Publié dans Challenge Tour du monde de l'été, littérature USA, Polars

« La dernière veuve » de Karin Slaughter

Il y a longtemps que je voulais lire un thriller de Karin Slaughter, alors quand il a été proposé sur NetGalley je n’ai pas hésité :

Résumé de l’éditeur :

Août 2019. Une attaque à la bombe touche un quartier stratégique d’Atlanta. Sara Linton et son compagnon Will Trent, enquêteur pour le Georgia Bureau of Investigation, se précipitent sur le lieu de l’explosion. Alors que Sara tente de venir en aide aux victimes, elle est enlevée sous les yeux de Will par les poseurs de bombes et conduite au pied des Appalaches, dans un camp peuplé d’hommes armés et de femmes en longues robes blanches. Ce groupuscule paramilitaire aux airs de secte prévoit de multiplier les attaques terroristes à l’échelle nationale afin de rétablir la suprématie de l’homme blanc.

La menace est sans commune mesure. Le danger, imminent.

Ensemble, Will et Sara parviendront-ils à déjouer l’attentat le plus meurtrier du XXIe siècle ?

Ce que j’en pense :

Sara et son compagnon Will sont en train de partager le repas avec Cathy, la mère de Sara qui est littéralement allergique à ce dernier. Une explosion retentit puis une deuxième, dans le secteur de l’hôpital. Ils précipitent lorsqu’ils sont arrêtés par un accident survenu depuis peu.

Sara, en sa qualité de médecin, Will, comme enquêteur essaient de comprendre ce qui a peu se passer, mais Sara est prise en otage devant les yeux de Will, qui ne sait comment agir. En fait, il s’agit des poseurs de bombes et ils ont déjà enlever une infectiologue réputée, sous les yeux de sa fille quelques semaines auparavant.

Au même moment, se tient une réunion au sommet avec tous les policiers, fédéraux, etc. à propos d’un détenu arrêté récemment, Novak, braqueur de banque, ne reculant devant rien. En haut lieu on redoute une évasion spectaculaire…

« Novak avait vécu aux côtés d’un groupe d’hommes qui croyaient comprendre la Constitution mieux que quiconque. Pire, ils étaient prêts à prendre les armes pour agir. Ce qui signifiait que, grâce à tous ces braquages, quelqu’un, quelque part, disposait d’un demi-million pour soutenir cette cause… »

Will s’était senti frustré de ne pas être invité à cette réunion, alors que sa collègue Faith, y participait, ce qui ne pouvait pas arrange son manque d’estime de lui-même…

On se retrouve ainsi dans un coin isolé transformé en « camp militaire-secte », où Dash le grand Manitou entraîne ses hommes. Parmi eux, des militaires, des jeunes recrues en manque de reconnaissance…

On y voit donc des soldats qui sont rentrés d’Irak, Afghanistan, déboussolés après avoir vu ce qu’ils ont vu, la rage au ventre avec l’envie de tuer tout ce qui n’est pas Blanc, et qui ont bien compris les méthodes d’endoctrinement et d’entraînement pour les mettre en pratique lorsque l’armée n’a plus voulu d’eux pour une raison ou une autre et déclencher une guerre sainte à leur façon…

Ces mecs (ça ne mérite pas le nom d’homme dit la féministe en moi !) s’organisent comme à l’armée, écoute leur chef autoproclamé refaire l’Histoire pour étayer son discours, en tout bon révisionniste, se sentant castré par les féministes qui ont trop de pouvoir, alors il faut les ramener à l’état de serpillère avec des méthodes dignes de leur tête décérébrée (les neurones sont tous en bas alors…) via le viol, la pédophilie, l’inceste, tout ce qui peut les casser dès le plus jeune âge…

« Les races s’organisent selon une pyramide. L’homme blanc est toujours au sommet, après quoi vient sa subalterne, la femme blanche, qui n’a qu’un seul maître à servir. Plus bas, on trouve diverses races. Tout le monde n’est pas égal sur cette terre… »

Ensuite, il faut passer à l’action en tuant le plus possible de gens, Dash, c’est le nom du chef, lave plus blanc, c’est connu…

Mais ne divulgâchons pas… Comment vont-ils s’y prendre ? c’est une enquête passionnante, tant sur le plan des personnages, des personnalités des policiers, les cachoteries entre services, je n’ai pas vu passer les 580 pages…

On apprend pas mal de choses, au passage, sur Rockwell, le fondateur du Parti nazi américain, ou Butler, fondateur des Nations aryennes et autres personnages non fréquentables, mais ayant le vent en poupe pour étayer le raisonnement du FBI.

