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« Mon frère a un pétard dans la tête » Christine Deroin

Je vous parle aujourd’hui d’un livre reçu dans le cadre de l’opération « masse critique ado »:

 Mon frère a un pétard dans la tête Christine Deroin

Quatrième de couverture

Dans ce roman, la maladie abordée est la dépendance au cannabis. À la mort de leur grand-mère, Agathe et Quentin se retrouvent seuls – leur mère les ayant abandonnés lorsqu’ils étaient enfants et leur père très souvent absent. Dans leur grande maison, les amis de Quentin les rejoignent pour des soirées où le cannabis circule librement.

Quentin sombre de plus en plus dans l’addiction. Agathe, plus raisonnable, essaie de se sevrer. Chaque soir, elle raconte ses sensations, ses frayeurs et sa lutte à un joint qu’elle a rangé dans une boîte et qu’elle a juré de ne jamais fumer. Quentin a basculé dans la drogue et pour Agathe, cette maladie n’est pas facile à appréhender…

 

Ce que j’en pense

Tout d’abord je tiens à remercier babelio et les éditions « Oskar » qui m’ont permis de lire ce livre et de découvrir la collection.

Agathe roule un dernier joint et s’adresse à lui, lui parle régulièrement car elle décidé d’arrêter le cannabis.

« Cela fait huit mois que nous nous connaissons, mais nous étions trop fusionnels, m’a-t-on fait comprendre. En fait, j’étais trop attaché à toi, et ça nuisait à ma vie. J’en suis consciente, mais j’avais l’impression que tu me faisais tellement de bien. » P 6

Elle nous décrit ainsi, l’engrenage, le premier joint récréatif avec son frère est ses copains, le samedi soir alors que leur père les laisse seuls et que leur mère est partie depuis longtemps. Elle est en plein désarroi, car la grand-mère, le pilier de la famille, est décédée brutalement.

Le côté festif du début avec la levée des angoisses et des inhibitions, puis la phase planante où tout lui devient indifférent, la chute des résultats scolaires, les amies qui s’éloignent laissant la place à ceux qui sont dans le même trip qu’elle et son frère. Le père qui les surprend un soir et que cela amuse car il a fumé autrefois ne se rend pas compte de ce qui est en train de se passer.

La lente descente est très bien décrite avec des mots d’une adolescente de quinze ans: le désintérêt, les lendemains passés au lit, les prises qui se rapprochent, le deal qui entre en scène…

Ce texte émane de Christine Deroin qui anime des ateliers d’écriture, et dans la deuxième partie, on laisse la place à Marie-Odile Krebs, psychiatre qui explique comment l’addiction se met en place, les différents types de cannabis (60 composés : les cannabinoïdes) et les conséquences sur la santé.

Ce livre est très bien fait, accessible, c’est un outil de travail intéressant pour expliquer aux jeunes, ce qu’est vraiment le cannabis et quelles en sont les conséquences. A la fin, on a la liste de tous les sites utiles. La page de couverture et le titre m’ont bien plus.

Les éditions « Oskar » proposent d’autres ouvrages du même type, sur l’autisme, l’hyperactivité, la schizophrénie, les troubles bipolaires…

 

Les auteurs

Christine Deroin, artiste passionnée de théâtre, auteure de romans, anime des ateliers d’écriture auprès de patients.

Marie Odile Krebs, professeure de psychiatrie à l’université Paris Descartes et chef de service à Sainte-Anne/Inserm, décrivant l’addiction à la drogue, les comportements à risque, les symptômes, les traitements.

 

Extraits

Je crois qu’après l’abandon de ma mère et la mort de mon grand-père paternel quand j’avais trois ans, cette famille réduite à ma grand-mère, mon père et mon frère, je l’avais transformée en un cocon où rien de grave ne pouvait m’arriver. J’y croyais ferme.  Le premier soir où je t’ai partagé, j’ai retrouvé ce cocon. P 15

Ces sensations que tu m’as procurées, je ne les retrouverai jamais,enfin, je crois pas. On ne peut pas atteindre un tel nirvana toute seule, sans ta présence et ton aide. P 16

Je me dévisse le nombril pour savoir comment je m’appelle et qui je suis. La parfaite palourde au cerveau dans le pied. Ce qui est sûr, c’est que là, en ce moment, je lui ressemble. Limace, palourde, je m’aime, je m’adore. P 17

J’avais l’impression à chaque soirée où je faisais une bêtise en participant à ce joint, et le fait que mon père rigole comme si c’était normal me mettait mal à l’aise. Il ne jouait pas son rôle. Il aurait dû se fâcher. P23

                                                                                   

Ah ! Tu peux être fier de toi ! En fait, tu n’es qu’un tas d’emmerdements roulés dans une feuille de papier. Tu fais tout foirer : les cours, les amis, les frères, tu rends tes fumeurs incapables de se bouger, et en plus, tu donnes l’impression que c’est ça la vraie vie, comme si tu rendais intelligent et lucide sur le monde, alors que tu bousilles ma matière grise et que tu rends amorphe. P 53

 

Lu en mars 2017

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7 commentaires sur « « Mon frère a un pétard dans la tête » Christine Deroin »

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