Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Le lagon noir » : Arnaldur Indridason

Je continue mon intermède polar avec cet opus de Arnaldur Indridason:

Le lagon noir de Arnaldur Indridason

 

Quatrième de couverture:

 

« Il est des disparitions qui hantent un homme, des enquêtes qui forgent un policier »

Le lagon bleu était un petit paradis avant qu’on y trouve un cadavre. Un ingénieur de la base américaine qui serait tombé d’un avion. Dans l’atmosphère de la guerre froide, la police s’intéresse.

 A de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. En parallèle, l’inspecteur Erlendur enquête sur une jeune fille disparue sur le chemin de l’école, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement en Islande, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine…

 

Ce que j’en pense:

 

J’ai retrouvé Erlendur avec plaisir, alors qu’il vient juste d’intégrer la brigade criminelle et se trouve sous les ordres de Marion. On suit les deux policiers pour une double enquête.

Tout d’abord, une enquête actuelle dans laquelle on retrouve, dans le lagon jusque-là paradisiaque, le corps d’un homme, sans papiers d’identité, qui a visiblement été assassiné, vues les multiples contusions. Quelques heures plus tard, une jeune femme, qui a entendu parler de cette découverte, vient signaler la disparition de son frère et vérifier si le corps est bien le sien. Ceci nous entraîne dans une base américaine, où il effectuait des réparations sur des avions autour desquels plane le secret le plus glauque. De rebondissement en rebondissement, on va se trouver dans une affaire d’espionnage et notre duo aura beaucoup de mal à pouvoir avancer dans son enquête.

La deuxième enquête est en fait un « Cold case » (affaire classée est beaucoup moins sympathique comme expression !) avec une jeune fille qui a disparu trente ans auparavant. C’est le thème de prédilection d’Erlendur, déjà passionné par les disparitions inexpliquées. C’est l’enquête que j’ai préférée car on retrouve, la recherche méticuleuse du moindre fait nouveau, l’interrogatoire des personnes qui gravitaient autour de la jeune fille, et l’opiniâtreté de l’inspecteur. On retrouve ainsi des années sympathiques, où les jeunes découvraient les variétés américaines, les jeans, mais les jeunes gens, notamment les filles étaient encore soumis à l’autorité de leurs parents pour les sorties.

Par contre, j’ai été moins intéressée par l’enquête principale; certes, on apprend des choses de l’histoire de l’Islande, l’occupation américaine, le mépris des militaires pour ceux qu’ils appellent les « autochtones », pourquoi pas des être inférieurs pendant qu’on y est… ainsi que sur les trafics en tous genres, les expérimentations militaires, éventuellement des armes nucléaires cachées…

On découvre la manière dont le duo Marion-Erlendur se met en place, ce qui se passe dans leurs vies personnelles, et surtout Arnaldur Indridason met en scène une policière américaine, noire(ce qui était rare à l’époque!) qui veut bien les aider dans leur enquête

Le bémol vient du fait que je ne suis pas friande d’espionnage donc je suis restée un peu sur ma faim ! est-ce que je commence à saturer avec la technique Indridason ? à moins que la lenteur du récit et du policier, me perturbe après la lecture de « Nuit » : il se passe plus de choses en trente pages de Nimier, qu’en trois cents pages dans ce roman… un peu comme si on passait d’un épisode de « Derrick » à un épisode des « Experts » ….

Même ma critique me paraît capillotractée! Une pause semble s’imposer…. En fait, et ceci m’arrive très souvent avec les polars, qui ne sont pas mon genre littéraire préféré, mais plutôt un exutoire, au bout de quelques livres d’un auteur, je me lasse et j’abandonne: j’ai eu ma période Agatha Christie, puis Mary Higgins-Clark, que j’ai abandonnée au profit de Patricia Cornwell, qui a fini par m’excéder par sa violence et sa parano, puis  Elizabeth George

 

Extrait:

 

Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, saupoudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches et des blocs de pierre. La végétation à la merci de la mer et du vent du nord livrait une lutte incessante. Seules les plantes les plus endurcies parvenaient à survivre ici. La clôture dépassant de l’étendue désolée délimitait le périmètre de la base militaire américaine et sifflait sous l’effet des bourrasques qui s’abattaient sur les murs gigantesques du hangar à avions, au somment de la lande. Le vent redoublait d’intensité aux abords du bâtiment, comme exaspéré par cet obstacle, puis continuait sa route vers la nuit….  P 9

 

Lu en Juillet 2018

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Publié dans français, Polars

« Nuit » de Bernard Minier

Encore un polar! le temps s’y prête entre la canicule la coupe du monde de foot et tutti quanti…

 

Nuit de Bernard Minier

 

 

Quatrième de couverture

 

Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué pas des vents violents, l’hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz.

L’absent s’appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît.

Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : Gustav

Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.

 

Ce que j’en pense

 

J’ai choisi ce roman par hasard, sans me rendre compte que c’était le troisième volet d’une trilogie. En fait, cela ne m’a pas trop gênée car l’auteur revient sur les éléments passés, ce qui permet de ne pas se perdre dans les évènements ou les personnages.

J’ai beaucoup apprécié ce serial-killer, psychopathe dans les grandes largeurs, qui a plusieurs meurtres sur le dos, disparaît quand il veut, mettant le policier sur les dents, semant des indices, fausses pistes. On ne sait plus lesquels sont les bons et les méchants parfois, mais l’histoire est tellement bien écrite que je l’ai consommée sans modération, le nez dans le guidon.

