« La Nuit des anges » d’Anna Tommasi

Continuons dans les chroniques version light comme un soda célèbre, avec ce premier roman :

Résumé de l’éditeur :

Alice, jeune mère divorcée, décide après dix ans d’absence de revenir à Perros Guirec, la ville de son enfance. Elle espère en profiter pour retrouver sa famille, des paysages familiers, et laisser derrière elle un passé douloureux. Mais dans ce coin de Bretagne chargé de souvenirs, l’angoisse s’installe rapidement : ses parents sont devenus des étrangers, son amour de jeunesse est obsédé par l’enlèvement de sa sœur, qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt, et les visages jadis connus ne sont plus que des fantômes. Bientôt, c’est toute la ville qui est secouée d’un vent de panique avec la disparition d’une fillette. Le début du cauchemar pour Alice, embarquée malgré elle dans une enquête à double vitesse, entre le passé et le présent…


Dans ce premier roman au rythme effréné, Anna Tommasi joue habilement avec le malaise, la perte de repères et le poison des secrets enfouis. Un thriller maîtrisé de bout en bout, impossible à lâcher !

Ce que j’en pense :

Alice revient dans sa Bretagne natale, après avoir reçu un courriel lui annonçant la mort d’un proche, victime d’un accident de moto. Sur place elle doit affronter le passé, la disparition de sa copine d’école Victoire, vingt-cinq ans auparavant. Et voilà qu’une autre petite fille disparaît de la même manière….

Ressenti un peu mitigé en refermant ce roman qui marie le thriller façon cold case et les secrets de famille, pour le moins toxique.

Le côté « thriller » sert davantage de toile de fond pour étudier les liens toxiques dans la famille d’Alice, la difficulté de revenir sur les lieux de l’enfance, surtout lorsqu’ils sont chargés d’émotion, étant donné qu’elle doit affronter à nouveau la disparition de celle qui était son amie.

Comment renouer avec ses parents quand on a pris depuis longtemps ses distances, même quand le mariage d’Alice vient de voler en éclats ? Comment un couple résiste-t-il à la naissance d’un enfant autiste ? Comment se remet-on de la disparition d’une amie, Victoire, de l’éloignement d’un amour d’adolescence, Teddy, jugé pas assez bien pour la famille d’Alice, et qui est en plus le frère de la petite fille disparue devenu policier, cherchant à tout prix à résoudre l’enquête…

J’ai beaucoup apprécié la relation entre Alice et son fils, très bien étudiée tout au long du roman, celle avec ses parents un peu moins car trop prévisible. Pour un premier roman, c’est même plutôt prometteur, car l’auteure parvient très bien à faire monter le suspense, l’ambiance glauque, oppressante prenant le pas sur l’intrigue policière. Je retiens surtout l’aspect psychosociologique des relations parents enfants et la difficulté de se faire une place dans une famille où le couple est fusionnel….   

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Préludes qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteure.

#LaNuitdesanges #NetGalleyFrance !

7/10

Extraits :

Cinquante mots. Il aura fallu un message de cinquante mots et l’enterrement d’un vieil ami pour que je me décide à rentrer à Perros-Guirec après des années d’absence.

Officiellement, je n’ai pas d’excuse, en dehors d’un fils autiste qu’il me semblait toujours compliqué de sortir de son environnement familier. Officieusement, j’ai déjà une boule d’angoisse qui me plombe le ventre, et elle n’a rien à voir avec Lucas…

Saint Guirec possède selon es légendes locales deux pouvoirs : celui d’exaucer les vœux de mariage des jeunes filles célibataires, et celui d’aider les jeunes enfants qui viennent baiser ses pieds taillés dans la roche à marcher tôt…

Lu en mai 2022