Publié dans BILAN

Bilan de mes lectures pour 2019

Ce n’est pas toujours évident de faire un bilan de ses lectures, je vais tenter de faire simple:

 

Nombre de livres lus:

 

136 livres dont majorité de Français, et une bonne proportion « rentrée littéraire »

Une percée de l’Australie avec 6 romans dont 1 coup de cœur

Percée aussi USA avec 16

Royaume Uni : 10

Italie : 5…

Les autres se répartissent les miettes…

 

S’il fallait garder les 5 meilleurs coups de cœur :

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« La Fabrique des salauds » de Chris Kraus

 

 

« Les déracinés » de Catherine Bardon

 

 

 

« Ces rêves qu’on piétine » de Sébastien Spitzer

 

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer

 

« Sous un ciel écarlate » de Mark Sullivan (sur la résistance en Italie)

 

 

« Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia

 

Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

 

 

Et les 10 autres  « Coups de cœur sont:

 

Ils ne sont pas classés par ordre de préférence mais par dates de lecture

« Le gang des rêves » de Luca di Fulvio

 

« Le marin de Casablanca » de Charline Malaval

 

« Devouchki » de Victor Remizov

 

« Une longue impatience » de Gaëlle Josse

  

« Cachemire rouge » de Christiana Moreau

 

« Les fleurs sauvages » de Holly Ringland

 

« Entre deux mondes » : Olivier Norek

 

« Pourquoi tu danses quand tu marches » : Abdourahman A. Waberi

 

« La tentation » de Luc Lang

 

« Civilizations » de Laurent Binet

 

Et, pas loin du coup de cœur : « Troubles » de Jeroen Olyslaegers

 

 

Bien-sûr, j’ai aimé beaucoup d’autres livres et cette année 2019 a été riche en découvertes.

 

J’ai délaissé cette année mon Challenge XIXe et renoué avec le Challenge « rentrée littéraire » car j’ai pu en trouver sur NetGalley alors que d’habitude, il faut patienter des semaines, parfois des mois,  à la bibliothèque municipale.

 

 

« Bonne année livresque 2020 à toutes et à tous ! »

Publié dans Littérature italienne

« Le gang des rêves » de Luca di Fulvio

Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’ai lu en janvier 2019 au cours des semaines d’alitement de ma première intervention et j’aurais eu des regrets à ne lui consacrer qu’un entrefilet tant la découverte était belle :

 

Le gang des rêves de Luca di Fulvio

 

 

Quatrième de couverture :

 

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils.
Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

Ce que j’en pense :

 

Nous sommes au début du XXe siècle. Cetta Luminata vient d’arriver à New-York. Elle a  fui son pays natal, la Sicile, car violée par l’employeur de ses parents, elle s’est retrouvée enceinte. Elle décide de garder l’enfant mais comme ils n’auront aucun avenir dans ce pays pourquoi ne pas tenter le rêve américain ?

Au terme d’une traversée qui a tout du cauchemar, elle se rend compte que le rêve s’écroule, et hélas la conduit à faire faire le trottoir pour nourrir son fils qu’elle a baptisé « Christmas » … mais quel pourra être son avenir, dans cette partie de la ville où règne en maître la maffia ?

Lorsqu’il est un peu plus grand, il tombe amoureux de Ruth, petite fille juive dont les parents sont riches, habitent une belle maison, où tout semble tomber du ciel facilement.

La gentille Ruth est victime d’un viol par un des employés de la maison et tout bascule.

Luca di Fulvio, nous raconte l’histoire de ces deux gamins, la manière dont ils vont évoluer dans la vie, et comment on peut on non prendre son destin en mains.

Chris est intelligent, même si l’école a été une expérience traumatisante, alors qu’il est né dans ce quartier maffieux, où règne la violence avec les guerres des gangs, les affrontements entre Italiens et Irlandais, avec la complaisance de certains policiers, la prohibition, la pauvreté, pour ne pas dire la misère. Pour un amour d’enfant, il va tourner le dos à cet univers et faire quelque chose de sa vie avec sa belle idée de « gang des rêves », tout en cherchant à retrouver Ruth.

L’auteur parle extrêmement bien aussi du drame des migrants, qui ont fui la pauvreté dans leur pays natal, pour se retrouver dans  la misère une fois de plus, tout en gardant la nostalgie du pays. Il montre sans concession la ségrégation, le racisme sur fond de naissance de « Little-Italy ».

De son côté, Ruth doit arriver à vivre avec ce traumatisme qui a fait éclater l’innocence de l’enfance, et montrer qu’on n’est à l’abri nulle part, que l’argent et le confort ne protègent pas de tout.

On traverse pratiquement tout le XXe siècle, les musiques, l’avènement de la radio, le Music-hall, puis du cinéma ainsi que toutes les tragédies.

L’écriture est belle, le rythme léger, l’histoire va bien au-delà d’une romance à l’eau de rose,et au fur et à mesure que je  progressais dans la lecture, je me suis sentie happée et il m’a été impossible de le lâcher.

J’ai lu énormément de critiques positives sur ce roman et la mienne (même rédigée de mémoire car plusieurs mois après l’avoir lu!) va dans le même sens, car l’atmosphère que crée avec talent Luca di Fulvio est encore omniprésente…

Bien entendu, d’autres romans de l’auteur m’attendent dans la PAL, notamment « Les enfants de Venise » et « Le soleil des rebelles »

Un vrai coup de cœur donc:

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L’auteur :

 

Né à Rome, Luca Di Fulvio est devenu l’un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de « Le gang des rêves » (« La gang dei sogni », 2008) publié en France en juin 2016 chez Slatkine & Cie et premier tome d’une forme de trilogie.

 Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d’un jeune Italien, s’est lentement mais sûrement transformé en best-seller.

Suivra, un an plus tard, « Les enfants de Venise » (La ragazza che toccava il cielo, 2013) puis « Le soleil des rebelles » (2018).

 

Extraits :

 

En 1912, une nouvelle guerre de territoires éclata. Entre Italiens et Irlandais cette fois. Mais, c’était une guerre qui ne se passait pas dans la rue et que l’on ne menait pas avec des pistolets. Maintenant, c’était la police de New-York qui travaillait pour les Irlandais, en tout cas cette partie de la police que l’on pouvait corrompre avec de généreux pots-de-vin.

 

Et tous ces regards de vaincus, ces dos courbés par la misère et la résignation, et ces poches vides qui criaient la faim, grandes ouvertes comme les bouches hurlantes de leurs enfants mal-nourris. Et, pendant qu’il s’éloignait, c’était comme si les éternels discours de tous ces gens, des malheureux comme lui, résonnaient dans ses oreilles. Il les entendait parler du ciel et du soleil de leur pays natal, qu’ils avaient fui sans pouvoir s’en débarrasser et gardaient accrochés à leurs épaules comme un parasite ou une malédiction…

 

Quand on arrive ici à New-York, on est comme Croc-Blanc, on est des loups. On est forts, mais sauvages. Et on rencontre des gens méchants qui nous rendent encore plus sauvages. Mais, nous, on n’est pas simplement sauvages. On est forts aussi, Christmas, et ça, ne l’oublie jamais ! Et quand on rencontre quelqu’un de bien, ou quand, finalement le destin nous sourit, notre force nous permet de devenir comme Croc-Blanc. Des Américains.

 

Elle voulait autre chose pour Christmas, mais elle ne savait quoi. Plus d’une fois elle se prit à penser que ni lui ni elle ne deviendrait jamais Américain, avec les mêmes chances que les Américains. Parce que le Lower East Side était comme une prison de haute sécurité : on ne pouvait s’en évader, et ceux qui étaient dedans étaient condamnés à perpétuité.

 

Lu en janvier-février 2019

Publié dans Littérature française, Polars

« Trois jours et une vie » de Pierre Lemaître

Je vous parle aujourd’hui d’un livre qui m’attendait depuis pas mal de temps dans une liseuse qui s’était mise en grève pour une question d’adresse mail en double… et qui, via le wifi, a mis soixante-douze heures, peut-être même plus,  pour se réinitialiser, m’incitant au passage à télécharger des livres que j’ai lus il y a 5 ou 6 ans… la magie de l’électronique, et autres gadgets…

 

Trois jours et une vie de Pierre Lemaître

 

 

Résumé de l’éditeur

 

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

 

Ce que j’en pense

 

Tout a déjà été dit sur ce roman, presque tout le monde l’a lu, je vais donc tenter de mettre une touche plus personnelle, mais je ne suis pas sûre d’y arriver…

Antoine, s’étant senti rejeté par la bande qui désormais préfère la console de jeux à la construction de cabane en forêt, se sent seul, et il va décider de construire une belle cabane, avec tout un système élaboré pour pouvoir faire monter son seul ami, le chien Ulysse, comme un ascenseur miniature, jusque dans son nouveau fief.

Ulysse qui le suit partout, va se faire renverser par une voiture, et devant les yeux d’Antoine, son maître, Mr Desmedt va l’achever d’un coup de fusil, sans même prendre le temps de consulter un vétérinaire.

Brisé par le chagrin, Antoine démolit sa cabane construite si minutieusement et Rémi qui a l’habitude de le suivre partout, s’approche et c’est le drame…

Tout le monde va tenter de retrouver Rémi, mais en l’absence de corps c’est difficile, tout le monde suspecte tout le monde… Antoine rumine mais se tait, même s’il réagit un peu bizarrement quand on arrête un instituteur, Mr Kowalski.

En ce jour de décembre 1999, toute la vie d’Antoine va basculer et n’être axée que sur cet acte. Deux autres évènements, en 2011, puis en 2015 font faire remonter des éléments à la surface.

J’ai beaucoup aimé ce roman, avec une tendresse particulière pour Antoine que la vie n’a pas gâté, ses parents s’étant séparés très tôt, son père vivant en Allemagne, élevé par une mère rigide, qui se doute bien de quelque chose mais motus et bouche cousue : « on n’en parle pas, cela n’existe pas ». C’est bien connu.

C’est le genre de livre qui fait réfléchir, sortir ses sentiers battus, car on n’a qu’une seule envie, c’est qu’Antoine s’en sorte, alors que le but d’un polar c’est de traquer et arrêter le coupable.

Il fait réfléchir aussi sur la notion de culpabilité : être coupable d’un acte, et se culpabiliser à cause de cet acte, sans jamais ne pouvoir en parler à un adulte.

J’ai aimé ce livre aussi pour la belle écriture et le rythme de la narration de Pierre Lemaître dont j’ai beaucoup aimé « Au revoir là-haut » et « couleurs de l’incendie » (dont j’attends la suite de pied ferme). Côté Polar, j’ai préféré « Robe de marié » à « Trois jours et une vie », et « La série Verhoeven » m’attend.

Juste un petit hic, j’ai choisi la version quarto en poche (750g !) tout comme pour « La trilogie berlinoise » de Philip Kerr, je vais devoir attendre encore un peu pour les manipuler….

