Publié dans Littérature française, Polars

« Juste une ombre » de Karine Giebel

Je vous parle aujourd’hui d’un thriller qui me narguait dans ma PAL depuis des lustres:

 

Juste une ombre de Karine Giebel

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

D’abord, c’est une silhouette, un soir, dans la rue… Un face-à-face avec la mort.

Ensuite, c’est une présence. Le jour: à tous les carrefours. La nuit: à ton chevet. Impossible à saisir, à expliquer, à prouver.

Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend folle. Et seule.

Juste une ombre. Qui s’étend sur ta vie et s’en empare à jamais.

Tu lui appartiens, il est déjà trop tard…

 

 

CE QUE J’EN PENSE

 

C’est le premier thriller de Karine Giebel que je lis et je l’ai beaucoup apprécié, et pourtant on ne peut pas dire que son héroïne Cloé soit sympathique.

Néanmoins, le suspense est présent, augmente tout doucement pour devenir insoutenable… L’univers psy est bien analysé, tant celui du pervers qui traque sa proie, allant jusqu’à s’introduire dans le moindre recoin de la vie et des pensées de la victime, que celui de Cloé dont on se demande si elle est vraiment victime ou atteinte de psychose paranoïaque…

Les autres personnages sont intéressants, bien étudiés, de même que le monde du travail où chacun est prêt à faire n’importe quoi pour réussir, quitte à perdre son âme.

J’ai beaucoup aimé le flic un peu barge qui pimente le roman avec ses souffrances personnelles, sa femme adorée qui se meurt…

J’ai passé un excellent moment et j’en frissonne encore, car je l’ai littéralement dévoré… Une petite frustration: j’ai trouvé trop vite le coupable…

 

 

objectif-pal

 

 

EXTRAIT

 

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable.

Tu sembles avoir réussi, au moins sur le plan professionnel, peut-être même sur le plan personnel. Question de point de vue.

Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.

Et puis un jour…

Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.

Juste une ombre.

A partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.

Le jour. La nuit, elle est là. Tenace. Déterminée. Implacable.

Tu ne la vois pas vraiment. Tu la devines, tu la sens. Là, juste dans ton dos.

Elle frôle parfois ta nuque. Un souffle tiède, fétide.

On te suit dans la rue, on éteint la lumière derrière toi.

On ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.

On feuillette tes livres, on froisse tes draps, on pille tes albums secrets.

On t’observe jusque dans les moments les plus intimes… P 13

 

LU EN JUIN 2018

 

 

 

 

 

Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Les nuits de Reykjavík » : Arnaldur Indridason

Fatigue oblige, j’alterne romans « consistants » et polars pour respirer un peu. J’ai mis plus de soin à constituer ma valise de bouquins que j’emmène, que pour celle des vêtements! comme tous les ans…Je viens de terminer un polar de mon auteur islandais préféré:

 

Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

La mort inexpliquée d’un sans-abri qu’il croisait à chacune de ses rondes obsède un jeune policier. Intuitif et obstiné, il juge la thèse de l’accident douteuse. Dans la nuit boréale, entre foyers de clochard et planques de dealers, il sillonne Reykjavík, déterminé à résoudre ce mystère. Ce policier n’est autre qu’Erlendur.

 

 

CE QUE J’EN PENSE

C’est un plaisir de retrouver ce cher Erlendur, d’autant plus qu’il s’agit d’un retour aux sources, car on remonte des années en arrière et on le suit en patrouille avec deux coéquipiers arpentant Reykjavík la nuit sur les traces de petits actes délictueux.

Mais, la mort tragique d’un clochard qu’il a un peu connu titille ses neurones et il pressent qu’il s’agit probablement d’un meurtre, d’autant plus qu’une autre mort suspecte pointe le bout de son nez.

On retrouve la recherche méticuleuse des faits, le regroupement des témoignages que l’on connaît et qui fait la spécificité de l’inspecteur talentueux qu’il va devenir.

J’ai bien aimé ce polar, les balades dans cette ville la nuit, dans ce pays où le soleil ne se couche jamais -ou l’inverse selon la saison) et le regard que Arnaldur Indridason porte sur la détresse des clochards, la tentation de l’alcool, dans la quasi-indifférence des habitants. J’apprécie toujours la manière dont l’auteur argumente au fil des récits, en ayant toujours un phénomène de société ou un moment de l’Histoire du pays pour lui servir de trame.

Il me reste encore une ou deux aventures d’Erlendur et d’autres romans de l’auteur à découvrir….

