Publié dans Littérature française, Polars

« Les points de fuite » de Frédérique Molay

Je vous parle aujourd’hui d’un livre fort sympathique, malgré le sujet abordé:

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

New York : une jungle urbaine, un concentré de violence, une mosaïque de couleurs. Branchée, survoltée, époustouflante, c’est la ville où « rien n’arrête le regard, à part le point de fuite ».

Ce jour-là aurait dû être un jour comme les autres pour Elaine Casey. Mais alors qu’elle et son fils visitent le musée national des Amérindiens, tout bascule en quelques minutes : l’enfant a disparu. Les détectives de la Division des enquêtes spéciales de la police de New York ont rapidement la certitude qu’il a été enlevé.

S’engage alors une course-poursuite avec le kidnappeur, dans une ville qui se relève à peine du traumatisme du 11-Septembre. L’alerte Amber est lancée et le visage souriant de Tom Casey apparaît sur le téléphone portable de tous les New-yorkais. La ville entière est sur le qui-vive, et des milliers d’enquêteurs amateurs surgissent. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs véritables motivations ? Seront-ils d’une aide bienvenue pour la police ou un risque supplémentaire pour l’enquête ?

 

Ce que j’en pense:

 

« Une ville pour les presbytes. Rien n’arrête le regard, à part le point de fuite » écrivait Jean-Paul Sartre en 1946  dans son article « Manhattan : the great American desert » dans la revue Town & Country. Ainsi commence l’aventure…

Elaine Casey emmène son enfant, Tom âgé de neuf ans, visiter le musée national des Amérindiens, quand soudain, il lui lâche la main et disparaît. Tout s’est passé très vite. Un autre visiteur appelle la police et tous les policiers vont être mobilisés pour retrouver l’enfant, tout se joue dès la première heure, plus le temps passe plus les chances de le retrouver vivant diminuent très vite.

S’agit-il d’un pédophile, d’une tentative d’enlèvement pour obtenir une rançon, d’une vengeance, ou de l’œuvre d’un déséquilibré ?

Le chef de la police décide d’utiliser un nouveau système d’alerte enlèvement, via une application, tous les smartphones se mettent à sonner, vibrer en même temps et affichent un SMS.

Tom est terrorisé car l’homme lui a dit qu’il tuerait sa mère s’il n’obéissait pas, mais il va laisser des indices tout le long de ce parcours au pas de course que lui impose son ravisseur. Un regard désespéré attire l’attention de Sam Rafferty, sculpteur reconnu, pote de Robert de Niro, qui va essayer de pister leur fuite. Un autre jeune homme, Clif, petit voyou, dont l’enfance a été violente se lance aussi sur ses traces. Pourquoi ? empathie comme Sam ou malveillance ?

L’auteure aborde l’enquête policière et en parallèle la psychiatre tente de comprendre la personnalité du kidnappeur, de façon très intéressante. Elle évoque notamment les gens qui ont perdu des proches lors du 11 septembre et comment le deuil se fait amenant à la résilience (comme Sam Rafferty, personnage que j’ai beaucoup aimé !) ou ne se fait pas, le déni pouvant aboutir à la psychose.

L’enquête est passionnante, et Frédérique Molay nous entraîne dans un voyage à travers New-York, sur un train d’enfer, nous racontant au passage l’histoire de la ville, les monuments, les musées, les endroits sympathiques, mais aussi le traumatisme du 11 septembre, toujours tellement omniprésent que la moindre explosion fait penser immédiatement à une attaque terroriste.

Frédérique Molay rend un vibrant hommage à New-York, ville cosmopolite, multicolore, avec des références à des chansons célèbres, (ex : Liza Minelli) ou à des citations d’écrivains.

Comme vous avez pu le remarquer, j’adore les thrillers, ou les polars qui reposent sur un thème de fond: l’art, une ville, un problème de santé…J’ai donc beaucoup aimé ce roman, je l’ai dévoré pendant le week-end, tous les personnages étant bien croqués, et le mystère bien entretenu…

J’ai choisi ce livre qui était proposé en accès libre sur NetGalley que je remercie vivement ainsi que les éditions Amazon Publishing France car cette lecture a été passionnante et m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteure que je ne connaissais que de nom.

