Publié dans Tombé des mains

« Dunbar et ses filles » : Edward St Aubyn

J’ai choisi ce roman sur NetGalley car il semblait prometteur, le résumé évoquant un  » Roi Lear contemporain » :

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Henry Dunbar a décidé de s’enfuir du foyer pour personnes âgées où ses filles l’ont placé en Cumbria, dans la région montagneuse du nord-ouest de l’Angleterre. Son acolyte dans l’aventure est un ancien comédien alcoolique avec lequel il a sympathisé… Ils tentent le tout pour le tout, et aucun des deux n’ignore qu’on essaiera de les retrouver par tous les moyens dès que leur disparition dans la nuit et la neige aura été découverte. Car Henry Dunbar n’est pas n’importe qui : il est l’un des hommes les plus riches de la planète, et même si à plus de quatre-vingts ans, il perd parfois un peu la tête, il est encore officiellement le patron d’un empire médiatique.

Un empire convoité par ses filles Megan et Abigail, qui rêvent de prendre le contrôle du groupe lors de la prochaine assemblée générale. Elles traversent donc l’Atlantique en urgence – et en jet privé – pour essayer de remettre la main sur leur père afin de le neutraliser. Mais Florence, leur petite demi-sœur se montre plus rapide. Elle tient à revoir son père non pas pour s’emparer de l’héritage, mais dans le but de se réconcilier avec lui – il l’avait répudiée quand elle lui avait déclaré que son argent ne l’intéressait pas.  Megan et Abigail, bien au contraire, ne pensent qu’à la fortune : assoiffées de pouvoir, elles sont prêtes à tout pour l’obtenir.

Avec ses rebondissements loufoques ou drolatiques, Dunbar et ses filles est une tragi-comédie peuplée de nymphomanes hystériques, de manipulateurs manipulés et de grands lâches, tous attirés par le pouvoir et l’argent. St Aubyn nous offre non seulement une sorte de Roi Lear contemporain mais il tend surtout un miroir grossissant à notre époque.

Traduit de l’anglais par David Fauquemberg.

 

Ce que j’en pense

 

Le résumé était assez tentant et permettait de penser à la poursuite d’un milliardaire, qui vient de s’échapper d’une sorte de clinique psychiatrique où l’ont enfermé ses filles aînées avec la complicité du médecin. Je m’attendais à une aventure rocambolesque et drôle…

Certes la fuite de Dunbar, en compagnie d’un acteur sur le déclin alcoolique et d’une vieille dame atteinte d’Alzheimer est assez drôle au départ, mais on se lasse très vite de l’alcoolique en question.

Le milliardaire que ses filles Abigail et Megan veulent évincer : on serait tenté de compatir, et bien non, c’est un homme détestable qui piétine tous ceux qui travaillent pour lui.

Les deux sœurs issues d’un premier mariage, complètement cinglés, parano, perverses, magouilleuses, en un mot, exécrables, à vomir, alors que la demi-sœur Florence est clean et a toutes les qualités : un peu trop gros pour qu’on s’intéresse à elles. Les premières se lancent à sa poursuite pour lui voler son empire, l’autre voulant simplement se réconcilier avec lui…

Le seul qui est plutôt drôle, le Dr Bob : complètement accro à des pilules de toutes sortes, excitants, calmants, viagra etc… qui est le jouet sexuel des deux filles, sur le mode sado-maso, bien sûr mais…

Bref, ce livre m’est tombé des mains, je n’ai même pas pu atteindre la moitié du récit, et pourtant j’ai tendance à vouloir donner une chance à l’auteur en général avant de lâcher prise, mais cette lecture devenait un pensum alors ma chronique va se résumer à « circulez il n’y a rien à voir ».

Les extraits ci-dessous sont caractéristiques de l’esprit du roman…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m’ont permis de découvrir ce roman, moins bonne pioche…

#DunbarEtSesFilles #NetGalleyFrance

 

Extraits

 

Je suis, ou j’ai été un jour—qui sait si j’appartiens désormais au passé, ou pas encore ? – un acteur célèbre, mais je souffre de dépression, ce mal comique, ou ce tragique mal du comique, ou ce mal historique des comédiens tragiques, ou cette fiction d’un mal tragique des comédiens historiques.

 

Dunbar souleva le vase au-dessus de sa tête, déterminé à le lancer contre la fenêtre de sa prison, mais se figea soudain, tout aussi incapable de fracasser l’objet que de le reposer, la parfaite guerre civile entre omnipotence et impotence qui occupait son corps et son esprit empêchant toute action.

 

C’est parce qu’elle avait été adorée qu’elle était maintenant capable d’acquérir cette indépendance, mais un homme aussi possessif que son père ne pouvait vivre cette autonomie comme un compliment, ni s’empêcher de prendre à tort pour de l’amour la cupidité de sas sœurs.

 

De toutes les grandes erreurs de la création, le sommeil l’avait toujours frappé comme étant la plus scandaleuse, plus inexplicable encore que l’altruisme : trois heures, ou dans le cas des plus égarés, huit heures au cours desquelles il était impossible de faire de l’argent.

 

Lu en juin 2019

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

19 commentaires sur « « Dunbar et ses filles » : Edward St Aubyn »

    1. en fait c’est drôle 10min maximum et après cela tourne au ridicule, caricature..
      je suis plongée depuis 2 jours dans un roman extraordinaire « Les déracinés » de Catherine Bardon dont je dévore les 950 pages ou plus…
      Bon dimanche caniculaire à toi aussi:-)

      Aimé par 1 personne

  1. J’ai lu plusieurs romans de Saint-Aubyn, un auteur que j’aime bien. J’avoue que le « réécriture du Roi Lear » ne me donne pas envie (non pas que je n’aime pas Shakespeare mais j’ai un peu de mal avec cette « mode » qui s’est développée depuis quelques années).

    Aimé par 1 personne

      1. J’ai lu de mon côté les cinq tomes de la saga Melrose. (J’en ai fait une chronique, c’est comme ça que je suis arrivé sur ton blog ^^). Mais si tu veux n’en essayer qu’un seul pour voir si ça te plaît (possible de les lire dans le désordre, c’est cinq étapes différentes de la vie du personnage), le tome 1 raconte les années d’enfance et est assez bucolique, avec plein d’humour noir. Le tome 2 raconte l’adolescence et la toxicomanie de Melrose (il y a des passages un peu hards à lire), le tome 3 raconte une fête d’anniversaire dans la haute-bourgeoisie anglaise et est une satire sociale assez réussie. Le tome 4 est écrit du point de vue des enfants du couple, c’est le tome le plus poétique. Le tome 5 est la conclusion du reste et ne présente pas beaucoup d’intérêt, sauf à mettre un point final à l’histoire.

        Il faut savoir que St Aubyn a eu une vie assez tourmentée, de sorte qu’à chaque fois qu’il parle drogue/alcool/souffrance, on peut s’attendre à ce que ça soit en partie autobiographique. Les personnages alcooliques et détestables sont un leitmotiv dans ses bouquins. Tu vas retrouver grossomodo le même style de récit dans Melrose que dans Dunbar, de sorte que je ne suis pas sur que tu aimeras. Le tome 4 me paraît le plus abordable, parce qu’il transporte des valeurs positives. Ou le tome 1, parce qu’il reste soft.

        J’ai entendu parler aussi de Sans voix du même auteur, un one shoot dans le milieu littéraire, mais je ne l’ai pas encore lu. 🙂

        Aimé par 1 personne

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