 

EXTRAIT

 

Sentant le sommeil le gagner, il reposa son livre. Il pensait aux nuits de Reykjavík, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit après nuit, ils sillonnaient la ville à bord d’une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres: ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu’elle blessait et terrifiait. Lui-même n’était pas un oiseau nocturne, il lui avait fallu du temps pour consentir à quitter le jour et à entrer dans la nuit; mais maintenant qu’il avait franchi cette frontière, il ne s’en trouvait pas plus mal. C’était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues désertes et silencieuses, on n’entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture. P 77

 

 

LU EN JUIN 2019

Publié dans Nouvelles

Petite pause

Comme vous avez pu le constater je suis en mode pause pour ma cure thermale à Lamalou les Bains! Rhumato + neuro donc fatigant…

 

Lamalou les bains

Je vais donc publier moins de critiques, d’autant plus que j’ai été sélectionnée comme juré pour le prix FNAC. J’ai déjà fait l’expérience il y a quelques années et j’ai eu envie de retenter l’aventure.

J’ai reçu cinq livres (dont 3 pavés) dont je n’aurai le droit de parler dans mon blog qu’à la rentrée…

A bientôt…

 

Publié dans Littérature contemporaine, Littérature française

« L’Archipel du Chien » de Philippe Claudel

Place aujourd’hui au dernier opus de Philippe Claudel :

 Larchipel du chien de Philippe Claudel

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire. Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune.
L’air semblait s’être solidifié autour de l’île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait çà et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient liquides.

Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits. On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur. Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine. »

 

CE QUE J’EN PENSE

 

J’ai terminé ce roman, il y a quelques jours et même si le thème m’a plu car il est hélas d’actualité, je reste mitigée ; j’ai bataillé pour rédiger ma critique, oscillant entre des réactions contradictoires…

Tout d’abord, les protagonistes sont vraiment caricaturaux : on a en gros les édiles : l’Instituteur, objecteur de conscience, le Maire corrompu, le Médecin qui cautionne, le Curé qui ne croit plus en rien, l’ancienne institutrice revêche qui ne supporte pas d’avoir céder son poste, des pêcheurs sans scrupules, sans oublier l’idiot du village… On note au passage que les villageois sont présentés comme des rustres !

Je sais que tous les moyens sont bons pour établir son pouvoir mais quand on voit jusqu’où peut aller le maire du village pour satisfaire ses propres besoins et ambitions, on reste sans voix. Seul compte pour lui son projet de thermes et le fric qui va avec, alors on assiste à des manipulations en tous genres, le tout nappé d’une bonne dose de délation, de calomnies, pour aboutir au procès truqué de l’instituteur accusé de viol sur une élève : c’était le seul habitant du village à ne pas être natif de l’île donc un Étranger, la pièce à sacrifier…

« Vous avez compris ma pensée, reprit le maire, et vous savez bien que je ne suis ni un salaud ni un homme dénué de cœur.  Mais, ce n’est pas moi qui ai crée la misère du monde, et ce n’est pas à moi seul non plus de l’éponger. » P 55

Ce roman m’a rappelé bien sûr, les grands mythes sacrificiels, Antigone, Iphigénie … que ne ferait-on pas pour s’attirer la clémence des Dieux et justifier les bassesses ?

Comment réagir après ce qui est arrivé à l’Instituteur ? Ce n’est pas si simple, le Médecin par exemple sent en permanence une odeur de pourriture qui émane de lui et qui ne semble pas perturber les autres, la mauvaise conscience, la culpabilité s’infiltrent dans sa pensée : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn »

On retombe à nouveau sur les grands mythes : Le supplice de Prométhée dont le foie repousse au fur et à mesure que l’aigle le lui dévore) ou le mythe de Sisyphe qui  remonte un rocher qui toujours redescend…

En fait, on peut prendre tout ce récit au premier, au deuxième ou même au ixième degré tant les allusions sont constantes.

En tout cas, c’est une île qui porte bien son nom : ses habitants se comportant comme des chiens (je présente mes excuses à mes amis les chiens, car l’idée d’associer cet animal à la méchanceté me hérisse, mais c’est une expression courante, comme traiter les hommes de cochons d’ailleurs). Cette île est noire car un volcan, le Brau, se manifeste régulièrement, noire tout comme l’âme des habitants…

Philippe Claudel s’érige en donneur de leçon, fustige le comportement des passeurs, la lâcheté des habitants de l’île vis-à-vis des migrants qu’on laisse mourir comme des chiens sur la plage, tente de culpabiliser le lecteur au passage. En fait, en caricaturant et fustigeant de cette manière, il pousse ceux qui se sentent impuissants devant le drame des migrants et l’arrogance des Occidentaux, à se culpabiliser davantage encore, alors que ceux qui vivent des trafics ou ceux qui rejettent les Étrangers, resteront indifférents…

