« La mère parfaite » par Aimée Molloy

J’ai choisi ce roman sur NetGalley après avoir vu passer plusieurs critiques sur des blogs, et comme j’ai du mal à résister à la tentation…

 

La mere parfaite Aimée Molloy

 

Résumé de l’éditeur :   

 

Les Mères de mai, un groupe de jeunes mères de Brooklyn, ont fait connaissance en échangeant des conseils pendant leurs grossesses. Après la naissance de leurs enfants, elles se réunissent deux fois par semaine dans leur parc de Brooklyn pour discuter des joies, des craintes et des angoisses de leurs nouvelles vies. Un soir, pour échapper quelques heures à leurs routines, elles organisent une virée dans un bar. Elles parviennent même à convaincre Winnie, la mère célibataire du groupe, de confier Midas, six semaines, à une baby-sitter. Mais lorsque Winnie rentre chez elle, l’enfant a disparu. Alors que l’enquête piétine et que l’attention des médias se fait pesante, trois Mères de mai se lancent dans une course effrénée à la recherche de l’enfant durant laquelle les mariages vacillent, les amitiés volent en éclats et les secrets éclatent au grand jour.

 

Ce que j’en pense :   

 

Les mères du groupe ont réussi à convaincre Winnie de faire une sortie au bar pour prendre un verre et profiter d’une soirée entre filles sans les bébés ; une nounou est là pour veiller sur Midas, mais Winnie, inquiète, consulte sans cesse une application sur son téléphone portable comme une caméra où elle peut voir le berceau. Nell, déjà un peu ivre, désinstalle l’appli, et cache le portable pendant que Winnie va se chercher un verre au bar.

Le drame, Midas a été enlevé, la nounou s’étant endormie… enquête de police, durant laquelle un bleu pollue la « scène de crime », la presse malsaine qui s’empare de l’histoire, tellement juteuse : une ex-star de la TV, qui élève son bébé seule, pas de père,  shocking pour cette société américaine bien-pensante.

Dans ce groupe de mères de mai, on retient surtout Winnie, ex-star d’une série télévisée qui a eu son heure de gloire, Nell qui se bat contre le kilos qu’elle doit reperdre et se perd un peu dans l’alcool, Colette qui écrit la biographie du maire à sa place, Francie qui va tenter de retrouver Midas à tout prix car elle trouve que la police fait n’importe quoi, ou Gonze le seul père au foyer qui fréquent le groupe sans oublier Scarlett qui a réponse à tout…

Ce roman dénonce le mythe de la mère parfaite, qui doit tout assumer : la maternité, le travail, le couple, la maison, allaiter (supprimer la caféine le vin et la cigarette pour que le lait soit de meilleure qualité) se culpabilisant parce que son lait n’est pas top, ou parce qu’elle n’est plus aussi sexy qu’avant, cette mère qui n’y parvient pas, justement à être parfaite et oui comme c’est drôle…

Comment ne pas ruer dans les brancards quand on reçoit tous les matins des conseils, qui poussent à se sentir de nulle ? Et si mon bébé ne tient pas sa tête au jour J ? Est-ce qu’il évolue normalement s’il ne sourit pas à la bonne date, dois-je consulter un spécialiste ? De quoi rendre n’importe quelle mère folle d’angoisse au lieu de laisser bébé évoluer selon son rythme…

Un exemple du conseil-courriel du jour :

Votre bébé a cinquante et un jours.

Au cours de cette septième semaine, votre bébé devrait commencer à mieux contrôler ses muscles, donner des coups de pied, gigoter, tenir sa tête droite….  Continuez de le couvrir de baisers, de lui sourire et de le féliciter pour lui montrer à quel point maman est fière de ses progrès.

