Publié dans Littérature Royaume-Uni, Polars

« Je sais que tu sais » de Gilly Macmillan

Pour fuir l’intox quotidienne où règne en maître une bestiole microscopique nommée Covid 19, qui entre parenthèses m’a conduit à boycotter les journaux télévisés (une seule exception ARTE journal, court, bien fait sans blablas, j’ai opté pour un polar garanti dépaysant :

Résumé de l’éditeur :

Bristol, 19 août 1996. Les corps de deux enfants assassinés sont retrouvés au petit matin dans un terrain vague. Lorsqu’un nouveau cadavre est découvert sur le même lieu vingt ans plus tard, l’inspecteur Fletcher se voit obligé de replonger dans ses anciens dossiers. Les deux affaires pourraient-elles être liées ? L’enquête a pourtant été résolue par Fletcher lui-même. À moins qu’une erreur n’ait été commise ?

 Pour Cody Swift, jeune homme encore hanté par la mort de ses deux meilleurs amis d’enfance, d’évidentes zones d’ombre persistent. Il lance alors un podcast dans lequel il diffuse les avancées de sa propre enquête, quitte à réveiller chez certains des traumatismes enfouis et des blessures encore vives… Que s’est-il réellement passé en 1996 lors de cette nuit étouffante ? L’homme qui a été envoyé derrière les barreaux à l’époque était-il innocent ? Et si oui, où se trouve le meurtrier aujourd’hui ?

Ce que j’en pense :

Qu’est-ce qui peut arriver de pire en période de confinement que choisir un livre censé apporter la détente, l’évasion : se tromper…

Un crime odieux a donc été commis en août 1996 : on a découvert deux enfants de dix et onze ans odieusement tabassés à mort. L’un des deux est mort dans les bras de l’inspecteur Fletcher, qui est chargé de l’enquête. On pourrait penser que, vue la situation, il aurait à cœur de faire une enquête approfondie, sérieuse or il ne pensa qu’à sa carrière, et se comporte en pourri, manipulant un jeune homme, qui a un retard mental comme on disait à l’époque, de manière à lui faire reconnaître qu’il a fait du mal aux enfants. (dont il était le souffre-douleur attitré !)

Des années plus tard, le « coupable » se suicide en prison  et Cody Swift, qui était l’ami, le copain de jeux et de bêtises de Charlie et Scott (et a échappé à la tuerie,  car il était puni pour avoir déchiré son T-Shirt) décide de faire la lumière et prouver que l’enquête a été menée à charge, et qu’on n’a pas condamné la bonne personne, via une méthode particulière : les podcasts dans lesquels il interroge les personnes qui ont pu avoir un rapport avec le crime : les parents des victimes, les policiers, les gens du quartier…

Évidemment, un autre corps est retrouvé par hasard, pas loin de l’endroit où ont été retrouvé les deux enfants. Et une autre enquête démarre avec un inspecteur Fletcher toujours aussi pourri, qui fricote avec des gens peu recommandables qui ont joué un rôle en 1996.

J’aime assez les flics cabossés par l’existence mais pas les corrompus, alors pourri autant que Fletcher, c’est horripilant, du début à la fin. De toute façon, dans ce roman, c’est celui qui sera plus manipulateur, malfaisant que l’autre, pour preuve le lynchage de Jess, la mère de Charlie, considérée comme une mère indigne ou presque…

De plus, je pense que c’est lié à la version e-book, la mise en page laisse à désirer, et on passe d’une période à l’autre, sans démarcation, ce qui ne facilite pas la lecture.

Mauvaise pioche, alors que je l’avais choisi car Gilly Macmillan connaît un certain succès… et il ne me donne même pas envie de lire « Ne pars pas sans moi », autant regarder une bonne série policière à la TV, même si en période de confinement on nous abreuve de rediffusions…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Les Escales Noires (que j’apprécie en général) qui m’ont permis de découvrir l’auteure…

#JeSaisQueTuSais #NetGalleyFrance

4/10

L’auteure :

Gilly Macmillan a grandi à Swindon dans le Wiltshire et en Californie du Nord.

Après des études en histoire de l’art et avoir travaillé pour le Butlington Magazine, elle devient professeur de photographie dans le secondaire.

Puis elle se consacre à l’écriture, publiant, entre autres : « Ne pars pas sans moi », « La fille idéale », « La Nanny »

Extraits :

La perte de mes amis et la culpabilité du survivant sont une sombre douleur avec laquelle je vis depuis cette nuit-là. Je ne suis pas le seul. Si fouiller le passé n’a pas été facile pour moi, il en est de même pour certaines personnes avec lesquelles je me suis entretenu.

Il existait une loi du silence dans la cité ; on protégeait les siens. Ce code n’avait plus de valeur si des enfants étaient impliqués, cependant. Ceux qui s’en prenaient aux enfants étaient les pires des ordures.

Écoutez, quand les choses roulent, la brigade criminelle est le meilleur endroit au monde où travailler mais quand ça ne tourne pas rond, il peut devenir l’endroit le plus isolé sur terre.

Qu’est-ce qu’on fait quand la vie vous a mis K-O ? Est-ce qu’on devient le fantôme de celui qu’on était avant, à jamais hanté, ou bien est-ce qu’on avance et qu’on essaie de se reconstruire en tirant les leçons du passé ? Il est possible de se relever, j’en suis la preuve….

Lu en avril 2020

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

9 commentaires sur « « Je sais que tu sais » de Gilly Macmillan »

  1. Une mauvaise pioche pourtant j’avais noté cet auteur ce qui veut dire qu’il a un certain succès ! Mais c’est vrai qu’en ce moment on a envie de surprises, de changements…Et du coup on a du mal à entrer dans nos lectures…Je vais attendre alors pour me précipiter dessus 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. je n’ai peut-être pas commencé par le bon « Ne pars pas sans moi » a été apprécié par beaucoup !
      mais je crois surtout que je commence à saturer, j’ai du mal à m’intéresser à ce que je lis, ce qui ne m’était jamais arrivé…

      J'aime

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