« Noces sanglantes » de Marshall Karp et James Patterson

Je vous parle aujourd’hui d’un gentil polar, lu en même temps que je découvrais « Les prophètes » mais aussi parallèlement à une autre lecture forte: « La liberté des oiseaux » car j’avais besoin de pouvoir reprendre mon souffle :

Résumé de l’éditeur :

Quand le mariage du siècle…

Erin Easton, star de téléréalité, vient d’épouser le fils de Veronica Gibbs, la richissime directrice d’une agence de mannequins. « Mariage du siècle », « Mariage de rêve » … Autant de superlatifs pour qualifier ces noces people retransmises en direct à la télévision.

Mais, alors qu’elle doit monter sur scène après la cérémonie pour un tour de chant devant ses invités, Erin est introuvable. Une fois sa loge ouverte, on découvre des traces de lutte et sa robe de mariée maculée de sang !

… s’achève dans le sang !

Une affaire pour le NYPD Red, l’unité d’élite de la police new-yorkaise chargée de protéger les rich and famous. Zach Jordan et sa partenaire Kylie MacDonald pensent d’abord à un énorme coup de pub. Jusqu’à ce que le ravisseur se manifeste à nouveau… de façon spectaculaire !

Ce que j’en pense :

La scène s’ouvre sur la réception du mariage d’Erin Easton, star bien connue de la téléréalité. Alors que la fête bat son plein sous l’œil des invités endimanchés comme il se doit, Erin s’absente pour aller se changer avant de se livrer à un show.

Tous les flics, actuels et ceux qui se sont recyclés dans le business plus rentable de gardes du corps, videurs et autres. Comme elle ne revient pas, le grand jeu : on défonce la porte, la robe de mariée est bien là tachée de sang mais plus d’Erin… Kylie, invitée de dernière minute, est sur les lieux et se lance dans l’enquête avec son coéquipier et ex-amant Zach Jordan, dans le cadre du NYPD Red, chargée de protéger les personnes riches et célèbres (cela va souvent ensemble !).

Une demande rançon ne tarde pas à arriver car le nouvel époux est riche, mais la fortune est entre les mains de sa mère, Veronica, gérante d’une agence de mannequins, qui désapprouve le mariage auquel elle n’a pas voulu assister. Celle-ci clamant haut et fort qu’elle ne paiera jamais.

L’enquête va nous entraîner dans un milieu qu’affectionnent notre duo : fortunes colossales, jalousie, téléréalité, journalistes sans foi ni loi, prêts à tout pour faire monter les audiences. On apprend très vite que le preneur d’otage est un fan amoureux d’Erin, qui la poursuit depuis des lustres, car il est persuadé qu’elle l’aime aussi !

On passe par tous les états d’âme car les auteurs nous entraînent sur différentes pistes, en ajoutant une autre enquête, le gang des ambulances, qui dévalise les personnes aisées et âgées, pour mieux nous perdre…

C’est la 6e enquête de la série « NYPD Red » de notre duo (et la deuxième que je lis) et j’ai eu du plaisir à les retrouver, car l’enquête est crédible, mais comme ce milieu du showbiz ne l’intéresse guère, il y a forcément des bémols.

C’est le genre de polar qui m’accompagne entre deux lectures difficiles ou de manière concomitante, car il se lit d’une traite, l’humour des auteurs est toujours présent, et certaines scènes sont savoureuses : Il faut reconnaître que le mari d’Erin, qui ne brille pas particulièrement par son intelligence et son esprit d’initiative, maltraité par sa mère acariâtre est attachant.

Les relations entre Kylie et Zach, leurs histoires d’amour, sont amusantes et la description de la police et de ses méthodes face aux médias est également drôle car assez proche de la réalité.

Quoi qu’il en soit, cette lecture a rempli son rôle et en période de sinistrose, et cela fait du bien.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions L’Archipel qui m’ont permis de découvrir ce roman et de retrouver leurs auteurs.

#Nocessanglantes #NetGalleyFrance !

7/10

Extraits :

Bobby mit une semaine à repérer l’endroit où il allait se garer. Il fallait que ce soit près du lieu où se déroulerait la réception, mais pas trop. Et comme il risquait de rester pendant deux ou trois heures dans un fourgon volé, il valait mieux opter pour un secteur où les flics ne patrouillent presque jamais…

Apprends des erreurs des autres, avait coutume de lui dire son père. Tu ne vivras pas assez vieux pour les faire toutes toi-même

Nous venions de traverser le pont Robert Kennedy reliant le Bronx à Manhattan et roulions vers le commissariat. Il était minuit passé mais on y trouverait une armée de flics plongés dans leurs notes après des centaines d’interrogatoires, y cherchant la pépite susceptible de propulser leur carrière sur orbite.  Penchés sur eux, un peloton de chefs impatients exigeant des réponses immédiates car sommés de fournir des réponses immédiates à leurs propres chefs impatients…

Lu en décembre 2021

« Dix âmes, pas plus » de Ragnar Jonasson

Intermède polar avec le livre dont je vous parle aujourd’hui d’un livre, lu en avant-première grâce à NetGalley car la sortie est prévue en janvier prochain :

Résumé de l’éditeur :

« Recherche professeur au bout du monde. » Lorsqu’elle voit passer cette annonce pour un poste d’enseignant dans le minuscule village de Skálar, Una, qui ne parvient pas à trouver un emploi stable à Reykjavík, croit saisir une chance d’échapper à la morosité de son quotidien.

Mais une fois sur place, la jeune femme se rend compte que rien dans sa vie passée ne l’a préparée à ce changement radical. Skálar n’est pas seulement l’un des villages les plus isolés d’Islande, il ne compte que dix habitants. Les seuls élèves dont Una a la charge sont deux petites filles de sept et neuf ans. Les villageois sont hostiles. Le temps maussade. Et, depuis la chambre grinçante du grenier de la vieille maison où elle vit, Una est convaincue d’entendre le son fantomatique d’une berceuse. Est-elle en train de perdre la tête ?

Quand survient un événement terrifiant : juste avant noël, une jeune fille du village est retrouvée assassinée. Il ne reste désormais plus que neuf habitants. Parmi lesquels, fatalement, le meurtrier.

Ce que j’en pense :

Una est mal dans sa peau dans son petit appartement de la capitale ; elle se sent à l’étroit et sa mère, veuve, a trouvé un nouveau compagnon avec lequel elle a un projet de voyage. C’est son unique lien semble-t-il avec son amie Sara, alors elle a brusquement elle-aussi une envie d’ailleurs.

Elle décide de répondre à une petite annonce recherchant un enseignant à Skálar , village de dix âmes, situé dans une péninsule à l’autre bout du pays. Elle n’aura que deux élèves, deux fillettes et sera logée dans un appartement sous les combles chez la mère de l’une d’elle.

Étant donné qu’elle était la seule candidate, elle a été embauchée, mais elle va vite se rendre compte que les autres habitants ne la voient pas arriver d’un bon œil, se demandant pourquoi elle a voulu s’éloigner autant de la capitale, affrontant le vent glacial, la nuit islandaise, et la solitude.

En parallèle, Ragnar Jónasson nous raconte l’arrestation d’une jeune femme quelques années auparavant et la manière dont elle a été traquée par les policiers lors de la disparition de son petit ami.

Très vite, Una va se rendre compte qu’il se passe des choses bizarres dans le village et dans la maison, que l’on dit hantée. Est-elle en train de perdre la raison, car sa consommation de vin rouge est relativement importante ?

