Publié dans Littérature canadienne, Polars

« Une voisine encombrante » de Shari Lapena

Encore un intermède polar, aujourd’hui, avec ce livre :

Résumé de l’éditeur :

« Voici une lettre bien difficile à écrire. J’espère que vous ne nous maudirez pas trop. Mon fils s’est récemment introduit chez vous en votre absence. »

Aylesford, une banlieue new-yorkaise pleine de charme, offre à ses habitants une qualité de vie exceptionnelle. Pourtant un adolescent y a pris la mauvaise habitude d’entrer par effraction chez ses voisins et de fouiller dans leurs ordinateurs. Lorsque les victimes reçoivent une lettre anonyme à ce sujet, les rumeurs vont bon train et la suspicion monte. Qui est ce visiteur clandestin et où ce sale gamin est-il allé fourrer son nez ?

Quand la belle et séductrice Amanda Pierce est retrouvée morte au fond d’un lac de la région, la tension atteint son point de rupture…

Dans ce nouveau thriller électrisant, Shari Lapena revient à ce qu’elle sait faire de mieux : gratter la surface des apparences pour mettre au jour la part d’ombre en chacun de nous. Banlieue proprette, couples soudés, barbecues du dimanche… Méfiez-vous de tout le monde : l’assassin est parmi nous.

Ce que j’en pense :

Le roman s’ouvre sur la scène de crime : une femme est assassinée à coups de marteau sans que le tueur ressente le moindre scrupule… en gros, elle méritait d’être punie. On va suivre l’enquête sur quelques semaines, avec moult rebondissements.

Deux jours plus tard, un homme vient signaler à la police que son épouse, Amanda, n’est pas rentrée d’un week-end de shopping avec une amie. Tout le monde pense à un abandon du domicile conjugal, et d’un mari cocu, car l’amie en question dit qu’il n’a jamais été question de week-end ensemble.

Une quinzaine de jours plus tard, on retrouve par hasard la voiture d’Amanda est retrouvée dans un lac et la jeune femme est enfermée dans le coffre, morte.

En même temps, un adolescent, Raleigh Sharpe, reconnait avoir « visiter » des maisons la nuit, et visitant surtout leurs ordinateurs, et n’hésitant pas à envoyer des courriels bidons mais ravageurs à d’autres personnes. Sa mère, Olivia décide d’écrire une lettre d’excuse anonyme, bien sûr, et de la glisser dans les boites aux lettres des deux maisons que son fils lui a désignées dont l’une est celle de Pierce. Paul Sharpe préfère s’abstenir, mais consulter un avocat, en famille pour que son fils prenne conscience qu’il s’est comporté comme un délinquant.

On va se retrouver ainsi en milieu quasiment clos, puisque tout se passe dans une petite banlieue tranquille, Aylesford, où les voisins s’entendent bien, se connaissent tous, du moins le croient-ils, à part le couple Pierce, arrivés seulement depuis plusieurs mois, et une autre femme plus récemment encore qui n’arrive pas à se faire accepter et surveille tout le monde derrière ses rideaux.

Encore une histoire de meurtre entre voisins comme aime les écrire Shari Lapena. Il faut bien reconnaître qu’on se laisse prendre parle suspense, rien que pour voir jusqu’où elle va nous emmener. L’auteure décrit ses amitiés de longue date qui s’écroulent car elles étaient en fait très superficielles, revisite le mythe de la jalousie et de l’adultère, sous fond de manipulation.

J’ai passé un bon moment, certes, c’est vite lu mais je reste toujours perplexe devant la façon de vivre des Américains, leurs diners entre amis, la manière dont chacun pleure sur l’épaule l’autre, sur fond d’hypocrisie… Tant qu’à faire, je préfère m’encanailler à Wistéria Lane avec les « desperate housewives ».

On a au passage quelques réflexion d’actualité sur la difficulté à élever des ados à l’heure actuelle, le danger des réseaux sociaux, sur le « piratage » (il faut reconnaître que Raleigh est doué mais il devient addict, la décharge d’adrénaline qui accompagne ses visites nocturnes mettent un peu de piment dans sa vie, c’est toujours mieux que le fils des voisins qui passent ses nuits à boire.

J’ai hésité avant de choisir ce roman car je connaissais déjà Shari Lapena (« un assassin parmi nous » et « L’étranger dans la maison » et je craignais qu’elle ne surfe sur la vague du style « petit meurtre entre amis » et ce qui devait arriver arriva. Il faut reconnaître, toutefois, que l’auteure arrive à maintenir le suspense et ce roman se laisse lire sans gaspiller trop de neurones. Ceci dit, j’espère que je vais retrouver mon état normal d’attention et mes centres d’intérêt habituels en littérature, car je commence à m’inquiéter sérieusement…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Presse de la cité pour m’avoir permis de lire ce roman et de retrouver la plume de son auteure.