❤️ ❤️ ❤️ ❤️

 

Extraits

 

Elle allait à la messe de Noël comme on visite une vieille tante. Il entrait aussi dans cet usage utilitaire de la religion une large part de conformisme. Madame Courtin était née ici, c’est ici qu’elle avait grandi et vécu, dans une ville étriquée où chacun est observé par celui qu’il observe, dans laquelle l’opinion d’autrui est un poids écrasant…

 

« Mais, la souffrance n’est pas un accident… Qu’est-ce que la souffrance ? C’est le plus merveilleux instrument de Dieu, car il sert à nous rapprocher de Lui et de sa Perfection… »

 

Sur la disparition de Rémi et le rôle qu’Antoine y avait joué, elle ne savait rien de précis, n’importe qui aurait été submergé par des images sordides, de l’épouvante à l’état pur, mais, Madame Courtin, elle, avait sa méthode…

 

…La vie doit toujours reprendre le dessus, elle adorait cette expression. Cela signifiait que la vie devait continuer de couler, non pas telle qu’elle était, mais telle qu’on la désirait. La réalité n’était qu’une question de volonté, il ne servait à rien de se laisser envahir par des tracas inutiles, le plus sûr pour les éloigner était de les ignorer. C’était une méthode imparable, toute son existence montrait qu’elle fonctionnait à merveille.

Le jeune curé (sans doute très occupé à expliquer à ses ouailles de tout le département que ce qu’il leur arrivait était, en fait, une belle et bonne chose, il avait du pain sur la planche, celui-là…) pourrait mesurer, lorsqu’il reviendrait, que Dieu est un être d’une extrême sensibilité, mais aussi un sacré farceur : l’église avait été relativement épargnée, à l’exception de la rosace, les vitraux avaient tous volé en éclats, sauf un seul représentant Saint Nicolas, souvent considéré comme le patron des réfugiés…

 

Lu en décembre 2019

Publié dans Littérature française, Polars

« Le jour du chien » de Patrick Bauwen

Je comble un peu le retard dans mes chroniques en vous parlant aujourd’hui d’un polar écrit par un auteur que je viens juste de découvrir:

 

Le jour du chien de Patrick Bauwen

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Les ténèbres sont mon domaine. Le métro, ma cité des morts. La souffrance de mes victimes, mon plaisir.

Je suis le Chien. Inquisiteur ou Guerrier saint, comme vous voudrez. Dieu est avec moi.
Djeen, je croyais l’avoir tuée. C’était il y a trois ans. Déchiquetée par les roues du métro.
Et voilà qu’elle me menace… Je dois la retrouver avant que Kovak ne le fasse. Et ce jour-là signera l’apogée du Mal.

Sur les traces d’un tueur psychopathe, dans un Paris souterrain plus hallucinant que l’Enfer, un thriller sombre et palpitant par l’auteur de « L’œil de Caine » et de « Monster ».

 

 

Ce que j’en pense:

 

Chris Novak, médecin urgentiste, se trouve même malgré lui à une attaque dans le métro : des jeunes s’en prennent à une passagère assise en face de lui. En voulant s’interposer, il se prend une balle dans l’épaule. C’est son beau-frère, Sam Sharid, chirurgien dans un autre centre hospitalier, qui va l’opérer.

La scène a été filmée par un portable, et se répand de manière virale sur Internet. Les deux médecins, en visionnant la vidéo aperçoive une silhouette féminine et n’en croit pas leurs yeux : on dirait Djeen, la femme de Chris, qui a été poussée sur les rames du métro, il y a trois ans.

 Son corps en miettes avait été reconnu à la morgue, l’enquête bâclée par le policier de l’époque, Armando Batista, le criminel présumé arrêté, jugé trop atteint mentalement pour être responsable, interné en hôpital psychiatrique.

La jeune femme insultée dans le métro reprend contact avec Chris et il s’avère qu’elle est magistrate….

Qui est cette femme ? Djeen qui ne serait pas morte ? quelqu’un qui lui ressemble ?

Chris n’a toujours pas confiance en la police ; à l’adolescence, ila failli mal tourner, côtoyant de près la délinquance dans sa cité. Djeen, Sam et Chris sont tous les trois des exemples de réussite : on peut s’en sortir quand on passé son enfance et adolescence en cité de banlieue…

Bien-sûr, l’histoire est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît de prime abord, et on va voir remonter les anciens liens de jeunesse avec un loubard, dealer qui se promène en grosse bagnole, prêt à prêter main forte…

J’ai beaucoup aimé ce polar, qui m’attendait dans une liseuse depuis pas mal de temps ; le rythme s’accélère de plus en plus, l’enquête s’opacifie, des mystères font surface pour le plus grand plaisir du lecteur.

