Publié dans littérature USA

« Rassemblez-vous en mon nom » de Maya Angelou

Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’ai choisi sur NetGalley pour sa couverture et également pour le petit bandeau rouge, où figurent les commentaires enthousiastes de Michelle Obama, Christiane Taubira :

Résumé de l’éditeur :

Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d’une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d’une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l’espoir et la joie, l’accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

Après l’inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d’autres encore lui ont rendu hommage.

Traduit de l’anglais par Christiane Besse.

Ce que j’en pense :

La seconde guerre mondiale, vient de s’achever, les héros sont rentrés au Pays, Blancs et Noirs ont participé à la libération des camps nazis alors on espère que le racisme a fait long feu…  En fait, ce n’est pas si simple, les usines d’armement ferment, les ouvriers sont plus en moins renvoyés vers leur sud natal, certains préfèrent rester.

Leur intellect élargi ne pourrait plus jamais se réadapter à ces étroits confins. Ils étaient libres, ou du moins plus poches de la liberté que jamais auparavant, et ils refusèrent de repartir.

Maya nous raconte une période de sa vie de ses dix-neuf à ses vingt et un ans pour être précise. Elle est mère d’un petit garçon, âgé de quelques mois, dont le père n’a fait que passer dans sa courte vie. Il faut travailler, alors elle va enchaîner les boulots difficiles : serveuse, cuisinière, avec un petit passage par la danse… son frère Bailey qui travaille aux chemins de fer américain, est présent par intermittence. Elle a gardé des liens avec sa grand-mère, sa mère et son beau-père mais ils sont plus ou moins harmonieux. Elle a bien compris qu’elle en pouvait que se débrouiller seule.

Côté amour, ce n’est pas la joie non plus, elle a le chic pour rencontre des hommes qui ne peuvent que la faire souffrir : Curly, un homme qui est, en fait, fiancé avec une autre, un danseur de claquettes, amant doué mais qui reste amoureux de son ex-femme, droguée, un gigolo…

Maya est intelligente, lit beaucoup, fascinée par les auteurs russes, elle dévore Dostoïevski dont l’univers lui semble tellement proche du sien puis s’attaque à Gorki, Tchekhov Tourgueniev qui deviennent ses compagnons sous le soleil californien. Elle est souvent obligée de partir, revenir au Sud après le séjour californien, par exemple, est une sorte de régression sociale dont ses anciens amis se moquent ouvertement…

Malgré sa force de caractère et sa combattivité, elle a l’art de se mettre en danger, de se retrouver dans des situations compliquées, voire dégradantes, car elle espère toujours rencontrer le grand amour, mais elle est encore jeune, ceci explique cela…

A ma grande honte, je ne connaissais pas Maya Angelou, son talent, sa notoriété et en lisant cette autobiographie centrée sur 3 années de sa vie, j’ai beaucoup apprécié son écriture, sa personnalité qui commence à poindre dans cette fin d’adolescence ou début d’âge adulte, comme on préfère, et j’ai une furieuse envie de la découvrir davantage, dont notamment son précédent livre, autobiographique également : « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage ».

Christine Taubira la décrit ainsi :

« Maya Angelou, c’est du feu. Un feu d’indicible joie, qui anéantit l’adversité et embrase la combattivité. Un feu qui éclaire, m’éclaire encore. »

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Notabilia qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteure brillante.

#Rassemblezvousenmonnom #NetGalleyFrance

9/10

L’auteure :

Née à Saint-Louis, dans le Missouri en 1928, Maya Angelou, de son vrai nom Marguerite Johnson, fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats pour les droits civiques avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes.

En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ».

On lui doit : « Je sais pourquoi chante l’oiseau dans sa cage », « Lettre à ma fille », ou encore « Tant que je serai Noire »

Elle est décédée le 28 mai 2014 à l’âge de 86 ans.

Extraits :

Plus besoin de discuter du préjugé racial. Ne venions-nous pas tous ensemble, Noirs et Blancs, d’arracher ce qui restait de Juifs à l’enfer des camps de concentration ? Le racisme était mort. Une erreur commise par un jeune pays. Une chose à oublier au même titre que la conduite déplaisante d’un ami en état d’ivresse.

L’apitoiement sur soi, à ses débuts, est aussi agréable qu’un matelas de plumes. Ce n’est qu’à la longue, qu’il devient inconfortable.

