Publié dans Littérature française, Littérature jeunesse

« Entre pétales et épines de rose » de Lucie Farigoul

Je vous parle aujourd’hui d’un livre sur l’adolescence (plutôt que livre pour ados) que j’ai choisi pour sa belle couverture et en pensant faire une pause après des lectures superbes mais dures émotionnellement et cela a été moins simple que prévu :

Résumé de l’éditeur :

Maëlle est une jeune fille pétillante de 17 ans qui a tout pour être heureuse : une famille unie, un groupe d’amis formidable, un petit copain attentionné… Mais l’adolescence n’est pas une période facile et tout finit par basculer dans sa vie amicale, amoureuse, familiale… Comment l’adolescente va-t-elle réagir à cela ? Va-t-elle traverser les épreuves avec le sourire, comme elle le faisait auparavant ? Sera-t-elle toujours aussi sûre que la vie est belle ?

Ce que j’en pense :

Tout va bien pour Maëlle ; elle a dix-sept ans, une famille heureuse et équilibrée : ses parents, Laurent et Caroline, travaillent, elle a deux frères plus jeunes Thomas et Gauthier, et une petite sœur, Agathe, est venue se rajouter à la famille des années plus tard.

Elle a un groupe d’amis solide : Romain, Florian, Camille et Charlotte, soudés depuis longtemps, on les a d’ailleurs surnommés « le club des cinq » …

Tout roule donc, en apparence du moins. A la rentrée scolaire, Maëlle n’est pas dans la même classe que la bande, et peu à peu, s’isole, sans que les autres s’en aperçoivent. Elle interprète parfois de travers et surtout elle est très déstabilisée par les attentats du Bataclan.

Cette ado, toujours joyeuse, dans l’empathie en permanence, (trop) se referme sur elle, revoit les JT en permanence, fait des recherches sur l’identité des personnes qui ont trouvé la mort. Cela tourne peu à peu à l’obsession, elle ne retient plus que ce qui est négatif, se pose des questions sur la vie, la mort, la spirale infernale se met en marche.

Pour compléter le tout son père a un malaise cardiaque et elle veut continuer à protéger ses frères et sœur, accrochant au mieux un sourire de circonstance sur ses lèvres.

J’ai trouvé cette adolescente très touchante, sur laquelle tout le monde se reposait, y compris ces parents qui n’ont rien vu ou voulu voir à part les résultats scolaires qui devenaient catastrophiques, le bac étant au bout.

Lucie Farigoul décrit très bien le passage difficile de l’adolescence, les ravages que tous les attentats ont pu causer sur une personnalité fragilisée, sur laquelle reposaient des choses qui incombaient plus aux parents (elle s’occupe de la petite sœur comme une mère, surveille les petits-frères…). Elle décrit aussi la place de l’information dans la vie de tous les jours, JT, Internet… Tout ceci est anxiogène et peut entraîner une culpabilité à être heureux, à être survivant quand d’autres sont morts.

Maëlle sait qu’elle ne sera plus jamais la même, après ce qui lui est arrivé, et que cela aura des conséquences, elle aura appris.

J’ai beaucoup aimé ce roman pour ados qui s’adresse aussi aux adultes, et même s’il commence un peu trop en romance, à mon goût, l’auteure affine de plus en plus sa « démonstration » et fait réfléchir.

Un grand merci à NetGalley et aux Editions Plumes de Marmotte qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteure.

#Entrepétalesetépinesderose #NetGalleyFrance

❤️ ❤️ ❤️ ❤️

L’auteure :

Lucie Farigoul est diplômée à l’Académie ESJ (École supérieure de journalisme) Lille (2016-2019).

En 2017, elle publie son premier roman « À jamais dans mon cœur », un livre où l’amour filial et la passion pour les chevaux sont omniprésents. Lauréat de Haute-Normandie au Prix de l’Auteur Sans Piston 2018 (organisé par Edilivre).

