Publié dans Littérature française

« Une farouche liberté » d’Annick Cojean et Gisèle Halimi

J’ai choisi le livre dont je vous parle aujourd’hui sur NetGalley en novembre dernier car Gisèle Halimi venait de nous quitter, et il m’a accompagnée pendant plus de trois mois, à tel point que je ‘arrivais plus à le refermer… un peu ce qui m’est arrivé avec « Fight » de Hazel Gale

Résumé de l’éditeur :

Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.


Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.


« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.

Ce que j’en pense :

Il est des livres, comme celui-ci que l’on a du mal à refermer, pour continuer à voyager avec l’auteure, ici, ce serait plutôt l’héroïne…

J’ai choisi ce livre témoignage car deux femmes ont vraiment compté, dans ma vie, m’ont servi d’exemple à suivre, dans mon quotidien et mes combats de femme : il s’agit de Simone Veil qui était une véritable mère de substitution pour moi, du moins de mère idéale, (désolée, Maman, mais je sais que cela ne te surprend pas ! tu connais mon admiration pour Elle et tu l’aimais bien aussi !et en plus vous aviez à peu près le même âge) et Gisèle Halimi, pour ses combats acharnés pour les droits des femmes.

Il s’agit d’un livre d’entretien avec Annick CojeanGisèle Halimi revient sur son enfance en Tunisie, avec une mère peu aimante (doux euphémismes) qui n’avait d’yeux que pour son fils aîné adoré. Gisèle était obligée d’être la bonne de ses frères, les servir à table, nettoyer leurs chambres, leur linge… ils étaient quatre enfants, deux garçons et deux filles !

Jusqu’au jour où elle a décidé d’entamer une grève de la faim pour protester.

Elle obtiendra en quelque sorte gain de cause et n’aura plus qu’une idée : faire des études ce qui pour une fille à l’époque était déjà un combat. Pour un garçon, on veut bien payer même si ses résultats scolaires sont nettement en dessous, mais pour une fille, seule compte mariage et dot… une injustice qui conditionnera tout son combat futur.

Elle travaille d’arrache-pied pour obtenir une bourse et ne rien coûter à ses parents et pourra imposer son choix de faire des études supérieures et devenir avocate avec un E majuscule tant elle tient à la féminisation du titre. Lorsque, plus tard le Général de Gaulle lui demandera s’il doit l’appeler Mademoiselle ou Madame, elle répondra : Maître !

Ce livre revient sur ses combats : la manière dont elle a défendu les personnes torturées pendant la guerre d’Algérie, alors qu’elle se faisait insulter, traiter de « pute à bicot » par les partisans de l’Algérie Française entre autres et recevait des cercueils pour tenter de la faire taire, ce qu’elle n’a jamais fait.

Gisèle Halimi revient sur le dossier de Djamila Boupacha, jeune militante indépendantiste, torturée :

La première fois que je l’ai vue dans la prison de Barberousse à Alger, elle boitait, elle avait les côtes cassées, les seins et la cuisse brûlés par des cigarettes. On l’avait atrocement torturée pendant trente-trois jours, on l’avait violée en utilisant une bouteille, en lui faisant perdre sa virginité à laquelle cette musulmane de 22 ans, très pratiquante, tenait plus qu’à sa vie.

Elle s’est battue pour obtenir des grâces présidentielles, dans son combat contre la peine de mort. Elle a pris position sur le viol, pour le faire reconnaître comme un crime, sur l’avortement pour modifier la législation en cours, dans une assemblée composée d’hommes évidemment. Les femmes ne peuvent pas décider de faire ce qu’elles veulent de leur corps, c’est aux hommes de décider pour elles ! vive la démocratie au pays de Voltaire et Hugo quand on sait que le droit de vote pour les femmes remonte seulement à 1945 soit un retard important par rapport à d’autres pays.

