jour, à terminer son assiette par ses parents, alors que sa mère cuisine mal, et que les plats n’ont aucun goût.

L’enfant rêve d’odeurs, de saveurs alors qu’il est obligé de mâchouiller et surtout de ne pas tricher en vidant son assiette même avec beaucoup d’inventivité.

Il passe tous les jours en rentrant chez lui devant un restaurant réputé, mais son attirance va, non vers la vitrine, mais vers l’arrière de la boutique où s’affairent les commis, les cuisiniers…

Il veut être cuisinier plus tard, au grand dam de ses parents : si tu fais ce métier surtout n’utilise pas notre nom (ce serait déchoir !)

Le rythme est lent, Élie répète les mêmes erreurs chaque fois qu’il arrive à se faire une place dans un restaurant. On se croirait avec Pinocchio, et ses bêtises … Je n’ai jamais pu éprouver la moindre sympathie pour le héros, donc c’est vite devenu un pensum.

Bref, j’ai tenu tant que j’ai pu (les 2/3 ?) et fini par lâcher ma lecture, car les recettes un peu étranges, les mélanges des préparations style nouvelle cuisine, la cuisine et la bouffe en général ce n’est pas trop mon truc (en lecture du moins, mais je suis également incapable de suivre une émission culinaire et encore moins les toutes les shows : le meilleur pâtissier et ses dérivés)

C’est la première fois que je lis un roman de François Vallejo et je suis passée complètement à côté,  alors que j’ai plutôt tendance à donner le plus longtemps possible une chance à un auteur de me convaincre…

 

Lu en novembre 2019

Publié dans Tombé des mains

« Dunbar et ses filles » : Edward St Aubyn

J’ai choisi ce roman sur NetGalley car il semblait prometteur, le résumé évoquant un  » Roi Lear contemporain » :

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Henry Dunbar a décidé de s’enfuir du foyer pour personnes âgées où ses filles l’ont placé en Cumbria, dans la région montagneuse du nord-ouest de l’Angleterre. Son acolyte dans l’aventure est un ancien comédien alcoolique avec lequel il a sympathisé… Ils tentent le tout pour le tout, et aucun des deux n’ignore qu’on essaiera de les retrouver par tous les moyens dès que leur disparition dans la nuit et la neige aura été découverte. Car Henry Dunbar n’est pas n’importe qui : il est l’un des hommes les plus riches de la planète, et même si à plus de quatre-vingts ans, il perd parfois un peu la tête, il est encore officiellement le patron d’un empire médiatique.

Un empire convoité par ses filles Megan et Abigail, qui rêvent de prendre le contrôle du groupe lors de la prochaine assemblée générale. Elles traversent donc l’Atlantique en urgence – et en jet privé – pour essayer de remettre la main sur leur père afin de le neutraliser. Mais Florence, leur petite demi-sœur se montre plus rapide. Elle tient à revoir son père non pas pour s’emparer de l’héritage, mais dans le but de se réconcilier avec lui – il l’avait répudiée quand elle lui avait déclaré que son argent ne l’intéressait pas.  Megan et Abigail, bien au contraire, ne pensent qu’à la fortune : assoiffées de pouvoir, elles sont prêtes à tout pour l’obtenir.

Avec ses rebondissements loufoques ou drolatiques, Dunbar et ses filles est une tragi-comédie peuplée de nymphomanes hystériques, de manipulateurs manipulés et de grands lâches, tous attirés par le pouvoir et l’argent. St Aubyn nous offre non seulement une sorte de Roi Lear contemporain mais il tend surtout un miroir grossissant à notre époque.

Traduit de l’anglais par David Fauquemberg.

 

Ce que j’en pense

 

Le résumé était assez tentant et permettait de penser à la poursuite d’un milliardaire, qui vient de s’échapper d’une sorte de clinique psychiatrique où l’ont enfermé ses filles aînées avec la complicité du médecin. Je m’attendais à une aventure rocambolesque et drôle…

Certes la fuite de Dunbar, en compagnie d’un acteur sur le déclin alcoolique et d’une vieille dame atteinte d’Alzheimer est assez drôle au départ, mais on se lasse très vite de l’alcoolique en question.

Le milliardaire que ses filles Abigail et Megan veulent évincer : on serait tenté de compatir, et bien non, c’est un homme détestable qui piétine tous ceux qui travaillent pour lui.

Les deux sœurs issues d’un premier mariage, complètement cinglés, parano, perverses, magouilleuses, en un mot, exécrables, à vomir, alors que la demi-sœur Florence est clean et a toutes les qualités : un peu trop gros pour qu’on s’intéresse à elles. Les premières se lancent à sa poursuite pour lui voler son empire, l’autre voulant simplement se réconcilier avec lui…

Le seul qui est plutôt drôle, le Dr Bob : complètement accro à des pilules de toutes sortes, excitants, calmants, viagra etc… qui est le jouet sexuel des deux filles, sur le mode sado-maso, bien sûr mais…

Bref, ce livre m’est tombé des mains, je n’ai même pas pu atteindre la moitié du récit, et pourtant j’ai tendance à vouloir donner une chance à l’auteur en général avant de lâcher prise, mais cette lecture devenait un pensum alors ma chronique va se résumer à « circulez il n’y a rien à voir ».

Les extraits ci-dessous sont caractéristiques de l’esprit du roman…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de découvrir ce roman, moins bonne pioche…

#DunbarEtSesFilles #NetGalleyFrance

 

Extraits

 

Je suis, ou j’ai été un jour—qui sait si j’appartiens désormais au passé, ou pas encore ? – un acteur célèbre, mais je souffre de dépression, ce mal comique, ou ce tragique mal du comique, ou ce mal historique des comédiens tragiques, ou cette fiction d’un mal tragique des comédiens historiques.

 

Dunbar souleva le vase au-dessus de sa tête, déterminé à le lancer contre la fenêtre de sa prison, mais se figea soudain, tout aussi incapable de fracasser l’objet que de le reposer, la parfaite guerre civile entre omnipotence et impotence qui occupait son corps et son esprit empêchant toute action.

 

C’est parce qu’elle avait été adorée qu’elle était maintenant capable d’acquérir cette indépendance, mais un homme aussi possessif que son père ne pouvait vivre cette autonomie comme un compliment, ni s’empêcher de prendre à tort pour de l’amour la cupidité de sas sœurs.

 

De toutes les grandes erreurs de la création, le sommeil l’avait toujours frappé comme étant la plus scandaleuse, plus inexplicable encore que l’altruisme : trois heures, ou dans le cas des plus égarés, huit heures au cours desquelles il était impossible de faire de l’argent.

 

Lu en juin 2019