J’ai beaucoup aimé, ce côté quelque peu paranormal, avec les esprits, les fantômes, sur fond de légendes, la lenteur la manière d’affronter la vie rude de cette contrée perdue et je me suis vite laissée emporter par le caractère envoûtant du récit. Est-ce la magie des contes, l’approche de Noël, ce que j’avais trouvé trop lent, voire un peu soporifique dans les autres livres de l’auteur, m’a plu cette fois. Peut-être aussi la solitude, et l’envie d’ailleurs, avec tous ces confinements et, il faut bien le reconnaître, la magie de l’Islande a fonctionné, une fois de plus, à merveille…

L’auteur donne, dans la préface, des renseignements sur la manière dont il a étudié les habitants (ainsi que les contes) avec ce livre : « L’histoire des habitants de Langanes » de Fridrik G. Olgeisson que je n’ai pas réussi à trouver sur Internet…

Je n’avais lu, jusqu’à présent, que « Snjor » et « La dame de Reykjavik », le premier tome de la trilogie de Ragnar Jónasson,qui m’avait un peu laissée sur ma faim, mais ma fascination pour l’Islande a été la plus forte et j’ai eu, à nouveau, envie de me laisser tenter. J’ai passé un bon moment, dans ce village perdu que j’ai cherché sur la carte et j’ai fini par m’attacher à ses habitants taiseux, relativement peu accueillants avec leurs secrets.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions de la Martinière qui m’ont permis de découvrir ce roman et de retrouver la plume de son auteur, ce qui m’a donné envie de terminer la trilogie…

8/10

L’auteur :

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en trois ans seulement au rang des plus grands auteurs internationaux de polars. Avec plus d’un million de lecteurs, la France occupe la première place parmi les trente pays où est traduit Ragnar Jónasson.

Extraits :

Una se réveilla en sursautIl faisait un froid glacial. Elle se redressa doucement. Prise d’un léger vertige, elle se ressaisit rapidement et se souvint tout à coup d’où elle était. Le village de Skálar, sur la péninsule de Langanes. Seule, abandonnée dans son petit appartement sous les combles.

Recherche enseignant au bout du monde. Una relut l’annonce pour le moins singulière, assise à la table de la cuisine de son petit appartement en sous-sol niché au cœur du quartier ouest de Reykjavik. Elle l’avait acheté quatre ans plus tôt, après avoir réuni de quoi constituer un apport. Sa famille –ou, plus précisément sa mère – ne bénéficiant que de modestes ressources, elle n’avait pu compter que sur elle-même, comme d’habitude…

Una eut soudain la sensation d’être seule au monde. Déménager, faire de nouvelles rencontres aurait sans doute un effet bénéfique sur elle. Sortir des sentiers battus, suivre son instinct et vivre une aventure excitante.

Elle avait juste besoin de respirer, de prendre son envol. Quelle meilleure solution que de devenir enseignante dans un village si petit qu’il méritait à peine ce qualificatif ? Dix âmes, pas plus. Comment une société de cette taille pouvait-elle fonctionner ?

Lu en novembre 2021

« En eaux dangereuses » de Donna Leon

Petit intermède polar et cap vers l’Italie et La Sérénissime aujourd’hui avec ce livre :

Résumé de l’éditeur :

« On ressent la tension, la peur, l’horreur, mais aussi l’émerveillement. « 
The Times

Quand le médecin d’un hospice vénitien appelle la police car une patiente en fin de vie souhaite témoigner, le commissaire Brunetti et Claudia Griffoni se rendent aussitôt au chevet de la jeune femme. Ses derniers mots évoquent son défunt mari Vittorio qui selon elle, a été assassiné. Brunetti lui jure de mener l’enquête.

Il découvre alors que Vittorio, qui travaillait pour une compagnie chargée de vérifier la qualité des eaux vénitiennes, est officiellement mort dans un accident de moto. Où se trouve la vérité ? Avec l’aide de ses fidèles collègues, Brunetti va petit à petit démêler les fils d’un secret dissimulant une menace pour Venise et toute sa région.

Entre intrigue passionnante, personnages plus touchants que jamais et réflexion subtile sur la mort, Donna Leon nous dévoile à nouveau avec En eaux troubles son immense talent de conteuse et son regard si unique sur Venise.

Ce que j’en pense :

Un couple discute aux abords d’un pont, sous la chaleur caniculaire de juillet, alors qu’une vaste entreprise de nettoyage des canaux est en cours. Il s’agit de Brunetti et sa collègue Claudia Griffonni. On s’attend à voir extraire un cadavre, mais désillusion, il ne s’agit que d’un frigidaire…

Qu’à cela ne tienne, une affaire ne tarde pas à se profiler à l’horizon : une patiente en soins palliatifs désire leur parler de la mort suspecte de son mari, Vittorio lors d’un accident de moto. Nos commissaires, pourront s’entretenir avec elle à deux reprises avant qu’elle ne décède brutalement dans leurs bras.

Vittorio travaillait dans un laboratoire d’analyse de l’eau dite potable, relevant les capteurs signalant des anomalies, notamment après des orages.

Donna Leon nous livre ici une enquête sur les menaces qui planent sur l’eau, les produits chimiques, les engrais, et plus qui donnent parfois des maladies graves, chez les enfants, ou les adultes, même des années après la fermeture des usines incriminées.

Ce qu’elle dénonce ce sont les malversations, les pots de vin que touchent certains pour falsifier les résultats n’hésitant pas à s’en prendre aux récalcitrants.

Les protagonistes ont des personnalités intéressantes, en particulier Brunetti et sa collègue Griffonni, ce sont des policiers consciencieux avec leurs qualités et leurs défauts et on a du plaisir à cheminer avec eux ;

L’histoire est intéressante, mais le rythme du récit soporifique à un point tel que j’ai failli ne pas terminer ce roman. Certes, la canicule régnant sur la ville pousse à la sieste, à une réflexion que la qualité du lin quand il fait chaud, les douches, les repas alanguis, qui n’en finissent pas mais quand même et en prime la fin du roman m’a beaucoup irritée… Je préfère les polars qui ont un rythme plus rapide et dont la lecture est addictive.

C’est la deuxième fois que je lis un roman de Donna Leon, après ma découverte mitigée de « Meurtre à la Fenice » et à part me promener dans la belle cité, je n’ai pas réussi à vraiment entrer dans ce polar, dont l’intrigue m’intéressait. Il faut dire que, après avoir refermé à regret « Poussière dans le vent », je risquais fort d’être tentée de comparer et d’être déçue…

Un grand merci àNetGalley et aux éditions Calmann-Levy qui m’ont permis de découvrir ce dernier opus de l’auteure.

#Eneauxdangereuses #NetGalleyFrance !

6/10

Extraits :

Un homme et une femme, en pleine discussion, s’approchèrent du ponte dei Lustraferi. Ils avaient l’air de souffrir tous les deux de la chaleur en cette fin d’après-midi de juillet. La vaste riva était en effet sans merci pour les flâneurs car la blancheur des pierres, alliée au soleil, réfléchissait sur leurs visages la lumière de ses rayons.

Brunetti examina les canaux où s’étaient accumulées des décennies de fange et de détritus. La substance visqueuse et noire apparaissait juste au-dessous de la marque des marées hautes et s’épaississait au fur et à mesure que l’eau gagnait en profondeur. Le tout dégageait une odeur de pourriture insoutenable, qui évoquait celle des cadavres et emplit Brunetti presque autant de dégoût que d’horreur….

Ce chaos lui rappela les films de guerre où les habitants de villes fortifiées s’échappaient en se ruant sur le peu de portes de sortie construites, et où les hommes, les femmes et les enfants, victimes de la défaite et de la reddition, n’avaient pour seul choix que de suivre le mouvement.

