Publié dans Littérature italienne, Rentrée littéraire 2021

« La félicité du loup » de Paolo Cognetti

Petit intermède « douceur » avec le livre dont je vous parle aujourd’hui :

Résumé de l’éditeur :

Fausto a quarante ans, Silvia en a vingt-sept. Il est écrivain, elle est artiste-peintre. Tous deux sont à la recherche d’un ailleurs, où qu’il soit. Alors que l’hiver s’installe sur la petite station de ski de Fontana Fredda, au cœur du val d’Aoste, ils se rencontrent dans le restaurant d’altitude Le Festin de Babette. Fausto fait office de cuisinier, Silvia, de serveuse. Ils se rapprochent doucement, s’abandonnant petit à petit au corps de l’autre, sans rien se promettre pour autant. Alors qu’arrive le printemps et que la neige commence à fondre, Silvia quitte Fontana Fredda pour aller toujours plus haut, vers le glacier Felik, tandis que Fausto doit redescendre en ville rassembler les morceaux de sa vie antérieure et finaliser son divorce. Mais le désir de montagne, l’amitié des hommes et des femmes qui l’habitent et le souvenir de Silvia sont trop forts pour qu’il résiste longtemps à leur appel.


  Après le succès mondial des Huit Montagnes, Paolo Cognetti revient sur ses sommets bien-aimés avec un éblouissant roman d’amour, véritable ode à la montagne tour à tour apaisante, dangereuse, imprévisible et puissante.

Ce que j’en pense :

Fausto, écrivain en panne d’inspiration et en plein divorce décide d’aller retrouver la montagne, espérant que celle-ci va lui inspirant quelques pages, voire un roman…

De son côté, Sylvia, est artiste peintre, en pleine réflexion également. Ils se rencontrent dans une petite station de ski, au cœur du Val d’Aoste : Fontana Fredda dans un restaurant au nom évocateur, le Festin de Babette. Sylvia est serveuse, Fausto aide en cuisine.

Une histoire d’amour s’installe entre eux, sous l’œil de la patronne, Babette, des ouvriers qui dament les pistes pour les skieurs, parmi lesquels Santorso, on trouve aussi des « Montagnards » qui coupent les arbres…

Lorsque la saison est finie, Fausto retourne en ville pour finir de régler la procédure de divorce avec Veronica, tandis que Silvia va travailler dans un refuge.

J’ai bien aimé la manière dont Paolo Cognetti parle de la Montagne, des arbres détruits par les tempêtes, des glaciers qui fondent, alors que des cohortes d’alpinistes plus au moins chevronnés vont finir de les user en ne respectant pas forcément la Nature. Après tout, ce n’est qu’un sport de l’extrême n’est-ce pas ?

J’ai aimé la manière dont il parle du loup, son intranquillité qui le pousse à ne jamais rester trop longtemps au même endroit. Ces animaux me fascinent depuis des lustres et l’auteur leur rend hommage, alors qu’ils font si peu partie du récit.

Par contre, j’ai trouvé les personnages ternes, peu convaincants, leurs histoires d’amour sans désir de construire vraiment…

J’ai bien aimé « Les huit montagnes » et je pensais retrouver le même engouement, mais déception, je suis restée sur ma faim, car seule l’ode à la montagne m’a vraiment emballée ainsi que la manière dont l’auteur parle d’Hokusai et ses vues du Mont Fuji …

Il est certain qu’après le choc de « Berlin Requiem », c’était compliqué, mais ce roman a eu l’effet doudou dont j’avais besoin…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Stock qui m’ont permis de découvrir ce roman et de retrouver la plume de son auteur…

#Lafélicitéduloup #NetGalleyFrance

Sortie : 01/09/21

6/10

Extraits :

La Babette de la nouvelle était une révolutionnaire qui, après la chute de la Commune de Paris, s’était retrouvée cuisinière dans un petit village de rustres en Norvège. La Babette qu’il avait devant lui ne servait pas de soupes à la tortue mais avait tendance à adopter les orphelins et à chercher des solutions pratiques aux problèmes essentiels.

Humant l’air, il retrouva de cette contrée une mémoire lointaine, un souvenir reçu en héritage. Comme les règles auxquelles, il obéissait aveuglément – rester sur les hauteurs, ne pas quitter la forêt, voyager de nuit, se tenir à bonne distance des maisons et des routes –même s’il avait compris que quelque chose avait changé depuis qu’elles avaient été établies.

Mais, qu’est-ce qu’il faisait là, un abruti de quarante ans sans famille, ni travail, à part suivre son utopie ridicule du vis-là-où-tu-es-heureux ?

A la fin du livre, il trouva le seul texte qu’Hokusai ait laissé et qui disait : « Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner la forme des objets. Vers l’âge de cinquante ans, j’avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans ne vaut pas la peine d’être compté. C’est à soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes… »

A l’époque, il croyait que le glacier était éternel et immuable, un pan de la montagne qu’il aurait retrouvé là, entre la roche et le ciel. Son père en revanche avait compris ce qui était en train de se passer : si une chose disparaît, une autre prendra sa place lui dit-il. C’est ainsi que va le monde, tu sais ? C’est nous qui avons toujours la nostalgie de ce qu’il y avait avant.

Le loup obéissait à un instinct moins compréhensible. Santorso lui avait raconté qu’on ne comprenait pas très bien pourquoi il se déplaçait, l’origine de son intranquillité. Il arrivait dans une vallée, y trouvait peut-être du gibier à foison, pourtant quelque chose l’empêchait de devenir sédentaire, et tôt ou tard il laissait tous ces cadeaux du ciel et s’en allait chercher la félicité ailleurs.

Lu en septembre 2021

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

13 commentaires sur « « La félicité du loup » de Paolo Cognetti »

  1. Dommage que tu sois un peu déçue car j’ai bien aimé les deux romans que j’ai lu de cet auteur, non seulement « les huit montagnes » dont tu parles mais aussi, « le garçon sauvage ». Je verrais donc si je le croise en médiathèque…D’un autre côté comme tu le dis, c’est parfois dur de juger d’un livre plus léger quand on vient de lire un coup de coeur, ou un roman marquant…Merci pour ton ressenti.

    Aimé par 1 personne

    1. ce que je vais retenir, en fait, c’est l’ode à la Nature, la montagne qui se fait souvent massacrer au nom du « sport »,et l’hommage au loup, pas assez présent à mon humble avis…
      Les personnages manquent d’étoffe 🙂

      J'aime

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