Les personnages sont tous aussi hauts en couleurs les uns que les autres, et parmi eux beaucoup de cinglés, pervers, de conduites sexuelles tordues, et les policiers ne sont pas en reste, tel ce flic du GIGN, (qui se nomme Rimbaud, ce qui ne manque pas de sel !) qui n’a qu’un seul objectif dans la vie : bouffer du flic pour que sa carrière avance plus vite.

L’auteur nous livre, au passage, un récit sympathique de l’expérience de mort imminente (EMI ou NDE pour les Anglo-saxons) que Martin traverse lors de son coma, après avoir reçu une balle tirée dans des conditions rocambolesque par un violeur récidiviste qu’il poursuivait. Au passage on a même droit à la trajectoire au ralenti de la balle en question, tel un arrêt sur image…. Notre policier est-il toujours le même après être revenu dans le monde des vivants ?

J’ai apprécié l’écriture de Bernard Minier, ce qui n’est pas toujours le cas avec les auteurs de polars. D’où le nombre d’extraits…

C’était exactement le genre de roman qu’il me fallait, en émergeant des soins dans les thermes, et avec la canicule…

Inutile de préciser que je me suis procurée les deux premiers tomes…

 

Extraits

 

Ici, la sauvagerie des temps anciens avait toujours été présente. A chaque signe de civilisation correspond un signe de barbarie, chaque lumière combat une nuit, chaque porte qui s’ouvre sur un foyer éclairé cache une porte ouvrant sur les ténèbres. P 24

 

… Il a les yeux mi-clos, il n’est pas censé voir : « coma stade II », a dit quelqu’un à un moment donné. Il n’est pas censé entendre non plus. Il est peut-être en train de rêver, qui sait ? Mais peut-on imaginer des mots comme « hémostase » – des mots qu’on n’a jamais entendus auparavant et qui, pourtant, ont un sens précis ? Il lui faudra éclaircir cette question, le moment venu. P 87

 

Toulouse était une ville qui sécrétait la délinquance comme une glande libère une hormone. Si l’université était le cerveau, l’hôtel de ville le cœur et les avenues des artères, la police, elle, était le foie, les poumons, les reins… Comme eux, elle assurait l’équilibre de l’organisme par filtration des éléments impurs, élimination éventuelle des substances toxiques, stockage provisoire de certaines impuretés. Les déchets irrécupérables finissaient en taule ou ressortaient dans la rue – autrement dit dans les intestins de la ville. Bien entendu, comme tout organe, il lui arrivait de dysfonctionner. P 127

 

Quand on a un enfant, on cesse de raisonner comme avant. Quand on a un enfant, le monde redevient dangereux, n’est-ce pas ? Avoir un enfant, c’est comprendre que nous sommes fragiles, un enfant vous rend vulnérable. P 447

 

Lu en juin- juillet 2018

Publié dans Littérature française, Polars

« Juste une ombre » de Karine Giebel

Je vous parle aujourd’hui d’un thriller qui me narguait dans ma PAL depuis des lustres:

 

Juste une ombre de Karine Giebel

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

D’abord, c’est une silhouette, un soir, dans la rue… Un face-à-face avec la mort.

Ensuite, c’est une présence. Le jour: à tous les carrefours. La nuit: à ton chevet. Impossible à saisir, à expliquer, à prouver.

Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend folle. Et seule.

Juste une ombre. Qui s’étend sur ta vie et s’en empare à jamais.

Tu lui appartiens, il est déjà trop tard…

 

 

CE QUE J’EN PENSE

 

C’est le premier thriller de Karine Giebel que je lis et je l’ai beaucoup apprécié, et pourtant on ne peut pas dire que son héroïne Cloé soit sympathique.

Néanmoins, le suspense est présent, augmente tout doucement pour devenir insoutenable… L’univers psy est bien analysé, tant celui du pervers qui traque sa proie, allant jusqu’à s’introduire dans le moindre recoin de la vie et des pensées de la victime, que celui de Cloé dont on se demande si elle est vraiment victime ou atteinte de psychose paranoïaque…

Les autres personnages sont intéressants, bien étudiés, de même que le monde du travail où chacun est prêt à faire n’importe quoi pour réussir, quitte à perdre son âme.

J’ai beaucoup aimé le flic un peu barge qui pimente le roman avec ses souffrances personnelles, sa femme adorée qui se meurt…

J’ai passé un excellent moment et j’en frissonne encore, car je l’ai littéralement dévoré… Une petite frustration: j’ai trouvé trop vite le coupable…

 

 

objectif-pal

 

 

EXTRAIT

 

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable.

Tu sembles avoir réussi, au moins sur le plan professionnel, peut-être même sur le plan personnel. Question de point de vue.

Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.

Et puis un jour…

Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.

Juste une ombre.

A partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.

Le jour. La nuit, elle est là. Tenace. Déterminée. Implacable.

Tu ne la vois pas vraiment. Tu la devines, tu la sens. Là, juste dans ton dos.

Elle frôle parfois ta nuque. Un souffle tiède, fétide.

On te suit dans la rue, on éteint la lumière derrière toi.

On ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.

On feuillette tes livres, on froisse tes draps, on pille tes albums secrets.