#Unevoisineencombrante #NetGalleyFrance

7/10

Extraits :

Comment peut-on enseigner quoi que ce soit aux enfants, de nos jours, avec tous les mauvais comportements qu’ils voient autour d’eux, aux infos, tout le temps, de la part de personnes en position d’autorité.

Ce n’était pas comme ça avant. Elles se retrouvaient autour de la pataugeoire, bavardes et rieuses, sereines à l’idée que leurs rejetons deviendraient beaux, intelligents et équilibrés. Les parents ont toujours une vision exagérément optimiste des talents et de l’avenir de leurs enfants quand ils sont tout petits, se dit-elle. C’est peut-être ce qui permet de tenir

Lu en mai 2021

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

18 commentaires sur « « Une voisine encombrante » de Shari Lapena »

    1. finalement cela m’a fait du bien de sortie de mes choix habituels sans me culpabiliser surtout
      le plus étrange avec cette auteure, c’est que je suis sûre que je me laisserai tenter par le prochain 🙂

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  1. Pareil, mes neurones ne risquent rien actuellement, avec Liane Moriarty, mais c’est tellement agréable (et je lis en parallèle avec un récit de randonnée pédestre en Écosse, mes neurones jubilent) Lire deux livres, c’est la solution!
    J’ai passé mon ordi à un truc – cleaning déjà dans l’ordi, y a t-il une différence? ^_^

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    1. Je n’ai lu qu’un seul roman « Le secret du mari » de Moriarty qui m’avait laissé sur ma faim, je vais en tenter un autre qui semble-il serait meilleur: « Un peu, beaucoup passionnément » ? il me semble!
      il n’y a plus de problème avec ton blog, aujourd’hui, mon antivirus est resté muet donc nettoyage efficace 🙂

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  2. Bon, je passe allègrement ! Peut-être qu’il faudrait signaler aux académies de médecine qu’un symptôme du Covid long asymptomatique serait peut-être l’attrait durable pour la lecture de polars …😉 En tout cas, pour moi pas de différence entre les littératures …. mais ça j’ai déjà dû le dire !

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    1. je pense être atteinte du syndrome de la cabane (cabane, c’est moche je préfère ma grotte!)
      donc peut-être est-ce un symptôme 🙂
      le comble avec Shari Lapena c’est que je me laisserai tenter par le prochain, rien que pour voir ce qu’elle peut encore trouver chez les voisins en plus cela me permet de « moquer » gentiment des Américains 🙂

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  3. Je fais comme toi, je me détends avec des lectures faciles (sauf celle que je présente aujourd’hui) et j’ai bien peur que ce soit comme cela tout l’été vu le planning que mes fils m’ont fait, mais qu’importe, j’essaie de profiter de l’instant…et après tout il n’y a pas de mal à se faire du bien et à oublier un peu tous les tracas du quotidien et l’année que nous venons tous de passer. Merci pour ta présentation, je n’ai encore rien lu de cet auteur

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    1. en ce moment je me soigne et ce genre de lecture facile me fait du bien.J’ai fait d’énormes progrès: je ne me culpabilise plus…
      ceci dit, je lis d’autres livres en même temps (en ce moment j’en ai 4 en alternance et finalement cela me fait du bien.
      Je viens de terminer « Hamnet » de Maggie O’Farrell :avec un retour au siècle de Shakespeare j’ai adoré comme d’habitude 🙂

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    1. c’est cela le comble, j’ai quand même du plaisir à lire ses livres et la curiosité de découvrir ce qu’elle peut encore imaginer parmi les voisins.. Je suis quasi certaine de lire le prochain, tout en me disant « t’es nunuche quand même »

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    1. c’est celui que j’ai préféré, mais chose étrange je ne résiste pas et comme je l’ai dit, je suis quasi sûre de lire le prochain elle a quelque chose qui fait qu’on ne lâche plus le livre quand on l’a commencé 🙂

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    1. elle parvient très bien à créer une intrigue qui se passe dans un milieu restreint, et mis à part les cancans entre voisins parfois trop caricaturaux (ou reflet des familles américaines?) on se laisse prendre…
      Le pire c’est que je suis pratiquement sûre de me laisser tenter par le prochain car agréable à lire 🙂

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    1. en relisant mes chroniques sur les romans précédents je me rend compte que le plaisir est là chaque fois!
      elle occupe une place dans le milieu polar, car elle ne ressemble à aucun autre auteur, pas trop de violence, aspect psychologique essentiellement…

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