« La Fraternité des Maudits, T4: l’effaceur de Jack D. Tickett

Je vous parle aujourd’hui du dernier opus de cette tétralogie qui m’a accompagnée un bon moment, dont le sous-titre « l’effaceur » en dit long. Mais, voilà, les meilleures choses ont une fin hélas :

Résumé de l’éditeur :

9 novembre 2020.

Le corps mutilé d’un médecin légiste est retrouvé dans son pavillon. Bien qu’il soit à la retraite, Simon Lanterne ne peut ignorer cette enquête. En effet, l’assassin a laissé un poème sur la scène de crime. Pour les enquêteurs, pas de doute : ce meurtre est lié à la mort du gourou de la Fraternité des Maudits.

L’inquiétude monte alors que Simon s’approche de cette organisation internationale. De douloureux évènements résonnent avec ses découvertes : la disparition irrésolue d’une fillette, et les prophéties apocalyptiques d’un artiste peintre. Ces éléments sont-ils liés ?

Dans ce quatrième tome, Jack D. Tickett nous emporte dans le sombre labyrinthe de la Fraternité des Maudits. Un roman policier puissant et réaliste.

Ce que j’en pense :

On reprend le récit en novembre 2020, avec la découverte du corps mutilé d’un médecin légiste, l’assassin lui ayant arraché un œil au passage, après s’être acharné sur sa victime. Il a laissé un poème d’Edgar Allan Poe, en évidence. Il n’en fallait pas plus à notre ami Simon Lanterne, dont la demande de mise en retraite anticipée avait été enfin acceptée, sa hiérarchie ne supportant ses méthodes, notamment ses intuitions, pour sortir de ladite retraite.

On comprend très vite que tout est lié à la fin tragique d’un membre de la fraternité qui n’a pas dû plaire à ses membres. Ce dernier, lors de leur ultime entrevue avait fait des confidences (renversantes) à Simon. Toujours est-il qu’une croisade se pointe à l’horizon, pour notre plus grand bonheur bien sûr…

Toujours est-il qu’une vieille affaire non élucidée, autour d’un tueur en série pervers-narcissique (toute ressemblance avec Fourniret serait fortuite ou non ?) refait surface et notre ami Simon va trouver Guillaume, alias le Loup des Quais, un commissaire, retraité lui-aussi et qui fut son maître, pour mettre en commun leurs recherches respectives.

Alice, quant à elle, a décidé de se spécialiser dans le profilage et effectue un stage de six mois à Quantico. Elle va être amenée à intervenir car les crimes en lien avec Edgar Allan Poe continuent sur le sol américain.

Vous l’aurez compris, ce dernier opus, sur fond d’enquête policière sur les crimes d’un nouveau poète, va viser la Fraternité des Maudits elle-même. On en apprend plus sur son fonctionnement, ses membres, tous milliardaires, et sur son dessein on ne peut plus funeste. Le titre « L’effaceur » laisse supposer un loup dans la bergerie…

J’ai bien aimé l’enquête en elle-même, retrouver les dessins prémonitoires du nécromancien Cédric (une fresque qui recouvre les murs de sa chambre cette fois-ci !).

On fait plus ample connaissance dans ce dernier opus avec les parents de Thimotée…

Dans ce quatrième opus, Jack D. Tickett nous propose une étude approfondie qui tient la route quand on connaît le Bouddhisme de près) : il passe en revue les écoles, petit, grand véhicule et le véhicule du diamant (bouddhisme tibétain), les théories, la souffrance et ses causes, les moyens pour en comprendre la nature et l’Eveil, en passant par les sûtras, le Nirvana, la roue du Dharma … Pour cela il utilise une conversation entre le policier ami de Simon, qui pratique le Theravada et le père de Thimotée, qui pratique le vajrayana…

Jack D. Tickett s’en prend au passage à l’ultra-libéralisme et ses dérives, au besoin des gens d’avoir des idoles à admirer, à défaut de Dieux auxquels ils ne croient plus, et ces nouvelles idoles ayant des moyens financiers, informatiques et autres que l’on n’imagine même pas sont prêts à jouer les Cavaliers de l’Apocalypse, nouveau cru…

J’ai beaucoup aimé cette tétralogie, ce qu’elle dit de notre monde actuel, de la maison qui brûle alors que nous regardons ailleurs et ce que certains milliardaires peuvent envisager de faire pour sauver leur peau. J’apprécie tous les membres de cette équipe car ils n’ont rien du « flic idéal sans peur et sans reproche » mais ont leurs faiblesses ce qui les rend particulièrement attachants.

