Publié dans Littérature italienne

« Le gang des rêves » de Luca di Fulvio

Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’ai lu en janvier 2019 au cours des semaines d’alitement de ma première intervention et j’aurais eu des regrets à ne lui consacrer qu’un entrefilet tant la découverte était belle :

 

Le gang des rêves de Luca di Fulvio

 

 

Quatrième de couverture :

 

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils.
Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

Ce que j’en pense :

 

Nous sommes au début du XXe siècle. Cetta Luminata vient d’arriver à New-York. Elle a  fui son pays natal, la Sicile, car violée par l’employeur de ses parents, elle s’est retrouvée enceinte. Elle décide de garder l’enfant mais comme ils n’auront aucun avenir dans ce pays pourquoi ne pas tenter le rêve américain ?

Au terme d’une traversée qui a tout du cauchemar, elle se rend compte que le rêve s’écroule, et hélas la conduit à faire faire le trottoir pour nourrir son fils qu’elle a baptisé « Christmas » … mais quel pourra être son avenir, dans cette partie de la ville où règne en maître la maffia ?

Lorsqu’il est un peu plus grand, il tombe amoureux de Ruth, petite fille juive dont les parents sont riches, habitent une belle maison, où tout semble tomber du ciel facilement.

La gentille Ruth est victime d’un viol par un des employés de la maison et tout bascule.

Luca di Fulvio, nous raconte l’histoire de ces deux gamins, la manière dont ils vont évoluer dans la vie, et comment on peut on non prendre son destin en mains.

Chris est intelligent, même si l’école a été une expérience traumatisante, alors qu’il est né dans ce quartier maffieux, où règne la violence avec les guerres des gangs, les affrontements entre Italiens et Irlandais, avec la complaisance de certains policiers, la prohibition, la pauvreté, pour ne pas dire la misère. Pour un amour d’enfant, il va tourner le dos à cet univers et faire quelque chose de sa vie avec sa belle idée de « gang des rêves », tout en cherchant à retrouver Ruth.

L’auteur parle extrêmement bien aussi du drame des migrants, qui ont fui la pauvreté dans leur pays natal, pour se retrouver dans  la misère une fois de plus, tout en gardant la nostalgie du pays. Il montre sans concession la ségrégation, le racisme sur fond de naissance de « Little-Italy ».

De son côté, Ruth doit arriver à vivre avec ce traumatisme qui a fait éclater l’innocence de l’enfance, et montrer qu’on n’est à l’abri nulle part, que l’argent et le confort ne protègent pas de tout.

On traverse pratiquement tout le XXe siècle, les musiques, l’avènement de la radio, le Music-hall, puis du cinéma ainsi que toutes les tragédies.

L’écriture est belle, le rythme léger, l’histoire va bien au-delà d’une romance à l’eau de rose,et au fur et à mesure que je  progressais dans la lecture, je me suis sentie happée et il m’a été impossible de le lâcher.

J’ai lu énormément de critiques positives sur ce roman et la mienne (même rédigée de mémoire car plusieurs mois après l’avoir lu!) va dans le même sens, car l’atmosphère que crée avec talent Luca di Fulvio est encore omniprésente…

Bien entendu, d’autres romans de l’auteur m’attendent dans la PAL, notamment « Les enfants de Venise » et « Le soleil des rebelles »

Un vrai coup de cœur donc:

coeur-rouge-

 

 

 

L’auteur :

 

Né à Rome, Luca Di Fulvio est devenu l’un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de « Le gang des rêves » (« La gang dei sogni », 2008) publié en France en juin 2016 chez Slatkine & Cie et premier tome d’une forme de trilogie.

 Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d’un jeune Italien, s’est lentement mais sûrement transformé en best-seller.

Suivra, un an plus tard, « Les enfants de Venise » (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis « Le soleil des rebelles » (2018).

 

Extraits :

 

En 1912, une nouvelle guerre de territoires éclata. Entre Italiens et Irlandais cette fois. Mais, c’était une guerre qui ne se passait pas dans la rue et que l’on ne menait pas avec des pistolets. Maintenant, c’était la police de New-York qui travaillait pour les Irlandais, en tout cas cette partie de la police que l’on pouvait corrompre avec de généreux pots-de-vin.

 

Et tous ces regards de vaincus, ces dos courbés par la misère et la résignation, et ces poches vides qui criaient la faim, grandes ouvertes comme les bouches hurlantes de leurs enfants mal-nourris. Et, pendant qu’il s’éloignait, c’était comme si les éternels discours de tous ces gens, des malheureux comme lui, résonnaient dans ses oreilles. Il les entendait parler du ciel et du soleil de leur pays natal, qu’ils avaient fui sans pouvoir s’en débarrasser et gardaient accrochés à leurs épaules comme un parasite ou une malédiction…

 

Quand on arrive ici à New-York, on est comme Croc-Blanc, on est des loups. On est forts, mais sauvages. Et on rencontre des gens méchants qui nous rendent encore plus sauvages. Mais, nous, on n’est pas simplement sauvages. On est forts aussi, Christmas, et ça, ne l’oublie jamais ! Et quand on rencontre quelqu’un de bien, ou quand, finalement le destin nous sourit, notre force nous permet de devenir comme Croc-Blanc. Des Américains.

 

Elle voulait autre chose pour Christmas, mais elle ne savait quoi. Plus d’une fois elle se prit à penser que ni lui ni elle ne deviendrait jamais Américain, avec les mêmes chances que les Américains. Parce que le Lower East Side était comme une prison de haute sécurité : on ne pouvait s’en évader, et ceux qui étaient dedans étaient condamnés à perpétuité.

 

Lu en janvier-février 2019

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

18 commentaires sur « « Le gang des rêves » de Luca di Fulvio »

    1. à remonter d’urgence:-)
      j’ai eu un coup de cœur en le lisant, et j’avais peur d’avoir perdu des éléments et des émotions en écrivant ma chronique presque un an plus tard et en fait en parcourant tous mes marque-pages tout est revenu 🙂
      il fait partie des romans qui restent dans le cœur 🙂

      Aimé par 2 personnes

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