Le suspense est savamment entretenu et la fin magistrale autant qu’imprévue. C’est la première livre de Patrick Bauwen que je lis et il m’a vraiment plu. On est un peu dans le style de Franck Thilliez que j’adore, ce n’est un secret pour personne, (même quand certains opus me plaisent moins, je ne suis quand même pas une fan baba !) ou de Jean-Christophe Grangé (époque : « Les rivières pourpres » )

Donc, auteur à suivre…

 

❤️ ❤️ ❤️ ❤️

 

 

Lu en novembre 2019

Publié dans Littérature anglaise, Polars

« Les détectives du Yorkshire: T2 rendez-vous avec le mal » de Julia Chapman

Je vous parle aujourd’hui du deuxième tome de la série « Les détectives du Yorkshire » dont le sous-titre est « Rendez-vous avec le mal » :

 

Les Detectives du Yorkshire Tome-2-Rendez-Vous-avec le mal de Julia Chapman

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Quand Mme Shepherd se rend à l’Agence de recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un cherche à la tuer, Samson O’Brien, détective privé, met cela sur le compte des divagations d’une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il en vient à se demander si, finalement, il n’aurait pas dû la prendre plus au sérieux…

Alors que les fêtes de Noël approchent, Samson se lance dans une enquête complexe, qui lui demandera de renouer avec les habitants de Bruntcliffe – les mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ? Ensemble, Samson et Delilah vont devoir coopérer pour déjouer les menaces qui planent sur les personnes âgées de la région. Avant qu’il ne soit trop tard…

 

 

Ce que j’en pense :

 

 

Une cliente se présente à l’agence de détective de Samson O’Brien qui commence à se faire un nom, après sa première enquête (notamment quand il s’est extrait de l’incendie en petite tenue !).

Il s’agit d’Alice Shepherd, une vieille dame habitant la maison de retraite, qui pense qu’on veut l’assassiner : des objets disparaissent et réapparaissent bizarrement : une montre, un foulard… mais son discours un peu incohérent n’est pas pris au sérieux par Samson, la vieille dame n’a plus toute sa tête…

Etant donné que son père vit dans la même maison de retraite, il va se renseigner quand même, mais ne prend pas l’histoire au sérieux. Et pourtant, la vieille dame meurt, officiellement d’un problème cardiaque, et on ne va pas chercher plus loin, car le coroner trouve l’autopsie inutile.

Vent de panique quand même parmi les potes d’Alice et d’autres décès vont suivre…

D’un autre côté, un fermier vient demander à Samson d’enquêter sur l’enlèvement de son bélier, une belle bête de concours…

Pendant ce temps, Delilah continue à se battre pour survivre financièrement et continue les speed-dating et mauvaise nouvelle, son ex-mari veut récupérer la garde de…. Calimero, le brave chien…

J’ai retrouvé avec plaisir les deux héros, Samson et Delilah, alors que les fêtes de Noël approchent, et qu’il va falloir affronter sa famille toujours aussi déjantée… L’enquête est bien menée, la vie des personnes âgées en maison de retraite (dont le propriétaire s’est enrichi de manière plutôt malhonnête et qui en pince pour Delilah…) est bien analysée, de même que les conditions de travail, et l’auteure nous promène allègrement dans la chasse au coupable, qui n’est pas forcément celui qu’on croit…

Les nouvelles vont toujours aussi vite dans ce village, pas besoins de réseaux sociaux pour y faire le buzz…

On apprend plus de choses sur les voisins de Samson (la ferme de son père, alcoolique depuis la mort de son épouse, qui a été acquise dans des conditions plus que douteuses) : George et sa passion pour les vieux tracteurs, et surtout Ida toujours présente lorsque Samson était enfant) dont la personnalité est particulière, de même que sa manière de parler…

Il se trouve qu’Ida fait le ménage dans la maison de retraite…

Tous les personnages sont attachants, y compris les plus caricaturaux, la traque pour retrouver le bélier est drôle et l’enquête est sympathique. J’ai trouvé les seniors particulièrement dynamiques, ce qui n’est pas le cas en général dans les maisons de retraite… et les décors sont toujours aussi somptueux…

On ne nage pas dans les enquêtes sophistiquées, avec des hectolitres d’hémoglobine, mais j’aime bien cette série, j’ai ri souvent et j’imagine sans problèmes les relations entre tous les membres de  cette petite communauté, donc je vais continuer l’aventure, ne serait-ce que pour savoir qui aura la garde de Calimero, ce  brave chien à l’anxiété légendaire….

 

  ❤️ ❤️ ❤️ ❤️

 

Extraits :

 

C’était du pur Bruncliffe : tout le monde se mêlait des affaires de tout le monde et – cerise sur le gâteau – voilà qu’une retraitée un peu dérangée faisait le boulot à sa place. Il étouffa un gémissement. Pile la raison pour laquelle il avait quitté sa ville natale en premier lieu : la claustrophobie. Le manque d’intimité. Le thé à vous tuer un bœuf.

 

Quand on avait diagnostiqué le cancer qui devait enlever Kathleen O’Brien à l’affection de sa famille en seulement six mois, Ida Capstick était entrée en scène. Pour faire le ménage, la cuisine, s’occuper du jeune Samson lorsque ses parents se rendaient à l’hôpital.

Et quand Joseph O’Brien avait commencé à noyer son chagrin dans l’alcool après la mort de sa femme, George Capstick – le drôle de vieux George, avec son approche particulière de la vie – avait tout naturellement commencé à travailler à la ferme…

 

Lu en décembre 2019

 

Publié dans Littérature française

« Ballade irlandaise » de Philippe Olagnier

Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’ai choisi pour son résumé et pour l’Irlande:

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Se sentant pris au piège par sa vie étouffante, routinière et sans saveur, un homme bouleverse son quotidien et part en quête d’aventures.

Son voyage le conduit en Irlande, un pays en proie à de vives luttes identitaires.

Charmé par les contrées irlandaises, il se prend d’amitié pour de charismatiques irlandais, et se retrouve embarqué malgré lui dans un conflit idéologique.

Horrifié devant le massacre du Bloody Sunday, le 30 janvier 1972, et entraîné par les circonstances, notre héros est alors contraint de choisir son camp.

Mais jusqu’où ira-t-il pour protéger et soutenir ses amis ?

