Publié dans Littérature contemporaine, Littérature italienne

« l’amie prodigieuse, T2 : le nouveau nom » Elena Ferrante

J’ai enchaîné très vite avec le tome 2 de cette saga qui devrait en compter 4, après l’enfance et l’adolescence, place à:

 L'amie prodigieuse T2 Elena Ferrante

 

Quatrième de couverture

« Si rien ne pouvait nous sauver, ni l’argent, ni le corps d’un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement. »

Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qu’elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L’air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano.

 

Ce que j’en pense

Nous avions laissé Lila au moment où les Solara, mafieux notoires avaient fait irruption lors de son mariage, lui faisant comprendre qui était vraiment son mari Stefano et perdre ainsi toutes ses illusions. Le voyage de noces est loin d’être idyllique et elle reçoit des coups.

« Il faut faire l’homme, Stef ! Soit, tu la plies maintenant, soit tu ne la plieras jamais plus ; ton épouse doit apprendre tout de suite que c’est elle la femme et toi l’homme, et que donc, elle doit t’obéir. » P 51

Alors que Lila tient la charcuterie épicerie de son mari, gère la caisse et dépense sans compter, Elena alias Lénu, de son côté, continue avec opiniâtreté ses études, les deux amies commencent à s’éloigner vraiment.

Elena Ferrante oppose toujours ces deux jeunes femmes, la brune pétillante, extravagante, fofolle, qui affole les hommes, la blonde complexée par ses rondeurs qui travaille sans relâche et n’a aucune confiance en elle-même. Leur amitié devient de plus en plus toxique, car Lila continue son emprise et son travail de sape alternant mots gentils et vacheries.

J’ai lu ce deuxième tome de façon addictive, avalé les 623 pages en trois jours, (quatre au maximum) et Lila m’a vraiment horripilée au plus haut point, comme je le pressentais en terminant le premier tome. Je continue à préférer Elena et ses maladresse, Elena qui bûche pour réussir ses études, qui s’acharne pour acquérir les bases qui lui semblent si évidentes pour les autres élèves issus de milieu favorisé.

La manière dont Lila a séduit Nino sous les yeux de Lenu qui est amoureuse de lui depuis l’enfance est un exemple parmi d’autres: rien ne l’arrête quand elle veut quelque chose ou quelqu’un. Il faut lui reconnaître quand même un certain courage pour l’époque.

« Elle est comme ça, elle veut toujours être la première partout : la plus belle, la plus élégante, la plus riche ! Et, j’ajoutai : et la plus intelligente, surtout. » P 131

L’auteure continue à approfondir dans ce roman, la société de l’époque, le statut précaire des femmes qui sont battues, qui subissent, l’importance de la maternité dans le couple pour les familles qui font très vite des ragots lorsque l’enfant ne vient pas assez vite, la sexualité subie le plus souvent….

Elena Ferrante décrit très bien la solitude des enfants issus de familles pauvres, qui doivent travailler pour payer les études, cravacher pour garder le niveau (et donc la bourse) et qui se sentent inférieurs, jamais à leur place, ni dans le milieu d’origine dont ils se sont trop éloignés ni dans leur nouvel univers.

J’ai dévoré ce livre car il décrit fort bien et dans une écriture plaisante, cette amitié toxique, ce « je t’aime moi non plus », cette dépendance de Lenu vis-à-vis de Lila m’intéresse, par son côté plus que malsain et je continuerai donc à lire cette saga en espérant assister à un envol d’Elena ?

 

Extraits

Depuis l’enfance, nous avions vu nos pères frapper nos mères. Nous avions grandi en pensant qu’un étranger ne devait même pas nous effleurer alors qu’un parent, un fiancé ou un mari pouvaient nous donner des claques quand ils le voulaient, par amour, pour nous éduquer ou nous rééduquer. P 67

 Il nous manquait à toutes les deux, quelque chose d’impalpable mais de fondamental, qu’elle possédait, elle, et que l’on remarquait dès le premier coup d’œil : ce n’était pas quelque chose qu’on n’avait pas – pour posséder cette qualité, il ne suffisait pas d’apprendre le latin, le grec ou la philosophie, et même tout l’argent des charcuteries et des chaussures n’y pouvait rien.   P 109 

Mais ma relation au monde, c’était d’être mortifiée, soumise aux raisons d’autrui. Je vivais à travers eux, en sourdine. P 376

Leur passion m’envahissait et me troublait. Je les aimais tous les deux et, de ce fait, je n’arrivais pas à m’aimer moi-même, à me sentir moi-même et à m’agripper à un besoin de vie à moi qui aurait la même force que le leur, sourd et aveugle. Du moins telle était mon impression. P 376

Mais, en dépit de tous mes progrès, l’inquiétude m’était restée de ne pas être à la hauteur, de dire ce qu’il ne fallait pas et de révéler combien j’étais novice et ignorante, précisément dans les domaines connus de tous. P 534

Je faisais partie de ceux qui bûchaient jour et nuit, obtenaient d’excellents résultats, étaient même traités avec sympathie et estime, mais qui ne porteraient jamais inscrits sur eux toute la valeur, tout le prestige de nos études. J’aurais toujours peur : peur de dire ce qu’il ne fallait pas, d’employer un ton exagéré, d’être habillée de manière inadéquate, de révéler des sentiments mesquins et de ne pas avoir d’idées intéressantes. P 535

 

Lu en juillet 2017

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