« Le tribut des dieux, T1: Octavia » de Bleuenn Guillou

Petit détour par le royaume de la magie et des dieux, toujours dans le cadre du challenge NetGalley avec le roman dont je vous parle aujourd’hui :

Résumé de l’éditeur :

Qu’ils renaissent de mes mensonges…

Dans ce monde où les magiciens sont élus par les dieux, on croit ces derniers immortels. Il n’en est rien : tous les cent ans, chaque dieu choisit l’héritier qui prendra sa place. Une lutte intestine oppose ceux qui ambitionnent l’immortalité et ceux qui la proscrivent… Loin de ce combat, Octavia fait sa rentrée à l’Académie de magie. Avec une seule idée en tête : trouver un moyen de ressusciter sa famille, morte dans l’incendie qui a détruit leur maison. Et pour cela, elle est prête à tout. Y compris à passer un pacte avec le dieu maya du sacrifice humain et de la guerre. Enfermée dans sa souffrance et obsédée par sa quête, multipliant les mensonges, Octavia ignore les véritables intentions du dieu et les enjeux qui la dépassent…

Ce que j’en pense :

On suit le parcours du dieu Khors qui vient d’entamer son cursus de cent ans parmi les dieux, espérant au passage changer quelques lois, notamment celle de la durée de vie limitée des dieux (cent ans) pour leur conférer l’immortalité, leur évitant ainsi de choisir leur remplaçant et retourner à l’académie de magie.

En parallèle, à l’Académie de magie, Octavia fait son entrée après un drame familial : un incendie a détruit sa maison, ses mères, et son frère. Elle est la seule survivante mais à quel prix ? Sa soif de vengeance la conduit à choisir la magie du sang, sous la « protection » du dieu Buluc Chabtan qui va lui « promettre » de venger la mort de sa famille par le biais d’un pacte, au cours d’un rituel : tuer le gourou d’une secte qui veut accéder à l’immortalité.

Pour cette mission, Octavia sera accompagnée de Théodore, Alekseï et Clémence, la propre fille de la directrice de l’Académie. Mais tout n’est pas aussi simple qu’on ne pouvait l’imaginer. Octavia risque une grave désillusion en tentant de découvrir ce qu’il s’est réellement passé cette nuit-là, comme Icare, elle risque de se brûler les ailes en se rapprochant de la vérité.

Au départ, on comprend la souffrance d’Octavia, son incapacité à faire son deuil, sa culpabilité d’avoir été la seule survivante. Mais sa violence, ses mensonges en permanence pour rallier les autres à sa cause ne contribuent pas à la rendre sympathique. La fin justifie rarement les moyens. Cependant, est-ce que tenter de les ressusciter à tout prix peut être la bonne solution ? surtout en tuant un inconnu ? Certains méritent-ils de mourir plus que d’autres ?

Cette lecture, qui constitue une de mes rarissimes incursions dans le domaine, de la magie, de la Fantasy, m’a apporté un dépaysement complet, mais la violence de certaines scènes risque de hanter ma mémoire. L’auteure propose au passage une réflexion sur la colère et ses conséquences néfastes, sur le désir d’immortalité, sous-entendu de l’éternelle jeunesse qui anime certains milliardaires, (notamment côté USA), pacte faustien, et les dérives sectaires où les gourous s’autoproclament des dieux…

En même temps, Bleuenn Guillou nous emmène dans un voyage dans le temps, car au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, on traverse les deux guerres mondiales, alors qu’on a, au début, l’impression d’être hors du temps …

S’en remettre aux dieux, à une instance supérieure, pour maintenir la paix, tenir les humains, ou leur laisser leur libre arbitre et prendre leur destin en mains ? La question est toujours d’actualité…  

J’ai aimé me promener dans cet univers, retrouver des dieux connus ou non, gaulois, romains et tant d’autres, ainsi que la réflexion philosophique de l’auteure.  J’ai apprécié certains rituels, et en sortant de ma zone de confort, j’ai pu avoir accès au dépaysement auquel j’aspire depuis quelques temps ; cependant, malgré l’attrait de la nouveauté, je ne suis pas sûre, du moins pour l’instant, d’avoir envie de poursuivre dans ce genre de littérature…

C’est le premier tome d’une saga, et l’auteure propose à la fin de livre les deux premiers chapitres du second tome, ce qui peut ouvrir la porte à la tentation, je le reconnais.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Hachette Romans qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteure.

#LeTributdesdieux #NetGalleyFrance !

7/10

Extraits :

Octavia et Théodore avaient entendu des histoires sur l’Académie depuis leur plus tendre enfance. La magie n’était pas héréditaire : leurs parents avaient contourné la règle. Les dieux étaient arrogants, et de nombreuses familles érigeaient des autels en leur honneur. En récompense, les dieux insufflaient la magie à leurs enfants…

Les hommes ne croient plus guère en leurs dieux, ou ils se fient à un dieu unique. Ils ne nous écoutent plus. En outre, le genre humain est voué à la guerre. Nos prédécesseurs ont tout essayé pendant des siècles. Quoi que l’on fasse, la guerre éclate…

Il (Alekseï) s’éloigna d’un pas, agita les mains et, en une dizaine de secondes à peine, Octavia et Théodore virent le seul s’arracher à la mer, en suspension dans l’air. Le spectacle était fascinant. Des milliers de particules immobilisées, scintillant à la lumière blafarde de la lune. Puis, sur un ordre silencieux d’Alekseï, les grains vinrent se ranger d’eux-mêmes dans le sac. Impressionnant !

Buluc Chabtan était plus réputé pour ses massacres sans pitié que par ses marques de compassion. Sil lui en prenait l’envie, il pourrait les découper en morceaux avant même qu’elle n’ait le temps d’ouvrir la bouche. Pourtant il lui avait sauvé la vie, cette nuit-là…

Mais qui voudrait réellement de l’immortalité ? La vie est suffisamment longue et remplie de souffrances.

Lu en mai 2022

10 réflexions sur “« Le tribut des dieux, T1: Octavia » de Bleuenn Guillou

  1. Et bien j’ai beaucoup lu (et aimé lire) des romans fantasy quand je travaillais en lycée pro et en collège, du coup à présent je suis beaucoup moins tentée. En tous les cas pour l’instant je ne le note pas parce que quand je lis des séries, j’aime lire tous les tomes à la file. Merci pour ton ressenti

    Aimé par 1 personne

    1. je me suis peu frottée à ce genre littéraire! j’ai toujours le vœu pieux de lire la saga Harry Potter qui trotte dans ma tête (ou mon inconscient! )
      d’après les 2 chapitres du 2e tome que l’auteure proposait en fin de livre, il semblerait qu’on parte sur d’autres héros mais??? car moi aussi je préfère enchaîner sinon j’oublie
      dépaysement complet quand même donc bonne expérience 🙂

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  2. J’ai bien aimé le personnage d’Octavia dans le sens où l’autrice n’essaye justement pas de nous la rendre sympathique, elle reste sur son idée jusqu’au bout, qu’importe les risques ou les mensonges à donner. L’histoire m’a bien plu, c’est le style qui a pêché pour moi, je n’ai pas réussi à ressentir les émotions des personnages.

    Aimé par 1 personne

    1. idem pour moi, à part Alekseï je n’ai pas senti d’atomes crochus pour les personnages. Mais l’histoire est originale, et je suis sortie de ma zone de confort, alors je me laisserai probablement tenter par la suite

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