La vie, d’après ce que j’avais pu en conclure jusqu’ici, était une série de contraires : Noir/Blanc, dessus/dessous, vie/mort, riche/pauvre, amour/haine, heureux/malheureux, sans zones de compromis intermédiaires. D’où la logique crime/châtiment.

La lourde richesse de l’univers de Dostoïevski était celle où je vivais depuis toujours. Les intérieurs tristes, sans lumière, les ratiocinations complexes des personnages et leurs humeurs fâcheuses m’étaient aussi familiers que la solitude.

Il existe dans l’imaginaire américain un pays bien-aimé où des femmes très pâles voguent en permanence sous de sombres magnolias, tandis que des hommes blancs aux mains douces époussettent des brins de glycine sur les épaules laiteuses de leurs amantes. Une harmonieuse musique noire flotte comme une parfum dans cet air précieux que rien de menaçant ne vient jamais troubler…

Les rapportes entre Bailey et moi s’étaient détériorés durant notre adolescence, alourdis par le cynisme de mon frère. Il ne me comprenait plus très bine et je ne pouvais pas deviner ses désillusions d’homme noir à l’égard de la vie.

Il est intéressant qu’ils ne soient pas rendu compte dans ces jours anciens du désir, ni même dans ces jours présents de compréhension, que, si la femme avait le droit de décider, elle souffrait de son incapacité à formuler la demande. Car, enfin, elle ne peut dire oui ou non que si on lui pose la question.

Mon courage s’effilochait. Hélas ! la force d’âme n’était pas comme la couleur de ma peau, acquise une fois pour toutes et mienne à jamais. Il fallait la ressusciter chaque matin et l’exercer avec soin. Il fallait aussi la nourrir de quelques succès. Mon énergie m’avait abandonnée comme se fanent les traits d’une jolie femme qui vieillit.

Lu en janvier 2021

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

23 commentaires sur « « Rassemblez-vous en mon nom » de Maya Angelou »

    1. je me dis quand même que j’aurais pu la découvrir avant… J’ai mis du temps aussi à explorer les livres de James Baldwin…
      en fait mes connaissances en littérature américaine sont encore limitées car j’ai longtemps snobé et les années Trump n’ont rien arrangé mais il n’est jamais trop tard… Colson Whitehead est passé par là et le déclic déjà amorcé a eu lieu

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    1. je me laisse souvent emportée par les tentations sur NetGalley mais en fait je ne regrette pas la plupart des livres que j’ai pu lire m’ont plu et j’ai fait des découvertes qui ont changé des choses dans ma vie: « La fabrique des salauds » « Les Oxenberg & les Berstein », Apeirogon » et d’approfondir ma découverte de Andreï Makine, Metin Arditi sans oublier toute la série « Les nuits au musée…
      c’est plutôt le COVID qui a eu une action inhibitrice sur moi 🙂

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    1. celui-ci est centré sur sa période 19 21 ans avec ses expériences, ses choix ses désillusions… Je vais tenter de trouver « Pourquoi chante l’oiseau en cage  » pour en apprendre davantage… En douceur comme avec James Baldwin :-)…

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  1. C’est en relisant James Balwin que je l’ai découverte car elle l’a toujours adulé mais je n’ai rien lu d’elle depuis « je sais pourquoi chante l’oiseau en cage » lu bien avant que j’ai le blog et qu’il faudrait que je relise un jour d’ailleurs. Il faut dire aussi que je crois bien que son œuvre n’a pas toute été traduite en français. Elle a aussi écrit de très beaux poèmes. Merci de nous parler de celui-ci je ne le connaissais pas

    Aimé par 1 personne

    1. justement, je ne sais pas si ses poèmes ont été traduits il faut que je vérifie. J’ai vu que sur Babelio plusieurs titres étaient en anglais…
      c’est une belle découverte pour moi, et j’ai rajouté « Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage » à ma PAL il va falloir que je le trouve 🙂

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  2. J’avais beaucoup aimé « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage », j’ai hâte de pouvoir poursuivre ma découverte de son oeuvre autobiographique. ♥ Je suis très curieuse aussi concernant l’album jeunesse « La vie ne me fait pas peur ».

    Aimé par 1 personne

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