Le seul bémol : au début, l’auteure reprend le récit des évènements, de la manière dont ils sont vécus par les différents protagonistes, ce qui aurait pu plomber la lecture, mais le style change peu à peu, alternant les récits de chacun : ce que vit Sara, les progrès de l’enquête… j’ai trouvé le final un peu trop rapide, j’aurais aimé plus de détails, c’est bien-sûr un page-turner…

Il y a pas mal de temps que je vois passer des critiques enthousiastes sur Karin Slaughter, et c’est ma première incursion dans son univers, le fait que les héros soient récurrents ne m’a pas gênée, on n’a pas besoin de savoir ce qu’il leur est arrivé à chacun avant d’ouvrir ce thriller, mais on a envie d’en savoir plus après… pour écrire ce roman elle s’est beaucoup documenté, méthode Franck Thilliez, pour ne laisser aucun détail au hasard afin que son histoire soit crédible.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Harper Collins Noir qui m’ont permis de lire ce roman et de découvrir enfin le talent de son auteure…

#Ladernièreveuve #NetGalleyFrance

8/10

L’auteure :

N°1 sur les listes internationales de best-sellers, Karin Slaughter est l’un des auteurs les plus populaires et les plus plébiscités dans le monde. Publiée en 36 langues et vendue à plus de 35 millions d’exemplaires, elle est l’auteur de 16 romans, parmi lesquels figurent les séries Grant County et Will Trent, le roman COP TOWN, nominé pour l’Edgar Award, et PRETTY GIRLS, son premier thriller psychologique.

Née en Géorgie, Karin Slaughter vit actuellement à Atlanta.

Extraits :

Le problème, c’était de trouver un homme. Faith ne voulait pas sortir avec un flic, parce qu’il suffisait de sortir avec un flic pour que tous les autres s’imaginent qu’ils pouvaient nous baiser…

Elle (Sara) l’avait persuadé de faire faire ses costards sur mesure si bien que, de portemanteau de soldes dans un magasin grandes tailles, il s’était mué en mannequin de vitrine chez Hugo Boss…

Entendre Dash régurgiter cette idéologie raciste avait conduit Sara à voir d’un autre œil les enfants de cet homme. Leurs cheveux blonds, leurs yeux bleus brillants, leurs robes blanches qui les faisaient ressembler à des figurines de gâteau de mariage lui évoquaient maintenant « Les femmes de Stepford » plutôt que « La petite maison dans la prairie »…

Nous menons ici une vie simple avec des rôles traditionnels. C’est comme ça que les premiers Américains ont non seulement vécu mais prospéré. On vit tous plus heureux quand on sait ce qu’on attend de nous. Les hommes font des travaux d’hommes et les femmes, des travaux de femmes. Nous ne laissons pas le monde moderne perturber nos valeurs…

Vous êtes en train de dire que le nombre de membres dans ces groupes racistes (les suprématistes) augmente parce que l’économie est dans la merde et que les emplois sont rares, donc que les gens cherchent autour d’eux des gens à blâmer…

Une équipe du ministère de la Sécurité intérieure a produit un document sur le mouvement suprémaciste blanc au sein de l’armée, et non seulement ils ont perdu leur financement, mais ils ont été obligés de retirer les conclusions qu’ils présentaient.

Je suppose que vous avez déjà entendu tout ça, dit Van. Les femmes blanches qui n’ont pas le même taux de natalité que celles des minorités, le féminisme qui détruit le monde occidental, les hommes blancs qu’on castre…

Ils sont des centaines, et tout autant de loups solitaires installés dans leurs caravanes, qui déversent des conneries comme quoi il faut tuer tous les Noirs et violer ces nazies de féministes…

Lu en juillet 2020

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

10 commentaires sur « « La dernière veuve » de Karin Slaughter »

  1. Le sujet est au coeur de notre monde. Est ce que ce mouvement supremaciste fait un dernier rebond avant sa mort ou assiste- t on à un vrai renouveau ? Du coup, impossible pour moi de me détacher du réel et même les citations font froids dans le dos. En tout cas, ce qui est sûr c’est leur dangerosité ! Excellent que ce Book buster qu’est Slaughter en fasse un roman !

    Aimé par 1 personne

    1. j’ai l’impression que c’est un renouveau et avec l’ère Trump ils ne se cachent même plus.
      Je ne pensais pas que cela pouvait aller aussi loin et qu’on représentait un tel danger pour leur virilité mal placée 🙂
      elle a bien traité le sujet et les actes sont conformes à leur pensée hélas 🙂

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    1. je n’ai cité que « leur pensée » (est-ce que cela s’appelle penser à ce stade?) le pire c’est quand ils passent aux actes 🙂
      honnêtement, je ne pensais pas que c’était à ce point mais Trump leur a donné sa bénédiction alors ils n’avancent plus masqués…
      le livre est vraiment bien 🙂

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    1. idem pour moi, je l’avais noté sur mes tablettes, et en voyant celui-ci sur NetGalley j’ai foncé !
      l’histoire n’est pas de tout repos, mais le rythme est addictif, j’aurais juste aimé qu’elle délaie un peu plus la fin 🙂
      je vais essayer d’en lire d’autres 🙂

      Aimé par 1 personne

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