Le procès d’Aix-en Provence, en 1978 (deux jeunes touristes belges qui campaient ont été agressées en 1974 par trois hommes ont dû prouver qu’elles avaient été agressées pendant des heures, et qu’elles n’étaient pas consentantes, ce fameux consentement qui fait encore couler beaucoup d’encre aujourd’hui, qui a permis de faire avancer la cause des femmes a été spectaculaire à sa manière, le juge ne voulant pas en faire le procès du viol.

Gisèle Halimi a compris, très vite, qu’il fallait faire fi du serment d’avocate qui lui hérissait le poil, et médiatiser les affaires, tel le procès d’une jeune femme violée à seize ans et contre laquelle son violeur a porté plainte car elle avait décidé de se faire avorter, on marche sur la tête, mais c’était la justice à l’époque…

Elle s’est battue d’arrache-pied pour la loi sur l’avortement défendue par Simone Veil, et elle raconte avec beaucoup de tendresse ses rencontres avec cette grande Dame qui s’est fait traitée de nazie par les députés de droite, ne l’oublions pas !

On fait au passage un petit clin d’œil au Manifeste des 343 !

Gisèle Halimi se confie sur sa famille, son second mari qui l’a beaucoup soutenue, ses enfants qu’elle voyait trop peu avec de la culpabilité parfois, il est si difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale, surtout vie de mère. Et revient sur ses amitiés de Jean-Paul Sartre à Simone de Beauvoir dont la froideur la perturbe souvent, en passant par Louis Aragon et Elsa Triolet et son frère de cœur Guy Bedos

Certains parlent « d’affinités électives ». J’affectionne l’idée de « la famille choisie »

Elle revient aussi sur son engagement politique (je connais bien cette partie de son cursus car elle a été députée dans mon département, l’Isère et à l’époque, j’avais aussi des velléités de changer les choses, mais vite compris que ce n’était pas par la politique qu’on y arriverait. Comme elle refusait de se soumettre, Pierre Joxe a fini par avoir sa peau…

Mais, elle faisait un travail beaucoup plus utile avec son métier d’avocate, son association Choisir pour aider les femmes les plus démunies (quand on avait de l’argent, on pouvait aller se faire avorter sans risque en Angleterre ou en Suisse !)

Elle est sans concession avec François Mitterrand qui défendait soi-disant les femmes mais uniquement par ce que cela pouvait lui rapporter quelque chose, pas de féminisme là-dedans…  

Je me suis rendu compte en lisant ce roman, comme pour lui rendre hommage car elle va laisser un grand vide, que l’on pouvait lire les procès tel celui de Djamila Boupacha par exemple…

Certains détails laissent rêveurs : le directeur adjoint du Monde qui refuse d’écrire « vagin » dans son journal à propos de la bouteille avec laquelle elle a été violée !  Il a fallu remplacé par le terme « ventre »

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a permis de revenir sur tous ses combats, et de me rendre compte que je connaissais bien certaines périodes de sa vie et combats alors que ce qui tournait autour de la guerre d’Algérie m’était peu familier.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de découvrir ce livre et de passer du temps avec deux auteures de talent. Quand on a l’impression, je parle pour moi bien sûr, de bien connaître une personnalité telle que Gisèle Halimi on a tendance à ne retenir que ses combats, ses apparitions dans les médias sans se donner la peine de lire ses livres et cela finit par laisser des regrets. Mais, on ne peut pas tout lire, il faudrait vivre jusqu’à mille ans comme les Patriarches et ce serait probablement sinistre surtout pour l’entourage ! 

Mes hommages, Madame, pour ce que vous avez accompli pour la cause des femmes, et je suis plutôt d’accord, hélas, avec vos conclusions. (Petit aperçu dans les extraits ci-dessous).

#Unefaroucheliberté #NetGalleyFrance

9/10

Extraits :

Et il était évident que dans cette fratrie, ma sœur et moi étions les inessentielles, vouées à servir les garçons du foyer, les essentiels, avant de nous marier et de passer sous l’autorité et la sujétion d’un époux.

Et mon chemin passait d’abord par cet appétit démesuré de connaissances. Et par les livres, pour lesquels j’avais une passion. C’était ça, la vraie nourriture ! Je les regardais, les palpais, les humais longuement avant de leur arracher leur secret. Je savais qu’ils m’aideraient à être moi-même.

