« Gagner n’est pas jouer »: Harlan Coben

Intermède thriller, aujourd’hui ! j’avais promis de rédiger ma chronique sur « Le chef-d’œuvre inconnu » d’Honoré de Balzac, mais je devais absolument rendre ce livre à la bibliothèque :

Quatrième de couverture :

Un vieil homme sauvagement assassiné à New-York. A ses côtés, une toile de maître et une valise portant l’inscription WHL III.

WINDSOR HORNE LOCKWOOD III.

Win. Un privé aux méthodes très spéciales, héritier d’une influente famille américaine.

Quel lien entre ce crime abject et les Lockwood ? Le passé remonte à la surface.

Une jeune fille séquestrée dans la « cabane des horreurs ».

Un groupe d’ados illuminés devenus terroristes.

Une spirale de colère, de haine, de vengeance, que rien ne semble pouvoir arrêter.

L’heure est venue pour Win de faire justice lui-même.

LA MORT EST UN JEU DANGEREUX…

POUR GAGNER, TOUS LES COUPS SONT PERMIS.

Ce que j’en pense :

L’histoire commence par une scène épique : Win après avoir assister à un match dans lequel son équipe s’illustre suit à la trace un individu qu’il a repéré (en fait il n’a assisté au match que pour cela) et lui inflige une correction en règle.

On apprend ensuite que Win, alias Windsor Horne Lockwood, troisième du nom, héritier d’une famille richissime et très en vue, est un privé, ayant autrefois appartenu au FBI, dont les méthodes laissent grandement à désirer. En arrivant à ses bureaux, qu’il partage avec une avocate en vie Saddie, il apprend que l’homme qu’il a copieusement agressé est un psychopathe, pervers narcissique, violent avec les femmes. Or une de ses victimes avait enfin accepté de témoigner, d’où la rage de Saddie qui espérait un procès en bon et due forme… En fait Win savait très bien ce qu’il faisait, car il était persuadé que l’homme ne serait jamais condamné…

Au même moment, il apprend qu’un homme vient d’être retrouvé assassiné dans son appartement, où règne un désordre indescriptible (Diogène, sors ton trou, euh de ton tonneau) : seule la chambre, scène de crime est très bien rangée et au mur trône un tableau dérobé à la famille de Win trente auparavant ainsi qu’une valise de luxe aux « armoiries » de la famille… il s’agit de Ry Strauss.

Le décor est planté, l’enquête va démarrer sur les chapeaux de roues, car la victime est un truand, membre du groupe des six, jeunes gens « révolutionnaires » qui avaient fait exploses une bombe artisanale trente ans auparavant aussi. A la même époque, Aldrich Lockwood, l’oncle de Win avait été assassiné à son domicile et Patricia, sa fille enlevée et séquestrée dans la « cabane des horreurs » où plusieurs jeunes filles avaient été torturées à mort. Miraculeusement, elle s’en était sortie et avait créé une association pour aider les femmes victimes de violence.

L’enquête est passionnante, et Win est sympathique malgré ses méthodes rudes et sa tendance à sortir ses poings, et de ce fait, on espère toujours qu’il va s’en sortir (un peu à la manière de ce cher Dexter, tueur en série, justicier autoproclamé qui punit les criminels ayant échappé à la justice !).

L’enquête est pleine de rebondissements, la richissime famille étant loin d’être exemplaire et comme toujours, avec un roman d’Harlan Coben, une fois bien entrée dans l’histoire, j’ai lu ce thriller en apnée, car la lecture devient rapidement addictive, par le rythme de l’enquête comme l’écriture. C’est seulement le troisième livre (je dois en lire un tous les trois ans environ) de l’auteur que je lis et c’est toujours un plaisir.  

8/10

L’auteur :

Né en 1967, Harlan Coben vit dans le New-Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques de Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès la publication de ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public.

Depuis « Ne le dis à personne » (2002) récompensé du Grand Prix des Lectrices de ELLE et adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet, Belfond a publié 22 romans de Harlan Coben

Extraits :

Tous les amoureux super-attentionnés ne sont pas des psychopathes, mais tous les psychopathes sont des amoureux super-attentionnés.

Le travail ne l’intéresse pas… Pourquoi travaillerait-il alors que rien ne l’y oblige ? Il pratique la bienfaisance comme la plupart des gens riches, donnant suffisamment pour paraître généreux, mais sans que cela implique le moindre sacrifice. Il est très attaché aux apparences et à la réputation…

… C’est le syndrome de tous ceux qui héritent d’une très grande fortune : au fond d’eux-mêmes ils savent qu’ils n’ont rien fait pour la mériter, que c’était juste une question de chance, et pourtant, ils doivent bien avoir quelque chose de plus que les autres, non ?

Nous sommes tous très forts pour nous trouver des excuses. Nous réécrivons l’histoire pour nous rendre plus aimables. Vous aussi, d’ailleurs. Si vous lisez ces lignes, c’est que vous faites partie des privilégiés, c’est sûr et certain. Le luxe dans lequel vous vivez, la plupart des hommes depuis l’aube de l’humanité n’auraient même pas osé l’imaginer.

Longtemps, on a mis en avant le concept de « nous sommes tous égaux », que les Américains ont brillamment promu au cours de leur honorable histoire, mais il faut se rendre à l’évidence : c’est l’argent qui fait pencher la balance. L’argent, c’est le pouvoir. Nous ne sommes pas dans un roman de John Grisham : en réalité, l’individu lambda ne peut pas tenir tête au système…

Lu en janvier 2022

16 réflexions sur “« Gagner n’est pas jouer »: Harlan Coben

    1. c’est pour cela que j’en lis seulement un de temps en temps il n’y a pas d’accoutumance ou de lassitude. En général, l’enthousiasme baisse assez rapidement sauf avec Thilliez, pour le moment… J’ai eu une période Cornwell autrefois, Minier, ou Elizabeth George, c’est par vagues 🙂

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    1. c’est seulement la 3efois que je tente l’expérience (j’ai bien aimé « Ne le dis à personne » ) donc il m’a apporté un peu de légèreté entre 2 lectures plus complexes (j’allais dire plus sérieuses! )

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  1. Je ne connais pas celui-ci et d’ailleurs c’est un auteur que je me suis promis de lire plus souvent, ma belle-fille est fan et elle en a plusieurs dans sa bibliothèque, il faudra que je lui en emprunte à l’occasion 🙂 Merci pour ta présentation, lire un thriller ça détend aussi et finalement les chroniques sont plus faciles à rédiger …

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    1. ce livre a fait office de soupape de sécurité, entre 2 pavés 🙂
      en plus, tu as raison, c’est plus facile de rédiger une critique avec un polar,et il y a moins de citations…
      Il m’a bien plu car Win est doué mais quand même tordu dans ses méthodes 🙂

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    1. dans ce roman on a un héros vraiment « limite » qui flirte avec la légalité, une enquête passionnante avec des connections dans le passé de la famille, donc des secrets et un contexte qui colle bien à l’époque violence dans le couple…
      Ce mélange m’a beaucoup plu et je n’ai pas l’effet lassitude car je découvre l’auteur en douceur 🙂

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