Publié dans 19e siècle, Littérature russe

« Oblomov, Scènes de la vie russe » par Ivan Gontcharov

Je vous parle aujourd’hui d’un auteur russe que je découvre :

Oblomov de Ivan Gontcharov 

Résumé :

Elie Ilitch Oblomov est un propriétaire terrien qui a laissé son domaine pour venir habiter en ville. Il a travaillé un temps comme fonctionnaire et a fini par démissionner

Une journée de sa vie se résume ainsi : se lever, peut-être ou pas tout de suite, échanger des propos aigres-doux avec son valet : se laver ou pas…  Ce jour-là, on voit défiler dans sa chambre, plusieurs personnes : des amis qui tentent de l’inviter à sortir pour la fête, et surtout deux pique-assiettes qui vivent à ses crochets.

Le propriétaire lui a fait savoir qu’il devait déménager mais inenvisageable, trop compliqué et en plus il reçoit une lettre de son intendant lui annonçant la baisse de ses fermages.

Il faut agir mais…. Il préfère rester couché.

 

Ce que j’en pense

J’ai lu ce livre via le site ebooks libres et gratuits et j’ai eu du mal, l’impression qu’il n’y avait pas de logique, et pour cause… je me suis aperçue en lisant des critiques sur babelio.com qu’il manquait une partie : Stolz n’est présent que par les souvenirs et pas d’Olga !!!

Frustration extrême donc.

Ce que j’en retiens, c’est l’éloge de la paresse certes, car Elie passe son temps couché, tourné vers le passé, la nostalgie de l’enfance où tout était mieux, il remet tout à plus tard, il procrastine dirait-on aujourd’hui… on constate le même état d’esprit chez son père, la vie au présent, le fatalisme.

Surtout, c’est loin d’être aussi simple, notre héros semble plutôt atteint de mélancolie, neurasthénie… même l’idée de vivre semble le fatiguer, même lire ; sortir de chez lui l’angoisse. Parfois, il s’enflamme quelques instants, des idées bouillonnent avant qu’il ne retombe dans son apathie.

On a parlé de : Oblovisme, le terme utilisé en Russie est oblomovchtchina, pour décrire cet état de langueur mélancolique. Tout était mélancolique à l’époque, sous la férule de Nicolas 1er, les êtres mais aussi les chants, les écrivains avaient été réduits au silence.

« Ainsi dit-on qu’autrefois le peuple était plus robuste… On ne le faisait point pâlir sur des livres qui soulèvent des milliers de questions ; or, les questions rongent l’intelligence et le cœur et abrègent la vie. »

J’ai aimé cet aspect du roman, ainsi que les souvenirs d’enfance à Oblomovka avec sa famille qui veillait sur Elie comme un objet très précieux qu’il ne fallait pas casser, ainsi que se relations avec Zakhar son valet : ce dernier est très dévoué à son maître, mais n’hésite pas à le calomnier, à le voler. Cette terre est vécue comme un refuge, un paradis perdu.

J’ai l’impression d’être passée à côté d’un chef-d’œuvre de la littérature russe réaliste, mais, malgré les critiques élogieuses, je n’ai pas envie pour l’instant de lire la version « entière », car suivre ce héros nécessite beaucoup d’énergie. Voir l’extrait de l’adaptation au théâtre, avec Guillaume Gallienne jouant Oblomov éveille un peu ma curiosité…

Je remanierai ma critique si je change d’avis…

Challenge XIXe siècle 2017

 

L’auteur

Ivan Aleksandrovitch Gontcharov,  né à Simbirsk le 18 juin 1812 et mort à Saint-Pétersbourg le 27 septembre 1891, est un écrivain russe célèbre au XIXe siècle, considéré comme un maître du réalisme.

 

Extraits

Garder le lit était son état normal. Quand il restait chez lui – et il ne sortait presque jamais – il était toujours au lit, et nécessairement dans la même pièce où nous l’avons trouvé, et qui lui servait de chambre à coucher, de cabinet et de salon de réception.

Le journal était de l’année précédente et, si l’on avait trempé une plume dans l’encrier, peut-être qu’une mouche effrayée s’en serait échappée en bourdonnant.

La famille des Oblomov avait jadis été riche… Seuls, les domestiques qui avait blanchi à son service se passaient les uns aux autres la mémoire fidèle du temps qui n’était plus, et la chérissait comme une relique.

Toujours, il faisait ses préparatifs, toujours il était sur le point de vivre, toujours il brodait son avenir des couleurs de son imagination ; mais à chaque année qui passait, il était obligé de modifier son plan et de laisser de côté un lambeau de sa broderie.

C’est ainsi qu’il traversa la société et abandonna paresseusement toutes les illusions juvéniles qui l’avaient trompé, et auxquelles lui-même avait failli, tous les souvenirs tendres, mélancoliques, brillants qui parfois, même au déclin de l’âge, font battre le cœur des autres hommes.

Il se refroidissait encore plus vite qu’il ne s’enthousiasmait, et ne revenait plus jamais au livre abandonné.

L’étude eut sur Oblomov une bizarre influence. Chez lui entre la science et la vie s’ouvrait un abîme profond, qu’il n’essaya même pas de combler. Pour lui, la vie était la vie et la science était la science.  

Et il rentra dans sa solitude sans le bagage de savoir capable de diriger sa tête qui vaguait à l’aventure et sa pensée qui sommeillait dans l’oisiveté. Que faisait-il donc ? Toujours, il continuait à broder la trame de sa propre existence.

Il éprouvait des souffrances inconnues, sans nom, une sorte de nostalgie et de vagues aspirations vers un pays lointain…

Lu en mars 2017

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5 commentaires sur « « Oblomov, Scènes de la vie russe » par Ivan Gontcharov »

    1. je m’en suis aperçue trop tard,… en lisant les critiques… au début j’ai pensé que c’était du fait de la traduction ou ce que recherchait l’auteur…
      dépressiogène alors que les personnages manquants donnaient du rythme donc pas envie de retenter…

      J'aime

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