On t’observe jusque dans les moments les plus intimes… P 13

 

LU EN JUIN 2018

 

 

 

 

 

Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Les nuits de Reykjavík » : Arnaldur Indridason

Fatigue oblige, j’alterne romans « consistants » et polars pour respirer un peu. J’ai mis plus de soin à constituer ma valise de bouquins que j’emmène, que pour celle des vêtements! comme tous les ans…Je viens de terminer un polar de mon auteur islandais préféré:

 

Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

La mort inexpliquée d’un sans-abri qu’il croisait à chacune de ses rondes obsède un jeune policier. Intuitif et obstiné, il juge la thèse de l’accident douteuse. Dans la nuit boréale, entre foyers de clochard et planques de dealers, il sillonne Reykjavík, déterminé à résoudre ce mystère. Ce policier n’est autre qu’Erlendur.

 

 

CE QUE J’EN PENSE

C’est un plaisir de retrouver ce cher Erlendur, d’autant plus qu’il s’agit d’un retour aux sources, car on remonte des années en arrière et on le suit en patrouille avec deux coéquipiers arpentant Reykjavík la nuit sur les traces de petits actes délictueux.

Mais, la mort tragique d’un clochard qu’il a un peu connu titille ses neurones et il pressent qu’il s’agit probablement d’un meurtre, d’autant plus qu’une autre mort suspecte pointe le bout de son nez.

On retrouve la recherche méticuleuse des faits, le regroupement des témoignages que l’on connaît et qui fait la spécificité de l’inspecteur talentueux qu’il va devenir.

J’ai bien aimé ce polar, les balades dans cette ville la nuit, dans ce pays où le soleil ne se couche jamais -ou l’inverse selon la saison) et le regard que Arnaldur Indridason porte sur la détresse des clochards, la tentation de l’alcool, dans la quasi-indifférence des habitants. J’apprécie toujours la manière dont l’auteur argumente au fil des récits, en ayant toujours un phénomène de société ou un moment de l’Histoire du pays pour lui servir de trame.

Il me reste encore une ou deux aventures d’Erlendur et d’autres romans de l’auteur à découvrir….

 

EXTRAIT

 

Sentant le sommeil le gagner, il reposa son livre. Il pensait aux nuits de Reykjavík, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit après nuit, ils sillonnaient la ville à bord d’une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres: ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu’elle blessait et terrifiait. Lui-même n’était pas un oiseau nocturne, il lui avait fallu du temps pour consentir à quitter le jour et à entrer dans la nuit; mais maintenant qu’il avait franchi cette frontière, il ne s’en trouvait pas plus mal. C’était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues désertes et silencieuses, on n’entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture. P 77

 

 

LU EN JUIN 2019

Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Le duel » de Arnaldur Indridason

Petit détour par un polar venu du froid avant de m’attaque à une lecture plus ardue avec ce douzième roman de Arnaldur Indridason :

 Le duel de Arnaldur Indridason

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide.

Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique.

Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, va décider de trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.

Un nouveau roman d’Indridason qu’il est difficile de lâcher tant l’ambiance, l’épaisseur des personnages, la qualité d’écriture et l’intrigue sont prenantes.

 

CE QUE J’EN PENSE

 

Fort heureusement, je n’ai pas lu la quatrième de couverture avant d’entamer ma lecture car elle donne trop de renseignements et c’est dommage. (Un conseil : ne la lisez surtout pas avant de lire le roman !)

Ce roman m’a plu, car nous faisons enfin la connaissance de Marion Briem, qui fait souvent partie des enquêtes d’Erlendur, de façon discrète et on en apprend enfin davantage sur son histoire.

Le récit raconte, en alternance, la  progression de l’enquête et l’enfance difficile de Marion, née d’une union illégitime, donc un père qui ne l’a pas reconnue, une mère qui disparaît très vite. Heureusement, Athanasius, un vieil homme, force de la nature veille sur elle. Arnaldur Indridason nous parle aussi de la tuberculose dont Marion est atteinte, adolescente, maladie qui faisait beaucoup de ravages à l’époque, ainsi que les traitements agressifs : insufflations, ablation des côtes… les séjours en sanatoriums et les nombreux enfants qui en mourraient…

« Marion avait lu quelque part qu’en Islande, le pourcentage de décès dus à la tuberculose était l’un des plus élevés au monde : presque un cinquième. » P 73  

Tout démarre avec le meurtre brutal et gratuit d’un adolescent dans une salle de cinéma : il était au mauvais endroit au mauvais moment, et personne n’a rien vu, ce qui conduit Marion et son adjoint Albert à retrouver des témoins et envisager plusieurs hypothèses…

L’enquête en elle-même, n’est pas d’un suspense haletant, mais elle est intéressante, car on est en 1972, avec en toile de fond une partie d’échecs entre le champion américain, Bobby Fischer et le joueur russe (pardon soviétique !) : Spassky, ce duel reflète bien le duel auquel se livre les deux nations, dans un pays qui est surveillé étroitement par les deux. On est davantage dans l’espionnage, les enjeux dépassent le simple meurtre.

L’auteur décrit très bien l’atmosphère paranoïaque régnant autour ce match, comme si l’honneur du pays était en jeu, ce qui n’est pas sans rappeler le climat régnant à Sotchi autour des prestations des hockeyeurs russes…

Bien-sûr, comme toujours chez Arnaldur Indridason, on retrouve la petite histoire dans la grande, l’auteur profitant de son roman pour faire un rappel sur le passé de son pays : les problèmes de pêche dans les eaux internationales, la surveillance et l’embrigadement de l’URSS, la manipulation des agents, l’utilisation d’un simple duel aux échecs pour montrer à l’autre qui est le plus fort.