Extraits :

Ils partaient tous du principe qu’un ami devait nous faire voir les choses en face, même si cela ne faisait pas toujours plaisir. Un ami était présent pour nous faire voir les bons côtés de nous-mêmes, comme les mauvais et c’est ainsi qu’on avançait. Beaucoup les enviaient, mais personne d’autre n’arrivait à atteindre ce résultat.

Lorsqu’un événement malheureux survient, nous avons trois choix : le laisser définir notre vie, le laisser nous détruire, ou s’en servir pour devenir plus fort…

Elle assistait aux cours, mais sans vraiment écouter, puis rentrait chez elle où elle passait son temps à s’occuper d’Agathe. Les médias continuaient de parler de l’attentat. Il y avait eu quatre-vingt-treize morts et cent vingt blessés dont la vie de certains était encore en jeu. Maëlle n’arrêtait pas d’y penser. Elle se disait qu’on ne pouvait jamais être sûr d’être en sécurité, que tout pouvait arriver, que la vie pouvait nous arracher notre famille, nos amis d’un instant à l’autre et nous briser à jamais.

Elle se demandait comment les proches des victimes faisaient pour supporter cela. Elle pouvait voir la souffrance qu’ils avaient. Et elle se demanda pourquoi eux et pas elle ? Elle se sentit coupable parce que pendant que des gens souffraient un peu partout dans le monde, elle, vivait sa vie tranquillement, était heureuse et elle se dit qu’elle n’avait pas le droit.

Personne ne comprenait que si elle ne parlait pas, si elle faisait la tête, c’est qu’elle n’allait pas bien. Elle avait envie que les autres la rattrapent quand elle les envoyait balader, qu’ils insistent pour savoir ce qui n’allait pas, mais ils n’en faisaient rien. Maëlle savait très bien qu’elle s’isolait elle-même, mais elle n’avait plus le courage de se battre.

C’était tellement inimaginable que la personne avec qui on passe toute notre vie ne soit plus. C’était tellement cruel que des enfants de cet âge dussent grandir sans leur mère. Personne ne pourra la remplacer. Ils ne pourront jamais oublier l’accident.

C’était cela la vie en fait ? On en q qu’une, pensait Maëlle, et on la bousille, on est comme prisonnier alors qu’il faudrait faire ce que l’on veut, découvrir le monde, faire des expériences… C’est tellement triste de mourir en ayant toujours fait la même chose, en ayant jamais bougé pour voir d’autres pays.

Elle voulait être libre de faire ce que bon lui semblait. Elle voulait découvrir le monde et ne pas être réduite à un métier dans le but de gagner de l’argent pour se nourrir, se loger. Pour survivre en fin de compte. C’était un cercle vicieux et elle ne voulait pas tomber dedans.

La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie.

Elle était déterminée à redevenir comme avant, mais elle savait que cela allait être compliqué et elle sentait qu’au fond d’elle, quelque chose s’était brisé.

Laisse ton sourire changer le monde mais ne laisse pas le monde changer ton sourire.

Lu en février 2020

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

8 commentaires sur « « Entre pétales et épines de rose » de Lucie Farigoul »

  1. C’est une période difficile l’adolescence et en effet comme tu le dis le battage médiatique autour des événements d’actualité, peut devenir anxiogène…Des angoisses d’adulte peuvent trouver leur origine dans cette période parce que les ados ne les expriment pas à voix haute, se replient sur eux-même, et ne recherchent plus le réconfort dans les bras de leurs parents. Un roman à mettre entre toutes les mains donc, même si je n’aime pas trop la couverture qui est conçue pour attirer un certain public

    Aimé par 1 personne

    1. la couverture est ciblée, cela ne fait aucun doute!
      les thèmes sont bien abordés: les attentats, le changement climatique, l’indifférence ambiante autant que les amours… mais aussi résilience
      Au début par contre, c’est trop bisounours, famille idéale (en surface mais quand on creuse un peu…)
      🙂

      J'aime

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