Publié dans Littérature anglaise, Polars

« Le journal de Claire Cassidy » : Elly Griffiths

Je vous parle aujourd’hui d’un thriller avec :

Résumé de l’éditeur

Dans le collège où elle enseigne, Claire Cassidy donne chaque année un cours sur un classique de la littérature gothique, L’Inconnu, dont l’auteur, R.M. Holland, a vécu et enseigné dans le même collège qu’elle. Fascinée par ce personnage qui hante encore les murs de l’établissement, Claire travaille à l’écriture de sa biographie. Mais un jour, Ella, sa collègue et amie, est retrouvée morte. À côté de son corps, une citation de L’Inconnu… La littérature et le réel entrent alors en collision, et Claire devient suspecte aux yeux de la police. Le mystère s’épaissit lorsqu’elle ouvre son journal intime et découvre une écriture qui n’est pas la sienne : « Bonjour, Claire. Tu ne me connais pas. » L’inconnu, lui, connaît Claire, jusqu’à ses moindres secrets, et il n’est visiblement pas étranger aux meurtres qui vont se succéder au sein même du collège, toujours inspirés du livre de R.M. Holland.

Claire arrivera-t-elle à changer la fin de l’histoire ?

Ce que j’en pense

Ce polar se déroule dans un collège qui fût autrefois la maison de R. M. Holland, auteur de « L’inconnu » qui l’a rendu célèbre et sur lequel Claire Cassidy est en train d’écrire un livre.

Claire a été embauchée le même jour qu’Ella pour enseigner la littérature anglaise aux élèves. Elles sont amies, leur passe-temps favori, en dehors de la lecture, est de regarde « Danse avec les stars. Elles travaillent avec Rick, qui fantasme sur Claire, allant jusqu’à l’épier devant sa maison, mais il est marié et Claire l’envoie promener.

Lors d’un stage, c’est Ella qui cède aux avances de Rick…

On la retrouve chez elle, morte, poignardée, avec des blessures aux mains, tels des les stigmates de la crucifixion. Entrent alors en scène, le lieutenant Kaur, de son prénom Harbinder et son coéquipier le lieutenant Wilson.

En fait, tout le monde est suspect, il peut s’agir d’un autre professeur, notamment Rick le harceleur, mais aussi d’un élève, car certains sont particuliers…

Claire tient son journal depuis l’enfance pratiquement, à part quelques périodes où sa vie était plus heureuse (pendant son mariage par exemple) depuis son divorce elle écrit à nouveau, évoquant ses relations avec son ex, avec ses collègues, ou ses angoisses car Georgie « sort » avec Ty qui a quelques années de plus qu’elle.

Et, mystérieusement, quelqu’un rajoute des petites phrases dans ce journal…

En fait, tout le monde écrit, dans ce collège : Georgie, la fille de Claire tient son journal via internet « monjournalintime.com » où elle peut rendre public ce qu’elle veut, ce qu’elle juge bien écrit… Elle y retrouve Patrick, Tash, Venetia, les amis avec lesquels, elle participe à l’atelier d’écriture de Madame Hughes, qui est la professeure d’anglais des terminales, qui leur parle réincarnation, spiritisme et bien sûr, Claire n’est pas au courant…

Ce qui m’a plu dans ce thriller : le côté fantastique, avec le fantôme d’Alice Holland qui apparait parfois dans les escaliers, présage de mort, mais aussi tous les petits secrets des uns et des autres, car la communication entre adultes et adolescents est quasi inexistante.

Elly Griffiths alterne le récit de « L’inconnu » de Holland, et les journaux intimes, des uns et des autres, et les points de vue : celui de Claire, de Harbinder, de Georgie…

Notre lieutenant Kaur est géniale : à trente cinq ans elle habite toujours chez ses parents, des Sicks parents qui ne comprennent pas qu’elle fasse un métier d’homme au lieu de se marier avoir des enfants et faire la cuisine…

J’ai passé un bon moment, avec ce roman « so british » car l’intrigue est bien construite et on ne devine pas au milieu du livre qui est le tueur (ou la tueuse) et les indices sont distillés au compte-gouttes sur fond de littérature (on s’attendrait presque à voir passer Jane Austen). J’ai souvent pensé à Agatha Christie durant cette lecture…

Un grand merci à NetGalley et aux Editions Hugo Thriller qui m’ont permis de découvrir ce thriller, et son auteure.

#LejournaldeClaireCassidy #NetGalleyFrance

❤️ ❤️ ❤️ ❤️

L’auteure :

Née à Londres, Elly Griffiths vit aujourd’hui près de Brighton avec sa famille. Elle est l’auteur d’une quinzaine de thrillers.

Extraits :

J’ai l’esprit libre et quand je rentre à la maison, rien ne vient m’empêcher d’écrire toute la soirée. Je travaille à une biographie de R.M. Holland. Il m’a toujours intéressée depuis que dans mon adolescence j’ai lu L’Inconnu dans une anthologie d’histoires fantastiques.

J’allais enseigner la littérature anglaise pendant la journée et le soir, inspirée par mon environnement, j’écrirais sur Holland, sur sa vie de reclus, la mort mystérieuse de sa femme, sa fille disparue.

Il y a quelques histoires qui circulent. On dit qu’une femme est tombée du dernier étage. D’après certains, ça aurait été la femme d’Holland. Ou sa fille. Quelques élèves racontent qu’ils ont vu une femme en chemise de nuit blanche qui descendait l’escalier. Ou qu’on peut voir parfois une vague silhouette qui tombe. Apparemment la tache de sang est encore visible juste devant le bureau du directeur.

J’appris par la suite qu’Ella, qui était une fan de Jane Austen, s’identifiait à Elizabeth Bennet. Mais à mes yeux, elle ressemblait beaucoup plus à Emma.

« Il y a souvent des archétypes dans les histoires fantastiques, leur dis-je. Le jeune homme naïf, le confident, le traître, la femme maléfique.

On pouvait enfermer les femmes dans des institutions psychiatriques à cette époque si elles souffraient de dépression post-partum ou si elles désobéissaient à leur mari. Il y a même des cas où on enfermait les femmes parce qu’elles s’adonnaient à “la lecture excessive de romans”.

Kush travaille à la boutique et Abid est électricien. Mes frères ont cinq enfants en tout et ils portent tous deux encore leurs turbans. Du point de vue de mes parents, c’est là un succès retentissant. Quant à moi, moins on en dit, mieux ça vaut : trente-cinq ans, célibataire, occupée à faire ce que maman appelle « un travail d’homme ». S’ils savaient que je suis gay, ce serait la fin de tout.

Je n’ai rien contre les chiens, mais je préfère qu’ils aient l’air de chiens. Mes parents ont un berger allemand qui s’appelle Sultan. Il est censé garder le magasin, mais en fait il dort sur leur lit et on le traite comme un fils (et bien mieux que leur fille).

Le truc, c’est qu’aucune de nos mères ne nous comprend, elles en sont congénitalement et sociologiquement incapables.

Mais de toute manière, je ne veux pas de funérailles dans une église. Je veux être éparpillée aux quatre éléments. La terre pour mon corps, l’eau pour mon sang, l’air pour mon souffle, le feu pour mon esprit. »

Lu en février 2020

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

8 commentaires sur « « Le journal de Claire Cassidy » : Elly Griffiths »

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