Braga planta ses coudes sur la table et se frotta les tempes. « La sœur de ma femme vit là-bas et un de ses petits-enfants est une des victimes de cette affaire du PFAS. Quand elle nous en a parlé, il y a des années, elle a dit que l’usine était fermée depuis une éternité, mais que cette substance était encore dans le sol et dans l’eau courante. Beaucoup d’enfants de cette région en ont dans le sang. »

Substances per et polyfluroroalkylées, présentes dans l’eau, les aliments ou les emballages alimentaires.

Les gens n’aiment pas les prêches, même s’ils sont d’accord avec les propos du prêcheur.

Pas plus tard que la semaine dernière, il avait appris par la presse que les derniers incendies de forêt, de plus ou moins grande ampleur, résultaient tous de foyers criminels et il avait été frappé par l’indifférence et la désinvolture avec lesquelles ses compatriotes traitaient le patrimoine de l’humanité qu’ils avaient en charge.

Lu en octobre 2021

« Proie » de Rachel Abbott

Je reste encore un peu dans le domaine thriller, avec ce livre que j’ai lu, en même temps qu’un roman coup de cœur dont je parlerai dans quelques jours, dont je voulais faire durer la lecture le plus longtemps possible…

Résumé de l’éditeur :

Une enquête de Tom Douglas

Quelques mois après la disparition brutale de son mari, Natalie a retrouvé l’amour dans les bras d’Ed, le meilleur ami du défunt. Mais aux effusions des débuts succèdent bien vite les tensions et la conviction que ce dernier cache une personnalité troublée, sombre et inquiétante. Pour protéger Scarlett, sa fille de quinze ans, Natalie décide de fuir Ed pour s’installer dans un immeuble de la banlieue de Manchester. Mais l’endroit est-il réellement sûr ? Alors que mère et fille tentent de se reconstruire dans cette nouvelle vie, des phénomènes étranges surviennent dans l’immeuble ; des bruits que seule Scarlett semble entendre et qui la terrorise… Natalie et sa fille auraient-elles quitté une menace pour une autre, plus terrible et insidieuse encore ?

L’inspecteur Tom Douglas est sur le coup. Mais arrivera-t-il à temps pour les sauver du danger qui se rapproche ?

Ce que j’en pense :

Bernie, policier de son état, est entrain de promener le chiot labrador, comme tous les mains lorsqu’une voiture lui fonce dessus, tous phares allumés. Sa mort est attribuée à un voleur car la voiture a été retrouvée calcinée plus tard.

Sa femme, Natalie et leur fille Scarlett, finissent par se reconstruire en emménageant chez Ed, l’ami d’enfance de Bernie. Tout semble aller pour le mieux jusqu’au jour où Natalie tombe sur un site pédopornographique dans l’historique de navigation d’Ed.

En rentrant un peu plus tard, elle trouve Ed en petite tenue, Scarlett dans ses bras, il tente de se justifier en disant qu’il est train de la consoler, mais cela fait trop et Natalie fait ses bagages au grand dam de sa fille.

Elles atterrissent dans un appartement au centre de Manchester, où des bruits bizarres résonnent parfois : rires, gémissements… Appartement habitée avant elles par une vieille dame qui pensait que les morts désiraient communiquer avec elle…

Désœuvrée, loin de ses copines et très  en colère contre sa mère dont elle ne comprend pas la violence de la réaction, Scarlett qui a entendu des rires inexpliqués va tenter de mener son enquête pour en découvrir l’origine, même si on lui a dit que la locataire précédente était folle, victime d’hallucinations.

Pendant ce temps, Tom Douglas et son adjointe Beckie sont appelés sur une scène de crime : une adolescente s’est suicidée (probablement) en se jetant d’un toit.

En parallèle, l’enquête sur la mort de Bernie est rouverte, car il enquêtait sur le milieu de la pédopornographie.

Ce thriller démarre en douceur et peu à peu le suspense s’installe et l’auteure propose une analyse bien étayée sur la manière dont les jeunes adolescentes fragiles sont repérées pour être approchées, manipulées, photographiées dans des positions suggestives pour ensuite les faire chanter.

En parallèle, en peaufinant les personnages, Rachel Abbott nous livre une réflexion sur l’amour, ce qu’on ne dit pas dans un couple, ou qu’on ne veut pas voir, le déni est plus confortable. Réflexion aussi sur l’amitié, les trahisons, les jalousies et sur les difficultés du deuil.

Je n’ai lu qu’un roman de Rachel Abbott, « Murder game » qui m’avait suffisamment plu pour que je retente l’expérience et celui-ci m’a fait découvrir le DCI Tom Douglas dont j’ai bien envie de lire les enquêtes précédentes. (Je m’emmêle toujours dans les grades des policiers et détectives britanniques donc je garde les initiales).

On n’est pas dans le côté trépidant addictif de Franck Thilliez ou de Cédric Sire dont j’ai parlé il y a quelques jours, ici l’enquête est bien menée, avec beaucoup de sérieux, l’auteure s’étant bien documentée, alors la lecture finit par devenir plus addictive qu’on ne pouvait l’imaginer.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Belfond qui m’ont permis de découvrir ce roman et retrouver la plume de son auteure.

#RachelAbbott #NetGalleyFrance

7/10

L’auteure :

Née près de Manchester, Rachel Abbott vit sur l’ile anglo-normande d’Aurigny. Auteure de bestsellers internationaux vendus à plusieurs millions d’exemplaires, ses deux séries, respectivement nommées « Les enquêtes de Tom Douglas » et « Les enquêtes de Stephanie King », sont publiées chez Belfond.

Prologue :

C’avait été une nuit comme tant d’autres au cours des dernières semaines. Tandis qu’elle scrutait la rue depuis la fenêtre du deuxième étage, toujours plongée dans l’obscurité à cette heure matinale, elle s’avoua enfin qu’elle n’en pouvait plus.

Elle leva les yeux pour chercher les étoiles dans les interstices entre les immeubles, mais le ciel n’était jamais complètement noir dans le centre de Manchester, toujours pollué par l’éclairage public et les vitrines des magasins. Le grondement incessant de la circulation n’était qu’une musique qu’elle avait appris à ignorer depuis longtemps, mais elle ne parvenait pas à trouver le sommeil, car elle ne savait jamais quand les cris des morts perceraient le silence.

Lu en novembre 2021

« Ni vu, ni connu » de Jeffrey Archer

Petit intermède polar entre deux lectures fortes qui m’ont particulièrement marquée ces derniers jours avec le livre dont je vous parle aujourd’hui :

Résumé de l’éditeur :

Le nouveau roman de Jeffrey Archer, « conteur de la trempe d’Alexandre Dumas » selon le New York Times.

William Warwick a été promu et intègre la brigade des stupéfiants. Ses membres ont pour objectif prioritaire d’appréhender Assem Rashidi, le fameux baron de la drogue du sud de Londres, connu sous le nom de La Vipère.

Alors que l’enquête progresse, William va devoir faire face à des adversaires redoutables tout droit revenus de son passé. Son ennemi juré, Miles Faulkner, est toujours libre, mais une erreur de jugement de sa part pourrait bien le voir partir en prison. William et sa fiancée, Beth, s’occupent des préparatifs de leur mariage sans se douter qu’une mauvaise surprise les attend à l’autel.

William devra ruser pour traduire en justice Miles Faulkner et Assem Rashidi en élaborant un stratagème qu’aucun des deux hommes ne pourra prévoir, un piège caché à la vue de tous…

Ce que j’en pense :

William Warwick, qui vient d’être nommé brigadier à la brigade des stups, est en plein préparatif de son mariage avec Beth qui travaille dans le domaine de l’art. en même temps, son vieil ennemi, le baron de la drogue Miles Faulkner qu’il s’agit de prendre la main dans le sac.