« Le pays était depuis peu sous les feux de l’actualité internationale. Des dissensions étaient nées avec la Grande-Bretagne à la suite de la décision prise par l’Islande d’étendre la limite de ses eaux territoriales. Les Britanniques avaient menacé d’envoyer des navires militaires pour escorter leurs chalutiers dans les zones de pêche. La tension grandissante avec les garde-côtes islandais avait trouvé écho dans la presse internationale et la Coupe du monde d’échecs qui approchait contribuait à alimenter l’intérêt pour l’Islande. » P 18

J’ai apprécié ce roman, car j’ai retrouvé la patte Indridason, qui durant les derniers romans que j’ai lus, nous a présenté toute son équipe mais il me tarde de retrouver Erlendur… la police progresse lentement, mais sûrement et les héros ont une vie personnelle intéressante qui tient autant de place que l’enquête elle-même, et j’apprends de plus en plus de choses sur l’Histoire de l’Islande. En plus, j’adore les noms des villes, des lieux imprononçables et qui font rêver.

Je vais donc continuer l’aventure avec cet auteur qui pour l’instant ne me déçoit pas

 

EXTRAITS  

 

Les patients allaient le long des couloirs. Certains se rendaient à la salle de repos, située sur la façade ouest du bâtiment, pour s’y allonger avec une couverture et un livre. Cette longue pièce ensoleillée dont les fenêtres étaient orientées au sud offrait une vue sur le lac de Vifilsstadavatn et jusqu’à la mer, du côté de Straumasvik. D’autres étaient sur le point d’entreprendre une promenade jusqu’à Gunnhildur, un cairn installé sur la colline à l’est du bâtiment. Personne ne savait pourquoi il avait été ainsi baptisé, mais on affirmait que les malades qui parvenaient à l’atteindre seuls étaient en voie de guérison. P 72  

 

Il est clair que les Russes veulent absolument voir Spassky remporter la victoire, observa Josef. Le contraire serait une contre-publicité pour le paradis soviétique. Inutile de préciser que Fischer les soupçonne de toutes sortes de coups fourrés et de manipulations psychologiques. Le Soviet suprême déclare que Bobby met à mal le monde des échecs par son comportement et qu’il n’ose pas se mesurer à Spassky sans soulever tout un nuage de fumée à chaque fois qu’ils se rencontrent. P 169  

 

Je me borne à souligner l’atmosphère qui règne autour de ce fameux match. L’évènement s’est transformé en une véritable folie qui échappe à tout le monde. On parle de complots et de coups bas de toutes sortes : ronronnements des caméras, rayonnements émis par les lampes, gaz nocifs provenant des fauteuils, voire hypnotiseurs russes assis au premier rang. Et il y a les écoutes. P 170

 

LU EN MAI 2018

 

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Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Snjor » de Ragnar Jonasson

Dans le cadre de mon opération « Neurones en vacances », place à un polar islandais avec :

 

Snjor de Ragnar Jonasson

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

Siglufjördur, ville perdue au nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu’un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d’une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l’enquête, Ari Thór devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

 

CE QUE J’EN PENSE

 

Une fois n’est pas coutume, je vais être très brève !

J’aime bien les polars islandais, notamment Arnaldur Indridason, et son flic qui marche un peu au ralenti, mais la plupart du temps avec une énigme intéressante, ou un contexte historique ou politique particulier et peut-être aussi parce que ce pays me fascine…

Donc, je me suis dit, pourquoi ne pas tenter l’aventure avec le petit nouveau : Ragnar Jónasson (découvert, je cite, par l’agent d’Henning Mankell !) et bien je n’ai pas été déçue du voyage…

Une histoire improbable à Siglufjördur, une ville où il ne se passe jamais rien d’habitude et là, bizarrement Ari Thór, un jeune homme frais émoulu de son école de police, qui a tenté d’abord des études, de philo, puis la théologie, fait son apparition et… deux morts suspectes…

C’est lent, les personnages sont peu crédibles, leur psychologie réduite au minium, (même les histoires d’amour ou de couple). En prime, il neige toute la journée, et l’auteur insiste lourdement, pour un peu on compterait les flocons, ce qui plombe encore plus l’ambiance.

Bref, je me suis ennuyée car l’intrigue ne commence à s’animer un peu qu’aux alentours de la 250ème  page (je n’ai pas compté en fait…) alors qu’il y en a 335 en tout, et je me suis même endormie sur le livre, un comble pour un polar.