Me sauver, c’était d’abord être indépendante économiquement. Échapper à cette malédiction des femmes qui les plaçait en situation d’obligées et de quémandeuses. Comme ma mère. Comme la plupart des femmes de l’époque.

C’est bien simple :au début de chaque plaidoirie, je savais qu’il me fallait compter dix minutes pour forcer l’attention des juges. Dix minutes de perdues, uniquement parce que j’étais une femme.

Les mots ne sont pas innocents. Ils traduisent une idéologie, une mentalité, un état d’esprit. Laisser passer un mot, c’est le tolérer. Et de la tolérance à la complicité, il n’y a qu’un pas.

C’était mon idéal, rien ne pouvait donc m’arrêter. J’étais née comme ça. Ce n’est pas de l’héroïsme, mais de la cohérence. Ma liberté n’a de sens que si elle sert à libérer les autres.

J’ai découvert, abasourdie, l’étendue des exactions commises par l’armée française, la torture érigée en système, les viols des militantes arrêtées, les condamnations sur aveux extorqués, sans compter les disparitions et exécutions sommaires…

Tout était réuni pour interpeller la société et entreprendre un grand procès symbolique. Un procès-réflexion, subversion, remise en cause des tabous et d’une culture globale qui admet le viol ou plutôt s’y résigne : nature des hommes, malédiction d’être une femme.

Quoi de plus normal que de s’approprier le corps des femmes ? N’a-t-il pas toujours été un butin, en temps de guerre, de paix, en vacances, au travail ? La culture, l’éducation, la religion n’ont-elles pas sécrété, comme une normalité, la domination de l’homme sur la femme ? et le viol n’est-il pas, pour beaucoup, une drague un peu poussée ?

Sartre était bien différent. Lui, je l’aimais comme un père.et j’ai eu avec lui infiniment plus d’intimité. (Qu’avec le Castor, froide). D’ailleurs, lorsque j’ai eu un problème avec l’un de mes fils, c’est à lui que j’ai demandé conseil. C’était un juste. Un généreux. Un bienveillant. Infiniment respectueux de la pensée des autres.

J’ai toujours pensé que Giscard était le plus féministe de nos présidents. En tout cas plus que Mitterrand qui ne pensait aux femmes que pour des calculs purement électoralistes et chez qui j’ai toujours senti du Sacha Guitry…

Etais-je donc une mère indigne, animée par la seule volonté de peser sur le cours des évènements, à l’instar de mes collègues masculins, nullement préoccupées, eux, des conséquences sur leurs familles ?

Cela reste une malédiction de naître fille dans la plupart des pays du monde, à tout le moins un manque de chance, et ce constat m’est douloureux. Comment se fait-il qu’il ne conduise pas à l’insurrection ? Comment se fait-il que cette injustice majeure qui touche un être sur deux sur la planète ne soulève pas une vague de fond de protestation ?

Sans le consentement de l’opprimé – individu, peuple, ou moitié de l’humanité—ces oppressions ne pourraient durer.

Organisez-vous, mobilisez-vous, soyez solidaires. Pas en écrivant « moi aussi » (Me Too) sur les réseaux sociaux. C’est sympathique, mais ça ne change pas le monde. Or, c’est le défi que vous devez relever. Soyez dans la conquête. Gagnez de nouveaux droits sans attendre qu’on vous les concède…

…Et misez sur la sororité. Désunies, les femmes sont vulnérables. Ensemble, elles possèdent une force à soulever des montagnes et convertir les hommes à ce mouvement profond. Le plus fascinant de toute l’histoire de l’humanité.

