Publié dans Littérature anglaise, Polars

« Alice » de Heidi Perks

Petit intermède polar, aujourd’hui avec ce roman :

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Une enfant disparaît. Deux versions du drame. Une seule vérité. Harriet avait confié sa fille à sa meilleure amie Charlotte pour un après-midi à la kermesse de l’école. Charlotte est persuadée de n’avoir quitté Alice des yeux qu’une fraction de seconde. Le temps pour la fillette de se volatiliser. Dévastée, Harriet ne peut plus envisager de revoir Charlotte. Elle ne lui fera sans doute jamais plus confiance. Mais elle n’aura pas le choix. Car, deux semaines plus tard, les deux femmes sont convoquées par la police pour être interrogées séparément. Il semblerait que chacune d’elles ait des choses à se reprocher…

« Un des thrillers les plus aboutis que j’aie jamais lus. » Amy Lloyd, auteure de Innocente.

« Impossible d’aller dormir avant de connaître la fin. » Hollie Overton, auteure de Baby Doll.

 

Ce que j’en pense

 

Tout commence par la disparition d’Alice, la fille d’Harriet qui l’avait confié à son amie Charlotte. C’était la première fois qu’elle acceptait de confier la petite fille, âgée de 4 ans.

Charlotte a emmené ses trois enfants et Alice à une kermesse et elle la perd de vue dans la première attraction. Hélas, elle était en train de consulter Facebook sur son portable à ce moment-là. Combien de temps son attention a-t-elle été relâchée ?

Heidi Perks choisit de s’intéresser aux réactions des protagonistes, de préférence à l’enquête elle-même en laissant Harriet et Charlotte raconter leurs versions de faits, leur ressenti. Elle choisit également de décrire différentes époques de l’histoire, avant, maintenant, maintenant le suspense, égarant les pistes.

Comment affronter le regard des autres quand on a laissé une petite fille échapper à sa surveillance ? Comment l’amitié profonde qui unit les deux femmes peut-elle résister ? Comment résister aussi aux commérages, aux jugements arbitraires de celles qui se disent vos amies et vous fuient du jour au lendemain.

Surtout, elle creuse la relation dans le couple, Harriet et son époux, qui se révèlent très vite beaucoup plus compliquées que l’amour parfait qu’ils affichent devant les policiers, les journalistes. En parallèle, on voit la réaction des parents lorsqu’on leur annonce la disparition de leur fille, et ce que cela déclenche comme réaction en chaîne, l’amour résiste-t-il, et quelle sorte d’amour ? Très vite on se rend compte qu’il est surprotecteur avec elle, mais cela va se révéler beaucoup plus compliqué pour le plus grand plaisir du lecteur…

J’ai beaucoup aimé ce thriller, qui dénote par rapport aux polars traditionnels riches en hémoglobine, où les policiers sont au premier plan. Ici, on est dans l’étude des relations de couple, d’amitié, de perversion et surtout de manipulation.

Un seul petit bémol, j’aurais aimé que Heidi Perks fouille davantage dans la personnalité de ses personnages.

Plus on avance dans la lecture et plus celle-ci devient addictive et j’ai lu la dernière partie en apnée, jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions les éditions Préludes qui m’ont permis de découvrir ce roman ainsi que son auteure.

#Alice #NetGalleyFrance

 

L’auteur

Romancière anglaise, Heidi Perks est diplômée en gestion de commerce à l’Université de Bournemouth en 1997, elle a travaillé pendant quinze ans dans le domaine du marketing avant de se consacrer entièrement à l’écriture en 2012.

« Alice » est son premier roman.

 

Extraits

 

Un jour, Alice éprouverait, elle aussi, le désir de prendre son envol, tout comme elle-même avait fait. Sa propre mère s’était beaucoup trop accrochée à elle et elle savait pertinemment combien cette attitude pouvait être destructrice. Elle s’était promis de ne jamais se comporter ainsi avec ses propres enfants, et pourtant, c’est bien ce qui s’était produit.

 

Je savais qu’ils avaient toujours tendance à se cacher de moi ou à aller vadrouiller quelque part. Mais Alice ? Je ne pouvais pas l’imaginer faisant une chose pareille. Elle semblait si fragile qu’elle n’avait rien de commun avec les autres gamins que je connaissais. Mais, perdre l’enfant d’une autre était proprement impensable.

 

Ses angoisses de maman à propos de sa petites étaient-elles inscrites dans ses gênes ? se demanda-t-elle. Elle-même aurait-elle été une mère différente si son père avait toujours été là, aplanissant pour son épouse la voie de la parentalité ? Avec sa mère pour seule et unique guide, il n’était pas surprenant qu’elle soit devenue aussi surprotectrice à son tour.

 

Pourquoi tous ces gens s’intéressaient-ils tant à moi ? Ils devraient plutôt se concentrer sur le monstre qui avait enlevé Alice, au lieu de quoi, c’était moi l’objet de toutes leurs attentions. Pourquoi tous ces gens tenaient-ils à ce point à s’assurer que c’était moi et moi seule la grande responsable ?

 

Lu en mai 2019

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16 commentaires sur « « Alice » de Heidi Perks »

    1. moi aussi j’aime bien découvrir et j’ai commencé à chroniquer car ma mémoire n’est plus aussi bonne…
      Je me rappelais que tel livre m’avait beaucoup plu mais aucun souvenir (notamment la « quarantaine » de Le Clezio : vide total alors que je me souviens l’avoir adoré
      c’est une manière de retrouver des souvenirs plus tard en même temps que le plaisir de partager 🙂

      Aimé par 1 personne

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