J’ai terminé ce roman quand même pour ne pas avoir de regrets mais je ne continuerai sûrement pas à suivre cet auteur…

Sur la quatrième de couverture on peut lire cette appréciation de l’Express qui me laisse rêveuse : « Ragnar Jónasson s’octroie une jolie place derrière Arnaldur Indridason et Yrsa Sigurdardóttir », et pourquoi ne pas parler de révélation pendant qu’on y est…

 

EXTRAIT

 

Voici un extrait, choisi sans parti pris pour illustrer mon propos:

 

La veille, il s’était arrêté dans la petite librairie pour acheter un roman juste paru qui figurait sur sa liste de Noël. Il ne pouvait compter sur personne d’autre pour le lui offrir. A vrai dire, sa liste de cadeaux n’existait que dans sa tête et même Kristin, l’année précédente, n’avait pas pu deviner ce qu’elle contenait quand elle avait choisi un roman pour lui. Ses parents lui offraient toujours un livre à Noël. La tradition islandaise de lire un nouveau livre la veille de Noël jusqu’aux petites heures du matin tenait un rôle important dans sa famille. A treize ans, à la disparition de sa mère et de son père, il partit vivre chez sa grand-mère. Depuis, il mettait un point d’honneur à s’acheter un livre à chaque Noël, un titre qui lui faisait particulièrement envie. P 73

 

LU EN AVRIL 2018

 

 

Publié dans Littérature allemande, Polars

« Thérapie » de Sebastian Fitzek

Je vous parle aujourd’hui d’un thriller que j’ai lu entre deux autres romans forts, comme un sas de sécurité pour souffler un peu.

 

Therapie de Sebastian Fitzek

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Josy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d’une maladie qu’aucun médecin ne parvient à diagnostiquer.

Un jour, après que son père l’a accompagnée chez l’un de ses confrères, elle disparaît.

Quatre ans ont passé.

Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d’une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. Or, le dernier roman d’Anna a pour héroïne une fillette qui souffre d’un mal étrange et qui s’évanouit sans laisser de traces…

Le psychiatre n’a dès lors plus qu’un seul but, obsessionnel : connaître la suite de son histoire.

 

CE QUE J’EN PENSE

Après avoir lu « Le briseur d’âmes », qui m’avait assez plu mais un peu laissée sur la faim, j’avais très envie de continuer à explorer l’univers de Sebastian Fitzek

Une fois le livre entre les mains, il m’a été difficile de le lâcher et je l’ai littéralement dévoré. J’aime beaucoup les psys déjantés (je sais, pour certains cette expression est considérée comme un pléonasme !) alors je me suis fait plaisir.

L’intrigue est intéressante : Viktor Larenz, psychiatre renommé sur la place de Berlin, emmène sa fille en consultation chez un énième spécialiste, car elle présente des symptômes bizarres sur lesquels aucun n’arrive à poser de diagnostic. Il s’absente de la salle d’attente pour se rendre aux toilettes et… elle disparaît. Victor va remuer ciel et terre pour comprendre et tenter de la retrouver.

Quatre ans plus tard on retrouve notre psy, entravé dans un lit d’hôpital, racontant son histoire au Dr Roth. Alors qu’il se réfugiait sur une île pour tenter de répondre à une interview, débarque Anna une romancière qui va le harceler. Évidemment une tempête arrive l’isolant du reste du monde.

J’ai aimé la manière d’aborder la folie, la tempête dans le cerveau qui est aussi spectaculaire et décousue que celle qui règne à l’extérieur : le lecteur se demande toujours qui est le plus cinglé dans l’histoire, qui il faut croire, quels sont les vrais indices ou les délires…

En fait, je me suis tellement laissée porter par la « pensée schizophrénique », et les autres pathologies psy que l’auteur évoque, (et elles sont nombreuses !) que je n’ai jamais cherché à savoir si Josy était morte ou non, et qui était responsable ou non… je ne me suis même pas posé la question…

Sebastian Fitzek aborde au passage le deuil : peut-on le faire quand on ne sait pas ce qu’est devenu son enfant ainsi que la manière dont on peut partir en vrille mentalement dans ce genre de situation.

J’ai essayé de révéler un minimum  de choses de manière à ne pas spolier et donner envie de lire ce roman…

Ce roman m’a plu, par l’univers que propose l’auteur (le même que « Le briseur d’âmes »), plus que par le contexte « enquête ». Je ne sais pas si je continuerai à lire ses romans car il risque de tomber dans la routine en restant trop axé sur le milieu psy mais ce qui est certain, c’est que j’ai passé un bon moment…

 

EXTRAITS

 

Ce qui m’a le plus aidé ?

Pas besoin de réfléchir longtemps. La réponse tenait en un seul mot : l’alcool.

Au fur et à mesure que l’absence de Josy se prolongeait, il s’était mis à boire de plus en plus, pour oublier sa souffrance. Durant la première année, il s’était contenté d’une gorgée par idée noire ; par la suite, même un verre entier ne suffisait plus. L’alcool ne permettait pas seulement d’oublier. Il offrait aussi des solutions. Mieux, il était la solution. P 81

 

La vérité est comme un puzzle, à ceci près que le nombre d’éléments qui la constituent n’est pas connu à l’avance. Or elle ne peut apparaître qu’une fois que tous les morceaux de la mosaïque ont été assemblés. P 215

 

LU EN AVRIL 2018

Publié dans Littérature allemande, Polars

« Le briseur d’âmes » de Sebastian Fitzek

Petit intermède polar avec un auteur que je découvre:

 Le briseur d'âmes de Sebastian Fitzek

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

Un psychopathe sévit dans les environs de Berlin. Lorsque la police retrouve ses victimes, ces dernières sont vivantes et ne présentent pas la moindre trace de maltraitance physique. Mais elles sont psychiquement anéanties, comme privées de conscience… D’où le surnom que la presse lui a donné : le Briseur d’âmes. Caspar, un amnésique interné dans une clinique spécialisée, n’aurait jamais imaginé croiser son chemin.