Laissez-vous happer par ce roman qui vous plongera dans les heures les plus sombres de l’histoire irlandaise !

 

Ce que j’en pense:

 

L’auteur nous raconte l’histoire d’un homme, dont on ne sait pratiquement rien au départ, qui décide de quitter la France, vendre tout ce qu’il a pour aller vivre en Irlande.

Il s’intègre assez bien dans la communauté du petit village où il a trouvé une maison isolée.

« Tu es un peu comme un apatride, privé de tes racines essentielles. Alors tu cherches, si tu veux survivre d’autres racines, ou d’autres terroirs ou replanter les tiennes »

Un jour, lors d’une procession pacifiste, tout va exploser : c’est le 30 janvier 1972, connu sous le nom de Bloody Sunday. Face aux catholiques pacifistes, sans armes, qui marchent en compagnie d’un prêtre, il y a des blindés, des paras qui tirent à balles réelles. C’est une tuerie au cours de laquelle un jeune homme ? John Jack s’effondre, il a pris une balle en pleine tête.

Certes, les relations entre catholiques et protestants n’ont jamais été simple, mais là on atteint un niveau supérieur et il va falloir choisir de se battre derrière le parti nationaliste, le Sinn Fein ou résister simplement à l’occupant anglais.

Notre homme, surnommé Grenouille par les gens du village, parce qu’il vient de France,  qui connaissait bien le jeune homme, va s’investir par amour et par attachement à « la cause ».

Ce roman démarrait très bien, je pensais découvrir beaucoup de choses sur le Bloody Sunday, la violence des Anglais, qui pratiquait activement la torture…

Mais, car il y a vraiment un MAIS, ce livre regorge de fautes, d’orthographe, de syntaxe, de grammaire (imparfait du subjonctif remplacé par passé simple entre autres) : j’ai mis quelques perles dans les extraits. Cela me faisait des nœuds dans le ventre, et me donnait une envie furieuse de balancer la liseuse contre le mur ! (On reconnaît là ma patience légendaire !) ce que j’aurais fait s’il s’était agi d’un vrai livre.

J’espère que c’est une mauvaise adaptation en version électronique, ou qu’il n’y a pas eu de relecture, sinon, ce serait catastrophique, d’autant plus qu’il y a une réflexion intéressante; en outre, ce roman est très court, alors tout est survolé.

Je remercie NetGalley ainsi que les éditions Librinova qui m’ont permis de tenter cette expérience.

#Balladeirlandaise #NetGalleyFrance

 

L’auteur

 

Chef d’entreprise, diplômé en management stratégie et marketing de L’IFG, institut français de gestion.
Auteur de deux essais sur le management : « happy businness ou remettre l’humain au centre de l’entreprise«  et «  Brèves de management «  et d ‘un essai sociétal : « Lettres à Marianne ».

 

Extraits

 

Tout est retranscrit en mode « copié collé » je tiens à le préciser…

 

Mais en définitive, il ne se sentait en cet instant qu’une marionnette qui vivait dans l’illusion d’une perte de liberté totale, que le système et ses outils numériques en plein développement, avaient rendu servile et malléable à souhait.

 

Le silence s’installait en lui.

             Le sacré n’a pas besoin d’église, ni de textes, ni de règles, encore moins de clergé.

             Il est dans ces moments simples :

             Quand l’homme retrouve dans le grand temple de la nature, la place humble qui est la sienne, et ou, dans ces moments quasi initiatiques, la matrice originelle de la terre le décharge, mieux que quiconque, de tous les maux de son existence profane.

 

Et une vision d’apocalypse : Les blindés chargés de paras font irruption dans Rossville Street. Le massacre commence alors…

             Des jets de pierre désespérés d’enfants vers les troupes de chocs.

             Des balles qui sifflent partout, et percutent les murs.

             Mais, pas que.

             Le père Dally, qui depuis le début défilait en tête, était agenouillé à terre, les yeux débordant de larmes, et implorant le ciel :

             Le jeune John Jack, qui marchait à ses côtés, s’était effondré.

             Une balle en pleine tête venait d’ôter la vie à ce jeune homme, qui bouillonnait de vie, et d’utopie militante.

             En ce sinistre jour du 30 janvier 1972, 14 manifestants subirent la même fin injuste.

 

L’Europe politique se construisait pas à pas, mais se construisait, même avec les anglais, ce qui ne manquait pas de le faire rire intérieurement.

 

On arrêtait sans formalisme ni encadrement juridique depuis des mois, au sud de BELFAST , dans les terribles H BLOCKS, plus de trois cent détenus républicains, vivaient nus, subissait la torture sans que les anglais ne fléchissent dans leur dureté, malgré les pressions internationales.

 

IL comprit le moment précieux, vertigineux, rare, qu’il était en train de vivre.

             Aller plus loin dans le soutien, c’était passer de la neutralité bienveillante, a l’engagement : ce moment précis où, on se donne comme réalité de choisir un camp.

             IL apprenait de manière concrète, que ce n’est que dans l’épreuve, dans le trouble, qu’on trouve cette énergie, qu’il ne voulait pas encore nommer courage, et qui fait passer du stade de la pensée utile à l’action.

