Publié dans Littérature contemporaine, Littérature française

« La librairie de la place aux herbes »: Eric de Kermel

Je vous parle aujourd’hui d’un livre choisi parmi les « nouveautés » de la médiathèque, pour son titre et sa jolie couverture.

 La librairie de la place aux herbes de Eric de Kermel

 

Quatrième de couverture

La librairie de la place aux Herbes à Uzès est à vendre ! Nathalie saisit l’occasion de changer de vie et de réaliser son rêve. Devenue passeuse de livres, elle raconte les histoires de ses clients en même temps que la sienne et partage ses coups de cœur littéraires.

Elle se fait tour à tour confidente, guide, médiatrice… De Chloé, la jeune fille qui prend son envol, à Bastien, parti à la recherche de son père, en passant par Tarik, le soldat rescapé que la guerre a meurtri, et tant d’autres encore, tous vont trouver des réponses à leurs questions.

Laissez-vous emporter par ces histoires tendres, drôles ou tragiques qui souvent résument les nôtres.

Quand les livres respirent et aident à mieux vivre.

Ce que j’en pense

La quatrième de couverture révèle beaucoup de choses donc je passe directement à mon ressenti.

Tout d’abord, j’ai aimé la façon dont elle parle d’Uzès, nous donnant immédiatement l’envie de tout plaquer pour aller y vivre, tant l’hommage qu’elle lui rend est puissant.

Ce livre est sympathique et joue un rôle de doudou car, au fil des histoires, l’auteur nous parle également de nous. On retrouve des thèmes autour de la nature, de l’écologie, du mal-être, du stress post-traumatique, des ruptures familiales, de la maladie, la vie et la mort, du couple…

On retrouve aussi des conseils pour mieux aborder la vie: l’importance de vivre l’instant présent, les idées  de Pierre Rabhi, ou autre spécialiste du développement personnel ou d’une approche plus philosophique de la vie…

Au passage, on note un joli paragraphe à propos de l’incipit, qui est souvent une façon émouvante, d’entrer en contact avec l’auteur autant qu’avec le livre lui-même :

« L’incipit kiss, c’est le premier baiser… Salé, sucré, doux, amer, mou, fougueux, révolté, arraché, volé, frappé, caressé, sensuel, exotique, glacial, emmitouflé, vif… » P 43

J’ai apprécié la façon dont Nathalie, l’héroïne libraire, nous parle des livres et trouve toujours le (ou les) bon livre adapté à la bonne personne dans une situation particulière et j’ai retrouvé dans la liste des ouvrages qu’elle évoque des titres et des auteurs que j’ai lu ou prévu de lire. J’ai aimé flâner dans les rayons de sa librairie.

Seulement, à la longue, elle m’a un peu irritée avec son côté « maternel » ou infirmière, comme on veut, précisément quand elle se permet de dire à son amie d’arrêter ses anti-dépresseurs !

OK la lecture soigne mais attention à ne pas se prendre pour Dieu le père !

Cela passe plus facilement car elle mêle son histoire personnelle avec celle de ses clients, donc montre qu’elle aussi peut être vulnérable, qu’elle a aussi des problèmes avec ses enfants notamment sa fille (ah cette fameuse adolescence prolongée !).

L’auteur consacre chaque chapitre à un client différent, à une rencontre différente, et il a pris soin de les illustrer de beaux dessins, ce qui fait de ce livre un doudou…

A noter une jolie préface d’Erik Orsenna.

Extraits

Résister, c’est souvent étouffer sa sensibilité, s’endurcir, jusqu’au jour où l’armure craque. P 5

Le terme « roman fleuve » est parfois employé de façon péjorative, or, un fleuve, c’est d’abord une somme de ruisseaux, torrents, rivières qui charrient des dizaines de milliards de particules organiques et minérales pour rejoindre la mer. P 19

Lorsque nous croisons la trajectoire d’un livre, c’est que nous avons rendez-vous. Qu’il était temps que la rencontre ait lieu. Quand nous parlons d’un livre, ce n’est pas seulement de ce que nous avons lu que nous parlons mais de nous-mêmes. P 34

J’aime le monde animal. Comme le dit Rilke, l’animal vit dans un monde ouvert. Son élan vital n’est pas limité par l’idée de mort dont il n’a pas conscience. Il vit simplement, sans le grand gouffre ténébreux d’en face qui obnubile bon nombre de nos contemporains et m’a obsédée aussi. P 52

« Sois fort » est une injonction qui parfois, lorsque la vie avance, transforme les hommes en des scarabées au pas lent, ployant sous le poids d’une carapace jamais ôtée. P 60

Peut-être un jour inventerons-nous un mot qui signifiera que la vie et la mort sont les deux composantes d’une même histoire. Une histoire linéaire autant que circulaire, où l’une et l’autre dialoguent dans une ronde éternelle. P 61

Quand on naît à l’Étranger, on intègre rapidement que celui qui est différent, c’est soi-même… P 67

Ralentir est le début du mouvement. Habiter le temps plutôt que lui courir après. Être à chaque chose pleinement plutôt qu’à de nombreuses incomplètement. P 77

Vouloir tout comprendre traduit aussi une volonté de tout maîtriser, une angoisse de l’inconnu, une volonté de puissance qui laisse bien peu de place à la dimension spirituelle, au mystère, à ce qui vient parce qu’il vient. P 131

Donner sa chance à la joie, c’est trouver les lieux, les temps et les gens avec qui elle peut naître, mais aussi la reconnaître au milieu du reste. Alors, il est possible de la nourrir, de l’entretenir, de la faire grandir et de la partager. P 165

 

Lu en juin 2017

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6 commentaires sur « « La librairie de la place aux herbes »: Eric de Kermel »

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