Et pourtant, en cette veille de Noël, alors qu’au-dehors une tempête de neige fait rage, lui, le personnel médical et quelques patients se retrouvent enfermés dans l’établissement, coupés du monde… en compagnie du Briseur d’âmes. Et, cette fois, il tue !

Aussi terrifiant et puissant que Thérapie, le roman qui l’a fait connaître, le nouveau thriller de Sebastian Fitzek se lit d’une traire…

 

CE QUE J’EN PENSE

 

J’ai bien aimé la construction du récit : il alterne entre plusieurs périodes du passé et du présent. L’intrigue commence 71 jours avant ce que l’auteur appelle « la Peur », pour passer à un tragique évènement, la veille de Noël, dans une clinique psychiatrique et l’époque actuelle avec un professeur qui recrute des étudiants pour participer à expérience, rémunérée au cours de laquelle il leur remet un dossier à étudier dans des conditions particulières.

Au cours des soixante et onze jours qui précèdent « la Peur », on retrouve des personnes enlevées, et libérées, avec des petits papiers qui proposent des énigmes dans la main; elles sont  dans un état particulier : le regard dans le vide, terrorisés, en gros mortes psychologiquement. D’où le surnom donné au criminel « le briseur d’âmes ».

Quel lien existe-t-il entre elles ? Quel rapport avec ce qui se passe en cette veille de Noël ?

Durant cette nuit, se retrouvent enfermés le psychiatre, sa consœur, un patient amnésique, Caspar, un patient que ne réussit pas à parler correctement, avalant des syllabes donc inintelligible, une patiente âgée qui aime beaucoup résoudre des énigmes, un gardien un peu bizarre, un ambulancier dont le véhicule est accidenté devant l’entrée de la clinique et qui amène avec lui un patient qui s’est planté un couteau dans la gorge. Ils se retrouvent ainsi enfermés, complètement coupés de l’extérieur, et les agressions se succèdent.

Autre atout du roman : Caspar essaie de retrouver la mémoire, et l’auteur nous indique les flashs qui lui reviennent, en italique dans le texte et on ne sait jamais s’il s’agit de vrais ou faux souvenirs, ce qui donne des descriptions de cauchemar intéressantes, avec la culpabilité et l’angoisse qui peuvent survenir dans cet état d’amnésie :

« Dans son rêve, le chagrin lui faisait l’effet d’un être vivant à part entière constitué de milliers de tiques minuscules accrochées à son âme avec l’intention d’en pomper tout sentiment de joie. » P 118

Par contre, l’utilisation de l’hypnose que fait Sebastian Fitzek fait dresser les cheveux sur la tête et les psychiatres nous sont présentés comme des cinglés… la manipulation mentale est digne des méthodes utilisées par l’URSS pour « rééduquer » les personnes qui ne pensaient pas comme l’État…

Ce livre se lit très vite, car on ne prend pas le temps de réfléchir ou de tenir compte de certains indices, laissés comme les petits cailloux du Petit Poucet. Le suspense est bien entretenu et on sent monter une tension malsaine, perverse, bref on se sent étouffé, prisonnier et la peur s’installe…

Dernier atout du roman: l’identité de l’auteur qui est uns surprise totale. Cependant, je reste sceptique, ce livre ne m’a pas vraiment emballée alors que, en général, j’apprécie les polars psychologiques. C’était mon premier contact avec l’auteur et je vais tenter de lire « Thérapie » qui a été plutôt encensé pour lui laisser une chance:

 

 

EXTRAIT:

 

Il est difficile de donner des extraits sans spolier, donc je vais citer le début du roman , ce qui permet d’avoir un aperçu de la pagination:

 

71 jours avant la Peur

Dossier médical N° 131071/VL

 

Elle n’était pas nue, cette fois-ci, ni attachée au vieux fauteuil de gynécologue. Le psychopathe qui la séquestrait fouillait parmi des instruments disposés sur une table d’appoint rouillée. Lorsqu’il se retourna, elle ne vit pas tout suite ce qu’il tenait dans sa main ensanglantée. Mais, une fois qu’elle eut compris, elle essaya de fermer les yeux. En vain. Elle ne parvenait pas à détourner le fer à souder qui approchait lentement de son entrejambe. L’inconnu au visage ébouillanté lui maintenait les paupières grâce à un jet d’air comprimé. Alors qu’elle pensait ne pas connaître pire douleur au cours des quelques minutes qu’il lui restait à vivre, le fer à souder disparut soudain de son gens de vision et elle ressentit une atroce brûlure entre ses cuisses…

 


LU EN MARS 2018

Publié dans littérature USA, Polars

« Ne le dis à personne » de Harlan Coben

Un petit passage par le Polar avec ce roman qui traînait depuis longtemps dans ma PAL:

Ne le dis à personne de Harlan Coben

 

Quatrième de couverture

Imaginez…
Votre femme a été tuée par un sérial killer.
Huit ans plus tard, vous recevez un e-mail anonyme.
Vous cliquez une image…
C’est son visage, au milieu d’une foule, filmé en temps réel.
Impossible, pensez-vous ?
Et si vous lisiez « Ne le dis à personne… » ?

 

Ce que j’en pense

Pour moi, rien ne vaut un polar quand la fatigue et les douleurs pointent à nouveau le bout de leur nez, car je mets alors en route l’opération « Neurones en vacances ».

