Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Le lagon noir » : Arnaldur Indridason

Je continue mon intermède polar avec cet opus de Arnaldur Indridason:

Le lagon noir de Arnaldur Indridason

 

Quatrième de couverture:

 

« Il est des disparitions qui hantent un homme, des enquêtes qui forgent un policier »

Le lagon bleu était un petit paradis avant qu’on y trouve un cadavre. Un ingénieur de la base américaine qui serait tombé d’un avion. Dans l’atmosphère de la guerre froide, la police s’intéresse.

 A de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. En parallèle, l’inspecteur Erlendur enquête sur une jeune fille disparue sur le chemin de l’école, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement en Islande, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine…

 

Ce que j’en pense:

 

J’ai retrouvé Erlendur avec plaisir, alors qu’il vient juste d’intégrer la brigade criminelle et se trouve sous les ordres de Marion. On suit les deux policiers pour une double enquête.

Tout d’abord, une enquête actuelle dans laquelle on retrouve, dans le lagon jusque-là paradisiaque, le corps d’un homme, sans papiers d’identité, qui a visiblement été assassiné, vues les multiples contusions. Quelques heures plus tard, une jeune femme, qui a entendu parler de cette découverte, vient signaler la disparition de son frère et vérifier si le corps est bien le sien. Ceci nous entraîne dans une base américaine, où il effectuait des réparations sur des avions autour desquels plane le secret le plus glauque. De rebondissement en rebondissement, on va se trouver dans une affaire d’espionnage et notre duo aura beaucoup de mal à pouvoir avancer dans son enquête.

La deuxième enquête est en fait un « Cold case » (affaire classée est beaucoup moins sympathique comme expression !) avec une jeune fille qui a disparu trente ans auparavant. C’est le thème de prédilection d’Erlendur, déjà passionné par les disparitions inexpliquées. C’est l’enquête que j’ai préférée car on retrouve, la recherche méticuleuse du moindre fait nouveau, l’interrogatoire des personnes qui gravitaient autour de la jeune fille, et l’opiniâtreté de l’inspecteur. On retrouve ainsi des années sympathiques, où les jeunes découvraient les variétés américaines, les jeans, mais les jeunes gens, notamment les filles étaient encore soumis à l’autorité de leurs parents pour les sorties.

Par contre, j’ai été moins intéressée par l’enquête principale; certes, on apprend des choses de l’histoire de l’Islande, l’occupation américaine, le mépris des militaires pour ceux qu’ils appellent les « autochtones », pourquoi pas des être inférieurs pendant qu’on y est… ainsi que sur les trafics en tous genres, les expérimentations militaires, éventuellement des armes nucléaires cachées…

On découvre la manière dont le duo Marion-Erlendur se met en place, ce qui se passe dans leurs vies personnelles, et surtout Arnaldur Indridason met en scène une policière américaine, noire(ce qui était rare à l’époque!) qui veut bien les aider dans leur enquête

Le bémol vient du fait que je ne suis pas friande d’espionnage donc je suis restée un peu sur ma faim ! est-ce que je commence à saturer avec la technique Indridason ? à moins que la lenteur du récit et du policier, me perturbe après la lecture de « Nuit » : il se passe plus de choses en trente pages de Nimier, qu’en trois cents pages dans ce roman… un peu comme si on passait d’un épisode de « Derrick » à un épisode des « Experts » ….

Même ma critique me paraît capillotractée! Une pause semble s’imposer…. En fait, et ceci m’arrive très souvent avec les polars, qui ne sont pas mon genre littéraire préféré, mais plutôt un exutoire, au bout de quelques livres d’un auteur, je me lasse et j’abandonne: j’ai eu ma période Agatha Christie, puis Mary Higgins-Clark, que j’ai abandonnée au profit de Patricia Cornwell, qui a fini par m’excéder par sa violence et sa parano, puis  Elizabeth George

 

Extrait:

 

Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, saupoudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches et des blocs de pierre. La végétation à la merci de la mer et du vent du nord livrait une lutte incessante. Seules les plantes les plus endurcies parvenaient à survivre ici. La clôture dépassant de l’étendue désolée délimitait le périmètre de la base militaire américaine et sifflait sous l’effet des bourrasques qui s’abattaient sur les murs gigantesques du hangar à avions, au somment de la lande. Le vent redoublait d’intensité aux abords du bâtiment, comme exaspéré par cet obstacle, puis continuait sa route vers la nuit….  P 9

 

Lu en Juillet 2018

Auteur :

Psychiatre à la retraite, je peux enfin m'adonner à ma passion. Lectrice assidue depuis le CP, je profite de ma retraite pour parler de mes livres, de mes coups de cœur, de mes déceptions aussi... ma PAL est gigantesque, il me faudra trois vies encore pour en venir à bout.

13 commentaires sur « « Le lagon noir » : Arnaldur Indridason »

  1. Bon alors si tu fais une overdose d’Indridason, c’est grave…j’ai bien fait alors de ne pas en emmener un pour les vacances ! Je crois que lorsqu’on a tout un panel d’auteurs variés, l’idéal c’est d’alterner…c’est ce que je fais, tu y reviendras un jour. Merci pour ton ressenti

    Aimé par 1 personne

    1. c’est un auteur que j’aime bien car l’enquête est construite, il n’y a pas des tonnes d’hémoglobine et il aborde des périodes de l’Histoire de l’Islande (que je connais pas du tout) c’est le thème qui m’a peu accrochée (ces Américains qui se croient toujours les meilleurs! et mon allergie à Trump y est pour beaucoup 🙂

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