Publié dans Polars

« l’homme du lac »: Arnaldur Indridason

Pour changer, je vous parle aujourd’hui d’un polar, dévoré l’espace d’un week-end, petite pause de récupération entre deux autres romans :

 lhomme-du-lac-arnaldur-indridason

 

Quatrième de couverture

Il dormait au fond d’un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l’eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d’inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l’homme du lac ? L’enquête révélera au commissaire Erlendur le destin tragique d’étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi.

« L’enquête policière n’est chez Indridason qu’un prétexte à une réflexion souvent féroce sur la société islandaise, ses dérives et ses travers. » Le Magazine littéraire

 

Ce que j’en pense

J’ai passé un bon moment avec l’inspecteur Erlendur, héros fatigué, toujours empêtré dans ses problèmes familiaux, son équipe dans une enquête qui, en elle-même est plutôt lente mais intéressante.

Un lac qui se vide à la suite d’un tremblement de terre laissant apparaître un squelette relié à un appareil de transmission datant de l’époque soviétique, des personnes portées disparues sans que les enquêtes de l’époque aient été vraiment approfondies… on concluait facilement au suicide dans ce pays où les journées s’étirent indéfiniment en été…

Indridason utilise l’enquête pour régler ses comptes avec le passé de l’Islande, notamment les méthodes d’espionnage mises en place par l’ex RDA : on attribuait des bourses à des étudiants islandais appartenant au parti communiste et une fois arrivés à Leipzig, on les manipulait pour qu’ils dénoncent les faits et gestes de leurs copains.

En plus des cours, ils étaient obligés, sous peine de sanctions, de travailler dans les champs, les usines ou la restauration de l’Allemagne en ruines, et de participer à toutes les réunions…

Le PC était actif à l’époque, car certains Islandais ne supportaient pas les bases militaires américaines installées sur l’île et tout le monde espionnait tout le monde ou presque d’intelligence avec l’ennemi. C’était l’époque de la guerre froide.

Une belle évocation des méthodes de la Stasi, des pouvoirs de manipulation, du lavage de cerveau et du traitement accordé à ceux qui commençaient à réfléchir par eux-mêmes, voire de révolter, avec une histoire d’amour. C’est ce que j’ai préféré dans ce polar.

Je me souviens de la révolte à Hongrie et l’entrée des chars soviétiques pour la mater : nous étions suspendus aux infos pour tenter de savoir comme la situation évoluait et la chape de plomb qui a mis fin à l’espoir… cela paraît très loin, très abstrait pour les plus jeunes, mais cela a existé et qui sait ce que l’avenir peut apporter…

J’aime beaucoup la manière dont Indridason met en lumière l’Islande : la société, l’histoire du pays à travers ses polars éveillant la curiosité du lecteur, l’envie d’en apprendre davantage.

 

Extraits

Il avait commencé par disserter sur l’adhésion des étudiants aux idéaux tout en rappelant les quatre objectifs des études universitaires : inculquer le marxisme aux étudiants, les rendre socialement actifs, les inciter à prendre part au travail social organisé par les jeunesses communistes et former une classe de gens qui deviendraient ensuite des spécialistes dans leurs domaines respectifs.

Après l’émerveillement initial de leur séjour à Leipzig, quand la réalité leur était apparue, les Islandais avaient discuté de la situation. Tomas s’était fait sa propre conception des choses sur cette société de surveillance, ce qu’on appelait « surveillance réciproque » et qui consistait pour chaque citoyen à observer les autres et à dénoncer les comportements ou les opinions contraires à l’esprit socialiste.

J’ai toujours eu l’impression que la version est-allemande du socialisme n’était qu’une prolongation du nazisme. Certes, les gens vivaient sous la botte soviétique mais j’ai eu très vite le sentiment que le socialisme de là-bas était juste une autre version du nazisme.

 

Lu en février 2017

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7 commentaires sur « « l’homme du lac »: Arnaldur Indridason »

  1. Comme toi, l’histoire de l’Islande et les références à la guerre froide m’ont beaucoup intéressée. C’est passionnant de voir comment d’autres pays ont vécu cette période que nous avons connue à travers un seul prisme.

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