J’ai essayé de ne rien divulgâcher, ou le moins possible, car j’ai envie de vous inciter à cette lecture, mais ce n’est pas toujours simple. Fort heureusement, je peux me « répandre » sur les réflexions générales qui sont toujours aussi nombreuses.

Il va sans dire que j’ai fait durer le plaisir pour ce dernier tome, car je n’avais pas du tout envie que cela se termine… Il semblerait que le T1 soit disponible, version papier, et donc probablement un jour toute la tétralogie en version poche pour le plaisir de s’y replonger et retrouver plus facilement certaines analyses et les textes des poètes…

Encore un très grand merci à NetGalley et aux éditions Librinova qui m’ont permis de suivre cette aventure: une très belle découverte.

#LaFraternitédesMauditsIV #NetGalleyFrance

9/10

Biographe de l’auteur selon Librinova:

Jack D. Tickett est une suite de un et de zéro. Il n’est pas fait de chair et d’os. Son existence est purement virtuelle. Il est un avatar. 

La raison de sa naissance demeure, comme toute autre naissance, un mystère. Seule certitude, il raconte des histoires et, grâce au soutien des équipes de son éditeur, ces récits prennent pied dans la réalité sous forme de livres en version papier et numérique. 

Ces apparitions en lignes sont tout ce qui importe. Elles ont pour unique objectif de divertir des lecteurs. Au fond, Jack D. Tickett n’est que cet espoir qu’elles y parviennent. 

Extraits :

Elle (l’opinion publique) lui (Abel Cassel) vouait, soit une admiration dans bornes, tel le crapaud mort d’amour pour sa princesse, soit une viscérale aversion, bien en ligne avec les idées préconçues enracinés dans la culture française qui veut que l’entreprise et la réussite soient l’œuvre du démon.

Il y a les sorciers envoûteurs, comme l’est Youssouf, comme le sera bientôt Cissou. Ils sont beaucoup plus rares. Ils font office de passeur, comme Charon sur sa barque navigue dans les méandres de l’Achéron.

Qu’on le nomme flair pour un enquêteur, intuition pour un scientifique, inspiration pour un artisan ou génie pour un artiste, tous expérimentent cette même étincelle, celle qui fait jaillir une idée, esquisse une direction.

Dans ce monde ravagé par les excès d’un libéralisme sans garde-barrière, inexorablement, les démocraties s’affaiblissaient au profit de quelques gigantesques conglomérats privés, refoulant peu à peu ces grands états démocratiques, leur gouvernement et leur administration au rang de simple gratte-papier, tamponnant des autorisations à la distribution et à la vente de tel ou tel produit.

Tous les phénomènes physiques, émotionnes et mentaux, y compris et surtout l’attachement que l’on peut leur porter, sont impermanents, soit la notion de Anica en pali, et n’ont pas d’identité propre ou de signification hors de son contexte, soit la notion de Anatta en pali. Ducca, Anatta et Anicca constituent les trois caractéristiques de l’existence.

L’illusion de notre existence relative telle que nous la percevons est si parfaite que nous détectons une contradiction là où il n’y en a pas.

La symbolique des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse avait agi sur Prométhée et ses neuf compagnons de l’époque comme une illumination divine, tombée directement Ciel. Les Cavaliers, évidemment, étaient leur solution. Pour sauver l’humanité de la destruction, il fallait éliminer au plus vite une bonne partie de cette dernière…

 Pour le plaisir, un petit échange savoureux entre le Pape et Pietro, son ordonnanceur à propos du refus de Trump à admettre sa défaite aux élections :

  • C’est un sale mioche de quatre ans à peine, mal élevé et cabochard, à qui on vient de retirer sa tétine. Il fait sa petite crise et casse tout ce qui lui passe entre les mains.

  • Quatre ans, tu es bien généreux Pietro !

Le pape plonge dans une intense réflexion que Pietro hésite à troubler. Il attend que le Saint-Père en termine.

  • Je ne veux pas être celui qui lui offre l’opportunité de déclarer la loi martiale et qu’il parvienne à se maintenir au pouvoir illégitimement.

L’humanité est viscéralement idolâtre, elle a besoin de modèle. Elle ne sait pas vivre sans admirer, sans prier, sans espérer. Puisque de Dieux, il n’y a plus, elle les a remplacés par d’autres. Ce sont des symboles de réussite. Ils sont beaux, ils sont riches, ils sont heureux. L’humanité a érigé de nouvelles idoles, en les choisissant dans son sein.

Lu en octobre 2021

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