 

Les perles :

Sec, grand et large, le cheveu ras, hors mis cette grande mèche frontale de cheveux roux, qui laissait se découvrir de manière intermittent, un regard qui se portait haut et fier, celui de ceux qui veulent vivre en paix, mais qui le cas échéante, savent en découdre. On retrouvera plusieurs fois cette orthographe…

 

Mais quand sa main frappa son épaule d’un tape virile mais emprunté d’une vraie fraternité, et mais emprunte d’une vraie fraternité, tout en répétant» allez la grenouille, on accélère »…

 

Selon la tradition irlandaise, la depuis fut sortie de la petite chapelle villageoise, ou de toute façons, tous n’avaient pu entrer, et le visage fut offert, une dernière fois à la vision de tous

Il fallait lire dépouille

 

Le poisson n’était pas vif, car pour bonne partie relevé déjà de l’après-midi, et il a allé être mélangé avec du plus frais encore frétillant, relevé vers minuit, tandis qu’ils prenaient le large.

 

 

Lu en décembre 2019

Publié dans Chick-Lit, Littérature espagnole

« Dans le miroir de Valeria » : Elisabet Benavent

Petit moment de détente aujourd’hui avec la suite des aventures de Valeria:

 

 

 

Quatrième de couverture:

 

La suite trépidante des aventures de Valeria et de sa bande d’amies Valeria, qui s’est séparée d’Adrian, est tombée dans les bras de Victor.

Mais, après un début de relation enflammée, elle commence à s’interroger…

A-t-elle fait le bon choix ? Heureusement, ses amies de toujours sont là, à qui elle peut se confier.

Et réciproquement. Car Lola, elle aussi, se pose des questions. Est-elle encore amoureuse de Sergio, l’homme qui a plaqué sa fiancée pour elle, avant qu’elle le rejette ?

Carmen, de son côté, semble heureuse d’avoir enfin franchi le pas avec Barto, même si elle pressent que la mère de ce dernier va se montrer envahissante…

Seule Nerea semble garder le cap et la tête froide. Mais les apparences sont souvent trompeuses…

Valeria a aussi une autre source d’inquiétude. Elle vient enfin de terminer son deuxième roman. Elle en est satisfaite et son éditeur est enthousiaste. Mais comment ses amies réagiront-elles quand elles découvriront leurs histoires de cœur et leurs ébats intimes étalés au grand jour ?

En attendant, les quatre amies sont de nouveau réunies et s’apprêtent à sortir faire la fête. C’est drôle, c’est vif, ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre filles. On s’est à peine embrassées qu’il est déjà l’heure de se quitter.

 

 

Ce que j’en pense :

 

On retrouve dans cet opus les quatre copines : Valeria, Lola, Carmen et Nerea toujours prêtes à faire la fête, la fiesta ou la java seraient des termes mieux adaptés à la situation) en parlant de leurs problèmes de cœur.

Valeria a fui un mariage qui prenait l’eau, et file le parfait amour avec son Dieu du sexe Victor dont elle a tellement vanté les performances dans son roman (la publication de journal intime T1) que son pas encore ex-mari, ne prend pas très bien, c’est le moins qu’on puisse dire…

Les copines se sont bien-sûr reconnues dans les pages du livre, avec plus ou moins d’humour.

Lola, toujours aussi vamp, qui en pince toujours pour son Sergio, plus ou moins toxique, Carmen, qui découvre les parents, notamment la mère possessive, hyper-toxique de son Barto, et Nerea, la toujours sage, marquée par son éducation, attend le mariage raisonnable, avec un homme adéquat pour faire un mari convenable et des enfants convenables.

Valeria est touchante car elle ne sait pas ce qu’elle veut, hésite à divorcer, a toujours peur que Victor demeure l’homme à femmes qu’il a toujours été….

Un bon moment de fous- rires, avec des scènes érotiques très explicites : hot, very hot, caliente… toutes les positions du Kâma-Sûtra y sont bien détaillées, entrecoupées de douches froides et de coups de blues !

Elles sont attachantes, parfois tellement extravagantes qu’on a du mal à les suivre, mais leurs réflexions sur la vie, la féminité, le couple sont intéressantes; alors je vais continuer l’aventure, c’est un moment détente, au milieu de lectures sérieuses… et soyons honnêtes, j’en pince pour Victor évidemment!

On peut lire et entendre partout que Noël est une période de régression pour tout un chacun, alors la Chick-Lit s’imposait…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions de l’Archipel qui m’ont permis de suivre une nouvelle fois les quatre copines.

 

#DansLeMiroirDeValeria #NetGalleyFrance

 

❤️ ❤️ ❤️

 

Extraits :

 

Oups! Désolée, je ne vous dévoilerais pas les passages coquins sinon, vous n’aurez plus envie de lire le livre…

 

J’étais tombée amoureuse d’un de ces mecs avec lesquels ça ne marche jamais et j’avais fichu mon mariage en l’air. J’avais demandé la séparation. Bref… J’aurais mieux fait de réfléchir avant de ruer dans les brancards.

 

Nous, les femmes de ma génération, nous nous sentons libérées. Nous avons un boulot, des préoccupations intellectuelles et, dans une certaine mesure, des ambitions professionnelles. Si le rôle de mère nous tente, nous planifions nos maternités. Nous avons fait des études et sommes bien préparées au monde du travail. Nous parlons de sexe sans complexe, et nous ne dépendons de personne. Mais, la plupart du temps, ce n’est que de la poudre aux yeux. En réalité, sur le plan des sentiments, nous continuons de dépendre maladivement des hommes, presque toujours.

 

Mais, on pouvait se demander si Nerea était capable de tomber réellement amoureuse. Elle était peut-être un peu trop carrée pour ça : ce qu’elle recherchait, ce n’était pas le grand amour, mais un mec pragmatique, qui cadrait bien avec la vie qu’elle s’était choisie.