Un ancien copain de collège, consommateur, avec lequel il a eu autrefois des démêlés, va être recruter comme « taupe » en échange d’une fuite au Brésil avec sa dulcinée. Devenu témoin protégé, il va devoir raconter comment fonctionne le trafiquant. Mais, est-il fiable ?

Un autre baron de la drogue, Assem Rashidi, alias la Vipère, fait également l’objet d’une surveillance, et William participe au plan mis en œuvre par l’équipe.

L’enquête policière est sympathique, sur fond de mariage, voyage de noces à Rome, pour William et Beth, et de divorce tonitruant (allez, j’ose, abracadabrantesque !) avec argent sale, tableaux de grands maîtres, notamment Vermeer pour Faulkner.

J’ai lu ce livre d’une traite car je voulais respirer entre deux romans forts de cette rentrée. J’ai aimé les relations entre les membres de la famille Warwick : Sir John, le père, avocat représentant la Couronne, sa fille qui doit prouver qu’elle est douée aussi, et William qui a choisi la police au grand dam de son père, après avoir entamé des études d’art.

J’ai aimé l’humour, « so british », mais l’histoire en elle-même n’est pas vraiment trépidante. C’était mon premier « contact » avec Jeffrey Archer et je suis restée sur ma faim. L’auteur nous propose un récit drôle et des réflexions sur le monde des dealers intéressantes mais, on les connaît, ce n’est pas mieux chez nous… il faut dire aussi qu’après avoir refermer « Berlin Requiem » c’était ce polar partait avec un sérieux handicap…

Lectures en cours, entre autres, : « S’adapter » « La carte postale » et « Enfant de salaud », ce qui explique le besoin d’humour…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions les Escales qui m’ont permis de découvrir ce roman et découvrir son auteur.

#Nivuniconnu #NetGalleyFrance

Sortie le 06/10/2021

6,5/10

L’auteur :

Né en Angleterre en 1940, sir Jeffrey Archer fait ses études à l’université d’Oxford avant de se tourner vers la politique. Il démissionne de la Chambre des communes en 1974 pour se consacrer à l’écriture. Il est aujourd’hui traduit dans une trentaine de langues et ses livres se sont écoulés à plus de 270 millions d’exemplaires.

Extraits :

Le trafic de drogue est désormais une industrie internationale, au même titre que le pétrole, la finance ou l’acier. Si certains des plus gros cartels devaient déclarer leurs revenus, non seulement ils se retrouveraient dans la liste des cent entreprises les plus cotées en bourses, mais surtout le ministère de finances pourrait récupérer des milliards en impôts.

Il (Michel Ange et le plafond de la chapelle Sixtine) y a travaillé sans relâche de 1508 à 1512, répondit William. Le pauvre homme a passé presque tout ce temps allongé sur le dos au somment d’un échafaudage grossièrement monté. Quand il a eu terminé, il était presque infirme. Et en plus, le pape Jules ne l’a pas payé dans les délais voulus.

La drogue tue sans distinction les jeunes et les plus vulnérables, pendant qu’un petit groupe d’individus sans pitié se remplit les poches, sans aucune considération pour la souffrance humaine qu’ils causent et gonflés de l’arrogance d’être au-dessus des lois.

Il n’aurait pas cru pouvoir encore être surpris après ce à quoi il venait d’assister mais la vue de tant d’argent, sûrement le résultat d’une seule journée, lui rappela pourquoi les criminels modernes ne se fatiguaient plus à dévalise les banques puisque leurs victimes leur remettaient volontairement leurs économies.

Lu en août 2021

« L’oubliée » de Florian Dennisson

En attendant la mise à jour de mes chroniques (cela ne devrait plus tarder, du moins je l’espère), je vous propose un petit détour par le monde de la « Polardie » aujourd’hui avec ce livre en accès libre sur NetGalley :

Résumé de l’éditeur :

Une jeune fille disparaît sans laisser aucune trace. Onze plus tard, elle réapparaît mystérieusement.

À l’époque, l’évènement tragique met en émoi toute la région et Maxime Monceau, alors jeune gendarme, s’en souvient encore. Aujourd’hui adjudant-chef, il est affecté à l’enquête et doit tenter de répondre aux nombreuses questions qui entourent l’affaire. Qu’a subi Victoria Savigny pendant ces onze années ? Où était-elle ? D’autres filles sont-elles en danger ?

Les heures tournent, le kidnappeur court toujours et à la progression difficile de l’enquête en raison de l’ancienneté des faits, s’ajoute l’arrivée massive de journalistes en quête de scoops que le retour inespéré de la jeune femme a attirés.

Désormais spécialiste du langage non verbal, Maxime saura-t-il décrypter l’étrange récit de la jeune femme pour retrouver le ravisseur et sauver les potentielles autres victimes ?

Ce que j’en pense :

J’ai eu la chance de découvrir ce roman en avant-première, en accès direct via NetGalley et cela a été une grande et bonne surprise. Le résumé était prometteur, la couverture intrigante à souhait, alors pourquoi hésiter ?

Victoria Savigny a disparu, il y a onze ans. Les recherches ont été peu à peu abandonnées devant l’absence d’indices et l’enquête supplantées par une autre affaire tristement célèbre, qu’on a appelé « la tuerie de Chevaline ».

Chaque année, à la date anniversaire, la mère de Victoria a reçu une lettre cruelle :

« Madame, votre fille va bien. Cette année encore, elle fêtera son anniversaire en ma compagnie. Ayez une pensée pour elle, car vous ne la reverrez jamais. »

Victoria réapparait brusquement ; après avoir échappé à son ou ses ravisseurs, une course effrénée en forêt, elle est prise en stop par un pervers, elle provoque un accident de la voie publique, et se retrouve sous les projecteurs les gendarmes. Elle va leur raconter son histoire, ce qui lui est arrivé il y a onze ans.

L’interrogatoire est réalisé par l’adjudant-chef Maxime Monceau, qui revient juste d’un burn-out, adepte du langage non verbal, corporel alors que son binôme Boris ne jure que par les méthodes classiques. Inutile de préciser que les deux hommes ne s’entendent guère (doux euphémisme).

Victoria retrouve ses parents, mais le retour est étrange, le père refusant de la reconnaître alors que la mère l’accueille à bras ouverts. On se rend vite compte que la famille est spéciale, religieuse, limite sectaire et que tout est loin d’être simple.

J’ai bien apprécié Maxime, sa fragilité, son enfance brisée, dans une famille toxique sectaire elle-aussi et à laquelle il a échappé autrefois, ce qui fait remonter des souvenirs qu’il aurait préférés enfouis à tout jamais. Après son burn-out il a été sommé de consulter une psychiatre. Son binôme Boris, hyper-rigide, avide de reconnaissance, un peu paranoïaque sur les bords, lui mène la vie dure. J’ai appris beaucoup de choses sur la synergologie et son utilisation dans les techniques d’interrogatoire.

Florian Dennisson maîtrise très bien son sujet notamment lorsqu’il évoque le comportement de Maxime: alors que cette enquête fait remonter les traumatismes de son enfance, ce qui pourrait l’amener à perdre sa lucidité, Maxime parvient à rester professionnel.

Cette brigade de gendarmerie est intéressante, la lieutenante cheffe semblant parfois dépassée, les autres binômes sont un peu en retrait, à part Emma ancien binôme de Maxime qui est motivée. On sourit, au passage, en entendant les moqueries des autres collègues qui traitent Maxime de « mentaliste » On note aussi la présence de la presse à scandale qui veut surfer sur l’histoire de Victoria, n’hésitant pas à utiliser les moyens de corrompre pour avoir la meilleure information. On pense bien-sûr à l’histoire de Natascha Kampusch.