Aimée Molloy nous décrit à merveille cette société américaine, puritaine qui juge, critique, démolit au nom de la bien-pensance, ces médias omniprésents qui surveillent tout à l’affut de la moindre fake-new, sans oublier la santé aux US avec, entre autres, un congé maternité ridicule, les fins de mois difficiles quand il faut rembourser des prêts vertigineux…

Ce roman, le premier de l’auteure, est perturbant car ces femmes sont caricaturales, prototypes de cette société américaine qui me hérisse le poil ; cependant elles sont touchantes, et la manière dont elles sont solidaires les rend sympathiques.

J’ai fini par me laisser prendre au jeu, mettant de côté mes considérations philosophiques sur la société américaine et j’ai ainsi passé un bon moment, même si ce n’est pas le roman du siècle.

Je remercie vivement NetGalley et les éditions Les Escales qui m’ont permis de le découvrir.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

#LaMèreParfaite #NetGalleyFrance

 

 

Extraits    

 

Les mères de mai, mon groupe de mamans. Je n’ai jamais aimé ce terme. Maman. C’est tellement chargé, tellement politique. Nous n’étions pas des mamans. Nous étions des mères. Des personnes. Des femmes ayant, par hasard, ovulé à la même période et ayant en conséquence accouché à le même mois.    

 

D’abord, il y avait Francie. Si notre groupe avait une mascotte, quelqu’un à même de nous fédérer, de nous féliciter d’être mère, c’était elle, madame aimez-moi, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, la fille du Sud bien en chaire et toujours pleine d’espoir.   

 

Elle ne peut pas prendre le risque de se faire remplacer, pas avec ce que coûte la vie à New-York… c’est son salaire à elle qui leur permet d’habiter New-York, elle ne peut pas tout mettre en péril pour quatre semaines supplémentaires de congé maternité…   

 

Vous croyez que si on rappelle aux gens qu’ils ont tous été des bébés avant d’être des adultes, ils seraient plus nombreux à militer pour le congé maternité ?     

 

Comment Nell peut-elle faire ça ? Laisser son bébé toute la journée à des inconnues ? Il vaut mieux, durant les six premiers mois le tenir contre soi autant que possible…   

 

Ils ne peuvent pas assumer le loyer de leur appartement avec le seul salaire de Sebastian et les mensualités de son prêt étudiant, et les vacances qu’ils se sont promis de prendre à Noël, les premières ne quatre ans. C’est la première fois depuis qu’ils se connaissent qu’ils s’en sortent financièrement.    

 

Colette n’arrive toujours pas à croire qu’elle puisse elle-même éprouver un amour aussi infini. On dirait qu’il n’a pas de fond, comme la carrière abandonnée dans laquelle elle avait peur de sauter quand elle était petite, celle qui plus tard avait englouti un garçon de son lycée.   

 

Cela fait neuf mois que vous avez accouché. Il est temps de parler ÉQUILIBRE. On sait comment c’est. S’occuper du bébé. Retrouver sa ligne. Pour certaines d’entre nous, se préparer à retourner travailler. Ce n’est pas facile. Le mieux pour vous et votre bébé, c’est de faire votre possible pour trouver l’équilibre qui vous convient… Après tout, à maman heureuse, foyer heureux, c’est bien connu, non ?

 

Lu en décembre 2018

19 réflexions sur “« La mère parfaite » par Aimée Molloy

  1. Si je le croise en médiathèque je me laisserai tenter…comme tu le sais je lis des thriller de temps en temps 🙂 Merci pour ton ressenti, je me méfie souvent des étoiles sur Babelio car il faut les replacer dans le contexte personnel de chaque lecteur, c’est normal que ce soit subjectif

    Aimé par 1 personne

    1. j’avoue ne pas comprendre l’emballement! je l’ai terminé pour être sûre de ne pas passer à côté de quelque chose…Il se laisse lire, mais ce roman ne va modifier ce que je pense de la société US!
      même ressenti qu’avec « les filles de la station service » il y a un an ou 2…
      ceci dit j’aimerais avoir ton avis…

      J’aime

  2. Ping : Aimee Molloy – La mère parfaite | Sin City

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