Cette histoire m’a plu: Alex Beck, le héros, a perdu sa femme Elizabeth dans des conditions étranges; il a même était soupçonné, car il avait été assommé par les personnes qui l’ont enlevée, mais s’en est sorti donc forcément suspect… mais le meurtre est mis sur le compte d’un serial-killer car le corps retrouvé passablement défiguré, et néanmoins identifié par le père d’Elizabeth, portait sa marque

Depuis Beck, comme l’appelle ses proches,  est inconsolable, se culpabilise d’être en vie, se noie dans le travail (il est pédiatre dans un centre médical financé par le groupe Medicaid) et a tendance à boire un peu plus que de raison:

« Oui, je bois. Mais je ne suis pas un ivrogne. Ce n’est pas un déni. Je sais que je flirte avec l’alcoolisme. Je sais également que flirter avec l’alcoolisme est à peu près aussi inoffensif que de flirter avec la fille mineure d’un gangster. « 

Et voilà qu’un jour, (la date de leur anniversaire et donc connu d’eux seuls) il reçoit un message curieux via webcam suggérant qu’Elizabeth est peut-être en vie. Alex va essayer de reprendre l’enquête, et résoudre le mystère.

Des éléments nouveaux permettent de pimenter l’histoire, avec des caïds prêts à tuer, presque pour le plaisir, des inspecteurs du FBI qui ont retrouvé deux cadavres dans une zone très proche de l’endroit où a eu lieu l’agression et veulent à tout prix prouver que Beck est coupable du meurtre de sa femme.

Évidemment, toutes les catastrophes, imbroglio, vont tomber sur la tête de Beck, lorsqu’il se lance à la poursuite de sa femme, et avec un rythme haletant, car il court tout le temps, on se sent aussi épuisé que lui. C’est un héros attachant, parfois naïf, un peu le docteur Mamour de la série « Grey’s « anatomie »…

Ceci nous permet de rencontrer des personnages hauts en couleurs, telle Linda, la sœur de David, qui fricote avec des gens peu recommandables, sa compagne Shauna, l’amie sincère avec laquelle il partage ses secrets, (personnage qui me plaît beaucoup), le père d’Elizabeth, ancien flic au comportement un peu étrange ou encore un dealer dévoué à Alex qui a sauvé  de son fils, et bien-sûr des flics louches et des délinquants…

Un petit clin d’oeil au passage à Chloé, le chien de Beck qui comble les vides affectifs (ah! le pouvoir thérapeutique des animaux de compagnie!):

 » … j’aimais bien regarder Chloé en promenade. Ça semble bizarre, je sais, mais un chien tire un tel plaisir de cette simple activité que la regarder est un bonheur totalement zen »

Je me rappelle que j’avais aimé le film de Guillaume Canet (adaptation libre de ce polar, avec entre autres, François Cluzet), alors qu’étrangement je ne gardais aucun souvenir de l’histoire, seulement d’une ambiance, mais cela m’arrive souvent avec les films…

Bref, un polar bien ficelé, que j’ai lu pratiquement en apnée, car le poser était difficile, même pour manger ou dormir, avec des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine, même si c’est quelquefois un peu « capillotracté »…

C’est le deuxième roman d’Harlan Coben que je lis et j’aime bien son style, ses phrases courtes, presque lapidaires, la vitesse à laquelle l’enquête se complique tout en progressant, donc je vais continuer l’aventure.

 

 

Extraits:

Il aurait dû y avoir un souffle funeste dans l’air. Ou un froid à vous glacer la moelle des os. Quelque chose. Une mélodie éthérée que seuls Elizabeth et moi aurions pu entendre. Un sentiment de tension. Quelque classique prémonition. Il y a des malheurs quasi prévisibles — ce qui est arrivé à mes parents, par exemple — et puis d’autres moments sombres, des moments de violence soudaine qui changent irrémédiablement le cœur d’une existence. Il y a eu ma vie avant le drame. Et il y a ma vie actuelle. Les deux, hélas, n’ont plus grand chose en commun. P 6

 

On peut se fier à la nature, mais pas à l’homme. P 92

 

Une vérité première à propos de ces tragédies: l’âme en sort bonifiée. P 98

 

Vivre un drame enfonce le clou. Le drame le grave dans votre âme. Si vous n’en sortez pas plus heureux, vous serez probablement meilleur. P 99

 

Lu en février 2018

 

 

Publié dans Littérature islandaise, Non classé

« Le livre du roi » : Arnaldur Indridason

J’aime bien l’univers de Arnaldur Indridason et je vais vous parler aujourd’hui d’un roman qui occupe une place particulière dans son œuvre :

Le livre du roi de Arnaldur Indridason

 

Quatrième de couverture :

Le livre du roi est un trésor pour lequel certains sont prêts à voler, et même à tuer. En 1955, à Copenhague, un étudiant se lie d’amitié avec un étrange professeur, passionné de Sagas islandaises… ancien propriétaire du fameux manuscrit. Désireux de récupérer ce bien inestimable, ils se lancent dans un quête effrénée à travers l’Europe. Ils vont vivre une aventure qui marquera leur vie à jamais.