Il s’agit du deuxième épisode des aventures de Maxime mais il faut reconnaître qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu premier, « La liste » pour suivre cette enquête passionnante, pleine de rebondissements et ce jusqu’à la dernière ligne.

C’est la première fois que je lis un polar de Florian Dennisson et j’ai A. DO. RE. Je l’ai lu quasiment en apnée, impossible de le lâcher, car il a tout ce que j’aime dans ce genre littéraire : une histoire compliquée, des personnages parfois ambigus, ou carrément déjantés, des policiers un peu fracassés par la vie du style Sharko ou Martin Servaz. Je vais me procurer « La liste » de ce pas.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Chambre Noire qui m’ont permis de découvrir ce roman ainsi que son auteur que j’ai hâte de retrouver.

#floriandennisson #NetGalleyFrance

https://www.chambre-noire-editions.com/blog/

8,5/10

L’auteur :

Né à Annecy en Haute-Savoie, Florian Dennisson quitte les bancs de la fac pour se consacrer à sa première passion : la musique. Il écumera – et les écume toujours – les salles de concert de France, d’Europe, du Royaume-Uni et même des États-Unis, avec pour compagnon fidèle : l’écriture.

Fervent adorateur du personnage du Poulpe, c’est avec « Téléski qui croyait prendre » qu’il franchit le pas et vient à bout de son premier roman. Également à l’aise avec la langue de Shakespeare, il traduit de l’anglais une collection de cinq romans de l’écrivain culte américain, Howard Phillips Lovecraft. Le virus est désormais en lui et il ne compte pas s’arrêter là, car si jamais un jour lointain sa guitare lui paraît trop lourde, son stylo sera, quant à lui, toujours aussi léger qu’une plume jusqu’à son dernier souffle.

On lui doit notamment : « La liste », « Un étrange voisin », « Machinations »…

Extraits :

Ce n’était pas écrit noir sur blanc ni de façon officielle, mais Maxime savait très bien que le fait qu’on lui ait « conseillé » de consulter était bien preuve que quelqu’un dans la hiérarchie en avait décidé ainsi et voulait s’assurer que l’adjoint Monceau se tienne tranquille et respecte ses engagements de gendarmes.

On rentrerait trop tard pour un dernier baiser, une dernière tendresse, et on se lèverait encore bien trop tôt pour espérer profiter des derniers instants de calme en famille. A croire qu’on était marié avec ce boulot, avec la gendarmerie. Pas étonnant que les flics baisent entre eux ; il n’y a bien qu’un autre flic pour supporter une vie pareille.

La gorge de son frère se serra. Les griffes froides de la culpabilité lacérèrent ses entrailles. Avait-il été lâche de tout quitter comme ça ? D’abandonner sa mère et sa sœur à leur propre sort ? Il était jeune, elle était majeure, qu’est-ce qu’il aurait bien pu faire d’autre ? Il n’en pouvait plus de cette vie qui les détruisait tous à petit feu. Maxime se repassa les mots du Dr Catarini. C’était leur père qui les avait enrôlé dans cet enfer alors qu’il avait à peine quatre ans, lui n’y était pour rien. Il était simplement victime, au même titre que sa mère et sa sœur.

Maxime avait horreur qu’on réduise la maîtrise de sa discipline à un vulgaire tour de passe-passe, mais il savait qu’Emma n’était pas de ceux qui dénigraient la synergologie, bien au contraire. Elle avait pour habitude de lui envoyer des piques dans des tentatives espiègles de le faire réagir. Il dissipa ses pensées en secouant la tête vigoureusement.

Lu en juillet 2021

« Pour tout te dire » de Gilly Macmillan

Voyage au pays du polar aujourd’hui avec le dernier livre de l’auteure dont j’ai bien aimé « La Nanny » :

Résumé de l’éditeur :

Pour tout te dire… tout le monde ment.

Le talent d’écrivaine de Lucy Harper lui a tout donné : la gloire, la fortune et des fans par millions. Il lui a aussi donné Dan, son mari jaloux dont la carrière d’écrivain est au point mort.

Un jour, Dan disparaît ; ce n’est pas la première fois qu’une personne disparaît dans la vie de Lucy. Trois décennies plus tôt, son petit frère Teddy s’est lui aussi volatilisé et n’a jamais été retrouvé. Lucy, seul témoin, n’a jamais dit la vérité sur cette soirée, au grand désarroi de ses parents. C’est à ce moment-là qu’elle a développé son talent de conteuse.

Mais aujourd’hui Lucy est une femme adulte qui ne peut plus se cacher derrière la fiction. Le monde entier la regarde, et sa vie est passée au peigne fin. Une vie faite d’histoires, certaines plus plausibles que d’autres. Aurait-elle pu blesser Teddy ? A-t-elle tué Dan ?

Lucy Harper devra enfin dire la vérité. Croix de bois, croix de fer, si elle ment, elle va en enfer.

Ce que j’en pense :

Lucy Harper, auteure de polars célèbre grâce à son inspectrice, Eliza Grey, vient d’achever son nouveau livre et l’envoie à son éditeur. Elle a décidé de supprimer Eliza pour écrire le livre qui lui tient à cœur.

Hélas, cela ne plaît pas à Max son éditeur ni, surtout, à son époux Dan, écrivain raté qui gère les finances du couple et vient d’acquérir une demeure sublime (à retaper) après avoir craqué pour une voiture de sport. Quand elle écrit, Lucy s’enferme dans son bureau, dans une petite maison de banlieue dans le cas présent pour trouver l’inspiration.

Dan lui a fait une surprise en achetant cette nouvelle demeure, sans lui en parler, mais elle est située tout près de la maison où Lucy a vécu enfant dans ce village où un drame s’est produit quand elle avait neuf ans. En effet, alors qu’elle l’avait emmené avec elle pour assister à la fête du solstice d’été, celui-ci a disparu et tous les soupçons se sont portés sur elle car elle n’a pas voulu dire la vérité. Elle l’avait laissé dans le bunker où elle aimait aller seule, et quand elle est revenue, il n’y avait plus personne.

Alors qu’elle commence à se poser des questions sur Dan, suspectant qu’il la trompe avec une femme qui habite maintenant juste à côté d’eux, voilà que celui-ci disparaît mystérieusement alors que l’on retrouve sa voiture incendiée.

Le suspense est bien entretenu, Dan est-il ou non un pervers narcissique ? Que cachait-il ? Pourquoi a-t-il acheté cette maison ? le tout surfant sur la vague des réseaux sociaux, des médias avides de sensations qui la traquent sans cesse.

Est-ce que Lucy est folle ? Elle « discute » sans arrêt avec Eliza depuis l’enfance, et on assiste parfois à des scènes troublantes, (dissociation? subterfuge?) … et elle en a fait l’héroïne de ses romans, un double d’elle-même…

Gilly Macmillan alterne l’époque actuelle et celle où Teddy a disparu, ce que j’aime, bien en général, mais je ne me suis pas attachée à Lucy, malgré sa tendance à masquer ses émotions pour ne pas donner prise aux autres personnes, notamment les policiers, sa personnalité est étrange, flirtant avec la maladie mentale. J’ai bien aimé Lucy, enfant, car elle a du caractère, reste dans sa position initiale « je ne sais pas ce qui est arrivé à Teddy », ne variant pas d’un iota malgré les ruses des policiers, les pressions diverses de l’entourage. L’adulte qu’elle est devenue est plus dérangeante.