                                                                    ❤️ ❤️ ❤️ ❤️ ❤️

 

#LesPointsDeFuite #NetGalleyFrance

 

 

L’auteure:

 

Frédérique Molay signe en 1998 un premier thriller, « Tueur d’innocence », aux Éditions de l’Armançon. Avec son deuxième roman, « La 7e femme » (Fayard, 2006), elle entame la série des enquêtes du commissaire Nico Sirsky et obtient le prix du Quai des Orfèvres 2007.

Elle publie ensuite « Bienvenue à Murderland » (Albin Michel, 2008) avant de se lancer dans la suite des aventures de son héros favori avec « Dent pour dent » (Fayard, 2011) et « Déjeuner sous l’herbe » (Fayard, 2012). Le quatrième tome de la série, « Copier n’est pas jouer », est paru en 2017 chez Amazon Publishing, suivi en 2018 par « Les Inconnues de la Seine ».

Son nouveau roman, « Les Points de fuite », nous entraîne dans l’univers du thriller américain.

 

Extraits

 

Le capitaine Rivera considérait la ville depuis une fenêtre du onzième étage. Une jungle urbaine. Un concentré de violence, une mosaïque de couleurs et de religions, un cocktail de luxe et de crasse. Une bombe à retardement. Un miracle si elle n’explosait pas. « New-York de boue, New-York de fil de fer et de mort. Quel ange portes-tu caché dans ta joue ? » avait écrit son poète fétiche, Federico Garcia Lorca dont il partageait les origines hispaniques.

 

Après la perte d’un être cher, il y a cinq étapes incontournables à la réalisation du deuil : le choc, le refus, la colère, la dépression et enfin l’acceptation. Mais, rejeter indéfiniment la mort, se conduire, comme si elle n’avait jamais existé, c’est le déni. Et aussi, le premier pas vers la psychose.

 

Flics ou voyous, c’était parfois difficile d’établir la frontière. Clif ne détestait personne, il se méfiait seulement de tout le monde.

 

Au début, était le blues, ce langage universel né dans le delta du Mississippi. Puis, Dieu, ou plutôt tout un peuple qui chantait sa misère dans les rues de la Nouvelle Orléans et de New-York, créa le jazz…

 

La maîtrise de soi des Asiatiques n’était pas une légende ; ils mourraient comme on s’endort pour une courte sieste.

 

Il y avait aussi ces petites maisons aux murs de brique qui rappelaient le New-York du XIXe siècle. Il aimait l’histoire, car impossible de comprendre aujourd’hui et de construire demain, sans appréhender le passé.

 

Les textos s’adressaient à ce que les hommes avaient de meilleur et de pire en eux. Compassion bienveillance, charité, solidarité envers la victime et sa famille. Voyeurisme, délectation du malheur d’autrui, égoïsme, jalousie, ragot.

 

« Si je peux réussir ici, je peux réussir n’importe où » affirmait la célèbre chanson (New-York, New-York de Liza Minnelli). La démonstration de l’orgueil, de la foi inébranlable d’un peuple. Ce pays, on l’admirait ou on le haïssait, mais il laissait rarement indifférent. Voilà pourquoi deux Boeings s’étaient crashés sur le World Trade Center.

 

New-York, la ville qui ne dort jamais. Sou l’œil assassin de la pleine lune, la statue de la Liberté montait la garde. Manhattan ressemblait à un flipper géant, un feu d’artifice, une œuvre surréaliste. Une beauté à couper le souffle.

  

« Écrire sur New-York, c’est comme photographier un enfant. Le temps d’un déclic, l’enfant a changé »

Paul Claudel (dans sa correspondance avec André Maurois)

 

Lu en décembre 2019

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

4 commentaires sur « « Les points de fuite » de Frédérique Molay »

  1. Un petit coucou pour te souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année. La misère des gens n’ayant pas de trêve de Noêl, j’ai encore plus de travail pour cette période. Pas le temps, malheureusement de prendre connaissance de tes lectures, ni de lire d’ailleurs. J’espère que ta convalescence se passe bien ? A bientôt.

    Aimé par 1 personne

    1. bonnes fêtes à toi-aussi et prends bien soin de toi surtout 🙂
      je récupère tranquillement, ma kiné trouve que c’est bien. J’ai droit au canapé (couchée) depuis 2 jours alors j’en profite pour regarder un peu la TV en streaming…
      C’est le moment le plus difficile, car je n’ai plus de douleurs donc ne pas céder à la tentation de faire des bêtises:-)

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