J’aime beaucoup Philippe Claudel, mais ce roman m’a hérissée à force d’être caricatural, et cette lecture m’a soulevé le cœur presque du début à la fin. Il va en rester une frustration, une impuissance renforcée et je ne vois pas ce qu’il a tenté de prouver au fond, à part pousser un grand cri de colère…

Je trouve ce roman clivant et je pense que les avis vont faire le grand écart : il sera encensé ou rejeté…

 

EXTRAITS 

 

Je suis certain que vous vous poserez tôt ou tard une question légitime : a-t-il été le témoin de ce qu’il nous raconte ? Je vous réponds oui, j’en ai été le témoin. Comme vous l’avez été mais vous n’avez pas voulu voir. Vous ne voulez jamais voir. Je suis celui qui vous le rappelle. Je suis le gêneur. Je suis celui à qui rien n’échappe. Je vois tout. Je sais tout. Mais je ne suis rien et j’entends bien le rester. Ni homme, ni femme. Je suis la voix, simplement. C’est de l’ombre que je vous dirai l’histoire.

Les faits que je vais vous raconter ont eu lieu hier. Il y a quelques jours. Il y a un an ou deux. Pas davantage. J’écris « hier » mais il me semble que je devrais dire « aujourd’hui ». Les hommes n’aiment pas l’hier. Les hommes vivent au présent et rêvent de lendemains. P 10

 

C’était le mot de mon enfance. D’une époque où, sur les bancs de l’école, on m’a parlé des Peaux-Rouges, des Jaunes, des Blancs et des Nègres. On m’a appris ainsi le monde. Cela n’empêchait pas le respect. Chacun des hommes de chacune de ces couleurs est un enfant de Dieu. La haine ni le mépris ne résident dans les mots, mais dans l’usage qu’on en fait. P 59 Dixit le curé : politiquement correct 

 

Mais le métier de ces hommes (politiques) est de parler tout le temps, de parler et de ne jamais écouter qui leur parle, de ne jamais s’arrêter de parler, de vivre dans la parole, même la plus creuse et qui devient un bruit inepte et enjôleur, le chant moderne des Sirènes. P 65 Dixit le curé   

 

Les dernières vignes s’épuisent une centaine de mètres plus bas et leurs ceps sont tellement rabougris et courbés sur eux-mêmes qu’on pourrait presque entendre leur plainte d’avoir à pousser très profond leurs racines pour trouver le peu d’eau nécessaire à leur survie. P 70   

 

C’était toujours pareil avec les hommes qui ont étudié. Le Maire se disait que si le monde tournait si mal, c’était la faute aux hommes comme l’Instituteur, empêtrés d’idéaux et de bonté, qui cherchent jusqu’à l’obsession l’explication du pourquoi du comment, qui se persuadent de connaître le juste et l’injuste…   P 81   

 

… Il (le Maire) avait obtenu ce qu’il désirait. Ça n’avait pas été difficile. Quelques promesses mineures, deux ou trois billets, et puis parfois, quand cela n’avait pas suffi, le rappel que l’Instituteur n’était pas d’ici. Qu’il n’était pas né sur l’île. Qu’il n’était pas comme eux. Il n’y avait qu’à l’écouter ou le regarder. C’était le meilleur argument en somme, celui de la naissance, de la communauté, des origines. C’est avec cela que les civilisations se sont construites et fortifiées. P 85  

 

Au-dessus, il y avait Dieu sur son nuage, qui les (les hommes) créait, regardait, les sauvait ou les perdait. Et puis l’homme s’est cru malin. Il a délogé Dieu. L’a fichu à la poubelle. A vécu quelque temps grisé par son petit meurtre, puis s’est rendu compte du vide qu’il avait créé. Le propre de l’homme est de toujours agir trop vite. Toujours. Ça a commencé à lui faire peur tout cet espace vacant. Il a essayé de réchauffer de vieux plats, mais tout avait un goût de brûlé. Là, il a eu vraiment peur. Il s’est réfugié dans la seule chose qui lui restait : le Progrès. P 122  

 

Donnez du feu du fer et un marteau à un homme, il va en deux temps trois mouvements forger une chaîne pour attacher un autre homme qui lui ressemble comme un frère et le tenir en laisse, ou une pointe de lance pour le tuer, plutôt que fabriquer une roue ou un instrument de musique. P 123   

 

La politique est sale. Elle n’est pas la morale. Certains hommes choisissent de rester propres, tandis que d’autres assument de se salir les mains. Il faut des deux, même si on respecte toujours les premiers et en vient à haïr les seconds… P 149  

 

Le monde est devenu commerce, vous le savez. Il n’est plus un champ du savoir. La science a peut-être guidé l’humanité pendant un temps, mais, aujourd’hui, seul l’argent importe. Le posséder, le garder, l’acquérir, le faire circuler… P 224

 

 