Un polar où le suspense et la manipulation psychologique sont au rendez-vous, où l’auteure nous oriente sans cesse sur des nouvelles pistes, nous faisant suspecter tout le monde, donc une lecture sympathique mais qui m’a laissée sur ma faim. J’ai davantage apprécié son précédent roman, « La Nanny ».

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Les escales qui m’ont permis de découvrir ce roman et de retrouver la plume de son auteure.

#Pourtouttedire #NetGalleyFrance

7/10

Extraits :

Mon programme d’un livre par an me faisait parfois perdre la notion du temps, dont la dimension linéaire devenait pareille à un jeu de cartes susceptible d’être rebattu. Créer de la fiction ne me laissait pas d’espace mental pour mettre mes souvenirs en ordre. Je les voyais comme de hautes herbes que le vent pouvait coucher d’un côté ou de l’autre.

Ce n’était pas la première fois que je pleurais à la fin d’un livre. Chacun, à sa manière, m’avait vidée.

Je me demande aujourd’hui comment il est possible que je n’aie rien vu venir. Moi qui étais capable en un clin d’œil d’imaginer le mal à l’état pur et de le transcrire sur la page de façon à glacer mes lecteurs, comment ai-je pu glisser si facilement dans un sommeil bienheureux, les muscles des joues douloureux à force d’avoir souri ? C’est un peu embarrassant. Après tout, il ne faut pas être un génie pour savoir que toutes les surprises ne sont pas bonnes. Surtout quand on dissimule soi-même un secret.

Lu en juin 2021

« Une voisine encombrante » de Shari Lapena

Encore un intermède polar, aujourd’hui, avec ce livre :

Résumé de l’éditeur :

« Voici une lettre bien difficile à écrire. J’espère que vous ne nous maudirez pas trop. Mon fils s’est récemment introduit chez vous en votre absence. »

Aylesford, une banlieue new-yorkaise pleine de charme, offre à ses habitants une qualité de vie exceptionnelle. Pourtant un adolescent y a pris la mauvaise habitude d’entrer par effraction chez ses voisins et de fouiller dans leurs ordinateurs. Lorsque les victimes reçoivent une lettre anonyme à ce sujet, les rumeurs vont bon train et la suspicion monte. Qui est ce visiteur clandestin et où ce sale gamin est-il allé fourrer son nez ?

Quand la belle et séductrice Amanda Pierce est retrouvée morte au fond d’un lac de la région, la tension atteint son point de rupture…

Dans ce nouveau thriller électrisant, Shari Lapena revient à ce qu’elle sait faire de mieux : gratter la surface des apparences pour mettre au jour la part d’ombre en chacun de nous. Banlieue proprette, couples soudés, barbecues du dimanche… Méfiez-vous de tout le monde : l’assassin est parmi nous.

Ce que j’en pense :

Le roman s’ouvre sur la scène de crime : une femme est assassinée à coups de marteau sans que le tueur ressente le moindre scrupule… en gros, elle méritait d’être punie. On va suivre l’enquête sur quelques semaines, avec moult rebondissements.

Deux jours plus tard, un homme vient signaler à la police que son épouse, Amanda, n’est pas rentrée d’un week-end de shopping avec une amie. Tout le monde pense à un abandon du domicile conjugal, et d’un mari cocu, car l’amie en question dit qu’il n’a jamais été question de week-end ensemble.

Une quinzaine de jours plus tard, on retrouve par hasard la voiture d’Amanda est retrouvée dans un lac et la jeune femme est enfermée dans le coffre, morte.

En même temps, un adolescent, Raleigh Sharpe, reconnait avoir « visiter » des maisons la nuit, et visitant surtout leurs ordinateurs, et n’hésitant pas à envoyer des courriels bidons mais ravageurs à d’autres personnes. Sa mère, Olivia décide d’écrire une lettre d’excuse anonyme, bien sûr, et de la glisser dans les boites aux lettres des deux maisons que son fils lui a désignées dont l’une est celle de Pierce. Paul Sharpe préfère s’abstenir, mais consulter un avocat, en famille pour que son fils prenne conscience qu’il s’est comporté comme un délinquant.

On va se retrouver ainsi en milieu quasiment clos, puisque tout se passe dans une petite banlieue tranquille, Aylesford, où les voisins s’entendent bien, se connaissent tous, du moins le croient-ils, à part le couple Pierce, arrivés seulement depuis plusieurs mois, et une autre femme plus récemment encore qui n’arrive pas à se faire accepter et surveille tout le monde derrière ses rideaux.

Encore une histoire de meurtre entre voisins comme aime les écrire Shari Lapena. Il faut bien reconnaître qu’on se laisse prendre parle suspense, rien que pour voir jusqu’où elle va nous emmener. L’auteure décrit ses amitiés de longue date qui s’écroulent car elles étaient en fait très superficielles, revisite le mythe de la jalousie et de l’adultère, sous fond de manipulation.

J’ai passé un bon moment, certes, c’est vite lu mais je reste toujours perplexe devant la façon de vivre des Américains, leurs diners entre amis, la manière dont chacun pleure sur l’épaule l’autre, sur fond d’hypocrisie… Tant qu’à faire, je préfère m’encanailler à Wistéria Lane avec les « desperate housewives ».

On a au passage quelques réflexion d’actualité sur la difficulté à élever des ados à l’heure actuelle, le danger des réseaux sociaux, sur le « piratage » (il faut reconnaître que Raleigh est doué mais il devient addict, la décharge d’adrénaline qui accompagne ses visites nocturnes mettent un peu de piment dans sa vie, c’est toujours mieux que le fils des voisins qui passent ses nuits à boire.

J’ai hésité avant de choisir ce roman car je connaissais déjà Shari Lapena (« un assassin parmi nous » et « L’étranger dans la maison » et je craignais qu’elle ne surfe sur la vague du style « petit meurtre entre amis » et ce qui devait arriver arriva. Il faut reconnaître, toutefois, que l’auteure arrive à maintenir le suspense et ce roman se laisse lire sans gaspiller trop de neurones. Ceci dit, j’espère que je vais retrouver mon état normal d’attention et mes centres d’intérêt habituels en littérature, car je commence à m’inquiéter sérieusement…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Presse de la cité pour m’avoir permis de lire ce roman et de retrouver la plume de son auteure.

#Unevoisineencombrante #NetGalleyFrance

7/10

Extraits :

Comment peut-on enseigner quoi que ce soit aux enfants, de nos jours, avec tous les mauvais comportements qu’ils voient autour d’eux, aux infos, tout le temps, de la part de personnes en position d’autorité.

Ce n’était pas comme ça avant. Elles se retrouvaient autour de la pataugeoire, bavardes et rieuses, sereines à l’idée que leurs rejetons deviendraient beaux, intelligents et équilibrés. Les parents ont toujours une vision exagérément optimiste des talents et de l’avenir de leurs enfants quand ils sont tout petits, se dit-elle. C’est peut-être ce qui permet de tenir

Lu en mai 2021

« Bal tragique à Windsor » de S. J. Bennett

Je vous parle aujourd’hui de premier livre de la série « Sa Majesté mène l’enquête » que Babelio a eu la gentillesse de me proposer dans le cadre d’une opération « masse critique » spéciale :

Résumé de l’éditeur :

« Sa Majesté mène l’enquête » : une nouvelle série de cosy crimes dont l’héroïne est Elizabeth II, reine d’Angleterre.

Quand Miss Marple rencontre The Crown !

Windsor, printemps 2016. La reine Elizabeth II s’apprête à célébrer ses 90 ans et attend avec impatience la visite du couple Obama. Mais au lendemain d’une soirée dansante au château, un pianiste russe est découvert pendu dans le placard de sa chambre, quasiment nu. Shocking ! Quel scandale si la presse l’apprenait !


