Publié dans Littérature islandaise, Polars

« Hiver arctique » : Arnaldur Indridason

Petit détour dans le monde des polars nordiques avec:

Hiver arctique Arnaldur Indridason

 

Quatrième de couverture:

Comment peut-on poignarder un enfant? Au cœur de l’hiver arctique, en Islande, un garçon d’origine thaïlandaise a été retrouvé assassiné. Il avait dix ans. Crime raciste? Le commissaire Erlendur mène l’enquête, s’acharne et s’embourbe. Il ne comprend plus ce peuple dur et égoïste qui s’obstine à survivre dans une nature hostile. L’absurdité du mal ordinaire lui échappe…

Ce que j’en pense:

J’aime bien faire un tour de temps en temps en Islande avec le commissaire Erlendur, avec ici l’hiver rude qui s’installe, les vents qui s’intensifient, le verglas, la neige…

Le meurtre du petit garçon, retrouvé étendu sur le verglas, poignardé, ramène le  souvenir de la mort de son petit frère, alors qu’ils s’étaient perdus dans la tempête, il y a longtemps, mort dont il se sent toujours responsable. Cette enquête s’avère difficile car l’auteur brouille les pistes: acte raciste, acte pédophile, le tout parasité par les étranges coups  de fil qu’ Erlendur reçoit et qu’il attribue à une femme ayant disparu depuis quelques semaines. Y a-t-il un lien?

Arnaldur Indridason parvient, une nouvelle fois, à parler, durant cette enquête des problèmes sociaux de son pays: les mariages mixtes entre des femmes thaïlandaises et des hommes islandais, qu’ils soient par amour ou pour obtenir la nationalité et des répercussions qu’ils peuvent provoquer : rejet par une certaine partie de la population raciste qui a peur que « la race pure » disparaisse un jour à cause du métissage…

Il évoque aussi le problème des enfants: ceux qui s’adaptent, travaillent à l’école comme Elias, comprenant que maitriser la langue est la condition de l’adaptation réussie, et ceux comme son frère Niran arrivé plus âgé et qui, nostalgique de son pays d’origine, veut continuer à parler sa langue et entretenir le culte de sa culture et traîne avec d’autres enfants thaïlandais…

Au passage, quel rôle a pu jouer Niran dans cette tragédie, étant donné qu’il a mystérieusement disparu?

L’auteur évoque aussi l’attitude des enseignants dans l’apprentissage de la langue et l’Histoire du pays d’accueil,  avec un professeur d’Islandais, gloire déchue du sport,  facho, ouvertement raciste, mais chien qui aboie mord-il? …

Arnaldur Indridason nous raconte au passage, des détails sur la vie du commissaire, ses problèmes relationnels avec ses enfants, (il n’a rien d’un super héros et cela me plaît bien) mais aussi de ses collègues: Sigurdur Oli et ses réticences vis-à-vis de l’adoption qui créent des tensions dans son couple, Elinborg qui se culpabilise car elle devrait être au chevet de sa fille malade…

J’ai bien aimé ce polar car il n’y a pas d’hémoglobine au litre, au contraire le récit est   sobre et axé sur la psychologie sociale et ce commissaire Erlendur me plaît beaucoup; de plus, l’auteur nous démontre au passage que racisme et intolérance sont présents dans toutes les sociétés et en plus l’Islande est un pays qui me fascine et que je rêve de visiter…

Extraits

Il alla s’asseoir dans son fauteuil. Il était souvent resté ainsi assis dans le noir à regarder par la grande fenêtre de la salle à manger. Quand il était dans cette position, il ne voyait rien d’autre à sa fenêtre que le ciel infini. Parfois, les étoiles scintillaient dans le calme des nuits d’hiver. Parfois, il regardait la lune qui passait devant sa fenêtre dans toute sa splendeur, froide et inaccessible… P 112

 

… Ce ne fut qu’alors, au moment où il se trouva plongé dans la tranquillité nocturne de sa salle à manger, seul avec lui-même, qu’il comprit combien la découverte du petit garçon au pied de l’immeuble l’avait ébranlé. Erlendur ne pouvait s’empêcher de penser à son propre frère, à la blessure que la mort avait laissée derrière elle et qu’il n’était jamais parvenue à refermer. Depuis cette époque, il avait toujours été rongé par la culpabilité car il lui semblait être responsable du destin de son petit frère. P 113

Un bref article y mentionnait le danger de disparition qui menaçait les Islandais comme race nordique d’ici une centaine d’années à la suite de métissage constant qu’ils subissaient. On y élaborait une stratégie de riposte: on préconisait un arsenal de lois compliquant l’accès à la nationalité, on émettait même l’idée de fermer les frontières à toute immigration… P 216

 

Lu en juin 2017

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6 commentaires sur « « Hiver arctique » : Arnaldur Indridason »

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