LU EN MAI 2018

Publié dans Littérature enfantine

« Le Chat du Cardinal » de Pascal Prévot

Je vous parle aujourd’hui d’un livre pour enfants avec:

 

Le chat du Cardinal T1 de Pascal Prévot

 

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

 Le Chat du Cardinal Au secours de Richelieu 4e de couverture

 

CE QUE J’EN PENSE   

Tout d’abord, je remercie vivement Babelio et les éditions Play Bac pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

On revisite un complot pour assassiner Richelieu, ourdi par Gaston d’Orléans et ses complices, le général d’Ornano et le comte de Chalais, grâce à Mimi Piaillon la superbe chatte du cardinal qui trotte allègrement , qui laisse négligemment traîner ses oreilles. Comment faire pour déjouer le complot ?

Ainsi vont entrer en scène un chat de gouttière très futé, Fellimar, un autre matou sympathique, Gazette,  amateur d’imprimerie qui travaille chez Théophraste Renaudot. On va suivre ces trois chats dans les rues de Paris, mettant en place un réseau de détectives : les puces Lin Dao et Fu Chi qui se cachent dans les poils ou les sourcils des protagonistes, le chien Bébert, et bien-sûr, une équipe de contre-espionnage composé des singes de la Reine mère.

On visite Paris, (avec un plan détaillé très sympathique), on remonte la Seine confortablement installé dans la gueule d’un requin. On se croirait dans un roman de capes et d’épées. Au passage Pascal Prévot nous propose des mots de l’époque, savoureux, et des notes de bas de page, très simples pour les expliquer à nos chers petits.

On peut ainsi déguster  « le pâté de béatilles (petits morceaux de viande délicats). Un chef-d’œuvre. ». L’auteur nous parle aussi de conjurés, de spadassins, de coche d’eau ou de rapière, sans oublier les sapajous :

« Dès qu’ils virent que leur gibier leur échappait, les sapajous se lancèrent à leurs trousses. Quand il se retournait pour vérifier leur position Gazette les voyait agiter leurs rapières en de terribles moulinets dont les ombres démesurées, à la lueur des lanternes, dansaient sur les façades et semblaient les découper en rondelles. Ils poussaient aussi des cris aigus. » P 52

Ce petit livre destiné aux enfants à partir de neuf ans m’a beaucoup plu… j’aurais bien aimé lire ce genre lorsque j’avais cet âge-là… une excellente manière d’aborder l’Histoire avec des personnages ayant joué un rôle important, une énigme intéressante résolue par une équipe qui va sûrement leur plaire.

Ce livre est illustré de fort belle manière par Louis Thomas qui nous rend ces animaux vraiment adorables et attachants.

Un clin d’œil au passage à Gladstone, aigle royal qui n’a pas du tout le sens de l’orientation, confond la droite et la gauche…

Le deuxième tome devrait sortir en juin, je l’attend avec impatience…

 

 

LES AUTEURS

 

Pascal Prévot

Il est journaliste et écrivain, a suivi des études d’Histoire et continue à se passionner pour toutes les époques et les sociétés, en écrivant des documentaires et des romans. Enfant, il lisait beaucoup de romans de cape et d’épée et adorait « Les trois Mousquetaires » d’Alexandre Dumas.

Il a reçu le prix Gulli pour son roman « Théo, chasseur de baignoires en Laponie »

 

Louis Thomas

Il est illustrateur et dessine des films d’animation en Californie, réalise des illustrations pour la presse et l’édition entre l’Italie et Paris. Il peint et expose souvent ses œuvres. Il a un chat prénommé Pipo.

 

EXTRAIT  

 

Fellimare, l’époustouflant chat de gouttière, frisait ses moustaches entre les pattes de la statue équestre du bon roi Henri, quand le carrosse du cardinal de Richelieu traversa la foule massée sur le Pont-Neuf.

« Mais, c’est ma direction ! se dit Fellimare, enchanté. Je vais faire un bout de chemin avec Son Éminence.

Et d’un bond, il sauta du socle de la statue jusque sur le toit du carrosse. Mimi-Piaillon, la petite chatte angora qui somnolait sur les genoux du cardinal leva la tête. Quel était ce bruit sourd ? Richelieu, plongé dans la lecture d’un épais dossier, l’apaisa en lui caressant les oreilles.

C’était un jour clair de mai 1626. Le jardin des Tuileries répandait des parfums d’arbres en fleurs. Au beau milieu du pont, un arracheur de dents, vêtu des pieds à la tête d’étoffes dorées, tirait sur la molaire d’un gros bourgeois très pâle qui gigotait sur sa chaise. Le carrosse dût s’arrêter… P 11

 

 Le Chat du Cardinal Au secours de Richelieu image 2Le Chat du Cardinal Au secours de Richelieu image 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LU EN MAI 2018