Terminé en février 2021

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

19 commentaires sur « « Une farouche liberté » d’Annick Cojean et Gisèle Halimi »

  1. C’est tout à fait vrai qu’on ne prend pas le temps de lire les livres de toutes les personnes qu’on admire ! En tout cas, j’ai trouvé que cette  » farouche liberté  » permettait certainement aux jeunes générations de connaître les combats d’une femme qui a toute mon admiration ! 😉

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    1. j’ai bien apprécié cette lecture, les questions d’Annick Cojean sont précises pointues (elle n’est jamais dans l’idolâtrie, ou le cirage de pompes…
      J’ai envie de me replonger dans ses premiers combats, j’espère que cela ne sera pas trop rébarbatif (minutes de procès?)
      Gisèle Halimi savait vraiment expliquer et convaincre 🙂

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  2. Un livre qui m’attire beaucoup. Moi aussi j’admire beaucoup Gisèle Halimi et je m’étais promis de lire davantage ses écrits. Je le ferai mais j’ai besoin de pouvoir me concentrer davantage pour le faire et pour l’instant je dois m’attaquer à « Apeirogon » que tu avais aimé et que j’ai enfin pu avoir à la médiathèque. Belle journée et merci pour ton enthousiasme

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    1. il se lit facilement en fait, c’est moi qui avais envie de faire durer pour bien m’imprégner de ce que je connaissais moins…
      J’espère que « Apeirgon » va te plaire autant qu’à moi, il faut se laisser porter…
      belle journée à toi aussi 🙂 le soleil est là même s’il fait froid on se sent bien 🙂

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    1. elle est fascinante par ses convictions, ses combats, elle ne lâchait jamais rien…
      je connaissais peu ses premiers combats (elle a deux ans de moins que ma mère) donc j’étais trop jeune pour ses premiers combats, notamment l’affaire Djamila Boupacha,je l’ai suivie à partir de 1974 en fait
      ce livre donne envie d’approfondir 🙂

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    1. il est très intéressant cet article!
      je vais essayer de trouver des textes d’Annick Cojean, je me suis rendu compte que sa bibliographie était assez importante des textes sur Simone Veil notamment et un livre sur Kadhafi : « Les proies, dans le harem de Kadhafi » …
      « Un farouche liberté » est passionnant à lire…

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  3. Tout comme Simone Veil que je connaissais mieux, j’ai de l’admiration pour la force de caractère et le courage de Gisèle Halimi. C’est un passage de témoin suite à sa disparition et je trouve cela formidable qu’il y ait ce livre pour transmettre aux jeunes cette volonté farouche de changer les choses pour la condition des femmes en France. 🙂

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    1. ces deux femmes ont marqué chacune à leur manière le XXe et le début du XXIe siècle mais je redoute la suite,Gisèle Halimi n’est pas optimiste et je suis d’accord avec elle, rien n’est jamais gagné il faut toujours se battre et l’avortement a tendance à être moins âprement défendu…

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      1. Tu as vu en Pologne.. c’est terrible. Je songe en pensant à la remise en cause de droits acquis chèrement par les femmes aux livres de Margaret Atwood et le dernier livre de Louise Erdrich. Il y a incontestablement un retour à des idées très conservatrices sur des sujets aussi important pour les femmes. Je pense que nous marchons vers des temps où l’obscurantisme gagne du terrain. Pas très optimiste non plus même en France.. Excellent week-end Eve 🙂

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      2. cela me fait peur…. en Pologne, dès l’instant où le gouvernement a commencer à parler de sanction si l’on osait dire le » camp polonais d’Auschwitz » on commençait à réécrire l’Histoire comme le pogrom de Iasi à une certaine époque
        l’obscurantisme gagne du terrain chaque jour rien n’est jamais acquis…
        Je redoute le moment où il n’y aura plus aucun survivant de l’Holocauste » cela va être terrible, les négationnistes ont de beaux jours devant eux

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  4. Une très grande dame pour moi aussi que madame Halimi. Si ce livre est sorti en poche, je découvrirai bien certains de ces premiers combats, que je connais peu. Sa plaidoirie au procès de Bobigny m’avait marquée, elle donne des frissons.

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    1. il est sorti assez récemment donc version poche je pense qu’il va falloir attendre…
      J’ai envie de me plonger dans ses premiers combats que je connais beaucoup moins bien je vais voir ceux qu je peux trouver 🙂

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