Publié dans Littérature Australienne

« Sur la route de Savannah Winds » de Tamara McKinley

Je continue mon exploration des auteurs australiens avec ce  livre :

 

 

 

Résumé de l’éditeur :

 

Une terre lointaine aux nombreux secrets…

Quand Fleur apprend que son nom est couché sur l’héritage d’une tante qu’elle n’a jamais connue, elle ne peut qu’accueillir la nouvelle avec enthousiasme. En effet, sa relation amoureuse s’effrite et elle est prise dans l’étau d’un grave conflit familial.

À la lecture du journal de sa tante, qu’elle croyait disparu depuis de longues années, Fleur embarque pour un voyage à travers le temps, à la découverte du Gulf Country, dans le Nord-Est australien, entre savane et forêt, où se niche le ranch Savannah Winds. Mais ce dont Fleur ne se doute pas, c’est que ce qu’elle pourrait découvrir là-bas aura des répercussions dévastatrices sur sa vie…

Des années 1930 à nos jours, ce roman explore les liens familiaux, les rivalités et la force d’un amour qui dure.

 

 

Ce que j’en pense

 

L’auteure nous raconte les « malheurs » de Fleur, dont la mère est décédée quand elle avait deux ans, élevée par ses demi-sœurs, avec un père richissime, obsédé par son fric, ses hôtels, qui n’aime personne à part lui-même au point d’avoir été fâchée avec sa sœur Annie pendant des décennies. Lorsque Fleur hérite de la fameuse tante, tout part en vrille.

Cerise sur le gâteau, une dispute grave intervient entre Fleur et son flamboyant chirurgien, Greg, lorsque celui-ci refuse d’avoir des enfants, du fait du calvaire qu’il a enduré enfant, avec un père hyperviolent. Elle décide alors d’aller sur les terres d’Annie et de découvrir son secret.

Ce roman avait tout pour me plaire : une histoire familiale compliquée, des secrets de famille, des souffrances qui transcendent…

C’est une belle histoire qui se lit très facilement, ne prenant absolument pas la tête du lecteur, sur fond de grande chevauchée dans l’immense propriété de Savannah Winds, où la vie est difficile entre les tempêtes, ouragans, saisons des pluies où l’on peut tout perdre en quelques heures. Il y a de bonnes idées : Tamara McKinley parle très bien du statut des aborigènes d’Australie, esclaves longtemps des Blancs, du comportement exemplaire des femmes pendant la deuxième guerre mondiale où elles ont pris les manettes des ranchs, du bétail en mains de maîtres, des enfants enlevés, tel Sam par les services sociaux en Angleterre et envoyés au fin fond de l’Australie…

On a droit à des portraits caricaturaux, par exemple le couple formé par Bettany la demi-sœur de Fleur qui souffre du syndrome du nid vide car ses aînés sont partis alors que la petite dernière fait des siennes, alors que son époux Clive ne pense qu’à son travail et ses parcours de golf : le parfait macho, tandis qu’elle se noie dans ses kilos superflus et ses vapeurs de ménopause ! on se croirait dans Dallas et son univers impitoyable.

Il y a un trop grand écart entre la situation à cette époque et la période actuelle, la vie et les malheurs d’Annie m’ont beaucoup intéressée alors que ceux de la « pauvre petite fille riche » Fleur beaucoup moins, car son milieu, son mode de vie (qui ressemble beaucoup à celui des certaines héroïnes de la littérature américaine) sont aux antipodes du mien et n’ont pas réussi à me toucher.

Par contre, ce livre est plaisant par l’immensité et la beauté des paysages et du pays, ce qui permet un beau voyage.

Une lecture facile, trop Bisounours pour moi… à réserver pour les vacances, sur la plage ! c’est la première fois que j’aborde un roman de Tamara McKinley et je reste sur ma faim. J’ai le même ressenti qu’en lisant « Le secret du mari » de Liane Moriarty. Je tenterai peut-être un autre de ses romans pour lui laisser une autre chance de me convaincre.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions L’archipel qui m’ont permis de découvrir cette auteure.

#LaRouteDeSavannahWinds #NetGalleyFrance

 

 

L’auteur

 

Née à Launceston (Tasmanie) en 1948, Tamara McKinley émigre en Grande-Bretagne, où elle intègre un pensionnat de jeunes filles du Sussex. Ses treize romans, de « La Dernière Valse de Mathilda » (2005), traduit dans plus de 20 pays, à « Où le cœur se pose » (2018), ont tous paru aux éditions de l’Archipel.

 

Extraits

 

Ce nuage n’était autre que le légendaire Morning Glory, qui s’étirait, du nord au sud, d’un bout à l’autre de l’horizon, projetant son ombre sur la savane. Et ce nuage s’enroulait sur lui-même, pareil à une vague éternelle, qui jamais ne se brisait, et dont la crête étincelait des innombrables gouttelettes glacées que la masse avait capturées en traversant le golfe de Carpentarie.

 

Les enfants, estimait-il, relevaient exclusivement du domaine de compétence de son épouse, cependant que lui-même se chargeait de faire fructifier sa société et d’améliorer son handicap au golf.

 

 Cela dit, c’était « grâce » à ces carences affectives qu’elle était devenue la femme qu’elle était aujourd’hui. Mue par la nécessité de tenir enfin debout sans l’aide de personne.

 

La perspective de révéler à une inconnue ses terreurs, ses souvenirs, les traces laissées par son enfance martyrisée lui faisait horreur. S’il tenait à réparer le mal qu’il avait infligé à sa compagne, il devait pourtant s’y résoudre.

 

Comment peut-on se montrer assez cruel pour arracher des enfants à leur mère, puis les expédier le plus loin possible pour en faire des esclaves ?… Je ne comprends rien à cette inhumanité, à ces mauvais traitements réservés à des innocents qu’au contraire, il aurait fallu chérir et protéger.

 

Échouer, c’est détourner le regard au lieu d’essayer de changer les choses. L’échec, c’est l’impossibilité de régler les problèmes. Échouer, c’est manquer du courage nécessaire pour se battre et parvenir à ses fins.

 

Vu le nombre d’hommes appelés sous les drapeaux, leurs épouses, leurs sœurs ou leurs filles avaient pris le relais, résolues à prouver qu’elles étaient capables de gérer les ranchs en leur absence, de s’occuper de leur foyer tout en veillant à la bonne santé des troupeaux.

 

Vêtues d’accoutrements masculins, elles possédaient un humour aussi âpre que la terre qu’elles s’efforçaient de dompter. Elles se battraient bec et ongles, sans trembler, comme, de leur côté, les hommes se battaient pour remporter la victoire.

 

Ce que vous appelez Voie lactée représente pour nous la route empruntée par celles et ceux qui ont quitté cette terre. Et chaque étoile n’est autre que l’une des âmes emportées dans le Grand Canoë par le Grand Esprit Paternel.

 

 

Lu en avril 2019

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

13 commentaires sur « « Sur la route de Savannah Winds » de Tamara McKinley »

    1. je le note!
      « sur la route de Savannah Winds » est déséquilibré: toute la partie consacrée à Annie est passionnante mais les héroïnes actuelles ne sont pas assez abouties, trop superficielles voire caricaturales c’est dommage 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Si tu lis La dernière valse de Mathilda, accroches-toi, c’est un livre dur et quelque peu noir. Très très bien écrit. L’héroïne est très bien campée, décrite. Surtout pour ces personnes qui à cette époque s’étaient installées sur ces terres si hostiles. Cet univers est très bien mis en avant. Belle découverte.

        Aimé par 1 personne

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