Lorsque les enquêteurs commencent à soupçonner son fidèle personnel d’être impliqué dans cette sordide affaire, Sa Majesté, persuadée qu’ils font fausse route, décide de prendre les choses en main. Mais être reine a ses inconvénients, et notamment celui de ne pas passer inaperçue. C’est donc Rozie Oshodi, sa secrétaire particulière adjointe, une brillante jeune femme d’origine nigériane, qui va l’aider à démêler ce sac de nœuds en toute discrétion… God save the Queen du cosy crime !

Ce que j’en pense :

Soirée de bal à Windsor, le château préféré de la reine Élizabeth. Un jeune pianiste russe de talent a été convié, à ce « dine-et-sleep », lequel s’est avéré aussi être un bon danseur, il a entraîné la reine dans un tango puis d’autres femmes ont dansé avec lui et leur manière de danser le tango était assez suggestive. Même l’archevêque a esquissé des pas de danse…

Stupeur, au petit-déjeuner du lendemain, on apprend qu’il a été retrouvé nu, une cravate nouée autour du coup et l’enquête s’oriente vers une asphyxie auto-érotique… Mais, rien n’est simple au pays de Sa Majesté : on ne tarde pas à constater que le nœud de cravate est étrangement noué, donc il a été assassiné.

Grand branlebas de combat ! on voit débarquer, un commissaire, le directeur du MI5 qui est obsédé par Poutine, et voit la main de Moscou derrière ce crime : la victime est russe, Vladimir aime bien trucider ceux qui lui déplaisent (parapluie bulgare, novitchok…) mais de là à oser agir dans un palais de la reine… étrange…

La reine n’est pas convaincue et va charger sa secrétaire particulière adjointe Rozie Oshodi qui vient juste de revenir du Nigéria pour un mariage. Elle-même est très occupée, son quatre-vingt-dixième anniversaire approche, de même que la visite du couple Obama…

Son entourage a souvent tendance à considérer la reine comme une vieille dame fragile, ce qui donne des scènes assez drôles surtout lorsqu’on veut lui faire un schéma pour être sûre qu’elle comprend bien de quoi on lui parle, alors qu’elle pianote sur allègrement sur son iPad…

Les échanges entre la reine et Philip sont assez savoureux, et je les ai d’autant plus appréciés qu’il a tiré sa révérence récemment. (Cf. Extraits)

Rosie Oshogi, est une femme très sympathique, à l’esprit aussi vif que le corps, malheur à qui tente de s’en approcher avec de mauvaises intentions… on imagine cette belle jeune femme d’origine nigériane, qui se déplace en tailleur, jupe étroite, perchée sur ses talons de 12 cm, et qui est par ailleurs une excellente cavalière…

J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture rafraîchissante, bien stylée, avec l’humour « so british », les coups de griffe de Philip à David Cameron… C’est le genre de roman qui se déguste comme une friandise, et qui fait du bien au moral, dans la grisaille quotidienne. C’est le premier opus de la série, et j’espère que la sortie en France du deuxième ne tardera pas car j’ai hâte de retrouver Rozie, qui je l’espère prendra davantage de place.

On sent que S. J. Bennett connait bien la famille royale, le protocole, le fonctionnement des différents services car elle a failli devenir secrétaire particulière adjointe de la reine.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Presse de la cité qui m’ont permis de découvrir cette série « soft polar » un peu dans le style des « Détectives du Yorkshire » mais avec un petit plus savoureux, car on visite les salles de réunion, la manière dont le château fonctionne… oui, je l’avoue j’ai un petit faible pour Sa Majesté (j’avais un gros faible pour Philip, c’était un bel homme à l’époque et il faut bien dire qu’il l’est resté longtemps, dans son bel uniforme ou en kilt…

De plus, ce livre est un bel objet : belle couverture, joli papier, avec un arbre généalogique de la famille royale, de 1837 à nos jours, dont je n’ai pas eu besoin car je les connais tous assez bien, mais qui apporte un petit plus aux jeunes générations qui auraient un peu oublié Édouard VIII dont l’histoire d’amour et le mariage avec Wallis Simpson ont fait la joie de tabloïds autrefois, ou   George V et George VI…

8/10

L’auteure :

Après avoir été consultante en stratégie, S. J. Bennett s’est lancée dans l’écriture de livres pour la jeunesse, puis de romans policiers.

Elle vit aujourd’hui à Londres. Par le passé, elle a elle-même failli devenir la secrétaire particulière adjointe de Sa Majesté. Autant dire qu’elle connaît son sujet !

Extraits :

Quand il la retrouva pour le café, après le déjeuner, Philip brûlait d’aborder le sujet.

  • Lilibet, vous a-t-on dit que l’homme était nu ?
  • Oui en effet, cela m’a été rapporté.
  • Pendu, comme un certain député conservateur. Il y a un nom pour cela. Comment dit-on, déjà ? Quelque chose auto-sexuel
  • Asphyxie auto-érotique, l’informa sombrement la reine qui venait d’effectuer une recherche Google sur son iPad.

Les chiens, eux, savaient. Comme Candy, ce matin. Les corgis avaient détesté Vladimir Poutine au premier regard et cherché à lui mordre les chevilles lors d’une visite officielle. Même le chien-guide d’un ministre aveugle s’était mis à aboyer. Les chiens ont un tel instinct…

Certes, la presse à scandale, avait publié un ou deux articles sur la nouvelle secrétaire « particulière » de la reine, sans oublier de mentionner son « physique exotique ». Et, dans les palais royaux, elle avait parfois droit à quelques airs étonnés ou à de petits excès de politesse.

La reine résout des énigmes criminelles. Je crois qu’elle a démêlé sa première affaire, vers l’âge de 12 ou 13 ans. Toute seule. Elle voit des choses que les autres ne voient pas – souvent parce qu’ils ont tous le regard rivé sur elle. Ses connaissances couvrent énormément de domaines. Elle a un œil de lynx, du flair pour déceler les mensonges et une mémoire fabuleuse. Son personnel devrait lui faire plus confiance.

Philip avait l’air de sortir tout droit d’un magazine. Elle n’avait jamais vu quiconque porter aussi bien l’uniforme ou le smoking. Quand ils s’étaient mariés, il était le meilleur parti d’Europe. Elle s’était sentie chanceuse à l’époque, et c’était toujours le cas aujourd’hui… même s’il était affreusement agaçant la moitié du temps.

Lu en mai 2021

« Le dard du scorpion » de Preston & Child

J’ai découvert ces deux auteurs, pour la première fois, il y a quelques mois avec « Tombes oubliées » et roman m’a tellement plu que j’ai foncé sur « Le dard du scorpion », c’était une évidence :

Résumé de l’éditeur :

Le corps étrangement momifié d’un homme est retrouvé dans une ville fantôme du Nouveau-Mexique. À son côté : une croix en or du XVIIe siècle datant de l’ère coloniale espagnole.

L’archéologue Nora Kelly et Corrie Swanson, jeune agente du FBI, doivent déterrer l’homme pour l’identifier, déterminer les causes de sa mort et rechercher un éventuel trésor enfoui…

Mais leur présence dérange et les morts s’accumulent… D’abord l’homme qui a découvert le cadavre. Puis un militaire… L’armée, justement, qui se livrait dans le secteur à des essais nucléaires, ne serait-elle pas responsable de la mort du chercheur d’or, dont le cadavre présente des traces de radioactivité ?