 

Quand Victor me regardait en souriant, je craquais complètement. Je l’avais toujours vu comme un de ces objets de luxe qu’on ne peut s’empêcher de mater dans une vitrine même si on sait qu’on ne peut pas se les offrir.

 

Lu en décembre 2019

Publié dans Littérature française, Polars

« Les points de fuite » de Frédérique Molay

Je vous parle aujourd’hui d’un livre fort sympathique, malgré le sujet abordé:

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

New York : une jungle urbaine, un concentré de violence, une mosaïque de couleurs. Branchée, survoltée, époustouflante, c’est la ville où « rien n’arrête le regard, à part le point de fuite ».

Ce jour-là aurait dû être un jour comme les autres pour Elaine Casey. Mais alors qu’elle et son fils visitent le musée national des Amérindiens, tout bascule en quelques minutes : l’enfant a disparu. Les détectives de la Division des enquêtes spéciales de la police de New York ont rapidement la certitude qu’il a été enlevé.

S’engage alors une course-poursuite avec le kidnappeur, dans une ville qui se relève à peine du traumatisme du 11-Septembre. L’alerte Amber est lancée et le visage souriant de Tom Casey apparaît sur le téléphone portable de tous les New-yorkais. La ville entière est sur le qui-vive, et des milliers d’enquêteurs amateurs surgissent. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs véritables motivations ? Seront-ils d’une aide bienvenue pour la police ou un risque supplémentaire pour l’enquête ?

 

Ce que j’en pense:

 

« Une ville pour les presbytes. Rien n’arrête le regard, à part le point de fuite » écrivait Jean-Paul Sartre en 1946  dans son article « Manhattan : the great American desert » dans la revue Town & Country. Ainsi commence l’aventure…

Elaine Casey emmène son enfant, Tom âgé de neuf ans, visiter le musée national des Amérindiens, quand soudain, il lui lâche la main et disparaît. Tout s’est passé très vite. Un autre visiteur appelle la police et tous les policiers vont être mobilisés pour retrouver l’enfant, tout se joue dès la première heure, plus le temps passe plus les chances de le retrouver vivant diminuent très vite.

S’agit-il d’un pédophile, d’une tentative d’enlèvement pour obtenir une rançon, d’une vengeance, ou de l’œuvre d’un déséquilibré ?

Le chef de la police décide d’utiliser un nouveau système d’alerte enlèvement, via une application, tous les smartphones se mettent à sonner, vibrer en même temps et affichent un SMS.

Tom est terrorisé car l’homme lui a dit qu’il tuerait sa mère s’il n’obéissait pas, mais il va laisser des indices tout le long de ce parcours au pas de course que lui impose son ravisseur. Un regard désespéré attire l’attention de Sam Rafferty, sculpteur reconnu, pote de Robert de Niro, qui va essayer de pister leur fuite. Un autre jeune homme, Clif, petit voyou, dont l’enfance a été violente se lance aussi sur ses traces. Pourquoi ? empathie comme Sam ou malveillance ?

L’auteure aborde l’enquête policière et en parallèle la psychiatre tente de comprendre la personnalité du kidnappeur, de façon très intéressante. Elle évoque notamment les gens qui ont perdu des proches lors du 11 septembre et comment le deuil se fait amenant à la résilience (comme Sam Rafferty, personnage que j’ai beaucoup aimé !) ou ne se fait pas, le déni pouvant aboutir à la psychose.

L’enquête est passionnante, et Frédérique Molay nous entraîne dans un voyage à travers New-York, sur un train d’enfer, nous racontant au passage l’histoire de la ville, les monuments, les musées, les endroits sympathiques, mais aussi le traumatisme du 11 septembre, toujours tellement omniprésent que la moindre explosion fait penser immédiatement à une attaque terroriste.

Frédérique Molay rend un vibrant hommage à New-York, ville cosmopolite, multicolore, avec des références à des chansons célèbres, (ex : Liza Minelli) ou à des citations d’écrivains.

Comme vous avez pu le remarquer, j’adore les thrillers, ou les polars qui reposent sur un thème de fond: l’art, une ville, un problème de santé…J’ai donc beaucoup aimé ce roman, je l’ai dévoré pendant le week-end, tous les personnages étant bien croqués, et le mystère bien entretenu…

J’ai choisi ce livre qui était proposé en accès libre sur NetGalley que je remercie vivement ainsi que les éditions Amazon Publishing France car cette lecture a été passionnante et m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteure que je ne connaissais que de nom.

                                                                    ❤️ ❤️ ❤️ ❤️ ❤️

 

#LesPointsDeFuite #NetGalleyFrance

 

 

L’auteure:

 

Frédérique Molay signe en 1998 un premier thriller, « Tueur d’innocence », aux Éditions de l’Armançon. Avec son deuxième roman, « La 7e femme » (Fayard, 2006), elle entame la série des enquêtes du commissaire Nico Sirsky et obtient le prix du Quai des Orfèvres 2007.

Elle publie ensuite « Bienvenue à Murderland » (Albin Michel, 2008) avant de se lancer dans la suite des aventures de son héros favori avec « Dent pour dent » (Fayard, 2011) et « Déjeuner sous l’herbe » (Fayard, 2012). Le quatrième tome de la série, « Copier n’est pas jouer », est paru en 2017 chez Amazon Publishing, suivi en 2018 par « Les Inconnues de la Seine ».

Son nouveau roman, « Les Points de fuite », nous entraîne dans l’univers du thriller américain.

