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Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen

Je viens de passer tout un week-end à la météo pourrie en compagnie d’un super polar:

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Quatrième de couverture

 

Copenhague, 2010. Une brutale agression dans le quartier de Vesterbro incite Rose, la bouillonnante assistante de l’inspecteur Morck, à rouvrir un cold case sur la disparition inexpliquée d’une prostituée. Cédant à ses pressions, le Département V exhume une macabre affaire datant des années 1950 : sur la petite île de Sprogø, des femmes sont internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad…

Avec cette nouvelle enquête de l’incontournable trio formé par Carl Morck et ses assistants Assad et Rose, Jussi Adler-Olsen fait monter la tension d’un cran en nous plongeant dans un sombre chapitre de l’histoire du Danemark, où l’influence des extrêmes est plus que jamais d’actualité.

 

Ce que j’en pense :

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé la fine équipe du département V, avec notre commissaire Carl Morck, dont la vie familiale est toujours aussi agitée, Rose qui met la main sur un dossier « cold case » et le suit de manière opiniâtre, et Assad sur lequel on apprend un peu plus de choses, tous trois persécutés par un virus terrible qui leur fait squatter les toilettes et renifler.

J’aime bien la façon dont l’auteur mène deux récits parallèles, entremêlant des faits remontant à 1987, quand Nette tente de régler ses comptes en nous racontant son histoire, et l’enquête de Carl Morck de nos jours qui cherche à faire un lien entre des disparitions de l’époque et l’agression d’une tenancière de bordel de nos jours.

          Jussi Adler-Olsen à travers une enquête menée tambour battant, un suspense qui va crescendo, nous parle d’un problème qui m’intéresse énormément, l’eugénisme, et tout ce que l’on peut faire au nom d’une race que des médecins appellent supérieure. Cet horrible Dr Curt Wad est une émanation de Mengele, et stérilise toutes les femmes qu’il juge indigne d’enfanter. Avortements provoqués, viols, enfermement après avoir subi des soi-disant tests d’intelligence sur cette île de Sprogø, où ces femmes sont enfermées, sous camisole chimique quand elles se révoltent.

De même, il nous montre la manière dont ce médecin a pu constituer son réseau, avec d’autres confrères aussi dénaturés que lui, pour arriver à construire un parti politique et accéder au pouvoir. La façon dont il fait chanter les gens qui pensent différemment, les achetant ou s’en débarrassant, par la violence. Il se sent tellement au dessus des autres, avec sa suprématie planche qu’il n’hésite pas à tenir des propos racistes, xénophobes, sans vergogne.

Comme le souligne l’auteur dans sa note, « les stérilisations étaient pratiquées en application des lois pour la pureté de la race et l’eugénisme promulguées dans les années 1920 et 1930 dans un certains nombres de pays occidentaux dotés d’un gouvernement social-démocrate et marqués par le protestantisme » et sur l’île de Sprogø de 1923 à 1961, donc jusqu’à une période tout de même assez récente.

C’est le quatrième livre de Jussi Adler-Olsen que je lis, étant tombée sous le charme de son premier roman,  j’adore cette équipe improbable et haute en couleurs, et j’apprécie ces enquêtes qui, l’air de rien, aborde toujours un phénomène de société. Ce quatrième opus m’a plu tout autant que les précédents. Au bout d’une cinquantaine de pages,  j’ai dévoré, pratiquement en apnée, j’attends le suivant…

          Note : 8,8/10

 

L’auteur :

        Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar est né le 2 aout 1950, à Copenhague est un auteur de polars Danois.

Fils d’un docteur en psychiatrie, il a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Un parcours personnel qui lui permettra d’écrire sur des sujets aussi variés les uns que les autres.

Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent en Europe et de nombreux prix avec les enquêtes du  Département V mené par l’inspecteur Mork et son assistant Afez El Assad,  section spécialisée dans les affaires classées au Danemark. Cette série best-seller devrait au total compter onze volumes.

 

Extraits :

          Il soupira et entreprit d’écrire un message. Il était prêt à parier que les claviers de téléphone portable avaient été conçus par un pygmée, avec des doigts aussi fins que des macaronis. Face à ces trucs-là, un utilisateur lambda originaire d’Europe du Nord et de taille moyenne se sentait comme un hippopotame à qui on demanderait de jouer de la flûte à bec.

 

          L’instinct du policier venait de se réveiller en Carl et cela l’agaça. Rose avait réussi à susciter son intérêt. Les questions montaient en lui comme des bulles à la surface d’un verre d’eau gazeuse, à la queue leu-leu. D’abord il y avait cette histoire de cigarettes. Est-ce qu’on allait chercher des cigarettes juste avant de se suicider ? Possible. Pour se calmer les nerfs et penser à autre chose.

 

          Quel type bizarre, cet Assad ! Comment pouvait-il envisager de s’aventurer dehors dans l’état où il était, alors que Copenhague grelottait sous un ciel trempé de novembre ? Les tempêtes de sable du désert avaient-elles définitivement troublé ses sens ?

 

          Il baissa les yeux vers le premier rang. « La stérilisation et l’avortement de femmes indignes de mettre au monde une progéniture à la hauteur de notre pays est une longue et noble tradition de notre organisation et nous l’avons perpétuée parce que, tous ici, nous savons que le laxisme et l’indifférence ne mènent à rien de bon. » Il leva les deux mains vers l’assemblée. « Et aucun d’autre nous n’a jamais fait preuve de laxisme et d’indifférence. » Il y eut quelques applaudissements. « À présent, un nouveau parti est né de nos idées et, par la voie politique, il va contribuer à construire une société au sein de laquelle ce que nous avons fait clandestinement et en dehors de la loi sera bientôt une pratique courante transparente et légale.

 

Lu en novembre 2016

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5 commentaires sur « Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen »

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