Et quid du supposé trésor ? Une fois encore, l’intervention d’Aloysius Pendergast pourrait lever le voile sur ce mystère…

Ce que j’en pense :

Un corps momifié a été découvert dans une ville fantôme du Nouveau-Mexique, et il s’agit de déterminer son identité, à quand remonte la mort et si le décès est de cause naturelle ou criminelle. Chose surprenante, on a découvert près de lui une croix en or sertie de pierres précieuses.

Corrie Swanson, agent du FBI, affectée à Albuquerque, un peu sur la touche depuis sa dernière enquête, est chargée par son supérieur, l’agent Morwood, de résoudre ce qu’on pourrait appeler un Cold Case (je préfère les mots français mais il faut reconnaître que c’est beaucoup plus joli et mystérieux en anglais, mais nos amis Canadiens vont sûrement trouver un terme adapté).

Le corps a été découvert par un délinquant, Pick Rivers, qui était occupé à déterrer des restes humains lorsqu’il a été surpris par le shérif Homère Watts, et appréhendé après un échange de coup de feu. Rivers reste muet comme une carpe pendant l’interrogatoire. Agissait-il de son propre chef ou travaillait-il pour quelqu’un ?

Corrie décide d’aller demander l’aide du professeur Nora Kelly, archéologue réputée, qui est en train de faire des fouilles sur un chantier important, avec son adjoint Adamsky. Nora rechigne car son chantier va prendre du retard et aussi parce que l’Institut a été « remanié », l’ancienne directrice ayant commis des « infractions ». Et voilà notre duo de « Tombes oubliées » qui se reforme, sans enthousiasme au départ.

Il s’avère que la croix date du XVIIe siècle et qu’elle a une très grande valeur (déjà, elle est alléchante sur la couverture du livre !) et l’enquête commence. Les agents du FBI se comportent de façon machiste, avec Corrie, avec des réflexions sexistes sur son travail autant que son jeune âge et sa morphologie.

Cette enquête va nous emmener dans cette ville fantôme, vidée de ses habitants, une fois que dans les mines l’or a commencé à se faire rare. Mais d’autres événements se sont produits au Nouveau-Mexique, tous les propriétaires de Ranches ont été priés de vider les lieux, leurs propriétés rachetés par l’État à des prix dérisoires pour en faire une base importante de l’armée. C’est là qu’a eu lieu Trinity, le premier essai nucléaire 16/07/1945 à 5 h 29 du matin.

Les auteurs nous emmènent aussi sur les colons espagnols, la christianisation, la construction d’églises sur les sites sacrés des Indiens, les Pueblos, la fièvre de l’or et la légende du trésor enfoui quelque part dans cette région. Mais, il est difficile de mener une enquête lorsque l’on a l’armée sur le dos, avec un général trop poli pour être honnête…

J’ai adoré retrouvé ce tandem Corrie-Nora et découvrir le Nouveau-Mexique et son histoire, les zones d’accès difficile,malgré jeep et autre 4 x 4, les méfaits de la colonisation les massacres commis au nom de Dieu, et cette fièvre de l’or qui s’empare des Blancs, les poussant à faire n’importe quoi pour s’enrichir.

Le roman démarre lentement, on ne sait pas trop bien où l’on va car les auteurs tiennent à nous maintenir en haleine, et à nous faire réfléchir également, mais progressivement le rythme s’accélère et il m’est devenu impossible de le lâcher. Je lui dois une nuit peu reposante car je voulais absolument le terminer !

Je dois reconnaître au passage, que je connais l’Histoire des USA certes, mais je n’ai jamais eu tellement envie de l’approfondir, pour moi les Américains ont sur les mains le sang des Amérindiens et leur côté gendarme du monde me tape sur le système, alors j’ai appris des choses et j’ai envie d’approfondir bien sûr. J’aime ces lectures qui font passer un bon moment et qui me donnent envie d’en savoir plus.

Je trouve géniale, l’idée d’associer une « agente » du FBI et une archéologue pour résoudre une enquête, car cela permet de sortir des sentiers battus, et les vieilles pierres et les fouilles m’ont toujours passionnée, c’est un métier qui m’aurait plu, en dehors des clichés véhiculés par les séries TV… explorer spectromètre de masse dans une main microscope électronique de l’autre, un fragment de cheveu (pour ne pas dire autre chose) qui se trouvait là comme par hasard c’est sympathique aussi, mais cela prend beaucoup plus de temps que dans « Les experts » qu’ils soient de Miami Manhattan ou autre… Donc, je n’aurais pas la patience …

Une anecdote drôle au passage : l’origine du mot Scotch

« A l’époque de la mise au point de ce produit, seuls les bords étaient adhésifs. Un plaisantin a remarqué que cette radinerie était digne des Écossais, conformément à un stéréotype courant, et le nom Scotch est resté. »

Depuis quelques années, je m’intéresse de plus près à la littérature américaine que j’avais un peu snobée pour les mêmes raisons, alors je rattrape le temps perdu, d’où le puits sans fond qu’est devenue ma PAL.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions l’archipel qui ont accepté de me confier ce roman dont j’ai retrouvé les auteurs avec infiniment de plaisir. J’attends de pied ferme la prochaine enquête de ce duo et j’ai également envie de lire les autres livres du duo Preston-Child, et faire la connaissance de l’inspecteur Aloysius Pendergast..

#LEDARDDUSCORPION #NetGalleyFrance

9/10

Les auteurs :

Depuis Relic (1995), Preston & Child forment le duo le plus réputé dans l’univers du suspense. Ensemble, ils ont signé une trentaine de romans, dont 19 mettent en scène l’inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI, le Sherlock Holmes des temps modernes.

En langue française, leurs romans, tous parus aux éditions de l’Archipel, dont le dernier Rivière maudite, se sont vendus à plus de 1,5 million d’exemplaires. « Preston & Child renouent avec la veine de leurs premiers romans, Relic et Le Grenier des enfers. » Publishers Weekly.

Extraits :

Enfin, aux environs de 11 h 30 du matin, elles découvrir High Lonesome depuis une crête. Nora avait vu un certain nombre de villes fantômes au cours de sa carrière,mais aucune n’était à la hauteur de celle-ci et ses regrets de participer à un tel périple s’évaporèrent instantanément.

C’est la raison pour laquelle j’aime autant le Nouveau-Mexique. Cet état regorge de trésors insoupçonnés. Vous avez de la chance d’avoir atterri au bureau d’Albuquerque.

Le Nouveau Mexique a été colonisé en 1598 par le conquistador Don Juan de Onate. Un certaine nombre d’Européens l’accompagnaient, parmi lesquels des moines qui ont entrepris de convertir au christianisme les populations pueblos nouvellement conquises. Ces religieux ont érigé un certain nombre de missions et les ont dotées d’objets sacrés tels que des croix, des cloches, des calices ou des statues de la Vierge…

En 1860 a eu lieu un soulèvement indien au cours duquel quatre cents colons et plusieurs dizaines de prêtres ont trouvé la mort, le reste des populations espagnoles locales ayant été chassées.

Tous les individus qui avaient été baptisés ont été lavés rituellement et les mariages prononcés par les prêtres ont été dissous, ce qui explique la rareté des objets ayant survécu à ces destructions, surtout lorsqu’ils étaient en or.

A la suite de la conquête, les Pueblos considéraient l’or comme un métal maudit au prétexte qu’il plongeait les Espagnols dans la folie. Ils le voyaient comme la cause essentielle de leur servitude au fond des mines…

Je viens de vous dire qu’il n’existait pas de bombe atomique à l’époque, mais c’est faux. Il y en avait une. La toute première, expérimentée ici-même au Nouveau Mexique, dans une région désertique au sud de High Lonesome. Corrie, regardez sur votre iPad à quelle date a eu lieu Trinity, le premier essai nucléaire.

Lu en avril 2021