 

Extraits

 

Le capitaine Rivera considérait la ville depuis une fenêtre du onzième étage. Une jungle urbaine. Un concentré de violence, une mosaïque de couleurs et de religions, un cocktail de luxe et de crasse. Une bombe à retardement. Un miracle si elle n’explosait pas. « New-York de boue, New-York de fil de fer et de mort. Quel ange portes-tu caché dans ta joue ? » avait écrit son poète fétiche, Federico Garcia Lorca dont il partageait les origines hispaniques.

 

Après la perte d’un être cher, il y a cinq étapes incontournables à la réalisation du deuil : le choc, le refus, la colère, la dépression et enfin l’acceptation. Mais, rejeter indéfiniment la mort, se conduire, comme si elle n’avait jamais existé, c’est le déni. Et aussi, le premier pas vers la psychose.

 

Flics ou voyous, c’était parfois difficile d’établir la frontière. Clif ne détestait personne, il se méfiait seulement de tout le monde.

 

Au début, était le blues, ce langage universel né dans le delta du Mississippi. Puis, Dieu, ou plutôt tout un peuple qui chantait sa misère dans les rues de la Nouvelle Orléans et de New-York, créa le jazz…

 

La maîtrise de soi des Asiatiques n’était pas une légende ; ils mourraient comme on s’endort pour une courte sieste.

 

Il y avait aussi ces petites maisons aux murs de brique qui rappelaient le New-York du XIXe siècle. Il aimait l’histoire, car impossible de comprendre aujourd’hui et de construire demain, sans appréhender le passé.

 

Les textos s’adressaient à ce que les hommes avaient de meilleur et de pire en eux. Compassion bienveillance, charité, solidarité envers la victime et sa famille. Voyeurisme, délectation du malheur d’autrui, égoïsme, jalousie, ragot.

 

« Si je peux réussir ici, je peux réussir n’importe où » affirmait la célèbre chanson (New-York, New-York de Liza Minnelli). La démonstration de l’orgueil, de la foi inébranlable d’un peuple. Ce pays, on l’admirait ou on le haïssait, mais il laissait rarement indifférent. Voilà pourquoi deux Boeings s’étaient crashés sur le World Trade Center.

 

New-York, la ville qui ne dort jamais. Sou l’œil assassin de la pleine lune, la statue de la Liberté montait la garde. Manhattan ressemblait à un flipper géant, un feu d’artifice, une œuvre surréaliste. Une beauté à couper le souffle.

  

« Écrire sur New-York, c’est comme photographier un enfant. Le temps d’un déclic, l’enfant a changé »

Paul Claudel (dans sa correspondance avec André Maurois)

 

Lu en décembre 2019

Publié dans Tombé des mains

« Rouge impératrice » de Leonora Miano

Je me décide enfin à écrire une chronique sur ce livre que j’ai téléchargé au tout début du mois de septembre :

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Le lieu : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs États-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.

L’époque : un peu plus d’un siècle après le nôtre.

Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.

Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire D’État.
Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches, des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.

Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces populations inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main.
La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main ?

Pour les « durs » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…

 

Ce que j’en pense:

 

Cela fait donc plus de trois mois, que j’essaie de lire ce roman. Je l’ai commencé, posé, remis à plus tard, retenté, reposé à nouveau et à la troisième tentative, j’ai abandonné au milieu du troisième chapitre.

L’idée de départ me plaisait, situant l’action autour de 2124 (?), un nouveau Continent prospère, Katiopa, qu’on ne sait pas très bien où situer, une préférence pour l’Afrique, mais parfois, les noms font penser à l’Inde, avec à sa tête le chef Ilunga….

De l’autre côté, Boya, professeur qui s’occupe des minorités dites inassimilables. Si j’ai bien compris, il s’agit de descendants d’émigrés Français ayant lui leur pays qu’ils jugeaient envahi par les migrants….

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, un peu trop capillotractée, et ni Boya ni Ilunga ne m’ont plu.

Je n’ai pas aimé le style de l’auteure, trop pompeux et parfois limite incompréhensible. Les dystopies ne me plaisent certes pas toujours, mais j’en lis quand même. J’ai vu passer beaucoup de critiques enthousiastes et je vais probablement me trouver seule à ne pas l’encenser. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour moi de lire ce roman…

Il m’arrive rarement de laisser un livre en cours sans donner un maximum de chances à l’auteure de me convaincre.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de tenter l’expérience (et pour leur patience aussi !)

 

#RougeImpératrice #NetGalleyFrance

 

Extraits

 

Cette période s’était néanmoins révélée féconde pour le continent, dont las conscience désapprenait, après la haine de soi, la vaine exaltation de soi autant que la crainte d’être soi.

 

On ouvrait les yeux sur ces bizarres modalités du progrès dont la prospérité exigeait le sacrifice de l’être à l’avoir, le caprice individuel érigé en principe…

 

Ilunga voulut savoir comment on vivant avec une identité de cette nature, un nom qui ne voulait rien dire au sein de la communauté. La femme haussa les épaules, elle ne s’était jamais interrogée à ce sujet, c’était son nom, elle le portait, pas l’inverse. Le sens, c’était elle. Ce qui l’animait, les actes qu’elle posait.

 

L’aventure humaine était faite de disparitions, d’évolutions. Il en avait toujours été ainsi…

… Ils avaient été les plus puissants, redeviendraient à coup sûr les ordonnateurs du monde. Se préparant à ce futur grandiose, ils s’évertuaient à conserver les restes les plus chétifs de leur civilisation défunte, voyaient, dans la faible proportion de mélanine contenue dans leur corps, le signe d’une élection divine…

Trois tentatives de septembre à décembre 2019