« Le livre du roi survivra à tout ça. Il survivra à nous tous. Il est notre histoire et notre existence passées, présentes et futures »

Ce que j’en pense

Ce roman, sorte de polar atypique, nous entraîne en 1955 sur les traces d’un duo improbable : un étudiant islandais, Valdemar, féru de textes et parchemins anciens, dont le latin et le grec sont pratiquement ses langues maternelles qui part à Copenhague poursuivre ses études auprès d’un professeur fantaisiste, fantasque, avec un penchant certain pour l’alcool…

Le moins que l’on puisse dire c’est que leurs premières rencontres ne manquent pas de sel… avant que la grande aventure ne commence : le professeur est un spécialiste du Livre du roi qui est censé être entre ses mains, sous sa protection à l’université alors qu’il lui a été extorqué par un dignitaire nazi, Erich von Orlep (qui mystérieusement réussira à échapper aux mailles du filet pour se réfugier en Amérique du sud) lors d’un interrogatoire sadique.

Il veut remettre la main dessus ainsi que sur un fascicule de huit pages qui manquent dans ce fameux livre. Ce fascicule, qui donnerait un pouvoir particulier à celui qui l’aurait entre les mains, a été enfoui dans une tombe…

On va suivre ce duo à travers l’Europe sur les traces du fascicule, mais aussi pour récupérer le livre et évidemment d’anciens nazis sont à l’affut… on va ainsi assister à une lutte entre les nostalgiques du nazisme, notamment le fils de ce Orlep qui a torturé le professeur pendant la guerre, et ses sbires qui se regroupent sous le terme de « Wagnérianistes » qui rêvent toujours d’un monde nouveau et de la race supérieure.

Ce n’est un secret pour personne, tout ce qui tourne autour du nazisme me passionne, mais c’est aussi le cas des manuscrits perdus, des légendes et de l’Histoire, et ce roman m’a permis d’en savoir plus sur l’Islande, notamment l’emprise de type « coloniale» que le Danemark a exercé sur elle, pillant ses manuscrits anciens sur lesquels les nazis feront main basse en envahissant le Danemark.

L’attachement du professeur à ce trésor culturel qu’il voudrait tellement restituer à l’Islande est touchant… et sa quête m’a plu même si parfois la manière d’opposer les bons et les méchants devient un peu trop caricaturale et comment résister à cette phrase que nous glisse au passage  Arnaldur Indridason:

« Importants ou non, les livres voyagent partout. Bons ou mauvais, ils ne choisissent pas leurs propriétaires, pas plus que le genre de maison dans laquelle ils vont se trouver ou l’étagère sur laquelle on les rangera. » P 270

J’ai aimé me promener dans ces récits dont les noms étranges me font rêver: sagas d’Islandais, Saga des gens de Thjorsdalur, Saga de Njall le Brûlé, Saga de Gaukur, Chants de Brynhildur,Saga de Marie et bien-sûr Le livre du roi de l’Edda poétique (les poèmes de l’Edda intéressaient beaucoup Hitler entre autres et il y avait une version spéciale pour la jeunesse hitlérienne !)

Un roman, très différent des polars que nous propose d’habitude Arnaldur Indridason, qui colle davantage à son intérêt pour l’Histoire et qui m’a beaucoup plu.

Extraits

C’est ainsi que je commençai à apprécier les grandioses récits de héros et de vengeances, d’amour, d’honneur et de droiture, les histoires qui parlent d’hommes entiers, de femmes subjuguantes, d’affrontements exaltants et de morts héroïques qui m’arrachaient des larmes. P 27

…Copenhague. C’était bienplus qu’une ville européenne ancienne et évoluée. Pour un Islandais éclairé, elle avait été véritablement le centre de la culture et de la civilisation islandaise durant des siècles. J’avais hâte de mieux la connaître, de visiter ses musées et ses hauts-lieux historiques, et surtout de découvrir les traces du passage des Islandais. J’éprouvais du plaisir à l’idée que l’hiver s’annonçait. P 31

Il dit que c’étaient les membres d’une société secrète fondée en Allemagne au XXe siècle,au début des années vingt par Erich von Orlep, antiquaire et nazi convaincu, féru de culture nordique. Celui-ci voulait utiliser cette culture pour prouver la pureté de la race aryenne. La société secrète d’ Orlep célébrait des sacrifices païens plusieurs fois par an, au cours desquels on lisait des poèmes de l’Edda. P 75

Je demandais si ce n’était pas Himmler qui prétendaient que les Germains descendaient des Scandinaves et qu’il était possible de découvrir des indices de la « race supérieure » en Islande… Orlep était de ceux qui caressaient l’idée d’un empire mondial fondé, non sur les territoires méditerranéens et le christianisme, mais au contraire, sur le passé germanique. « Le livre du roi » serait la bible de cet empire mondial. Il voulait que l’héroïsme soit élevé au rang de finalité politique et qu’on s’en inspire pour éduquer au bellicisme la nation entière ! Pour déclencher des guerres ! P 81

De nombreux Allemands avaient la certitude que l’univers mythologique nordique constituait le patrimoine culturel de l’Allemagne et recherchaient leur parenté avec kes nations scandinaves. Ronald D. Jorgensen étaient l’un de ceux qui considéraient l’univers mythologique des poèmes de l’Edda comme de la mythologie allemande et il s’intéressait énormément aux rapports entre l’ancienne littérature islandaise et le nationalisme allemand. Le professeur savait qu’il avait été présent à la première de « L’anneau de Nibelung » de richard Wagner à Bayreuth en 1876. P 112

+Lu en février 2018